DURÉE DU SÉJOUR. MAHIE DE TOUT CLORE
l'atteinte la plus profonde aux sources de la santé et de la yie, même quand la vidation n'arriverait pas jusqu'à cet état d'impureté absolue où l'atmosphère ne renferme plus que des gaz irrespirables ou vénéneux?
On sait avec quelle rapidité l'air s'altère dans une pièce close, habitée même par une seule personne. L'oxygène y diminue de S4 litres par heui*e ; l'acide carbonique augmente d'environ 20 litres dans le même temps. La production des miasmes suit une marche parallèle : la dose croissante d'acide carbo • nique en indique la mesure.
Analysant l'air d'une pièce close, de 10 mètres, habitée par un adulte, MM. Andral et Gavarret ont trouvé :
Après 2 heures, 42 litres ou 43 dix millièmes d*acide carboifique. 4—84—84 — —
6 — li6 — 126 — —
D'autre part, Leblanc a conclu de nombreuses expériences que la dose de 5 millièmes d'acide carbonique, accumulée dans une enceinte par la respiration, est une limite qu'il importe de ne pas laisser franchira
Enfin, dans le cabinet de travail, peut-être plus
1. M. Braud, dans sa thèse sur VAir confiné (1880), s*est montré encore plus exigeant pour la chambre à coucheri pour laquelle il indique 2 millièmes comme limite extrême.
iB LE CABINET DE TRAVAIL SCIENTIFIQUEMEHT ÉTDDIÉ.
que dans toute autre pièce, il faut tenir compte d'un nouvel élément de viciaLion de l'air, à savoir les produits du Labac fumé. Le tabac est devenu, pour beaucoup d'hommes de cabinet, comme un accompagnement obligé du travail de tête. Nous ne voulons nullement revenir ici sur ce que nous avons dit ailleurs des dangers de l'abus du tabac'. Mais, quand la fumée du tabac s'accumule, comme nous l'avons observé tant de fois, dans le cabinet de travail, en nuages épais, sans issue, obscurcissant l'air, pendant de longues beures, ne représente-t-elle pas, en produits de nicotine et en oxyde de carbone, une atmosphère que le mot ridée ne sulfit plus à caractériser, mais qu'il faut désigner par son vrai nom, en l'appelant atmosphère toxique?
Ces dangers ne peuvent être évités que par le renouvellement de l'air, par l'évacuation de l'atmosphère viciée, et l'apport d'air pur. Malheureusement. dans l'immense majorité des cas, le cabinet de travail n'est ouvert, n'est accessible à l'air pur, que pendant quelques instants, le matin, au moment où les domestiques font le nettoyage de la pièce. Et puis... c'est flni; les fenêtres restent closes, jusqu'au lendemain. Le maître y entre, s'y enferme au milieu de ses livres, de ses papiers, de ses manuscrits, de
t, L'Alcool et le Tabac, 3* édition, Paris.
Conférence sur te labac au poial ie vue hygiénique, faite au TroneiÎE nationale, 1870.