CHAPITRE XI
BAPPOHTS Pni'SIQIIEB ESTSE LES EPOUX
SECTION I
DE l'CKIOR SEICELLE OU COPOLATIOH.
y La nature a mis dans les rapports sexuels l'irrésistible attrait du plaisir, afin d'entretenir, de rendre vivace l'instinct qui pousse un sexe vers l'autre ; car c'est sur cet instinct puissant que repose la durée de l'espèce.
L'homme sage ne voit pas seulement dans l'union le but frivole du plaisir; il en considère un autre plus sérieux, celui de la progéniture. C'est sur ce but que doit se fixer l'attention de tout homme ({ai désire se
préparer un avenir de bonlieiir dans le nombre, li force et la bcaiilé de ses enfants. Ces grands réstiU tatspour la famille et la race humaine dépendent, en grande partie, de la conduite hygiénique des père et mère.
Les noms de copulation, de coit, ont clé donnés à l'union inliuie des deux sexes pour consommer l'acte générateur. Le rôle de l'homme, dans cel acte, est d'introduire l'organe chargé de verser le fluide fécondant ; le rôle de la femme est de le recevoir. Le coït s'accompagne toujours de sensations voluptueuses, hormis les cas de maladies des organes génitaux. Chez l'homme, il se fait une grande déperdition de fluide nerveux, un violent spasme au moment de l'éjaculalion. Chez la femme, la déperdition est moindre, mais le spasme dure plus longlemps.
Pour que la copulation soit consommée avec fruit, il est nécessaire que le pénis, ou organe viril, devienne le siège d'une congestion sanguine qui amène le phénomène de l'érection, dont nous avons déjà décrit le mécanisme. Le but de l'ércclion est de donner au pénis la dureté, la vigueur nécessaires pour rompre ou repousser les obstacles qui pourraient s'opposera son entrée dans les parties de la femme, j L'introduction ayant eu lieu, l'érélhisme du pcuis sefl propage aux diverses parties de l'appareil génital ; les ' ' testicules sécrètent plus abondamment la liqueur proliQquc et l'euvoienl dans les vésicules séminales; celles-ci se contractent et font couler la liqueur dans les canaux éjaculateurs, qui, à leur tour, la projettent
ans le canal de i'urèlre. Ace moment, i'excilation est orlée au plus haut degré : des contractions convulives, saccadées, lancent, par jets, hors du canul, le aide fécondant, dont une partie est absorbée par le ul de la matrice. L'éjaciilation terminée, l'excitation u pénis cesse, la congestion se dissipe peu à peu ; organe viril revient à sa flaccidité première, elle rôle e l'homme est accompli. Un affaissement de l'orî8, une douce langueur, succèdent aux transports de amour ; le désir s'est pour un moment éteint an mieu des Ilots de volupté. Il semblerait qu'une portion u flambeau de la vie de l'Iiomme a passé dans le sein s la femme, avec sa liqueur proliGque, pour allumer ne vie nouvelle.
Les organes génitaux de la femme offrent, sur une lus grande étendue, les mêmes phénomènes d'exciilion : le clitoris turgil, se dresse, les grandes el élites lèvres se gonllenl, le tissu éreclile du vagin Qtreen action; la muqueuse vulvo-ulérine, excitée ar le frottement du membre viril, secrète une humeur isqueuse coujoinlement avec des glandes, afin do sndre le canal [dus glissant. Cette sécrétion, quelque- >is Irès-abondanle, el jaillissant sous forme de fluide liteux, a l'ait croire k beaucoup de jiersonncs, éiranëres à la physiologie humaine, que la femme était ouée d'un appareil éjaculateur; mais c'est à tort, arce que le système génital féminin ne possède ni feules séminales ni canaux éjaculaleurs.
