‹ Hygiène et physiologie du mariage (volume 2)Chapitre 22 sur 68 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Conclusions.

Cette étude consciencieuse, sinon complète, de l'onanisme chez la femme, nous amène aux conclusions suivantes, qui sont le résumé de ce travail :

A. La masturbation féminine existe depuis les temps les plus reculés, d'où elle s'est perpétuée jusqu'à notre époque. Elle sévit dans tous les pays et dans toutes les classes de la société, chez l'enfant et chez l'adulte, chez la riche comme chez la pauvre, chez la femme libre ainsi que chez l'esclave du harem, elle semble plus répandue là où la civilisation est plus avancée, où les mœurs sont plus dépravées, où la précocité sexuelle est plus développée.

IJ. Ses formes sont variées suivant l'âge, la condition, la façon de vivre, les goûts particuliers du sujet, suivant la connaissance plus ou moins approfondie qu'il a des plaisirs génitaux, suivant son <legré de raflinement, sa satiété et l'ingéniosité de son imagination.

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C. Ses causes sont aussi nombreuses que diderentes. Tantôt elles sont physiques, et parnai cellesci il faut langer les climals, les tempéraments, l'idiosyncrasif, les états morbides, tant externes qu'internes, et les actions mécaniques qui développent les désirs vénériens ou éveillent l'idée du plaisir génital. Tantôt elles sont sociales, c'cst-àîire inhérentes à la richesse, à la vie oisive, fé- Dnde en excitations de toutes sortes, ou inhérentes

la pauvreté, à la misère, avec sa promiscuité des^ e\es et la corruption des aleliere.

Souvent la masturbation naît sous le coup d'inluences intellectuelles et morales que déterminent ine curiosité malsaine, et la volonté d'éprouver Jes jouissances inconnues qu'éveillent la vue de

ileaux obscènes ou de gestes lubriques, la lecture "de livres grivois et romanesques, l'audition de con- -versalions erotiques, le spectacle des bals, les représentations théâtrales, l'exemple et sa contagion, Jes penchants contrariés, les préceptes coupables ies domestiques et mêmes des gens chargés de l'éducation de la jeunesse.

Souvent aussi la femme devient onaniste, grâce

des circonstances d'un autre ordre, au premier

Bg desquelles se placent : 1° le besoin inné du [llaisir, à une certaine époque de la vie, et la volonté de satisfaire ce besoin, dont la privent l'im- }uis.«ance ou l'absence d'un mari, la crainte de la

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grossesse, la laideur el les infirmilés qui l'emprisonnent dans une solitude forcée, la lenteur de la terminaison de l'acte vénérien, i'réquenle chez boi nombre de femmes, le défaut d'harmonie de! organes copulateurs des conjoints, les rapports" coïtaux extra-naturels, etc., etc. ; 2° le vif désir de rhorarae de voir la sensation erotique, qu'il éprouve, partagée par sa compagne el qui le pous trop iréquemment à engendrer chez elle, par dei modes illicites, le spasme ultime que les moye physiologiques n'ont pas pu faire naître.

Enfin, parfois, l'hérédité et les interrogations confessionnelles intempestives sont des causes, qu'on ne peut révoquer en doute, du vice de mai turbalion.

n. i>n reconnaît l'iialulude de l'onanisme â u ensemble de signes physiques et de signes intellei tuels et moraux que présente le sujet. La face e; languissante, le teint blafard; les yeux sont terne: sans éclat; le regard incertain, timide; les pupill sont dilatées el, — signe précieux, — dirigé en haut légèrement en dehors ou en dedans : u cercle brunâtre ou bleuâtre cerne les paupièn rouges, alourdies, accolées le matin. Le corps amaigri, malgré un appétit vorace, et atteint di tremblement partiel ou général ; il est faible, se: sible aux agents extérieurs, surtout au froid ; 1: marche est peu ferme el les mouvements peu préci

DE l'onanisme chez LA FEMME

Si l'onaniste porte une plaie en voie de cicalrisalion, la cicatrice se fait lentement, se couvre d'ulcérations rérentes, particulières, et, selon Baraduc^ pathognosliques.

