LES VACANCES DE L'HOMME DE CABINET
lites et grandes, périodiques et annuelles, question qui doit nécessairement avoir sa place dans le règlement de la vie de labeur intellectuel, et mérite qu'on ne laisse au hasard ni l'époque, ni la durée, ni Tusage de ces heures acquises à l'hygiène. Nous traiterons ailleurs ce sujet qui, ici, nous entraînerait trop loin du cabinet de travail.
Nous ne poursuivrons pas ici cette étude au delà de ces indications générales et élémentaires. Aussi bien, elles nous paraissent suffire à caractériser la vie dans le cabinet de travail, et à formuler les mesures essentielles d'hygiène qu'elle comporte. Il nous a semblé digne d'intérêt d'étudier un mode de vie factice, toujours plus ou moins anormal, se passant dans un milieu, comportant des habitudes, un régime, des conditions qui ressemblent si peu aux milieux, aux habitudes, au régime, aux conditions où vivent les hommes en dehors des professions intellectuelles.
Et puis, l'heure n'est-elle pas venue pour l'hygiène défaire, dans l'intérêt de ces professions ce qu'elle a fait pour le» professions manuelles? On a observé, étudié, analysé ces dernières une aune, ou par catégories de professions similaires, subissant des influences de même nature, afin de spécialiser le chapitre des conseils, des précautions, des réformes, suivant les dangers qui menacent chaque état ou catégorie d'états manuels.
Le même travail est à faire pour les professions
intellectuelles, considérées individuellement ou par catégories similaires. ly'hygiène sérieuse, scientifique, ne peut plus se contenter de dire aujourd'hui : a Le statuaire respire des poussières, le peintre manie des couleurs toxiques, Tavocat expose son larynx, le médecin court risque de contagion*. » Ces généralités sont usées, et leur banalité n'est plus de mise. Nous voulons connaître, au point de vue de l'hygiène, le fort et le faible de chaque profession intellectuelle ; nous voulons qu'on nous présente, non plus en gros et sous une formule vague, mais parle menu, et dans leur réalité observée, vivante, les conditions physiologiques, exigées par tel ou tel état, qu'on nous renseigne exactement sur les milieux spéciaux, uniques ou multiples, qui seront les nôtres, sur les aptitudes pathologiques, que telle ou telle profession peut engendrer, sur cette seconde nature qu'elles nous font, sur les influences de toute espèce intéressant la santé, créées, entretenues, développées par chacune de ces professions mêmes, par le milieu où elles nous placent, par la vie qu'elles nous imposent.
Étude plus délicate, sujet d'observation moins facile, moins susceptible évidemment de démonstration rigoureuse, mathématiquement exacte, que quand il s'agit des professions manuelles, surtout
1. M. Lévy, Traité d* hygiène publique et privée , t. II, p. 780.
pour les variétés manifestement insalubres et léthifères, par lesquelles l'hygiène, allant au plus pressé, a dû aborder la solution du problème, au grand profil de la science, de l'industrie, de la société, des individus. Telle qu'elle est, avec ses difficultés et ses limites nécessaires, cette étude nous a tenté, et Y Hygiène du cabinet de travail n'est qu'un chapitre détaché de VHygiène des professions intellectuelles.