P*eadant le coït, le plaisir qu'éprouve la femme est û, en grande partie, aux titillations faites sur le cU-
tons : les frotlements exercés sur le tissu érectile du vagin et dos petites lèvres contribuent à en augmeoi la somme. Le spasme voluptueux est moins vioicDi chez la femme que chez l'homme; mais, en revancbi il est de plus longue durée. On rencontre des femmi qui, au moinilre contact, délirent de plaisir, taoi que d'autres exigent des caresses longten)ps répél pour arriver au sfiasme vénérien. Les premières soûl des femmes nerveuses, à imagination ardente; les secondes des femmes lymphatiques, grasses et douées d'un système nerveux moins impressionnable. Trop d'ardeurou trop d'indifTérence aux plaisirs de l'amour sont deux extrêmes également nuisibles h la fécondation : c'est ce que nous aurons occasion de démontrer dans un autre chapitre.
L'entraînement et la vigueur de la co()uIation sont relatifs aux espèces, aux âges, aux tempéraments aux climats.
Les oiseaux sont intinimcnt plus chauds que li vivipares. Un bon coq peut cocher de cinquante soixante fois par jour; — le pigeon quinze fois par heure; — le moineau vingt fois; — tandis que les singes et le bouc, deux animaux des plus lascifs, ne couvrent leurs femelles que cinq, six ou huit fois par jour et à des intervalles mesurés. L'homme, dool linstinct semble s'effacer sous l'empire de l'imagini lion, l'homme, au lieu de suivre les lois de la nature,' dépas.se les limites assignées 'a son tempérament, et abuse très-souvent, surtout pendant sa jeunesse, des plaisirs vénérens. Ces abus reteulisseut toujours
ar es
De I ar I
d'ane manière fâcheuse sur le physique et le moral de l'individu, el abrègent la durée de sa puissance génésique. Le système génital, intimement lié à la vie générale, réagit promplement sur l'économie entière ; c'est pourquoi les liommes usés géiiitalement le sont aussi corporcllement et intellectuellement. On peut Jeur appliquer ces vers de Thomas :
Vois ces spectres dorés s'avancer à pas lenis, Traîner d'un corps usé les restes chancelants,
PEl sur un front jauni qu'a ridé la mollesse, Élalcr à Irente ans leur précoce vieillesse. C'est la main de Vénus qui creuse leur tombeau.
De même que les autres fondions de notre économie, la fonction génitale doit être assujettie h des règles liygiéniques, si l'on veut la conserver intacte et longtemps. Les infractions à ces règles, souvent renouvelées, flétrissent bientôt l'organe et lui fontperdre sa vigueur.
La vie sexuelle de l'homme renferme trois périodes : la première, celle de h jeunesse sexuelle, comoience dès l'enfance et va jusqu'à vingt et un ans; — la seconde, celle de la viijuenr sexuelle, occupe l'iolervallede vingt et un à quarante ou quarante-cinq ans; — la Iroisièmc, celle de la décadence sexuelle, commence h quarante ou quarante-cinq ans révolus et finit h soixante ans. Or ceux qui ont su se ménager pendant les deux premières périodes conservent encore, dans la troisième, une remarquable aplitudti.
Les médecins el physiologistes qui se sont occ pés de la question hygiénique des organes génitaux el de la fonction génésique, question de la plus haute importance pour le mariage et ses fruits, ont établi le règles suivantes :
De vingt à trente ans, l'homme marié peut axer ses droits deux a quatre fois la semaine, en laiss un jour d'intervalle entre chaque fois. S'épuiser ] un coït répété cinq cl six fois dans un jour, aiusi qoê le font beaucoup de jeunes gens, c'est se préparer des regrets pour plus tard.
De trente à quarante ans, l'homme doit se borne deux fois par semaine.
De quarante à cinquante, — une fois.
De cinquante à soixante, — une fois en quinze jours et moins encore, si l'on n'en ressent pas le besoin.
