‹ Hygiène et physiologie du mariage (volume 2)Chapitre 40 sur 68 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

THÉORIE KOGVELLE DE LA GÉAÉRATIOX nCHAlKE.

^B Les merveilleuses opérations de la nature se font ^loujours dans les profonds abîmes de l'inconnu. Nous parvenons quelquefois à nous rendre raison des phénomènes, mais les causes premières nous sont fatalenient cachées.

De tous les nombreux mystères que l'esprit humain a cherché à débrouiller, celui qui lui a coûté !e plus de temps et de peines est, sans conlredit, le mystère de la génération. Que de systèmes ont été bâiis et se sont écroulés d'eux-mêmes ! Que de séduisantes Uiéories n'ont duré que quelques instants ! Cependant,

— lOfi

2i force de iravaux el (l'o[finiàlrel(5 dans les expériences, l'étude ovologique, grâce h nos savants de l'époque, est eiirm parvenue li an degré de pcrrectioo (lui elTace bien des doutes.

Nous nous garderons Lien de faire riiisloire des divers systèmes [dus ou moins absurdes qui ont été inventés sur la géncraiion; te serait lancer el perdre, sans profit, nos lecteurs dans l'alTrcux cbaos des chimères. Nous nous bornerons à leur jircsenter la théd rie de V ovo-spermuthme , dont le simple énoncé l(il apprend que le concours de l'homme et de la femme est absolument nécessaire pour la procréation d"ud être semblable a eux.

La femme concourt à la procréation en produisant'^ l'œuf; mais cet cfeuf inerte, s'il n'est fécondé, tombe h cbaque menstruation dans la matrice, où sa dissolu*! tion s'opère, el ses débris sont entraînés au deborspal le sang des règles.

L'homme, de son côté, concourt à la procréatioiï en produisant la liqueur qui féconde, qui donne la vio il l'œuf. Ainsi la procréation d'un être est un acii dynamique, un conflit de deux sexes dilTérents el opposés l'un ^ l'autre comme les deux pôles d'un aimant.

Féconda lion. — De quelle manière s'opère la fccondalioQ de l'œuf, el quel est te mécanisme de 11 génération ?

D'après les études sur l'ovologie humaine faites par plusieurs savants contemporains, il est aujourd'hui démontré que notvc es^ièce est soumise à lâ

grande loi : Omse vitum ex ovo, Tout ce qui vit jirovietit d'iin œuf. La femme, ainsi que toutes les femelles

* règne animal, prudiiit fies œufs dont la ponte a Il ciiaquc mois, quand s'clablil le flux nienslruel. Nous avons dit que les ovaires de la femme étaient

ts espèces de glandes qui produisaient des œufs ; i œufs nn'eroscopiques, réunis en grappes, se développent chacun ^ leur tour, se gondcnt, mûrissent et tombent de même que les fruits raùrs.

De quelle manière s'ojièrc la chute de l'œuf dans l'oviducte? La voici : Le pavillon de la trompe embrasse la portion de l'ovaire par où l'œuf doit sortir; l'ouverture du pavillon se dilate et exerce une espèce d'aspiration sur l'œurniùr qui s'y engloutit. Une fois Beuf engagé dans la trompe, il elieiuinc lentement vers la matrice, sollicité par les mouvements coniractiles de la trompe elle-même. De longues et minutieuses expériences ont démontré que, chez la femme, il fallait quatre ou cinq jours pour que l'œuf parcourût tout le trajet de la trompe et tombât dans la matrice.

Passons au rôle de l'iiomrae. A la suite du coït, le wermc pénètre dans la matrice ; les animalcules qu'il finticnt s'introduisent, par un mouvemetil on pourrail dire instinctif, dans les trompes utérines, où ijs cheminent jusqu'à leurs deux tiers supérieurs. Arrivés h cet endroit de la trompe, les animalcules se Osent à la membrane muqueuse et attendent l'œuf ou les œufs au passage.

Lorsque l'œuf mûr se détache do l'ovaire, lors-

qu'aspiré par le pavillon de la trompe, il s'englouiit dans l'oviducte et descend, alors seulement les zoospermes s'accroclient k lui, pénètrent sa substance, et la Iccondation càt opérée. L'œiif (écoiidé continue. pendant quatre ou cinq jours, à descendre par l'oviducte cl tombe enfin dans la matrice, à la paroi de laquelle il se greffe et prend racine. De ce inomeal commence la vie embryonnaire d'un nouvel être.

