A VOLONTÉ
Depuis l'anliqiiilé la plus reculde, celte grande question a occupé une foute de médecins el denatllralisles <nii ne la jiigeaienl pas indigne d'eux. Résoudre aflirnialivcmenl celle queslion serait du plus haut inlcrêt pour la famille el pour l'État; mais cette solution esl-elle possilile? Pourquoi pas? Il y a tant de clioses jugées absurdes autrefois et qui sont évidentes aujourd'hui. Quel savant des siècles passés se serait avisé de croire que la femme pondait des œak comme une poule, el que cette [lonie mensuelle amenait inr^iiiliblement le llux menstruel? El cependant, de nos jours, ce fait n'est plus révoqué en doute. Qui aurait cru, il y a quelques années, que les individus 2) cheveux roux ou blancs auraient pu les colorer eo noir au moyen de boissons et d'aliments spéciaux, donl les Chinois possèdent seuls le secret (t)? C'est
(l) Voyez le curieux el très-uliic ouvrage intitulé Hygiène eompiclc des cheveux elde la barbe, par Débat, 2' cdiliou, où ke trouvent d6t;iilU".s les moyens dfi nuircir intérieurement \a cheveux rouges et blaocs. Ou y trouve aussi le moyen inraillible
an Tait acquis à la science. Or la procréation des sexes à volonté ne iiourrait-elle pas être résolue bson leur, ainsi que l'ont été d'autres questions? Il n'y a r]nc les hommes superficiels, on pourrait dire les sots, qui alîeclent une incrédulité moqueuse pour les questions que ne saurait saisir leur étroit esprit; l'homme d'étude les travaille, les niéilite, et si, chaque jour, les limites de l'impossible reculent devant nous, c'est b sa persévérance «[u'ou le doit.
Pour procéder avec ordre dans nos redicrchcs sur les causes de la dcicrminalion du sexe, ef rendre notre travail plus clair, plus facile à saisir, nous établirons les quatre propositions suivantes:
1° Existe-t-il des œufs mâles cl des œufs femelles dans les ovaires de la femme ?
2° Dans le cas d'affirmation, chaque ovaire contient-il des œufs màlcs et des œufs femcllos indislinctemenl? ou bien y a-l-il un ovaire pour les œufs màlcs el un ovaire pour les œufs femelles?
Z' Les œufs contenus dans les deux ovaires sontils absolument de même nature, sans distiuclion de 8cxe, el la détermination sexuelle de l'être futur ne dépendrait-cllo que de la jirédominaiicc vitale el dynamique de l'un des époux sur l'autre?
4° F^nlin, les deux testicules sécréleraienl-ils uuo liqueur parfaitement homogène, ou hien le testicule droit donnerait-il une liqueur propre à la fécondation
(le régénérer les cheveux sur tes crilnrs rlinus'Ps de|mis lonjtrmpsf , lorsijue touli'rnis le fulliculc [tiietix u';i yas clé détiuil |'4r une cause loùcauiipic.
— Hfi — «oâle.ei le leslicule gaiiclie à la fécouJation femelle?
A. La firemière proposition a réuni de toul lemps le pins grand nombre de suffrages ; mais l'arfirmation esl faite à priori, car aucune cause [ihjsiologique n'en a démontré la réalité: les ovules conlenus daos l'ovaire s'offrent, ^ l'investigation, slriclement semblables quant à la matière, à la structure et ï la forme, et rien, absolument rien, n'indique à l'anstomiste qu'il existe des œufs mâles et des œufs femelles.
B. La seconde proposition a divisé les savants en deux camps. Les uns soutiennent qu'il existe des œufs mâles et des œufs femelles dans le même ovain ils s'appuient sur un grand nombre d'expcrienci faites sur des animanx qui, après f 'ablation d'an ovaire, ont également procréé les deux sexes.
Une foule d'observations, recueillies par des médecins distingués, prouvent aussi que les femmes auxquelles il manque un ovaire, soit par suite d'alropbie complète, soit par .suite de castrai ion, donnent indisiincicmenl le jour à des êtres de l'un et de l'antre sexe.
