LKS BUREAUX DANS LES ADMINISTRATIONS
taies ou dans les villes de province, ainsi relégués dans des constructions insuffisantes, défectueuses, en attendant une installation meilleure... qui ne vient jamais !
Plaignons les pauvres victimes entassées dans ce.lte géhenne. Elles ont au moins, pour se consoler, l'espérance, fût-elle illusoire, d'en sortir bientôt, avant d'en avoir trop souffert*.
Dépuis un certain nombre d'années, il est juste de le reconnaître, on a construit d'immenses et de splendides bâtiments, pour les bureaux des grandes administrations de l'État ou des grandes compagnies. Malheureusement les façades et l'ornementation extérieure ont souvent absorbé toute l'attention de l'architecte, et... la majeure partie des fonds; ou.
1 . 11 n*ost peut-être pas sans intérêt de rapprocher de ces types de locaux destinés au travail en commun, les salles où travnillaicnt les copistes du moyen âge, dans les monastères. Il y avait, dans chaque monastère, une grande bihliolhèque {armarium), etujie salle spéciale {scriptorium)^ celle-ci consacrée au travail des copistes, qui écrivaient assis, et soumis à un rigoureux silence. Ailleurs, la règle, plus sévère, avait prescrit des dispositions destinées à assurer le recueillement absolu, nécessaire pour prévenir les fautes qui eussent bientôt défiguré de précieux manuscrits. La salle, vaste et lr(;s élevée, était divisée par des cloisons en de nombreuses cellules : chaque copiste avait la sienne. Parfois, outre la salle des copistes, il y avait une autre pièce réservée pour une section de moines plus instruits chargés de corriger, de reviser les travaux des copistes. Ainsi furent faits ces admirables manuscrits du moyen âge, dont on voit, encore de si beaux types dans nos bibliothèques. Antiq. Consuet. Mon, Clun; Cucherat, Cluny auxi* siècle; Bourassé, Abbayes et monastères.
IL FAUT E^ISKlGlfER L*HTGi£NB AUX ARCHITECTES. 1(3
ce qui oe Tant pas mieux, les exigences de l^effet décoratif ont réduit des appartements admirables, par Textérieur, à ne renfermer que d'inhabitables bureaux. Sauf quelques belles pièces bien disposées pour la direction, ou l'usage du public, on ne trouve que des couloirs obscurs, qu'il faut éclairer au gaz tout le jour, sur lesquels donnent ces alvéoles mille fois trop étroites, appelées bureaux, où l'air, la place, et la lumière font défaut trop souvent. Nul ne se plaindrait que l'administration y eût apporté parfois un luxe fort inutile, si le souci de l'hygiène
jfVy traduisait par des améliorations bien autrement
/ importantes.
. Ici, pourtant, on trouverait pour introduire ces réformes, des conditions peut-être plus favorables que dans le cabinet de travail des habitations particulières.
Disposée pour l'usage de bureaux, la construction a dû être étudiée, orientée, distribuée, éclairée en vue de ce but spécial. Les services de l'éclairage, du chauffage, de l'aération, de la ventilation ne sont plus laissés à l'initiative, disons mieux, à la fantaisie, à rincurie du travailleur. Tout cela est réglementé en grand, surveillé, inspecté, et par conséquent, on peut, on doit espérer que ces services s'accomplissent avec plus de régularité. Les heures de travail sont fixées. Quand les employés quittent les bureaux, la ventilation, le nettoyage, la désin-