CHAPITRE XVII
La couture et les autres ouvrages à Taiguille ne peuvent assurément s'apprendre que par la pratique ; prétendre former une couturière ou un tailleur par la lecture d un livre, si parfait qu'on le suppose, traitant de Tune de ces deux professions, c'est comme si Ion prétendait devenir bon et habile cordonnier en regardant faire des souliers. Cela n'empêche pas qu'on ne puisse donner au sujet des ouvrages à laiguille d'utiles indications, de nature à être lues avec fruit, même par celles qui par leur habileté pratique sont capables de former des élèves d'une habileté égale à la leur ; c'est ce qu'on tente dans ce chapitre.
Matériel. — Les divers ouvrages à l'aiguille exigent l'emploi d'un matériel qui comprend les objets suivants : 1® ciseaux ; 2** poinçons ; 3** dés ; 4** étuis; &" aiguilles; & passe-lacets; 7** crochets; 8^ métier à tapisserie. De nos jours, on y devrait ajouter la machine à coudre, devenue d'un usage général pour les ouvrages de couture, et pour piquer les bottines des dames; mais la machine à coudre n'est pas, jusqu'à présent, sortie de l'atelier; elle ne fait point partie du matériel se rattachant à la pratique de l'économie domestique.
Ciseaux. — On doit avoir un assortiment de ciseaux de différentes grandeurs pour diverses destinations ; c'est une économie réelle, surtout lorsqu'on a soin de n'acheter que des ciseaux en acier fondu, qui sont aussi bons à la fin qu'au commencement, et que les repassages réitérés ne détériorent pas, quant à la qualité et au bon service des lames. Si Ton ne se sert que d'une ou deux paires de ciseaux de grandeur moyenne pour toute sorte d'ouvrages, on risque de casser les plus petits, et de gâter d'autre part les morceaux d'étoffes délicates, en voulant les tailler avec de trop grands ciseaux. Pour tailler, il taut une paire de ciseaux à lames longues, l'une pointue et l'autre arrondie ; pour le reste de la besogne de couture, on se sert d'une paire de ciseaux de même forme que les précédents, mais dont les lames ont deux à trois centimètres de moins ; ils sont moins embarrassants et d'un usage plus facile pour couper des morceaux d'étoffe de petites dimensions. La broderie exige deux ou trois paires de petits ciseaux munis de pointes aussi fines que possible ; il faut s'assurer, lorsqu'on les achète, qu'ils coupent bien de la pointe, et que les deux lames se rejoignent parfaitement ; autrement, on risque de gâter les broderies qui doivent être découpées; spécialement les broderies en application.
Poinçons. — Il en faut trois ou quatre, les uns en acier, les autres en os ou en ivoire, pour percer des œillets de différents diamètres, dans la mousseline et les autres tissus brodés plus ou moins délicats, et dans les étoffes plus résistantes qui peuvent passer entre les mains de la couturière.
Dés. — Le dé est un des instruments les plus indis-
pensables pour toute espèce d'ouvrages à l'aiguille. Les meilleurs Sont en os ou en ivoire; ce sont les moins usités , à cause de leur fragilité qui oblige aies remplacer à tout moment. Les dés en argent ont l'inconvénient très-grave de noircir le linge ; on ne peut s'en servir que quand on travaille dans des étoiFes de couleur; sur lamousselinê et le linge blanc, le dé d'argent laisse toujours des traces visibles de son passage. L,es plus usités sont les dés d'acier; lorsqu'on les achète, on doit s'assurer que les bords des creux destinés à fixer la tête de l'aiguille ont été convenablement limés; dans le cas contraire, le dé use la tête de l'aiguille et la met promptement hors de service.
Etuis. — On a renoncé, avec raison, aux étuis ronds, d'un grand diamètie, dont se servaient nos grand'mères; elles y mettaient ensemble le dé, les aiguilles et le passe-lacets; ce qui avait pour effet inévitable d'émousser la pointe des aiguilles, de les épointer, selon l'expression reçue; l'usage de ce genre d'étuis n'était profitable qu'aux fabricants d'aiguilles. Les meilleurs étuis sont : les uns cylindriques, d'un petit diamètre; les autres de forme aplatie, en bois odorant de Sainte-Lucie, en os ou en ivoire; ils ne peuvent contenir que des aiguilles, sans mélange d'autres objets dont le contact pourrait épointer les aiguilles.
