‹ Hygiène et physiologie du mariage (volume 2)Chapitre 1 sur 68 · SEPTIEME EDITION · texte numérisé non relu

SEPTIEME EDITION

• Il est des vices dont beaucoup de gens savent l'existence, sans se douter que ce sont des vices : il est des vices qui courent la rue, qu'un grand nombre de médecins, sinon tous, connaissent, dont ils entendent parler et parlent à chaque instant, qu'ils rencontrent fréquemment, comme causes de maladie dans leur clientèle, quand ils veulent se donner la peine d'observer un peu et d'aller au fond des choses ; et cependant il est assez rare de voir paraître des notes ou des mémoires qui les concernent ou les décrivent.

Les vices génitaux sont dans ce cas.

Il semble qu'une entente générale relie entre eux tous les praticiens, pour les empêcher d'émettre au grand jour de la publicité ce qu'ils ont appris sur ces matières.

O PHKI'ACE ^H

On écrit beaucoup trop sur toutes choses et pas i assez là dessus. 1

Nous parlons des modernes et des contemporains ; car les anciens, qui dans leur langage n'hésitaient point à donner la note juste, à employer le mot \ vrai et cru, ne se sont pas fait faute de llageller de lanières sanglantes les cynèdes, lef tribades et les sodoniites. Tous les satiriques latins ont i donné cours à leur verve mordante en décrivant i les mœurs, dépravées à l'extrême d'une époque | de décadence, où la jouissance physique sous toutes ses formes, naturelles ou bestiales, était le but suprême d'une société blasée, qui paraît avoir été ' sous l'inlluence dominante d'une sorte de constitution erotique. 1

On admire le courage de ces écrivains, mais onl ne les imite pas; et pourtant qui oserait dire, s'il j est franc et impartial, que la période que nous traversons n'est pas l'analogue de celle dont nous parlions plus haut? |

Les temps héroïques sont loin de nous ! On dirait que, avec la civilisation, la lubricité marche de pair sur la voie progressive de l'humanité, tant est irrésistible l'acre besoin de volupté qui nous torture, tant est insatiable le délirant désir d'amours qui i nous tord sous sa puissante étreinte ! 1

PRÉFACE

^PTout moyen est bon qui fournit le résultat voulu, [ a dit Machiavel avec le cynisme de celui qui connaît bien les hommes : son terrible aphorisme a trouvé son application génitale ; et, à celte heure, hommes, femmes, jeunes jrens et enfants des deux sexes le mettent à profit au détriment deieur inteVligence, au détriment de leur santé, au détriment de leur pays, au détriment de la race humaine.

Arrière les pseudo-philosophes, qui voient tout à travers une nuée rose, et pour qui tout est pour le mieux dans te meilleur des mondes! Arrière les penseurs à idées étroites et mesquines qui craignent d'effaroucher les oreilles des assassins en leur parlant de meurtre, et les oreilles des voleurs en leur parlant de vol ! l^aissons croupir ces sophistes dans leur abrutissement et leur nihilisme !

Si les moralistes oublient leur devoir; ou si, possédés par une délitalcsse virginale, ils ont peur de montrer sa turpitude à la société actuelle ; si les l satiriques fout défaut ou n'osent appeler les choses Ipar leurs noms, de crainte d'être taxés d'immoralité jou d'être, eux les chastes, montrés au doigt parles [impurs, que les médecins lèvent alors le drapeau j d'alarme "et jettent à la foule des vicieux le Mané, ithécil, pharî's qui, peut-être, ramènera dans la [bonne voie quelques tristes égarés.

PREFACE

La morale n'est pas du ressort de la médecine, est vrai, mais le corps et l'inleiligence nous appar^ tiennent ; or les vices génitaux s'allaquent à la sant corporelle et à la santé inlellecluelle, et notre cens cience nous ordonne d'y veiller.

Jusqu'ici personne n'avait envisagé l'onanismï ailleurs que chez l'homme ; à peine si par hasar on rencontre dans les auteurs quelques observation^ qui ont trait à la Ibmme. Pourquoi ce silence? L femme serait-elle moins sujette à la passion maij nuelle que l'homme?

C'était là une lacune à combler cl un problèml à résoudre. Nous lentAmes de le faire sans idée pr&j conçue et sans parti pris. Le résultat de no recherches fut que la Icmme, plus que l'homme, es vouée à la manuélisation, à laquelle, d'une part l'enlraine presque instinctivement la sensibilité exquise de son appareil génital ; à laquelle, d'autr^ part, la poussent des causes étrangères à l'autr sexe, et cela avec d'autant plus de puissance que volonté plus faible n'a pas la force nécessaire pour ; résister.

Avant de livrer, pour la septième fois, à la publia cite, ce travail dont les éditions antérieures onl

PRÉFACE

' été si vile épuisées, et que plus d'un confrère étranger a traduit avec succès, j'ai voulu le revoir et y

I ajouter ce que, depuis sa dernière apparilion, m'ont appris de nouvelles et incessantes recherches.

Je me suis efforcé de mettre en pratique cet aphorisme de Newton : « In scientiis addiscendis magis cxempla prosunt quam pra'cepta b ; aussi ai»je multiplié les observations, ces exemples médicaux, ces preuves irréfragables qui transforment en

j vérités acquises certaines opinions considérées, trop souvent par le lecteur, comme des hypothèses gratuites, comme des exagérations fanlaisisles, surtout

^ en un sujet aussi délicat et, disons-le, aussi peu

j connu que celui qui nous occupe.

J'ose espérer que cette fois j'ai réussi à faire disparaître les défectuosités, à combler les lacunes qu'avait remarquées et que m'avait signalées une bienveillante mais juste critique.

Page 1