La continence est une nécessité pour la seconde vieillesse; le sexagénaire ne doit aller que très-rarement porter sa mesquine offrande sur l'autel de Vénus; car, à cette é[roque de la vie, la liqueur séminale est très-lente à se reproduire. Le septuagénaire devrait s'abstenir du coït; l'énorme déperdition de lluide nerveux qui en résulte le plonge dans un épuisement toujours nuisible k sa constitution. Il devrait se tenir en garde contre les fallacieux désirs nés d'une imagination lubrique, et bien se pénétrer de cette vérité, que, pour une faible éjaculation, qoi tient plutôt delà douleur que du plaisir, il coniproraet sa santé et abrège sa vie. Les exemples de vicillardl morts pendant ou à la suite du coït no sont pas rare
Les préceptes hygiéniques pour les femmes sonlh peu près les mêmes que ceux qui préccdenl, hormis quelques modifications relatives à l'âge et au lempérament. Quoique la femme puisse prolonger l'acle vénérien plus longtemps que l'homme et le répéter plus souvent, par la raison que ses perles sont moindres, elle doit néanmoins élre sobre des plaisirs du mariage, car celte sohriélc lui conservera la fraîcheur de ses charmes, que fléiriraienl promplemenl les excès. Les voluptés solilaires, auxquelles se livrent beaucoup de femmes mécontenles do leurs maris, sont une manœuvre dangereuse qui les énerve et les prédispose aux (lueurs blanches, aux irritations des organes génitaux et aux névropathies de ces organes. Une femme raisonnable doit toujours se contenter de ce que peut son mari et ne jamais exiger davantage. Dans le cas où le mari trop vigoureux abuserait de son activité génitale, le devoii' d'une femme sage est d'employer tout l'empire qu'elle a sur lui pour modérer son ardeur, assoa|iir ses feux et lui faire comprendre que les excès vénériens sont nuisibles nonseulement à la conservation de ses facultés viriles, mais qu'ils sont encore funestes aux enfants procréés dans un étal d'épuisement.
V SECTION II
flADLEiU DE L ACTIVITE ET DE LK DECADERCG GEMTALES l SELON LES ÉPOQUES rUYSIOLOGIQUES DE LA VIE.
Ciiraucc. — Durant la période d'enfance, les ot-
ganes génitaux se développent et restent muets, si des aLlouclieoienls honteux ne viennent en éveiller la sensibilité.
Adoieacencc— De 8 !i 14 ans, les orgaoes sexué marchent toujours vers leur développement ; la vt s'érige de temps à autre, mais les désirs ne se feraied pas encore sentir si des jeunes gens ou des adolescents instruits par les premiers ne faisaient naître ces désirs et n'anlicipaient sur l'ordre naturel . Celle époque est celle de l'onanisme, qui développe le cervelet au détriment du cerveau, et qui précipite dans la lomhe tant déjeunes victimes. (En divers endroits de cet ouvrage, nous avons exposé les suites funesl de l'onanisme.)
Iffl
Pnberid. — Cette période commence à 15 ans et
linit à 21 ans. Quoique n'ayant pas encore acquis leur complet développement , les testicules sécrètent la liqueur spermatique. Les désirs naissent; la vue du sexe les provoque, accroît leur intensité ; à la moindre impulsion cérébrale , les parties génitales surgissent, le pénis eutre en érection. L'cphèbe, ignorant le mystère qui se passe dans ses organes, est en proie a de vagues désirs : il pâlit, rougit, tremble, palpite en présence d'une jeune iille, d'une femme. Il saura bientôt pourquoi. La heauté qu'il doit aimer paraît, et soudain l'amour a incendié sou cœur ; un feu brûlant court dans ses veines... Toutes ses pensées porlenl sur celle qu'il adore ; il la voit, lui sourit dans'
es rêves ; il lui adresse, avec ses soujtirs, l'ardente
oésie de son cœur. Alors se révèle l'inslincl génital.