La première évolution de l'œuf se fait dans les trompes durant les jours qu'il met à les parcourir. Arrivé dans la matrice, l'œuf bumain est cinq fois plut gros qu'au moment de sa fécondation.

Les œufs non fécondés suivent la même marclie,' tombent également dans la matrice; mais, n'y prenant pas racine, ils s'y dissolvent et sont rejetés ao dehors avec le sang menstruel.

Tel est le mode employé par la nature pour la production do l'espèce humaine. Plusieurs objectii ont élé faites contre celle théorie par les partisans dt la fécondation dans l'ovaire. Ils citent, comme preui de l'arrivée des zoospernies dans l'ovaire,. les gi sesses ovariennes, les grossesses ventrales ou ext\ utérines. Ces cas de grossesse anomale sont livemcnl réels, mais si infiniment rares, si en dehi du but de la nature, qu'ils ne sauraient ébranler II théorie que nous venons de donner. Les exceptioi qui ont aussi leurs causes, loin de détruire la règl générale, ne font que la consolider ; et, dans la tion qui nous occupe, l'exception confirme la

Eoelîci, les grossesses exira-utérines sont toujoni

lies aberrations de l'organisme prodiiiles par des cirponslances extraordinaires. Ainsi il peut se faire que l'œuf, fécondé normalement dans l'oviducte, soit rejeté dans le ventre par un violent spasme de la trompe dont le pavillon se trouve détaché de l'ovaire. ^Le professeur fiallemand cite une femme effrayée PIr la présence subite d'un homme au mumeut où elle venait de recevoir les caresses de son mari ; la dévolution qu'elle en éprouva agit si violemment sur les trompes de la matrice, que l'œuf ne put s'y engager et resta fécondé dans l'ovaire. Cette dame étant morte des suites d'une grossesse ovarienne, l'autopsie Je son cadavre fit voir un embryon développé dans l'ovaire. Dans les annales de médecine, plusieurs faits Sinblables sont rapportés et ne laissent aucun doute

' la possibilité des grossesses ovariennes. [Il peut aussi arriver (ju'un zoosperme monte jusk'a l'ovaire et y féconde un œuf; mais, le pavillon de la trompe cessant tout à coup d'embrasser l'ovaire, et l'œuf, ne trouvant plus le canal par lequel il doit arriver à la matrice, reste et se développe dans l'ovaire. Mais ws aberrations sont de graves accidents qui entraînent toujours la niorl du fœlus et le plus souvent celle de la mère. Or la théorie de la fécondation dans l'uvaire n'est pas soulenable, car la nature ne saurait procéder par accident à la perpcluation de l'espèce.

Des expériences réilérées, marchant de pair avec l'observation microscû[ii(juc, sur le mode et les pbéoomènes de la l'écondalioD, nous ont arneué aux con- Basions suivantes :

— flO —

1° La fécondation n'a jamais lieu dans les ovairei

2° La fécondation ne saurait également avoir lieu 6ur les œufs tombés dans la matrice à l'époque de h ponte, parce que ces œufs ne réunissent plus les coudilioDS nécessaires. La princi|»ale condition est la fécondation préalable, dans les trompes, qui cliange le mode d'existence de l'œuf, le rend cinq fois plus gros et lui donne l'aptitude à se greffer aux parois de la matrice;

3" C'est strictement dans les trompes que la fé dation s'opère; nous allons voir comment;

4" La liqueur spennalique introduite dans la trice y éprouve une dissolution : sa partie aqueuse revient dans le vagin et découle de la vulve ; mais les ïoospermes qu'elle contient, du moins le plus graud nombre, gagnent instinctivement les trompes utéri! et vont s'accrocher aus parois de ces trompes, b leur' partie supérieure, près du pavillon. Là, ils pcnveui vivre de cinq à dix jours, selon le degré de vilalili du testicule qui les a produits, et s'ils ne sont poinl tués par une cause intérieure;

5° C'est au moment du passage de l'ovule dans la partie supérieure de la trompe que le spermatozoïde s'accroche h lui et le féconde immédiatement ;

6° C'est généralement pendant les premiers jour» de la menstruation que la fécondation a lieu. Du moment que l'ovaire est fermé, que le pavillon de la trompe a cessé de l'embrasser, la fécondation devient nnpossible, puisqu'il n'y a plus de commuoicaliou entre la trompe et l'ovaire.

Nous ajouterons, comme corollaire, que la fdcondalion est cerlaine lorsque le mâle approche la Tcmelle quelques jours avant la chute de l'œuf. Celle époque est indiquée par le rut chez les animaux, et citez la femme par des prodromes qui trompent rarement.