Aiguilles. — Pour l'usage domestique, on préfère à toutes les autres les aiguilles à l'Y, bien connues dans toute la France; leur supériorité tient à la forme de leur ouverture, qui permet de les enfiler très-facilement. Mais les couturières de profession leur préfèrent les aiguilles anglaises, parce que ces dernières
réputées les meilleures de toutes, n'usent pas le fi}^comine le font les aiguilles à* TY.
Passe-lacets. — On a renoncé, sans autre motif qu'un caprice de la mode qui exerce partout son empire, aux anciens passe-lacets en gros fil de cuivre tordu ; ce sont, ou plutôt c'étaient les plus commodes de tous, en raison même de leur forme qui permettait de les faire glisser facilement dans des coulisses étroites. Aujourd'hui, Ton ne se sert plus que de passe-lacets d'acier, dont il faut avoir plusieurs de diverses grosseurs, assortis aux grosseurs dès gances et des cordonnets qu'ils [doivent servir à introduire dans des coulisses de différentes largeurs.
Ceochets. — L'usage de cet instrument est tout à fait moderne; au commencement de ce siècle, la broderie au crochet était fort en honneur; elle consistait en un point de chaînette, toujours le même, dont on retrouve l'analogue sur les gants brodés et sur les rideaux couverts d'imitations de broderie au crochet obtenues par des procédés mécaniques. L'ancienne broderie au crochet qui exigeait l'emploi d'un métier semblffble aux métiers à tapisserie, est complètement abandonnée. Ce qu'on nomme aujourd'hui ouvrages au crochet consiste en imitations de guipures, faites à la main, sans le secours d'aucun métier à tapisserie. On^'doit avoir pour ce genre d'oùvrages; des crochets de diverses grosseurs, en rapport avec la grosseur des cotons dont on se propose de se servir. Les plus commodes sont adaptés à un manche d'os ou d'ivoirq muni d'une vis, qui permet de changer les crochets à volonté.
Métier A tapisserie. — Le métier à tapisserie n'a pas changé de forme depuis des siècles ; c'est toujours un assemblage de deux cylindres de bois sur lesquels on tend un canevas et qu'on peut rapprocher ou écarter à volonté. Ce métier sei-t également pour les broderies en cannetille et en soie sur drap pour les uniformes et habits brodés.
Fils. — Les ouvrages à Taiguille exigent Pemploi de divers genres de fils ; le nom de fil proprement dit, dans rindustrie des tissus et dans le commerce de la mercerie, est réservé pour les fils de lin et de chanvre, parmi lesquels on distingue le fil plat et le fil tors ; ce dernier est gris, noir et de toutes couleurs. De même le nom de toile n'appartient réellement qu'aux tissus de fil de lin et de chanvre. Mais, dans le langage vulgaire, on nomme fil tout ce qui peut servir à coudre ; on a par conséquent des fils de lin, de chanvre, de coton et de soie. Malgré la supériorité du vrai fil, c'est encore le fil de coton qui demeure le plus usité, même depuis le renchérissement excessif du coton, causé par la guerre d'Amérique. En effet, malgré l'élévation relative du prix des tissus de coton, ces tissus n'ont pas été remplacés par les tissus de chanvre et de lin, par les toiles véritables, dont ils avaient pris la place au commencement de ce siècle. 11 en résulte que la couturière, non plus que la lingère, n'ayant pour ainsi dire entre les mains'que des étoffes de coton pur, ou des tissus dont le coton est la base, font principalement usage de fil de coton. Les qualités de ce fil les plus estimées, connues sous les noms de fil d'Ecosse et de fil d'Irlande, approchent de la solidité du vrai fil; elles ont été longtemps seules en usage pour tous les travaux de couture ; mais leur prix s'est tellement
élevé qu'on leur préfère pour le moment d'autres fils de coton, moins parfaits, mais beaucoup moins chers. Dans les ménages où Ton ne fait pas usage d^une grande quantité de fil à coudre, on peut continuer à se servir du fil d'Ecosse et du fil dlrlande. Lorsqu'on en emploie de plus grandes quantités, il y a économie réelle à se servir des cotons presque aussi bons et beaucoup moins chers. Les plus estimés sont connus sous le nom de cotons algériens ; ce sont des cotons glacés, d'mi très-bon usage. Pour lei^pro-" visions de mercerie, on doit préférer les cotorts au tambour en petites pelottes rondes, et ies cotons à la croix, les plus usités de tous pour la couture. Dans les ateliers, on préfère, à cause du bon marché, le coton en écheveaux aux cotons en pelottes ; mais ces derniers, surtout ceux qui portent les marques de fabrique ci-dessus désignées, sont de beaucoup supérieurs aux cotons en écheveaux.