Icureux les jeunes gens qui ne se laissent pas eni-
>rtcr par la passion des sens, car ils conserveront
leur aclivilé génitale dans un âge où ceux qui en ont
busé l'auront perdue sans retour.
|ei
«vennesiie. — Cette période, OÙ l'activité et la vigueur (les organes génitaux sont h leur plus haut degré, embrasse les années comprises entre la vingt et unième et la trente cl unième. L'appareil de la ;énération est arrivé à son développement le plus complet; le sperme a acquis toutes ses qualités prolilîques ; l'homme est apte a procréer : c'est l'âge des plaisirs et du mariage. Pendant toute cette période, il peut, selon ses forces, sacritier à Vénus deu.x et trois fois par semaine ; mais jamais davantage, s'il veut conserver sa vigueur physique, car une trop grande dissipation du fluide séminal peut, en le fatiguant, porter atteinte "a ses forces génitales.
viriiiic. — De 30 à 45 ans, l'homme est arrivé au summum de ses fonctions organiques ; ses désirs vénériens sont mr-\ns fougueux, ses idées plus se rieuses et ses occupations le portent a s'assurer une position pour lui et sa famille s'il est marié. Dans celte période, l'homme doit, autant que possible, réler ses plaisirs amoureux et ne leur accorder que :s moments de loisir, surtout lorsqu'il est père de famille, et tout citoyen devrait l'être à cet âge. C'est
— iOO —
SECTION III
COHSIBÉBATIOHS PBÏStOLOGIQDES ET MORALES SDR LA DÉCADEKC GÉNITALE.
La décadence géfi liai e, ainsi (|ue nous venons del dire, arrive généralement vers l'âge de quarante-cinq k cinquante ans, un peu plus tôt, un peu plus tard, selon la constitution, la bonne ou mauvaise conduilej de l'individu. Pendant la période virile, l'amour phj sique est naturellement provoqué par la plénitude des" réservoirs spermaliques, et l'acte vénérien ne peut qu'être favorable à la santé. A l'époque de la décadence, la stimulation vénérienne part presque exclu- ^ sivement du cerveau; l'homme inquiet, attristé de voir ses facultés génitales s'affaiblir de jour en jour, devient libidineux et cherche, avec des maîtresses, à jouir encore des plaisirs dont il sera bientôt sevrc^j c'est justement ce qui lui fait perdre plus vite sel| forces. Plus tard-, les érections deviennent de plus et] plus difliciles ; le cerveau désire toujours, et la parlilT refuse. Alors, pour se mettre en étal de consomme l'acte, il recherche les nudités, les convoite, les dé vore ; il palpe, il caresso les charnaes secrets que In livre son or; longtemps il s'excite à la vue du sanc-' luaire dans lequel il s'elTorcc de déposer sa mesquine offrande... 0 vieillard insensé! qui regrettes avec tant d'amertume les voluptés sensuelles, ignores-(o
- ioi -
qu'à chaque ofTrande c'est un« portion de ta vie qui se détache, c'est un pas de plus que lu fais vers la tombe? N'as-tu pas ressenti les fali{^ues du corps, les lassitudes prolongées de les membres'.' Le plaisir que tu desires, que tu convoites si instamment, ressembte-t-il au plaisir d'autrefois et ne loucbe-t-il pas plutôt à la douleur? 0 vieillard! ton arme est usée, les efforts pour la retirer de son mortel engourdissement sont vains et ridicules ! Chasse donc, expulse de ton cerveau les importuns souvenirs d'une vigueur éclipsée d'une activité qui n'est plus; écoule, écoute la raison qui te crie de diriger tes facultés vers un but plus utile. Si lu méprises ses conseils, si tu persistes
É l'élancer incessamment au-devant des voluptés vé- Sriennes, malheur à toi! les désirs erotiques s'incrusteront chaque jour de plus en plus dans Ion cerveau, sans pouvoir en eue chassés. Mallicnr à loi!... lu éprouveras bien lot le sort desviclimes d'une idée fixe: tu deviendras lou?... Et, pour que tu ne l'ignores pas, sache donc que la folie erotique des vieillards se termiae toujours par la mort 1