Les savants du camp opposé nient l'exactitude des Mis cités, en alléguant que les expériences ont été mal faites ou les observations imparfaitement recueillies. Ils soutiennent que les œufs mâles sont conte nus dans l'ovaire droit, et les œufs femelles dans l'ovaire gauche ; que les femmes qui sont privées d'an ovaire ne. procréent qu'un sexe, et que celles qui pro-
créent le sexe homologue h l'ovaire manquant apparliennenl à la classe des inonslrcspar renversement d'organes (l). Celle Uieorie, <.jui fut cfUe d'Hippocrate, ne peut soutenir un examen sérieux; les observations fournies en sa faveur n'offrent aucune certitude et sont dcnienlies par les découvertes de la physiologie moderne.
Démocrite, Aristote, Pline, chez les anciens; Rhalès, Procope, Cohimelle, Millol et plusieurs autres chez les modernes, ont soutenu cette opinion, reconnue aujourd'hui erronée. Ces eipérimenlalcurs ont enlevé un ovaire "a des femelles d'animaux, cl, après entière cicatrisaiion, les ont fait accoupler ; le résultat de la fccondalion aurait constamment donné le aese dévolu à l'ovaire existant. Dans l'espèce liu- ■laine, les mêmes causes amèneraient les mêmes résultats. Ces faits sont complètement inexacts.
En certaines contrées de l'Inde et de l'Afrique, on praliijne Vcumtchisme ou castration chez la femme, en lui enlevant les ovaires; les règles cessent aussitôt de paraître, et la procréation devient dès lors impossible. Mais il arrive souvent que, par défaut d'adresse fc l'opérateur, un ovaire échappe à la mulilalion. ■ans ce cas, la femme, restant a[)le à lagénéralion, procréerait, dit-on, le sexe qui correspond h l'ovaire oublié.
Voyez l'His/oiVe des Mélamcirpboses humaines, nù .<;ont
ites louies les monslniosilés de respt-ce Iminaine. Un cros
,., prix : 3 fr. 50 c. Chez Uentu, libraire, l'alais-Royal, i
ri». ^.
Ileiikc cite une femme qui accoucha neuf fois, cl n'eut que des filles. L'aiilopsie faite après sa morl Gi voir l'ovaire droit complètement sqtiirrlieux, el par conséqueiil impropre à donner des œufs mâles,
Procope cite une autre femme qui accoucha su^ cessivement de sept filles, et mourut sans donner le jour à un garçon. Sa nécropsie démontra l'ovaire droit atrophie et réduit à la grosseur d'iiu pois.
Millot dit avoir fait l'ouverture des cadavres dflj deux femmes, dont l'une avait eu sept enfants tous du sexe masculin; l'une quatre filles et point de garçons. L'ovaire droit de la première femme offrait les] sept cicatricules des œufs mâles fécondés; chez la | seconde, l'ovaire gauche montrait les quatre cicatricules des œufs femelles, tandis que l'ovaire droit était atrophié. Quand bien même les observations de 1 ces auteurs seraient exactes, elles ne prouveraient nullement en faveur de leur théorie. Nous verrons, plus loin, que la cause de la détermination sexuelle n'est ni dans l'ovaire ni dans le testicule.
C'est sur cette base qu'ont été bâties les diverses théories de la procréation mâle el femelle à volonté. Le centaure Chiron enseignait quelque chose de sem« blable aux femmes de Thessalie. —
Démocrite composa un livre sur la gcncratioD, où 1 ces secrets étaient expliqués. — Le fameux Rhazèi. j médecin arabe du neuvième siècle, nous a laissdj quelques fragments sur \'(irl de faire des filles ou d(s garçons. — La Caïïiiiédie, de Claude Qnillet, et la Mé^ûl/mllirojmjenésie, de icau Iluarte, com|dctéepai
FRoberl, occiipèrenl les esprits. — L'Art de procréer
les sexes à volonté, de Procope, restauré parMillot,
cul aussi ses partisans. Mais ces lliéories, assises sur
des faits accidculels et isolés, ne sont plus soute-
^ nables aujourd'hui, La physiologie, qui, tout récem-
jjA nient, ajeté une si vive lumière sur le côté myslé*
fr riciix de la procréation humaine, a prouvé, par une
série d'expériences, que les femelles privées d'un
r^ ovaire (le droit ou le gauche) engendraient indislinc-
â: lemenl des petits des deux sexes.
