‹ Hygiène du cabinet de travailChapitre 93 sur 106 · Villemain, Littérature au xviiP sièclCy 2:2« leçon · texte numérisé non relu

Villemain, Littérature au xviiP sièclCy 2:2« leçon

LE JARDIN, L4^yaÂMPAGNfi. 185

Avantages peu communs, exceptionaels, dont ne peuvent et ne sauraient jouir qu'un biem petit nombre de travailleurs intellectuels. Il est des faveurs moins rares de la fortune : sont-elles mieux appréciées? Reconnaissons que le plus modeste jardin n'est pas mieux utilisé pour la santé, que ces vastes espaces et ces belles promenades dont nous venons de parler. Et puis, ces arbres toujours les mêmes, cette courte allée où on ne p»ut se promener qu'en revenant sans cesse sur ses pas, comme une sentinelle, ces horizons bornés, inspirent bientôt l'ennui et le dégoût. Il va de soi qu'il faudra bien, de temps à autre, détendre l'arc plus complètement, ouvrir aux yeux un horizon plus lai^e, fournir aux poumons une atmosphère plus vivifiante, aux muscles des exercices moins ménagés, et interrompre pour un temps un peu plus long, et pour un repos plus sérieux, pour des scènes ou des occupations nouvelles, la vie dans le cabinet de travail.

Quand l'heure sera venue de quitter le cabinet de travail, on pourra encore, dans une certaine mesure, continuer au dehors la tâchecommencée. En doutonsnous? Legouvé nous montre comment il utilise, l'été, le séjour a la campagne :

€ A la campagne, l'été, je m'en vais tous les jours, à travers bois pendant plusieurs heures, courant, non pas comme le naturaliste ou l'herborisateur après des papillons ou des plantes, mais après des into-

nations; je vais récitant, apprenant des vers, essayant de leur donner leur accent vrai. Combien grand est le plaisir de ces courses, vous ne pouvez i vous le figurer! Rien ne se marie mieux aux beaux ' paysages que les beaux vers; ils sont, eux aussi, des ; oiseaux du ciel, et quand ils chantent sous les branches, ils font très bien leur partie avec les chanteurs ailés! Aussi, quand je reviens le soir, la mémoire pleine de mon mélodieux butin, et me répétant à demi-voix, tout en redescendant vers ma maison, quelques belles strophes que je me suis bien apprises, je me sens aussi fier que le chasseur qui rentre avec son carnîer tout chargé de gibier,..; que dis-je? Aussi fier! mille fois davantage! Car que fait le chasseur? il tue ! Que fait le naturaliste? Il dessèche. Que fait le lecteur? 11 ranime! Au lieu d'éteindre la voix dans les gosiers les plus harmonieux, au lieu de frapper de mort les créatures les plus élégantes, il rend la vie de la parole aux créations \ les plus pures, aux pensées les plus sublimes, il ! ressuscite des immortels K »

Nous ne saurions que louer cet heureux mélange de poésie et de travail fécond, où nous trouvons encore le bienfait d'un exercice très salutaire : ce qui ne saurait rien gâter.

Mais ceci touche à la question des vacances, pe-

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