CHAPITRE XVIII
Comptabilité.
Un dicton populaire, en usage parmi les populations rurales, exprime une grande vérité : « C'est la femme qui fait et qui défait la maison. »» Ce dicton doit être présent à la pensée de toute jeune personne qui quitte la maison paternelle pour se trouver elle-même à la tête' d'un ménage, ou qui se voit amenée par les circonstances à prendre en main la direction du ministère de l'intérieur, dans sa propre famille. Quand même, dans le cours de son éducation, elle n'aurait pas reçu de principes de comptabilité commerciale, il ne lui faut que les plus simples notions du bon sens pour savoir qu'elle doit, sous peine de ruiner la maison, tenir constamment en équilibre les ressources etles dépenses. Ce but ne peut être atteint que par un bon système de comptabilité domestique, système qui n'a rien de commun avec la tenue en partie double des livres d'un commerçant. 11 ne faut à la maîtresse de maison, quel que soit le chiffre du revenu qu'elle a mission de dépenser, que deux registres consistant l'un et l'autre en un cahier de papier non réglé. Le premier, qu'elle peut nommer main courante, reçoit jour par jour la mention de toutes les dépenses et recettes; le second ne comprend que des tableaux dont les colonnes sont disposées de manière à ce qu'il suffit d'y inscrire un
chiffre pour que le dépouillement de la main ccîurante s'y trouve clairement et complètement exprimé. Avec ce système, aucune dépense ne saurait passer ina-, perçue ; on n'a pas à l'égard de soi-même d'excuse valable pour négliger d'inscrire une ligne sur la main courante et un chiffre dans une colonne d'un tableau; le temps ne peut jamais manquer pour une besogne à. la fois si facile et si nécessaire.
A la fin de chaque mois, il y a une matinée à consacrer à régler la main courante et les tableaux, ce qui n'offre d'ailleurs aucune difficulté.
Main courante, — Une ou deux mains de papier à écolier cartonné, ou simplement cousu et recouvert, d'un papier de couleur, constitue la main courante, dont on donne le modèle dans sa forme la plus simple.
DATiîS.