C. La troisième proposition, qui conclut à la néga- (in du sese des œufs non fécondéà, et h la détermination du sese au moment même de la fécondation, est la seule qu'on puisse admettre aujourd'hui, et une infinité de preuves viennent se grouper autour d'elle.
D. La quatrième proposition, qui fait naître tesmâtcs du sperme sécrété par le testicule droit et les femelles par le sperme du testicule gauche, n'e^t pas plus admissible que celle qui fait naître les mâles de l'ovaire droit et les femelles de l'ovaire gauche.
Plusieurs grands physiologistes modernes s'appuient sur de fortes raisons pour avancer que le sexe dépend de la prépondérance que le père ou la mère exercent sur sa formation. Selon eux, si, dans l'acto énéraleur, il y a prédominance de la femme la fc- ;ondalion est femelle ; s'il y a prédominan ce de l'homme, elle est niale. Us ont aussi observé f^ue les
hommes robiisles, mais gras, font plus de filles qne de garçons, tandis que les liomracs d'une conslitudoii jièche et ncrvoitse procréent plus de garçons que de filles, probablement parce que la masculinité des seconds est plus développée que celle des premiers; d'où il résulle que la prédominance des uos sur la femme est supérieure à celle des anlres.
Les observations sont les mêmes pour la femme. En général, les femmes sèches, à formes masculines, produisent plus de garçons (|ue de filles, et les femmes à formes arrondies, a large bassin, procréent plus de filles que de garçons, et cela parce que, la féminilé des premières étant inférieure à la virilité du mari, celui-ci l'emporte et donne son sexe à l'enfant ; tandis^ que, la féminité des secondes se trouvant plus dév^H loppce que la virilité du mari, il en résnlle que lear ~ prédominance tlélcrmine la sexnaliié de l'enfant.
Cette théorie, toute satislaisanle qu'elle puisse paraître au premier coup d'œil, ne fait cependant qu'iihd liiquer l'effet el garde le silence sur la cause. Les mots pr'pondériinci: , prédominance, ne démontrent^ nullement de quelle manière l'œuf et le sperme, qiiH n'ont point de sese, peuvent en donner un à l'embryon. Celui des deux époux, dit-on, qui a la prépondérance donne son sexe à l'embryon ; mais pourquoi et comment ? C'est là qu'est la difficulté, el nous allons tenter de l'aplanir. ^
Avant d'exposer notre théorie, commençons par rapporter les expériences de uiielques savants, qui
sont des faits désormais reconnus invariables : d'après le célèbre Liébig, un végéla! privé d'azote jfflroduil des feuilles, mais point de graines; il rcslc Stérile. L'azote tiendrait ici la place de la liqueur prolifique. — Chez les ovipares, si le mâle n'a pas fécondé la femelle, celle-ci pond des œufs neutres, qui ne sauraient donner de petits, el se pourrissent au bout d'un ccriain laps de temps. — Duméril a démontré que la qualité de la nourriture développe les organes sexuels chez les abeilles, el qu'on peut, au moyen de l'alimentation et du degré de lumière, changer à volonté les larves en femelles ou en neutres. Spailanzani a expérimenté que la détermination de la sexualité dépendait du mode de fécondation; selon la qualité et la quantité de la liqueur séminale qu'il injectait dans l'utérus des lapines, il obtenait, à son gré, des mâles ou des femelles. — D'après Ackermann, l'œuf n'a point de sexe. — Selon Knox, 'embryon contient en lui-même les éléments des deux .sexes, et la sexualité est déterminée par la prédominance qu'un sexe acquiert sur l'aulre; mais il ne dit point d'où dépend cette prédominance. — Geoffroy Sainf-Uilaire fait dépendre la sexualité de la direction qu'affectent, en se développant, les deux branches de l'artère spermatique.
De toutes ces opinions, de toutes ces expériences, celles de Spailanzani el de Liébig sont les seules qui BOUS aient placé sur la vraie roule pour arriver au ut que nous nous étions proposé d'atteindre.