Le coton à broder ne se vend qu'en écheveaux; il y en a de toutes les finesses, classées par numéros. C'est le coton à broder qu'on emploie pour les reprises et les raccommodages ; on le choisit de la grosseur qui se rapproche le plus de celle du fil dont sont formés les tissus qui doivent être reprisés.
Points. — La manière de faire des divers genres de points avec toute la perfection désirable ne peut s'apprendre que par la pratique ; il est néanmois utile de connaître la nature des principaux genres de points et leurs usages particuliers.
1<> Point devant. Ce point est surtout usité pour assembler les pièces. — 2» Point arrière, les points désignés sous ce nom rentrent les uns dans les autres ;
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ils sont seuls usités pour le corsage des robes, les manches, et généralement pour toutes les coutures qu exigent beaucoup de' solidité. — 3° Piqûres. On nomme piqûres le point arrière très-fin, usité toutes les fois que le point doit être visible sur la pièce cousue.
— 4° Point perdu. C'est encore une sorte de point arrière dans lequel les points ne se touchent pas.
— 5° Point d'ourlet. C'est un point coulé, très-expéditif, dont le nom seul indique suffisamment la destination. — 6° Point de surjet. Ce point, plus usité dans la lingerie que dans la couturie, sert spécialement pour réunir deux lisières ensemble. — 7° Point de boutonnière. C'est une sorte de point de feston trèsserré, servant à rendre très-solides les bords des fentes destinées à recevoir des boutons. — 8° Point de re^ prise. Ce point consiste dans une suite de points devant contrariés y c'est-à-dire tirés alternativement dans un sens et dans le sens contraire ; il sert soit pour refaire le tissu d une étoffe dans laquelle il y a un ou plusieurs trous à boucher, soit pour consoliaer des parties claires usées, ou, selon l'expression reçue,, élimées par le service. Le 4)oint est le même pour les étoffes grossières , par exemple pour les reprises à faire à des torchons de cuisine et pour les reprises perdues, à peine visibles, à faire dans la mousseline la plus légère ; il li'y a de différence que dans la finesse du fil employé et dans le soin apporté à l'exécution du travail.
CouTUBE. — Leâ divers travaux à Taiguille compris dans le sens du mot couture, comprennent fljfcisieurs . opérations distinctes, savoir: V* coudre ;^tÊ^iquêr ; 2f* ourler ; 4° border ; 5^ liserer ; 6' repriser.
Coudre. — Une couture proprement dite consiste
à réunir solidement deux morceaux d'étoffe en posant l'un sur l'autre les deux endroits du tissu, pour coudre ensuite à V envers , en conservant avec la plus parfaite égalité possible la distance du bord aux points de. la couture. Le point capital, pour qu'une couture soit bien exécutée, c'est de maintenir les deux pièces pendant le travail, de telle sorte que l'une ne fronce pas plus que Tautre, ce qui n'est pas toujours facile. Si, par exemple, on doit coudre l'un avec Tautre deux morceaux coupés, l'un dans le droit fil de l'étoffe, l'autre en biais-, il est nécessaire de contenir le biais et de tirer modérément la pièce de droit fil, pour qu'en fin de compte la couture soit lisse et ne fronce pas. .