Les organes génitaux sont anormalement développés chez les impubères; les petites lèvres et le clitoris saillants, turgescents, en une demi-érection continuelle ; l'hymen parfois est déchiré. La vulve et le vagin sont béants et humides; leur muqueuse, d'un rouge morbide, est excoriée quelquefois, ou le plus souvent elle est pâle et décolorée.

La manuélisatrice aime la solitude ; elle est triste, taciturne, rêveuse, d'un caractère inégal, d'un esprit obtus, incapable d'un travail mental assidu, indifférente aux jeux de son âge, paresseuse, sans mémoire, habiluellement menteuse, parfois extiuordinairemenl éprise d'une compagne, c'est-à-dire d'une complice.

E. Les suites de la manuélisation sont plus ou moins graves selon le sujet, selon l'ancienneté du vice, selon surtout la fréquence des manœuvres. Il importe donc beaucoup au pratricien de connaître à fond ce vice et ses conséquences, afin de ne pas rester sans ressources contre beaucoup d'affections, faute d'en savoir l'origine, la provenance, la véritable éliologie.

Les états pathologiques qui reconnaissent la masturbation pour cause sont locaux et généraux.

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Parmi les premiers se trouvent : la rougeur, les excoriations de la vulve, la déchirure de l'hymen,) rér\thème et l'eczéma des cuisses, la leucorrhée,] i(lio[i;ilhiriuc, la vulvilc, la vaginite, l'hypersécré-l lion des glandes de Bartholin et leur inllammalionj phlegmoneuse, la leucorrhée symptonialique, lai métrite aiguë et les diverses mélrites chroniques,] le relâchement et la chute du vagin, la laihlesse des' ligaments utérins et les déplacements de la matrice, les métrorrhagies, peut-être le cancer utérin, l'incontinence d'urine, la cystite, la néphrite, la pé-| ritonite partielle et générale, les ahcès pelviens,] les corps étrangers du vagin, de l'utérus, de la vesâe, la syphilis par transmission, la stérilité et l'avortemcnt.

Parmi les maladies générales, notons : l'épilepsie,! l'hystérie, la catalepsie, l'extjise, l'éclampsie in-j fantilc, le nervosisme chronique, les névralgies] diverses, la chorée, l'encéphalite, les rammollissements cérébraux et spinaux, la méningite, les para-l lysies, les troubles sensoriels de l'ouïe, du toucher,] du goùl, de l'odorat et surtout de lu vue (asthéaopie, mydriase, photophobie, amaurose) l'imbécil lilé, l'idiotie, la mélancolie, l'hypocondrie, la manie, la monomanie homicide, la raonomanie dvA vol, la lypémanie, la nymphomanie, la monomaniej du suicide, la démence, ta paralysie générale, la] -stupidité. N'oublions pas \es troubles afl'ectifs pk

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jers: la honte, l'irrilabililé, rimpalience, l'égoïsme, l'apalhie, le manque de volonté et l'aversion pour le mariage et le coïl.

Si^malons encore la toux, rcssouflleinent, les douleurs thoraciques, la respiration suspirieuse, la phlbisie, l'enrouement, la laryng^ite granuleuse, ' palpitations du cœur, les lipothymies, la synope, les maladies cardiaques, larvées et patentes, fanémie.

Nommons, enfin, la gastralgie et la dyspepsie, fassimilalioii incomplète — d'où résultent l'amairissement el le marasme, — la llaccidilé des muslies, l'amyosthénie, le rachitisme, les déformations |lu tronc, etc., etc.

F. La prophylaxie de l'onanisme consiste à éviter ïutes les causes que nous avons énumérées, etJ ela à l'aide d'une hygiène bien entendue el bien ' ppliquée, d'une bonne éducation, d'une surveiltnce occulte mais constante des enfants, et d'ua| }ntrôle incessant et secret sur ceux qui les entouent et les servent.

