‹ Hygiène et physiologie du mariage (volume 2)Chapitre 25 sur 68 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

UfFLVEfiCE DU MAHUGE SDR LE FUISIQUE ET LE MOB DES ÉPOm.

L'union des sexes est une des grandes lois nature vivante; l'bomme et la femme y sont soumis comme tous les êtres, et ne peuvent s'en affranchir, surtout pendant l'âge viril, sans que leur économie en souffre plus ou moins. A ce point de vue, le mariage exerce une immense influence sur la santé géu^rale, les mœurs et le caractère des deux sexes.

Nous venons de dire que les célibataires étaient sujets îi une foule de maladies dont les personnes mariées se trouvaient exemples ou Irès-rarcmcnt affectées; que la mort fauchait un plus grand nombre d'existences parmi les premiers que parmi les secondes, et qlfe le mariage portait, pour ainsi dire, avec lui un brevet de vieillesse. Cette immunité du niai'iage était parfaitement connue des aucieu

puisqu'ils élevèrent des statues à l'Hymen avec ces mois sur le piédeslat : — A l'Hijmen qui relarde la vieillesse.

Croire que la virginité conserve la fraîcheur du leint et les divers attraits du corps est une funeste erreur dont les vieilles filles sont les viclimes. Une fille qui reste vierge après avoir atteint le développement complet de son physique ne tarde pas k être assaillie d'une foule d'indispositions, d'éruptions cutanées, de vapeurs, etc., mortelles ennemies de sa beauté. Sa fraiclieur décroît, ses charmes se fanent et sa santé s'altère 'a mesure qu'elle larde à remplir ] le but de la nature. Au contraire, la femme mariée, surtout celle qui a conçu, puise une nouvelle fraîcheur, une santé brillanle dans les plaisirs dont la vierge est sevrée.

Quant aux hommes, en général, la virginité, c'estb-dire la continence perpétuelle absolue, leur est im- B possible; l'élat de célibat n'est pour eux qu'un moyen de mieux jouir des plaisirs de l'amour, sans avoir-la charge et les embarras d'une famille; les honnêtes gens!...

■ D'après les statistiques de plusieurs savants médecins français, allemands et anglais, il résulte que parmi les célibataires de l'àgc de vingt-cinq à quarante-cinq ans, la mortalité est de 28 sur 100, dans un laps de temps donné, tanJis que, parmi les hommes mariés du même âge, elle nVst que de 18 sur 100.

K Pour 78 hommes maries qui atteignent quarante-

deux ans, il n'y a que 40 célibataires qui parvienncnl k cet âge.

La différence devient encore plus frappaute a mesure que l'âge augmente.

A soixante ans, sur uq nombre de 100, il ne reste en vie que 22 célibataires contre 48 liommes maries; à quatre-vingts ans, 9 hommes mariés, et seulement 5 célibataires.

Chez les femmes, ces différences sont encore beaucoup plus Irancbées; on voit fort peu de lilles parvenir à un âge avancé.

Falret s'est assuré, par ses recherches dans les registres de décès de plusieurs capitales, que, sur 100 suicides, on comptait 07 célibataires. — Georgel a constaté que, sur 1,720 aliénés, 980 sont célibataires. — Euliu les statistiques criminelles monlrenl 02 célibataires sur 100 prévenus.

Parmi les nombreuses maladies causées par l'inaction complète des organes génitaux, a Tàge où l'exercice de leurs fonctions est impérieusement exigé, on cite, d'un cùlé, le satjriasis, le priapisme, la nymphomanie, riijstérie, la catalepsie, la folie, etc.; de l'autre, la mélancolie, la langueur, les insoniuies, les cauchemars, les rêves erotiques, la funeste habitude des plaisirs solitaires, etc., affections qui défigurent généralement l'élre humain et le portent aux plus hideux excès.

Le célibat exerce une si funeste iniluencc sur lea facultés inlellecluellesde la femme, que, dans tous les établissements d'aliénés, le nombre des hlles ou

femmes non mariées est toul à fait hors de proportions, Ainsi, dans le rapport fait en 1822 sur l'hospice (Je la Salpêlrière, à Paris, on trouve ces ciiiffrcs :

Sur 1,726 femmes aliénées, 1,270 étaient filles. Nous aurons occasion de parler plus loin des hideuses névroses qui allaiiucnt la plupart des lillcs qui se vouent au célibat malgré les ardeurs de leur tempérament.

Voyez cette jeune fille aux. pâtes couleurs, aux yeux cernés, languissants, à la démarche chancelanle; semblaLde à la fleur étiolée, elle penche son front vers la terre, faute d'une viviliante caresse; son cœur pal[iite, sa respiration est Iréquemmcnt interrompue par des soupirs ; ses digestions sont mauvaises, ses appélils bizarres; elle désire une nourriture qui lui est contraire ou des substances qui ne sont pas des alimcnls. Si l'étal fâcheux dans lequel die languit persiste plus loBgtemps, ta tombe, hélas! va s'ouvrir et se refermer pour jamais sur elle. Mais qu'on la marie, qu'on lui donne te jeune homme qu'elle voit sans cesse lians ses rêves, l'hymen sera pour elle ce beau rayon de soleil qui dissipe le sombre nuage et rend au ciel sou riant azur. Alors les roses renaîtront sur le visage de ta jeune htle ; un sang plus riche circulera dans ses veines et lui assurera une santé robuste.

