‹ Hygiène du cabinet de travailChapitre 11 sur 106 · RIANT. S · texte numérisé non relu

RIANT. S

18 l/ATKLIKR DES PROFESSIONS INTELLECTUELLES.

sion s'exerce, et en particulier de l'influence de V atelier oii l'ouvrier passe de longues heures chaque jour, la science a cherché à préciser les règles qui permettent d'y concilier les exigences du travail avec la conservation de la santé.

On sait ce que la pratique a gagné à ces persévérantes recherches.

Môme dans les conditions si défavorables du travail en commun, là où l'agglomération ouvrière, les attitudes vicieuses prolongées, l'âge des travailleurs, les longues journées, une atmosphère forcément imprégnée de produits malsains et de miasmes, là * où des procédés industriels dangereux, les manipulations de substances délétères rendent l'hygiène si désirable, si nécessaire, mais en môme temps d'une réalisation si difficile, les conditions du travail manuel se sont singulièrement améliorées, depuis que la science, pénétrant dans les ateliers industriels, dans les usines, interrogeant ces milieux, analysant toutes les matières employées, tous les produits fabriqués, a révélé les causes d'insalubrité, et indiqué les moyens les plus pratiques de les atténuer ou de les supprimer.

Il était juste que la science qui multiplie chaque jour, par ses découvertes, les ateliers où l'industrie réalise de nouvelles applications, ne restât pas indifférente aux conditions sanitaires faites à ces ouvriers, sans cesse plus nombreux, qui passent du travail

UNE LACUNE DE L'BYGfÉ5E. i9

agricole au travail industriel, désertent les champs pour l'atelier^ le travail individuel pour le travail en commun.

11. — On ne s'est pas occupé jusqu'ici de Vhygiène de V atelier des professions intellectuelles. — Mais, si frappant et si intéressant que soit le fait de la multiplication des ateliers du travail manuel et du développement industriel, ce n'est après tout qu'un résultat.

Le grand courant scientifique de notre époque, le développement des études physiques et chimiques en ont été la condition préalable. Si loin que soit poussé Tenlrainement du travail manuel, un entraînement non moins important dans ses conséquences, celui du travail intellectuel, l'a précédé, préparé, et chacun des résultais obtenus par la main de l'ouvrier n'est qu'une application de la pensée, qui a suscité et dirigé ce progrès.

L'atelier manuel ne s'ouvre que pour mettre en œuvre l'idée que l'homme de science a conquise, au prix d'un labeur qui, pour être plus élevé, n'en a pas moins aussi ses périls.

On s'est justement ému, pour la santé publique, de celle fiévreuse activité industrielle qui jette dans l'atelier tant d'ouvriers du travail manuel. Les hygiénistes ont signalé les dangers; la statistique a compté les victimes.

Ne pourrait-on pas, avec non moins de raison

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■, au poict de vue de l'hygiène, du nombre chaque jour croissant de ceux qui, par suite de la diffusion de l'enseignement littéraire ou scientifique, à tous les degrés, par une conséquence de la vulgarisation du savoir, ou de ia direction nouvelle des éludes, soumettent leurs intelligences, dans ia jeunesse, aux rudes conditions qu'impose la préparation des examens, des concours, et plus tard aux compétitions, aux luttes qui l'ont à l'homme de sciences ou de lettres, une carrière brillante peut-être, mais à coup sûr une vie des plus pénibles, et parfois des plus contraires à l'hygiène?

Il faut le reconnaître : les conditions hygiéniques des ateliers du travail intellectuel sont loin d'être toujours plus favorables que celles des ateliers du travail manuel. Si les produits toxiquesy sont moins nombreux, moins variés, moins grossiers, l'air respiré dans ces milieux est-il plus pur ? Les influences mauvaises sont-elles moins actives?

L'apprentissage dans les professions intellectuelles est-il moins rude et moins périlleux ?

L'école, le lycée..., c'est l'atelier avec les inconvénients du travail en commun, de l'agglomération, de l'encombrement, des locgue^ heures d'immobilité et du surmenage. Un ministre de l'Instruction publique a même pu, en comparant ces asiles du travail intellectuel auxateliersde l'industrie, reconnaître que l'éjève était souvent moins bien traité que l'ouvrier,

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