ADMINISTRATIONS
Dangers des transformations, appropriations et installations dites provisoires. Locaux sans air, sans lumière; encombrement, entassement des employés. Luxe des façades. Système alvéolaire appliqué aux bureaux. Résistance des administrations et des archi^ tectes aux réformes exigées par l'hygiène.
Si, dans les habitations particulières, le cabinet de travail répond en général si peu aux exigences les plus élémentaires de l'hygiène, est-il mieux disposé dans les administrations publiques? A peine est-il besoin de signaler les conditions défectueuses qu'il présente, toutes les fois que les bureaux d'un ministère, d'une administration, d'une compagnie financière, d'une œuvre de bienfaisance ou de charité, d'une société quelconque se sont établis dans des maisons, dans des appartements accidentellement adaptés à l'un de ces nouveaux services. Et ces transformations ne sont pas rares !
C'est alors que Ton trouve des bureaux installés dans des pièces sans hauteur, sans espace, sans lumière, sans air, dans des entresols donnant sur des cours sombres, où l'on ne reçoit que des rayons ré-
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fléchis par les murs opposés, par les vis-à-vis. Dans ces transformations destinées à n'être que provisoires, mais qui sont, enréalité, d'une durée indéfinie, nul souci, bienentendu,derexposition, des questions de voisinage. A plus forte raison, rien n'a été disposé pour assurer l'aération, la ventilation. Le problème était de réunir le plus de bureaux possible dans un espace donné. Si les locaux sont insuffisants pour le nombre des services, on divise par des cloisons des pièces déjà trop étroites. La place fait-elle encore défaut ? on jette des planchers qui coupent en deux les appartements dans le sens de la hauteur. On obtient enfin le nombre de bureaux nécessaires. Ne demandez pas davantage à l'architecte. 11 n'était pas chargé de faire de l'hygiène, de la salubrité ; ce n'est point son affaire. 11 avait à trouver le moyen de caser tout un monde dans une maison, dont les dimensions n'avaient pas été calculées pour cet envahissement. A force de serrer les uns, de superposer les autres^ d'empiler ceux-ci, de rogner sur la place de ceux-là, il a réussi à réaliser ce prodige : mettre cent, deux cents, trois cents personnes, là où il n'en pourrait tenir que la moitié, le tiers, le quart, dans des conditions passables. Il s'est tiré à son honneur de cette difficulté, mais cela n'a rien à voir avec Thygiène. C'est un mal nécessaire, ce sont des conditions forcées, c'est une mesure transitoire! Combien avons-nous vu de services de l'Etat, dans les capi-