‹ Hygiène du cabinet de travailChapitre 28 sur 106 · ODEURS ET PRODUITS TOXIQUES · texte numérisé non relu

ODEURS ET PRODUITS TOXIQUES

Mfis dossiers, pour une grande partie de la journée» pour toute la journée ; et quand le travail est pressant, quand l'inspiration le demande, quand la muse est favorable, le travail continue pendant la nuit; les lampes brûlent d'une flamme terne, dans cet air désoxygéné que l*homme trouve assez bon pour enti*etenir les combustions intra-organiques.

Et pour qu'aucune parcelle de cet air vicié ne se perde, l'homme de cabinet, frileux, parce qu'il ne se livre à aucun exercice physique, fait calfeutrer toutes les ouvertures avec des bourrelets, s'enveloppe de rideaux, s'entoure de paravents, et fait retomber les portières sur les points faibles des parois de cet enclos capitonné.

Qui n'a été frappé de cette odeur sui generis du cabinet de travail de l'homme de lettres, du savant, de l'employé? Mélange d'air confiné respiré à satiété, d'émanations venant des murailles, des plafonds, de ces amas de vieux livres poudreux, des rideaux, tentures, tapis, tout imprégnés de poussières, de matières organiques, de vieille fumée de tabac (ce que les Anglais appellent c stale tobacco » ), celte combinaison de gaz, d'odeurs et de miasmes, soulève le cœur de ceux qui viennent du dehors, ou vivent au grand air. C'est là que, l'habitude aidant et les sens émoussés, l'homme de cabinet respii^ $t vit, sans y songer, mais non sans subir^ tôt ou tard, l'influence d'uû paf^iVmJJÎeu i • -- • ; -^ ; - -,

RIAHT. A

50 LB CABIHET BE TRAVAIL SCIESTEFIQDEMENT RTODIÉ. *

Il faudrait ouvrir les fenêtres, aérer la pï^, un< fois toutes les heures, toutes les deux heures, suivai le cubage.

En outre, s'il y a des baies dans deux parois opposées, il serait nécessaire de les ouvrir simullan<^ment, plusieurs fois le jour, d'olahlir un courant'^ qui balayât l'air vicié, miasmes et fumée de labac, — en faisant coïncider cette mesure indispensable avec les moments où l'on quitte le cabinet de travail.

En hiver, le feu qui flambe dans la cheminée, détermine un renouvellemenl très utile de l'air du cabinel. D'après les calculs du général Morin, une cheminée avec feu fait entrer 300 mètres cubes d'air dans la pièce, par kilogramme de charbon brûlé; ce qui peut donner un renouvellement de plus de ■1,200 mètres cubes d'air par heure. En été, on devra laisser la cheminée ouverte, afin de profiter du tirage, moins efficace sans doute, mais encore utile, qui s'y produit.

Faut-il parler de ventilation pour le cabinet de travail? Il n'y en aurait qu'un seul mode applicable ici : la ventilation automatique, celle qui ne suppose en rien la collaboration du maître du cabinet de travail. Comment se fier à ce penseur, à cet écrivain, pour la conduite, pour le maniement des appareils, si:pâU:COmgUqi]|^s fussent-ils, qui dépendraient de

Î0terv'cnCÎÎ)îi;ï6e!n*i quifuepense pas à ouvrir la

AÉRATIO!! ET VENTIUTION. 51

fenêtre, songera bien à manœuvrer les registres d'un ventilateur*!

Aussi, serais-je disposé à conseiller seulement, soit de faire établir dans un des carreaux de Tune des fenêtres da cabinet, une petite roue à palettes (celles que l'on adopte actuellement n'ont plus, comme les anciens modèles, Finconvénient de produire un bruit capable de gêner le travail), soit de rendre mobile sur son axe un des carreaux supé* rieurs des fenêtres ou des impostes.

Dans la construction, ou même après coup. Farchitecte peut ménager ou établir au pourtour du plafond du cabinet, une corniche métallique creuse, divisée en deux canaux séparés et superposés. Le canal inférieur amène du dehors Tair pur qui se répand dans la pièce par les nombreuses ouvertures pratiquées dans la corniche; le canal supérieur, mis en communication avec le tuyau de la chemi*