Piquer, — On pique ordinairement un morceau rabattu sur un autre, à l'endroit, en le maintenant par des points arrière les plus réguli^çs possible. .
Ourler, — C'est la plus simple des coutures ; elle consiste à maintenir par un point de côté un pli fait sur le bord d'une étoffe. Le seul soin, essentiel à prendre pour bien faire un ourlet, c'est celui de ne pas entraîner, c'est-à-dire de faire en sorte que l'ouriet soit égal et ne tourne pas.
Border, — C'est poser au bord d'une étoffe un lacet, un galon ou un velours, et le fixer par un point devant ou un point de côté, qui doit prendre les deuit côtés en même temps. Les tailleurs posent le galon à Tendr J^ur l'endroit de l'étoffe, à un demi-centimètre duiprd ; ils le cousent à point perdu, tout au bord; puis ils relèvent le ^alon et le rabattent à l'envers par un point de côté, et lui donnent un coup de fer. Les manteaux et autres objets de ce genre doivent
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être bordés de cette manière. Si l'on borde une étoflPe taillée en tournant, on ne peut éviter de faire plus ou moins ft*oncer soit l'étoffe, soit le galon ; c'est ce dernier qu'il faut faire froncer, pour ne pas déformer l'objet bordé. Ce conseil s'applique à l'exécution de toute espèce de bordure, quels que soient le galon, le ruban ^ ou le velours employé.
Liserer, — C'est mettre une ganse dans un petit biais que l'on bâtit entre deux coutures qu'il s'agit de contenir.
Reprisei\ — L'art de bien faire les reprises consiste à contrarier exactement les points, en les laissant un peu lâches plutôt que de les faire trop serrés. Sur le linge, la reprise doit être bien carrée ; sur les autres tissus, on étend la reprise en montant et en descendant, afin que la repttse se perde autant que possible. Quant aux reprises perdues proprement dites, on ne peut les bien faire, non plus que le raccommodage de& dentelles, qu'après avoir fait pour ces deux genres de travaux à l'aiguille un apprentissage spécial.
On ne peut trop recommander, quant à l'entretien du linge, de visiter avec le plus grand soin tous le& objets de lingerie chaque fois qu'ils sortent des mains de la blanchisseuse, et d'y faire ou d'y faire faire immédiatement les reprises dont* ces objets peuvent avoir besoin . S'ils passent seulement deux fois au blanchissage sans être reprisés, les trous s'agrandissent, lès parties claires deviennent des trous, et il n'y a plus moyen de les raccommoder, tandis que les reprises faites habilement et en temps utile auraient pu prolonger longtemps encore leurs services.
Broderie — Il s'est opéré de nos jours dans Part de la broderie, toute une révolution. La broderie, comme profession, après ^voir offert longtemps des moyens d'existence suffisants à un grand nombre d'ouvrières, est tombée à un tel point qu'elle est presque délaissée, si ce n'est pour quelques objets spéciaux à l'usage des familles opulentes, tels que les mouchoirs richement brodés, avec chiffres ou armoiries; mais, le plus souvent, ces broderies sont faites comme ouvrage d'agrément, par celles-là mêmes qui doivent s'en servir. Longtemps les dessins gravés sur papier blanc ont été seuls en usage pour les broderies sur mousseline, le dessin étant jugé suffisamment visible à travers l'étoffe demi-transparente. On ne traçait alors le dessin sur l'étoffe même que quand celle-ci, comme lar batiste, par exemple, semblait trop peu transparente. Aujourd'hui, presque tous Içs dessins de broderie "feont imprimés en bleu Ihir la mousseline. Cependant les dames qui se plaisent encore à broder trouvent les dessins lès plus élégants dans les articles spéciaux des journaux à leur usage; ces dessins sont imprimés en noir sur papier jaune-clair. On peut, ou s'en servir tels qu'ils sont, ou les confier à un dessinateur qui les transporte en bleu sur la pièce à broder.