SECTION II
niéoRlG ROUVELLB DES CAUSES QL] DKTrr.UmENT^ LA SEXOALITi DANS l'espèce lIUSIAms.
La ihéorie nouvelle que nous allons exposer est le résullat noii-seulcmeut de recherclics analomicopliysiologiques, mais d'expériences pratiques, renou* velées peiulaiil longtemps, el presque toujours couronnées de succès. Nous n'eussions cepeudant osé lui donner la publicité, à cause du dédain moqueur qui accueille ordinairement ces sortes de comniiniications; si nous l'avons fait, c'est pour céder aux prières réitérées de plusieurs de nos amis qui en ont eux-mêmes éprouvé les bons effets.
Toujours admirable dans ses œuvres, la nature ne produit rien au hasard; te mot hasard n'esl que l'avea formel de notre ignorance des causes dont nou» voyons les clfets. Lorsque, à force de patience et d'éludcs, riiomnie parvient -a surprendre la nature dans une de ses opérations, il reste saisi d'admiration devant la simplicité du moyeu et l'immensité do résultat.
Tout effet reconnaît une cause; rien ne saurait altérer ce principe. Le sexe de l'embryon est un cd'et, et cet elTct doit avoir une cause; mais, celte cause s'étant jusqu'ici soustraite aux investigations du physiohg'iHle, on a bâti divers systèmes plus ou moiii
éloignés de la vérité. Nous venons, h notre lour, porter des matériaux pour la construction d'un nouveau système.
Notre théorie de la procréation des sexes à volonté est basçe sur les principes suivants :
r L'ovaire droit et l'ovaire gauche contiennent des œufs absolument identiques; P 2° Les deux tesliculos droit et gauche sécrètent une liqueur dont les qualités sont absolument les niémes;
3° Les œufs contenus dans les deux ovaires sont asexuels, c'est-à-dire sans sexe;
4° Les zoospermes on animalcules contenus dans la liqueur spormalique sont également asexuels;
5° La fécondation de l'œuf s'opère par le contact de l'animalcule spcrmati(|ue; sans ce contact, la fécondation est impossible;
6° La détermination du sexe a lieu au moment même de la fécondation; elle dépend exclusivement des qualités de l'œtif et du sperme. Ces qualités se traduisent par les diverses proportions d'azote contenues dans les matières dont les œufs et le sperme sont formés. — Le sperme esl-il à un degré supérieur d'ûfzotniioii, le produit sera mâle; — le sperme est-il à un degré inférieur d'azolaliun. le produit sera rcmelle.
Et qu'on n'aille pas croire que cette théorie soit chimérique; elle repose sur des faits qui se vérilienl tous les jours. Observez les sujets fatigués par les exvénéricns, et ceux dont les organes digestifs et
d'assimilalion funclionnent mal : ils engendrent plus (le filles que de garçons. Observez les sujets mariés Irop jeuiips, chez qui le fluide spermatique n'a pas encore acquis toules ses qualités : ils engendrent presque toujours des Glles. Les mariages où Itts conjoints sont très-âgés donnent généralement des filles. Mainicnant, observez les sujets placés dans des conditions opposées, c'est presijiie toujours des garçons qu'ils procréent. — Chez les animaux, les mêmes faits se passent. Débilitez leurs organes par une nourriture insuffisante et de mauvaise qualité, ils produiront des feraelles. — Accouplez un vieux mâle avec une très-jeune femelle, la portée sera femelle; très-probablement parce que le fluide spermatique ne , contient pas les proportions d'azote nécessaires à la"! fécondation mâle.
Si vous voulez avoir la raison île ces faits, analyseï ' chimiquement les spermes des deux catégories, et vous trouverez des différences notables dans les proportions d'azolc qu'ils contiennent. D'où nous avons conclu que la fceondation mâle était due à un sperme plus azoté, et la fécondation femelle à un sperme moins azoté. Du reste, les personnes qui possèdent quelques notions de chimio savent que dans les composés où l'azote entre, en diverses proportions, il forme des corps ayant des propriétés tout à fait différentes.