Le traitement curatif est plus difficile; il ne suffit, is, en ert'et. de supprimer la cause première, il faut ssi déraciner une habitude des plus tenaces. A- t-on affaire à des enfants, à des jeunes filles?' doit tenter les moyens de douceur, les conseils jraux, la peur, les menaces, les réprimandes, récompenses? on doit s'adresser h leur raison;

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en même temps on utilise la thérapeutique hygîi nique, c'est-à-dire les exercices physiques île tout sortes. On détourne la direction vicieuse de lei imagination en leur inculquant un goût artisliqi qui les passionne et les entraîne. On calme l'exc Itabililé nerveuse de leur appareil génital à l'aiti de médicaments spéciaux qui sont toujours d'exce lents adjuvants el sulïisenl parfois seuls à enraye l'haliitude, lorsque l'onanisme n'est pas invétér ou lorsqu'il dépend d'un trouble irritalif de l'inné^ valion.

Les moyens médicaux sont utiles encore, et souveil efficaces, chei; les adultes, veuves, mariées ou céliba laires, qu'une idiosyncrasie, que l'hérédité entraînent à la recherche de la volupté, que la continence r.ibstinence forcée torturent, chez celles aussi doi le mariage ne calme pas les ardeurs.

Sur les femmes, la parole, les conseils ont pli ie prise que sur les enfants. Le médecin, lantâ doux, tantôt sévère, s'efibrcera d'être persuasif Appelant à son aide tout ce qui pourrait attendr ou effrayer, il [teindra à celle-ci ta tristesse d'uE vieillesse précoce, maladive et solitaire; à celle-li il fera le tableau de la décrépitude physique et iï lellectuelle vers laquelle elle se précipite; à tout il énumèrera complaisamment la longue liste d« maladies du corps et de l'esprit qui vont les teindre sans leur faire grâce, surtout, du corté

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terrifiant des symptômes de l'aliénation mentale.

A l'épouse, il prédira pour elle la stérilité ou l'avortement ; pour ses enfants, si elle peut devenir mère, la laideur, le rachitisme, la scrofule, le nervosisme, l'idiotie, la tuberculose qui les attendent au berceau.

Chez les jeunes sujets, quelquefois aussi chez les adultes, malgré leur bonne volonté de guérir, les moyens moraux et médicamentaux échouent de même que les prescriptions hygiéniques, dont les résultats sont cependant plus certains.

Dans ce cas, il est nécessaire de recourir, sans hésiter, chez les enfants, à la répression, aux corrections corporelles, trop souvent insuffisantes, malheureusement, et aux procédés chirurgicaux, qui trouvent aussi leur emploi chez les grandes personnes dont la volition est trop faible pour résister à la tentation du vice. Les gants métalliques, la camisole de force et la ceinture contcntive, surtout, seront mis en usage durant un faps de temps convenable. On essayera ensuite la cautérisation répétée de la surface vulvaire.

Après quoi, si le succès fait défaut, on se déterminera à l'ablation du clitoris ou clitoridectomie, opération qui a réussi plus souvent qu'échoué.

Il est presque exceptionnel que le praticien, avec lous ces moyens différents, patiemment employés,

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n'arrive point à déraciner l'onanisme, s'il le vfl fermement.

Quant aux maris et aux amants, — si nombre aujourd'hui, — que la dépravation ou une compl sance coupable poussent à faire naître, à l'aide modes anlinaLurels, le spasme volupliieux chez femmes, le médecin leur donnera catégoriqueme à entendre qu'ils mettent en danger la santé ' même la vie de leurs compagnes. Cette leçon su fira à les arrêter, s'ils ne sont pas tombés dans i dernier degré de l'abjection, s'ils ne sont pas lâches et ignobles brutes.

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