II. — Literie
La séparation des lits est tellement avantageuse, qu’on se demande vraiment pourquoi elle n’est pas universellement adoptée par tous ceux qui sont assez spacieusement logés : elle évite le mélange des haleines, toujours nuisible et souvent pernicieux ; chez les individus mariés elle entretient une certaine nouveauté sexuelle, par la rareté et la discrétion des contacts ; enfin et surtout elle donne à tous une grande aisance.
Du lit je ne retiendrai que le dessous ou couche et le dessus ou partie couvrante.
HABITATION
La couche doit être élastique sans être molle, pour se modeler sur la forme générale du corps; elle est réalisée idéalement par un sommier à ressorts recouvert d’un matelas mi-crin, mi-laine, et d’un traversin 2/3 crin, 1/3 laine.
Le dessus sera à la fois léger et isolant. Comme pour les habits on réalisera cette double action en associant les les étoffes épaisses, poreuses et ternes, aux étoffes minces, serrées et lustrées, celles-ci recouvrant celles-là et limitant les déplacements de l’air qu’elles contiennent. Ainsi le dessus comprendra, en temps ordinaire, une couverture de coton et une couverture de satinette ; par les temps froids on y intercalera une couverture de laine, pas trop épaisse. Toujours on protégera par un édredon les parties du corps qui ont une tendance à se refroidir : les pieds et le bas des jambes pendant l’été (à moins de chaleurs excessives), les pieds, les jambes et le bas-ventre pendant l’hiver. Jamais on ne ramènera l’édredon jusqu’au cou, de façon à couvrir toute la poitrine : cette région du corps demande beaucoup de liberté et pas trop de chaleur.
Au point de vue de l’entretien, un lit demande plus d’air que de lumière, et si on ne peut mettre à profit les radiations tendres du soleil levant, on l’exposera seulement à la lumière réfléchie du milieu du jour. On le placera autant que possible dans un milieu très aéré ; on établira même un courant d’air à son intention, ne seraitce que pour quelques instants.
Habillement
Sous ce titre j’examinerai successivement: le linge de corps, les habits, la coiffure et la chaussure.
A . — Linge de corps
Nous devons faire un choix entre la laine, le coton et la toile ; tout dépend de l’âge et de la constitution. La flanelle -convient aux personnes à peau pâle et à chairs molles que les vicissitudes atmosphériques affectent trop vivement (Hufeland), et à celles dont la peau devient rapidement défaillante avec l’âge ; la toile, au contraire, convient aux forts, le coton ou les tissus mixtes à tous les autres.
On dit grand bien, en ce moment, d’un linge de corps fait de tourbe ; mais je n’ai aucune expérience personnelle à son sujet.
B. — Habits
On doit en considérer la forme, la couleur et la texture.
La forme respectera l’hygiène sans trop violenter l’esthétique. D’une manière générale les habits seront bouffants à la poitrine et aux membres, et serrés à la ceinture et aux extrémités : l’astriction légère dans la région du corsage porte à se bien tenir et vient en aide aux muscles de la taille, toujours en action ; le lacement aux extrémités protège contre les intempéries et facilite les mou-