KDans l'espèce humaine il peut arriver que la copuion, ayant eu lieu cinq ou six jours avant l'apparition des règles, soit suivie de la fécondation ; mais ce résultat est beaucoup moins certain que daus le cas où la copulation s'opère ta veille de l'apparition des règles ou lorsqu'elles commencent à couler.

Les époux qui désirent accroître ou restreindre leur lirogéniture pourront tirer parti de ces indications.

Nous terminerons ce chapitre par un résume des

t8 physiologiques qui président k la formation et k fcrondalion de l'œuf humain. — Les œufs produits par les ovaires sont soumis h une maturation périodique, et cette maturation est tout 'a fait indépendante du contact spermalique. — Les œufs, arrivés à maturité, se détachent naturellement de l'ovaire et sont saisis par les trompes, qui tes conduisent dans ta ma- Hpce. C'est pendant ce travail de l'ovaire et des Trompes qu'a lieu la turgescence utérine d'où résulte le flux nicnslniel. — Quand l'œuf, tombé dans la ma- ■ce, a été fécondé, il se greffe aux parois de cet organe et parcourl nue série d'évolutions, dont la dernière est la naissance d'un être semblable 'a ceux jui l'ont procréé. — Quand l'œuf, tombé dans la mape, n'a pas été fécondé, il se dissout au milieu du

sang des règles et se trouve entraîné au dehors par le IUjx menstruel.

Quelques éminenfs pliYsiologisles ont avancé q' la fécondation tie l'œuf pouvait avoir lieu à tous les jours du mois : c'est une profonde erreur, c'est méiB une impossibilité qui ressort d'une triple preuve.

r L'œuf humain n'arrive k com[jlè(e niaturi' qu'une fois par mois; et pour être fécondé il est de toute nécessité qu'il soit mûr ;

2° Hormis !e temps de maturité de l'œuf, l'ovai cesse d'avoir toute communication avec !a matrice;

3° Ce n'est qu'au moment où l'œuf éclate et l'ovaire s'ouvre, que les trompes, flotlant dans l'abdomen, viennent embrasser l'ovaire, pour saisir l'œuf qai s'en détache. C'est alors seulement que les trompes servent de mojen de communication entre l'ovaire et la matrice.

Or, pour que la fécondation fût possible à tous les jours du mois, il faudrait que tous les jours il y eflfl un œuf arrivé b maluritc : ce qui n'est pas. Il faudrait que la communication entre la matrice et l'ovaire lût constante : ce qui n'est pas. Il faudrait que l'œuf échappé de l'ovaire, îi l'époque de sa maturiu-, put rester soit dans les trompes, soit dans la matrice ce qui n'est pas; attendu que les œufs non fécondés ne peuvent séjourner dans la matrice, puisqu'ils n'v prennent point racine. Les œufs non fécondés, ainsi que nous venons de le dire, sont entraînés au dehors avec le sang des règles. Donc l'assertion de ces pliy siologisles est erronée, impossible, Donc la fécoi

dation ne peut avoir réellement lieu que pendant les Jours où l'œuf, détaché de l'ovaire, traverse les trompes alin de se rendre 'a la matrice. Tel est le mystérieux travail de la génération.

signes anxqnela on rcconnall que la fi^condnilon n ea lien.— Deaucfln|Mtc pliysiologistes,

entre autres l'érudil Burriach, ont erré sur ce sujet. — La vérité est que la plupart des femmes sont féconilées sans même s'en douter, et ceux qui prétendent qu'elles éprouvent une voluptueuse défaillance en ce moment, ignorent complètement la manière dont s'opère la fécondation. La femme étant génitalemenl excitée aux approches de ses règles, le plaisir sera plus vif à cette époque, non parce que la fécondation a eu lieu, mais parce que ses organes sont légèrement tuméfiés et beaucoup plus sensibles. Du reste, voici les phénomènes offerls, par quelques femmes, au moment où l'œuf fécondé tombe et se efTe dans la matrice : — intumescence de tout le ijstème génital — frisson dans les reins — mouvements insolites dans le bas-ventre — chaloutllement dans la matrice et le vagin — légères titillations vulvaires — spasme yjivi <le Csligues dans les mem- •Sres, etc., etc.

CIIAl'lTUE XIV

SECTION I

HE LA PROCRÉATION DU SEXE NALE OC On SEXB FEHKLU

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