SOMMAIRE
Texte : — i» Chroniques hebdomadaires sur les événements et les questions du jour. — 2* Discussion des intérêts religieux et charitables. — 3« Récits historiques. — 4<» Nouvelles morales et romans par les
Elus célèbres écrivains, catholiques. — 5» Economie domestique, ygiène. — 6» Revues scientifiques, industrielles et d'agriculture. — 7» Mélanges et faits divers.
Gravures : — Actualités, Scènes de romans, Portraits, iPrincîpaux instruments d'agriculture et machines.
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Le Directeur du Messager de la Semaine a reçu, au commencement de la deuxième année, de Mgr TEvôque d*Orléans, la lettre suivante 'î
Aux encouragements nombreux qu'a reçus déjà le Messager de la Semaine, ie suis heureux, Monsieur^ de joindre l'expression de mes plus vives sympathies.
J'avais l'honneur, il y a quelques jours, de vous adresser mes félicitations au sujet de la Revue d'Economie chré-
tienne: je me reprocherais d'oublier cet autre recueil, plus modeste^ mais non moins utile, que vous publiez également. Je ne saurais vous dire à quel point yen approuve la pensée, et combien la nécessité d'une telle revue me parait évidente et pressante dans le temps où nous sommes.
Sans doute il faut parler aux savants, aux publicistes, aux économistes, à la partie cultivée de la nation ; mais il est plus urgent encore peut-être de parler aux masses populaires, et de faire pénétrer au milieu d'elles les bonnes doctrines.
Le peuple lit aujourd'hui, et beaucoup; je ne m'en plaindrais pas, certes, pour ma part, sMl ne lisait que de bons livres, pour s'instruire et s'améliorer. Mais, hélas ! que lit-il le plus souvent? Les ravages que fait la mauvaise presse dans les foules et dans cette génération avide de lecture qu'ont enfantée nos écoles primaires, sont effroyables.
11 est urgent de contre-balancer les mauvaises publications par des publications saines; c'est là, à mes yeux, une nécessité de premier ordre, et je vous remercie de l'avoir si bien compris, et de vous être mis à l'œuvre avec tant de zèle.
Deux maux pèsent aujourd'hui, comme de tout temps, sur le peuple : l'ignorance et la misère. 11 faut absolument combattre ces deux fléaux ; et ici tout le monde est d'accord; mais le malheur et le péril de ce temps, c'est qu'on se trompe sur le remède : on va le chercher là où il n'est pas; on ne va point là où il est. Telle est la tristesse de l'époque où nous vivons, que bien des gens aiment les classes souffrantes et désirent sincèrement les soulager, et cependant n'aiment pas le christianisme, qui ne veut que ce qu'ils veulent et peut y aider si puissamment.
Il y a sur ce point de graves malentendus à faire cesser, de funestes défiances à guérir, de grands rapprochements à opérer. C'est le but que vous vous proposez dans le Messager de la Semaine, Ce but est digne assurément de tous les efforts et de tous les sacrifices.
Mais^ il faut le dire. Ta concurrence est redoutable avec la mauvaise presse : celle-ci a trouvé le moyen de parler un langage que le peuple entend. Elle lui arrive sous tous les formats et à tous les prix. Elle a appelé à son aide Villusiration et \di gravure, qui lui donnent un attrait et un péril de plus.
Il vous faut lutter contre tous ces avantages ; il faut faire
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aussi bien et mieux que les méchants; et pourquoi pas? Il fiiut offrir au peuple non-seulement de bons écrits, mais des publications aussi attrayantes par la forme et aussi accessibles par le prix que les publications malsaines qui rinondent de toutes parts.
Eh bien, cet art que les catholiques n'ont pas assez pratiquéjusqu'àcejour, vous avez, tous et?06 collaborateurs du Messager de la Semaine^ essayé de vous en emparer. Vous a?ez créé une publication populaire, non-seulement bien rédigée, mais encore bien illustrée, où, dans un profframme heureusement varié, Putile est mêlé à Tagréame. Je vous félicite sincèrement du succès de votre œuvre, et je ne forme qu^un vœu, c'est que les catholiques, trop tièdes d'ordinabe pour seconder la presse religieuse, vous accordent de plus en plus leurs sympathies et leur concours, afin que vous puissiez améliorer encore y oire Revue, donner de plus en plus à vos lecteurs non-seulement de beaux et curieux articles, mais aussi de nombreuses et belles gravures , en un mot lutter avantageusement avec les publications populaires les plus répandues et les plus goûtées. Le bien des âmes et 1 honneur de la religion y sont intéressés.
Agréez, Monsieur, l'hommage de mes bien dévoués sentiments en Notre-Seigneur.