Mais, objectera-t-on , s'il en était ainsi, les hommes qui prendraient une nourriture très-azotée ne proerééraienl que des garçons, tandis que ceux qui fe-
raient usage d'aliments for. peu azotés seraient condamnés à n'avoir que des (illcs !■
Celte objection n'est que spécieuse, d'abord parce que la vie animale ne saurait s'entretenir ^aiis aliments azotés; l'azote faisant partie de noire conslilution physique, il (liut que nous puisions l'azote quelque part, et c'est dans les substances alinicnlaires que nous le puisons. Ensuite, l'objection tombe d'elle-même, si l'on tient compte dés mille circonstances qui peuvent influer sur les fonctions diges- Ilives, assimilatrices, et altérer la liqueur spermalique. lin exemple suffira pour le prouver.
Un homme bien portant et Irès-vigoureux, qui aurait pu procréer aujourd'hui un garçon, n'engendrera, quinze jours après, qu'une fille, parce que, pendant ce laps de temps son sperme aura été altéré soit par des excès, soit par un dérangement plus ou moins appréciable des fonctions animales. — L'homme faible, au contraire, qui, par une alimentation tonique et azotée, aura réconforté sa constitution, engendrera un garçon.
A ces considérations s'en rattachent d'autres non moins importantes. L'âge et la conduite exercent une influence très-marquée sur les qualités de l'œuf et delà semence, et partant sur la sexualité de la pro- Kénilure. Il est d'observation constante que les mariages de dix-buit à vingt-quatre ans pour rbomme, de quinze 'a vingt ans pour la femme, produisent plus de filles que de garçons. D'après les statistiques failes ^ ce sujet, la proportion serait de lOO filles cour
37 garçons. — De vingt et un à trente ans pour !«! femmes, et de vingt-cinq à quarante pour les hommes, la procréation mâle dépasse celle des femelles. — j\près CCS âges, les naissances femelles prennent le dessus, el reviennent à leur premier niveau. — plus, Ilofaciicr et Saldcr ont vérifié sur les regislresi de l'état civil de Tubingue et de Londres, que, dirns un iiombrc déterminé de mariages où la femme était plus âgée que l'homme, le nombre des (illrâ devenait supérieur à celui des garçons; le contraire avait lieu quand l'homme était plus âgé que la femme.
Girou de lîuzarcingue, dans son Traité pruHipif uLi- lu (jenératioii, a démontré, par une série de fails, que la déleruiinalion du sexe dépendait du plus moins de vigueur comparative des individus acco plés. Le savant Cuvicr a confirmé ces faits. Ainsi, vent-on obtenir des femelles, il faut accoupler des mâles jeunes à des femelles dans la vigueur de l'âge et nourrir celles-ci [dus abondamment que ceux-là. Veut-on obtenir des uiâli's, il faut accoupler des femelles jeunes à des mâles dans la vigueur de l'âge, e( donner une plus forte nourriture ii ceux-ci qu'à les-là. Les éleveurs de bestiaux anglais cl fran obtiennent, par cette méthode, le sexe qu'ils d renl. — Pour la procréation liumaiue, les résultats sont les mêmes. On peut obtenir des enfants mât en soumellant l'homme et la femme à un régime qi nous indiquerons tout à l'heure.
Les hommes de science qui se sont occuues de
Bslion àf'z procréations mâle el femelle, ont observé feles époux détériorés par la mauvaise conduite, is par les excès, de même que les époux avancés âge, engendrent aussi [tlus de (illes que de garçons. Les naissances mâles sont moins nombreuses dans fccapilales que dans les pelites villes de [trovince et Kampngncs, par la raison que le libertinage e( les Ils de tous genres sont communs dans les premières presque inconnus aux secondes.
Mais la nature, qui établit (larlotit d'harmonieuses ipcusalions, a voulu que, s'il y avait des mariages douriasscnt plus de lilles que de garçons, il s'en ivâl d'autres qui [iroduisisscnt jilus de garçons de filles. En cITet, si l'on opère sur des contrées, • des nations entières, on ne rencontre qu'une fort inimc différence entre les naissances mâles et fc- L'Iles. Les travaux statistiques faits en Europe ont •nné la pro[iortion de 100 garçons pour 104 (illes. lAsie, la proportion serait de 106 (illes pour 1)6 garns.