1. A quelles déceptions donnent lieu la recherche et radopUon de systèmes plus on moins compliqués de ventilation! L*ingénicury a dépensé beaucoup de science, Tarchitecte n*a épar^^né ni efTorls ni argent pour introduire ces appareils dans la construction, et puis. on ne s*en sert jamais. Dans une école que j*avais vu bi\tir, la ventilation était représentée par des appareils fort ingénieux, qui ne demandaient à Tinstituteur d*autre soin que d'ouvrir une baie du plafond, au moyen d*un cordon de tirage. Je doutais un peu, — Texpérience m*a rendu sceptique en cette matière, — du service que, dans la pratique, il fallait attendre d*un pareil système. Je revins visiter Técole, un an après sa construction; Tinstituteur interrogé sur la valeur de ce dispositif de ventilation, me répondit naïvement : • Je yous aiTQue que je o*en ai jamais essayé Tusa^e. 9

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née, aspire, par des orifices semblables, l'air vicié,

Ce sysLôine a le granil avanlagc de fonctionner loul seul. Il n'agit coinplèlement qu'en hiver; mais c'est" alors que la ventilation est le plus nécessaire : l'aération par l'ouverture des fenêtres étant à peu prèi complèletnent supprimée.

L'expérience apprend à n'accorder aucune con- Tiance aux appareils de ventilation plus compliqués, auxquels il faut absolument renoncer pour le cabinet de travail.

V. — Le chauffage. Le bois, la houille, te coke, le gai. La cheminée; le poêle, les calorifères. Combuilibles, appareils à exclufe iht cabinet de IravaiL Chauffage défectueux, le plus souvent excessif, /oiijours inégal du cabinet de tr.:vail. — Quelle est la. température moyenne qui convient dans le cabinet; de travail? Celle lempérature déterminée, commenten assurer le maintien régulier et constant? Quels sont les procédés, les appareils de cliaulTage, et les combustibles les plus l'ecornmandables pour cette pièce de l'appartement?

En général, la température du cabinet de travail, est trop élevée. Dans rctte pièce on active le feu,. parce que la vie sédentaire rend très sensible au froid. D'autre part, la déperdition de calorique est aussi limitée que possible, dans un milieu à peu près hermétiquement clos, pendant de longues heures.

Cela n'est pas sans danger. Une température éle-

ON CHAUFFE TftOP LE CABINET D£ TRAVAIL. 53

vée, dépassant souvent de beaucoup 44* à iQ"" (température qui serait bien suffisante dans le cabinet de travail), agit en congestionnant le cerveau, déjà disposé à rhyperhémie par le travail intellectuel prolongé. L'obsei*vation confirme ces craintes. Que de migraines, que d'états congestiCs du cerveau chez les hommes de cabinet, surtout pendant la saison où la température est artificiellement élevée par le chauiïage ! Que d'états nerveux, que d'anémies développées, entretenues, aggravées par Tair trop chaud, par Fair énervant du cabinet de travsdl!

Si la température en général trop élevée de cette pièce exerce une fâcheuse influence sur ceux qui s'y soumettent, et pendant qu'ils y restent soumis, elle n'expose pas i de moindres dangers quand on quitte ce milieu. On ne passe pas, sans péril, de cette serre-chaude, de cette pièce surchauffée, dans les autres parties de l'habitation, dans les couloirs, dans la salle à manger, dans la chambre à coucher, etc. ; pièces où l'on n'entretient pas un feu aussi régulier, ou Touverture des fenêtres et des portes amène un renouvellement d'air et une déperdition de chaleur qui en rendent la température très différente de celle du cabinet» Plus d'une affection catarrhale, plus d'une inflammation des voies respiratoires reconnaissent pour cause ce changement de milieu, de climat, opéré sans transition, plusieurs fois par jour.

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Les sensations de l'homme qui travaille de têtei ne peuvent, relativement à la température de la pièce, servir de guide. L'immobilité, l'inaclivité physique, le ralentissement de la circulation, de respiration, la réductiou au minimum de la vitalité périphérique, une dose d'oxygène insuffisante; air appauvri, vicié, un sang anémié, une alimentation en général peu aboadante : tout cela concourt à faire presque toujours paraîti'c trop basse, à celui qui habite cette pièce, la température du cabinet de travail.

Le thermomètre est le seul guide impartial et sûr à consulter. Mais encore faut-il le consulter comment compter sur des observations un peu régulières de la température, de la part d'un homme de cabinet, si souvent oublieux des soins qui louchent le plus directement sa santé?

Les appareils de chauffage placés à Fintêrieur du cabinet de travail demandent tous, pour assurer une température constante, une attention et une surveillance qu'on ne peut attendre de l'homme qui' travaille, médite, ou écrit.

La cheminée, qui est après tout le seul appareil de chauffage à recommander pour le cabinet de travail, présenterait, entre tous les autres avantages, celui d'obliger l'homme de cabinet à interrompre de lemp», en temps ses méditations, à poser sa plume, pour ranimer le feu qui baisse, pour tisonner :... gymnaï*

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