Les dessins de broderie imprimés sur papier, spécialement ceux sur papier jaune, offrent un avantage important, ils demeurent forc^eat les mêmes et ne sauraient rien perdre de leur régularité pendant la durée du travail. C'est ce qui n'a pas lieu avec les dessins en bleu sur l'étoffe ; ils se déforment plus ou moins, à mesure que l'exécution de la broderie avance, de sorte qu'il peut arriver que la fin ne soit pas exactement semblable au commencement. Les brodeuSfes
dont la vue est plus ou moins faible préfèrent d'ailleurs avec raison les dessins sur papier jaune, quand la mousseline est claire ; ils se voient plus distinctement, et sont plus faciles à suivre.
Divers points de broderie. — D y a dans le vocabulaire des brodeuses des noms pour un assez grand nombre de points de broderie qui tous peuvent se réduire à quatre : 1^ plumetis, 2® point de sable^ 3<> broderie à la minute, 4** broderie anglaise,
Plumetis, — Ce genre de broderie est le plus élégant et le plus recherché; on brode au plumetis sur mousseline, percale, nanzouk, batiste, ou tout autre tissu du même genre. Il faut préalablement tracer et bourrer. On trace en passant un fil suivant tous les contours du dessin ; on bourre en passant à Tintérieur de chaque division du dessin des points parallèles entre eux, dans le sens de la longueur, avec du coton un peu plus gros que celui dont on doit se servir pour broder. Ce premier travail a pour but de bien arrêter les bords de chaque partie du dessin et de donner du relief à là broderie. Après ce premier travail commence la broderie proprement dite; c'est ce qu'on nomme couvrir avec du coton plus fin, par des points très-réguliers, tirés dans le sens de la largeur, c'est-à-dire, à angle droit avec les points employés pour bourrer.
Point de sable, — On commence par rendre le tissu plus épais sur toutes les parties occupées par le dessin, en le doublant à l'envers, au moyen de points croisés. On fait ensuite à l'endroit, en se tenant exactement dans les limites du dessin, de petits
points arrière, presque les uns dans les autres ; c'est ce qui constitue le point de sable à proprement parler.
Broderie à la minute. — Ce genre de broderie, très-expéditif, échappe pour ainsi dire à la description; mais quand on l'a vu faire une fois, rien n'est plus facile à imiter. On passe d'abord l'aiguille en dessous, et on la fait revenir au sommet de la partie du dessin qu'on veut broder. On tourne alors 10 à 12 fois le coton autour de l'aiguille, puis on appuie le pouce sur le coton et sur l'aiguille, en couchant le coton dans la direction du bas de la portion de dessin commencée. On passe ensuite l'aiguille en dessous, pour recommencer le même travail. Ce genre de broderie ne produit un bon eïïet que lorsqu'on se sert d'un coton un peu gros.
Broderie anglaise. — Pendant quelques années, le genre de broderie dit broderie anglaise a été tellement en faveur en France, qu'il effaçait pour ainsi dire tous les autres; c'est une broderie à jour, totalement différente des autres. Elle est encore usitée pour les bas de jupons auxquels elle convient particulièrement; mais sa grande vogue ne s'est pas soutenue. On commence par tracer comme pour Ja broderie au plumetis ; ensuite chaque partie qui doit être à jour est coupée dans le milieu et rentrée tout autour. On fait alors sur les bords un cordonnet semblable à un surjet très-serré et très-fin.
Le feston qui n'est pas une broderie dans le vrai sens du mot, ressemble cependant beaucoup à la broderie anglaise. Après avoir tracé, on suit le dessin en
faisant un point noué, c'est-à-dire en tenant le pouce sur le coton jusqu'à ce qu'on tire le point.
On mentionne encore, mais seulement pour mémoire, les divers points à jour, tels que les moulinets, points turcs ^points d* échelle, points de dentelle. Tous ces points échappent à la description ; ils ne peuvent être enseignés que par la pratique.