Pausanias nous a transmis l'heureuse métamorphose que le mariage opéra sur la femme d'Arislon : Jeune fille, elle était très-laide, boutonneuse et hys-

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tc'rique; dès quelle fut devenue Temine, sa beauté aurait pu entrer en concurrence avec celle d'Hélène.

Il en est de même pour i'éphèbe, dont l'ardente puberté est le pronostic des violents désirs qui vont bientôt l'assiéger et le rendre morue, taciturne, s'ils sont comprimés sans espoir d'être satisfaits. Lorsque reffervescence de la passion amoureuse se manifestera chez lui par des signes non équivoques, donnezlui une compagne, afin qu'il puisse verser dans son sein cette surabondance de vie qui déborde par tous ses porcs, et qu'au lieu de la dépenser inutilemenl il la fasse servir h perpétuer sa race.

Enfin, on peut aflirmer qu'une foule d'hommes et de femmes d'un tempérament lubrique se seraient portés h toutes sortes d'excès si le mariage n'était venu satisfaire et apaiser ces fougueux transports, tristes fruits d'une organisation où prédomine l'activité génitale.

L'histoire fournit plusieurs exemples de passion amoureuse qui, plus longtemps comprimée serait devenue funeste aux individus qu'elle dévorait.

Perdiccas dépérissait chaque jour et serait mort infailliblement si l'œil pénétrant d'Uippocrale n'eût découvert l'amour du jeune prince pour Phila, et n'eût engagé le roi son père à la lui donner pour femme.

Antiochus, dévoré d'un violent amour pour Slratonice, concubine de son père, avait déjk un pied dans la tombe, lorsque le médecin Érasistrale surprit le secret, et dit à Séleucus que son ûls n'avait

pas deux jours îi vivre s'il ne possédait celle qu'il [.adorait. Le roi rendit la santé à soa fils en lui don»

nant Stratonice.

Une patricienne se mourait d'amour pour un jeuno [plébéien; Galien, appelé pour la traiter, avoua au [père que la maladie était mortelle si leur union était

différée. Le père, elTrayé, les maria le jour même, et [sauva sa tiile d'une mort certaine.

Scliurigius raconte, dans sa sperniatologie, qu'un [jeune homme amoureux, converti à des idéesabsurdcs, [jura de garder un célibat absolu. Une grave maladie

B'empara de son corps et de son esprit; son langage,

ses gestes indécents et toute sa personne se montrèrent jeu complet désaccord avec ses vœux. — Le médecin [lui déclara formellement que sa hideuse maladie n'a- I vait qu'un seul remède : le mariage. Le malade se laissa

donc persuader; mais, après avoir satisfait au besoin [sexuel, il se prit à pleurer. Ses amis voulurent locon- Isoler en lui démontrant qu'user d'un remède n'était [pas pécher. — Vous n'y êtes pas, leur répondii-il, je [pleure de n'avoir pas usé plus tôt du remède.

L'élégant auteur de la Physiologie des passions a ' rapporté l'histoire d'une jeune demoiselle que sa fa- I mille, égarée par une fausse religion, voulait faire re- ' ligieuse contre son gré. Cette demoiselle, douée d'un

tempérament utérin, tomba d'abord dans une pro- I ft)nde langueur, puis passa par tous les degrés de

l'hystérie, de l'érotomauie et de la nymphomanie ;

elle allait succomber aux ardeurs qui la dévoraient,

lorsque Alibert, consulté, ordonna pour unique trai*

lemenL «n prompt mariage. Ce moyen réussit conaplélemenl. Aiijoiii'd'liui, incre de famille et remarquable par la douceur de son caractère, cette dame vil calme el pleine de sanle.

Le mariage est le seul moyen de coordonner l'inslitict génital et de l'assujettir à un but moral; lui seul peut rcgler cl modérer les appéliis vénériens. Nous verrons, plus loin, qu'il est aussi dangereux d'étouffer l'instinct génital que de lui làclier la bride La loi générale de l'harmonie exige l'exercice modère de tous les organes de noire économie. Si l'un de nos organes est condamne à un repos absolu, les autres organes ne lardent pas à souffrir, et, le parfait équilibre de toutes les fonctions étant détruit, la santé s'altère el les maladies arrivent. L'acte génital est donc une Dccessité pour l'iiominc el la femme; sa privation absolue ne peut qu'élre nuisible au physique et au moral de l'individu.

En résumé, les plaisirs du mariage, pris avec modération, sont nécessaires au maintien de la santé générale; ils apaisent les violents désirs, les impatiences, les inquiétudes, les cliagrins d'amour : ils préviennent les songes erotiques qui embrasent et Iroul)lent le sommeil ; ils facililenl le jeu des fonctions; ils réjouissent l'âme, cl donnent au corps cette liberté, cette souplesse qui rendent alerte el dispos; ils portent l'homme à l'amitié, à la bienveillance, a la générosilé. Enliu, il faut le reconnaître et le dire, ces douceurs du mariage sont une heureuse compensation aux cliagrins el aux misères de la vie

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