SOUVENIR MÉDICAL DU XVI» SIÈCLE
On ne sera pas moins étonné que nous ne Tavons été nous-même, de voir un remède généralement insinué et même souvent prescrit de la manière la plus précise par les *àut|urs anciens et modernes qui traitent du charbon, devenir entre les mains d'un ignorant tel qu'était le maréchal-ferrant de Montgé une sorte d'instrument mystérieux et magique, au moyen duquel il guérissait l'effroyable maladie du charbon avec un succès si remarquable et si constant, que plus d'une fois ces admirables cures firent jaillir du cœur de quelques-uns autant de jalouses colères qu'elles excitèrent chez d'autres de loyale admiration et de généreuse confiance.
La réputation fort étendue et parfaitement justifiée dont jouit autrefois Dardelle et qui accompagnera partout son remède, paraîtra d'autant plus surprenante, que la méthode de traitement qu'il employait et que
Testomac suffisent pour occasionner de vives douleurs et peuvent déterminer la mort si Faction du poison n'est point combattue par des moyens prompts et énergiques. Le blanc d'œuf en est Tantidote le plus efficace. — Bouillet. Dict,
M. le docteur Missa, de Nanteuil, emploie aujourd'hui avec le même profit pour rhumanité, date de plusieurs centaines d'années, sans que personne ait paru s'en douter. Il est en effet facile de la reconnaître en plusieurs endroits du livre des secrets du seigneur Alexis Premontois; nous croyons nous rappeler encore que Jean-Jacques Wecker en a également parlé dans un ouvrage imprimé à Lyon vers Tan 1628.
Peu importe au reste : si le remède était déjà connu, rintérêt public demandait impérieusement qu'il le fût davantage; s'il était inconnu, son efficacité presque merveilleuse, attestée par une population de plus de dix mille âmes, faisait de sa divulgation au grand jour de la publicité un besoin et un devoir irrésistibles pour tout homme dévoué au bien de ses semblables et à rintérêt de la patrie. ^
Nous considérons donc comme une œuvre importante et une grande joie de notre vie d'avoir pu mettre à la disposition du public, et particulièrement des praticiens, auxquels il sera toujours fort prudent et fort sage d'en confier l'application, un remède à la puissance duquel M. le docteur Missa, vénéré dans toutes nos contrées pour sa science et son indéfectible dévouement, a rendu en bien des occasions le témoignage public suivant :
« Avant d'avoir en ma possession la méthode de traitement mise en usage par le sieur Dardelle dans les cas de pustuJe maligne et de charbon, j'avais eu à donner mes soins à un assez grand nombre de personnes affectées de l'une ou l'autre de ces maladies ; dans cette circonstance, j'ai fait usage du traitement préconisé par la médecine, rationnelle, et, lorce m'est bien de le dire, j'ai eu souvent à déplorer des insuccès ; et alors j'étais fort heureux de recourir au sieur Dar-
delle, qui guérissait mes malades aussi sûrement que promptement.
« Depuis bientôt dix ans, le traitement du sieur Dardelle est devenu ma propriété ; il est le seul que j'aie mis en usage pour combattre la pustule maligne et le charbon, et constamment j'ai sauvé les malades confiés à mes soins. »
riif.