J)'ai)rès lout ce qui précède, on peut conclure que ■éterniiiiation du sexe, la bonne ou mauvaise conrmation du fœtus, dépendent des qualités de l'œufet |la liqueur fécondante, el que ces qualités sont su- ■donnces h l'aliinenlation , à la constitution des m et mère, à l'âge, à la conduite, aux influences ivsiqucs et morales, etc.; car il est incontestable l'homme el la femme d'une santé robuste, d'une luite régulière, d'un moral calme, ouvert, exempts )ule passion triste oit violente, proeréeronldcaett-
funls mieux constitués que l'homme et la femme qui se Irouvent dans des conditions opposées. — A cette question se rattache l'arl de procréer des enfants sains, beaux et vigoureux, que nous traiterons dan» le chapitre suivant. ■
La lliéorie de la délermiualion sexuelle une fois clahlie, les moyens d'obtenir le résultat désiré se présentent d'eux-mêmes comme une conséquence logique.
Nous avons vu plus haut que les expériences de Dumcril et de Lichig avaient fourni la preuve qne, se- i Ion les qualités de la nourriture, on ohti'uail des ni||fl les et des femelles; les expériences de Spallanzaiin n avaient aussi démontre que la délcrminalion sexiiellt dépendait de la qualité et de la quantité de la liqueur fécondante. Or les moyens que nous proposons s'accordent avec ces expériences et se trouvent dans le r^imc alimentaire et rhjgiène.
SECTION 111
HÊCAPITCLATIOH.
Les personnes qui ont fait quelques études ne sauraient nier qne la qualité des aliments a une infliieiiO positive sur la qualité des sues nutritifs versés dani^ le sang; qu'il y a certains aliments plus propres il for- mer les os que certains autres; que les muscles. graisse et autres tissus animaux se développent dt
mtage sons l'influence de tels aliments que sous Tinjence de tels autres (1). On ne nie pas non plus les fférences qui existent dans la composition chimique ;sos et des muscles, des tissus iîbreux et osseux, etc. r, si telle classe d'aliments peut fournir un sang plus cheen globules, unsysicme musculaire, un système aisseux plus développé, qui s'opposerait a ce qu'on Imît l'iufluence de telle classe d'aliments sur les lalilésde l'œuf et sur les qualités des zoospermes? D'après une série d'expériences bien imparfaites, ns doute, nous avons donc acquis la conviction que us l'alimentation était azotée, plus il y avait de tances pour que la fécondation fût mâle. Au conaire, plus l'alimenlalion était hydro-carbonée, moins y avait de chances pour la fécondation mâle, et plus y en avait pour la fécondation femelle.
De ces expériences et observations, nous avons înclu que la détermination mâle ou femelle dépenait du plus ou du moins d'azote contenu dans la maère dont sont formés les zoospermes.
Cette théorie n'implique point qu'une nourriture EOtée donnera infailliblement des mâles, et la nourriire hydro-carbonée, des femelles; attendu que la lacliine humaine n'est |)oint un appareil purement iiimique, fonclionnaot d'une manière invariable. — vant d'arriver au testicule ou à l'ovaire, les sucs nuitifs fournis par l'aliment azoté subissent une série
(1) Voyci à ce sujet la lliéoriemédico- chimique des aliments,
[.i'MCclIcnt ouvraj^e : Hygiène de la leauti dons ses lignes, rme et «o couleur. — Che» Dcntu, libraire, Ï5ite-VVQ^«.V,
— lôO —
de décompositions et de IransforniDlions encore inconnues; de telle sorte que les mêmes aliments, pris par dix personnes différentes, en même quantité et en même temps, éprouveront des modilicalions organocliimiqnes différentes, dépendant de l'âge, du tempérament, des forces digcslives, du travail dos orgatici de cliylificalion et de sécrétion, etc., etc., et, enfin, en dernière analyse, réhiboralion du sperme et de l'humeur ovartque ne saurait être la même cbez ces dix personnes.
Ces dislinctions ne détruiseol en rien notre tliéorif; elles aflirmetit, au contraire, que toutes les condilioM réunies doivent donner le résullal prévu. Nous plafl rons ici quelques mots sur les aliments.
SECTION IV
APEBÇD BROMATOlOnfQUK.