‹ Hygiène et physiologie du mariage (volume 2)Chapitre 5 sur 68 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

DûCmition. — Synonymie. — Origine. — Historique.

Le mot Onanisme a été improprement introduit en France par Tissot, qui Fa emprunté à un oujpage anglais VOnaniu ([). L'expression « onasme > est la généralisation du nom propre

Onan « dont Moïse raconte l'iiistoire au chapitre XXXYIII de la Genèse ;

I f IHxil ergo Judas nd Onani. filiuin suuin : Ingredero ad Boxorom fratri? tui el .«ociare illi, ut suscites seiiicn fralri tuo. ' Ille scieiis non na?ei sibi filio^, iiilroiens ad iixorem (ruiris sui, ' gcmeii fnudebiil in lerrani, ne liheri frutris noraino niL-iCorentur, [ et idcirco pcrcussil eum lieus, co qnod rom delesUl)ilciil [laceret. i

|(t} < VOiiania i est attribafi h Beklcers, de Londres.

id hV. f/O.XAXfSME CHEZ LA FEMSE

« Or Judas dit â son fils Onan : Va vers la femme t\i: U>n fr/;rft ftt unis-loi à elle pour perpétuer la rni-i: (\i: ton frère. Sachant que les enfants ne seraient pa.s 'a lui, Onan dans ses rapports avec la U'AufiUi de son frère répandait par terre sa semence dans la crainte de procréer des rejetons à son frère ; c'est pourquoi Dieu le frappa, parce que sbn action était détestable. »

J'ai dit, avec juste raison, que le mot a onanisme » était impropre ; car ce passage de l'historien et législateur hébreu est loin de démontrer sans réplique qu'Onan se livrait à la masturbation, il prouve même le contraire à ceux qui se donnent la peine do chercher dans une phrase l'esprit et non pas la lettre.

Min dn bien saisir le passage qui a donné lieu à l'interprétation erronée de l'acte d'Onan, il nous parait bon de nous rendre compte des lois, des coutumes et des usages des Juifs, au lieu de nous en rapporter j\ un vei-set isolé de la Bible, dont diverses Iraducliuus ont pu sensiblement modifier le sens de certains mots.

Voici quelques articles du Deutéronome (chapitre xxv) qui vont nous édifier sur ce que nous avons besoin do savoir :

Xfnft r>. I.oi'sque des frères demeureront ensemble et que l'un d'entre eux viendra à mourir sans onfanls, alors la tomme du mort ne se mariera

DE L ONANISME CHEZ LA KEMME

poinl avec un étranger ; mais son beau-l'rère viendra vers elle el la prendra pour femme cl l'épousera, comme étant son beau-frère.

Vers. 6. Et le preniier-né qu'elle eofanlera sucédera au frère mort^ et portera son nom, afin que )n nom ne soit pas elfacé d'israèl.

Vers. 7. S'il ne plaît pas â cet liomme-là de pren- Ire sa belle-sœur, alors celle-ci montera à la îorle vers les anciens et dira : « Mon beau-frère refuse de relever le nom de son (rére en Israël bt ne veut point m'épouser par droit de beaufrère. »

Vers. 8. Ht les anciens de la ville l'appelleront et lui parleront, el s'il demeure ferme el qu'il dise : Il ne me plaît pas de l'épouser, s Vers. 9. Alors sa belle-sœur s'approchera de lui, 'devant les anciens, et lui otera son soulier du pied el )ui crachera au visa^'e, puis, prenant la parole, dira : C'est ainsi qu'on fera à l'homme qui ne soutiendra )as la famille de son frère. »

Etc., etc.

Avec ces données, il nous est facile de recons- ^Uluer l'épisode qui concerne Onan. lier, le preîier-né de Judas et mari de Thamar , était sort sans enfant ; son frère Onan devait donc Épouser sa helle-steur pour éviter le scandale iont parle le cinquième livre de Moïse. C'est pourquoi Judas lui conseille de s'unir à la

OE L OXA5ISME CHEZ Ut FEVIIE

veutre de Her. Onan obéit à son père. Mais, par] mort de son frère, il était devenu Taîné de mille; et, la loi l'autorisant à posséder d'autre femmes, il pouvait espérer un fils, légalement à lui, pour perpétuer sa lignée. .Aussi, au lieu d'acconiplû normalement le rap[>ort conjugal avec Tliamar, n'opérait que le commencement de l'acte coîtal et « fraudait, » selon l'expression heureuse du D' gerel, ou, si on veut, < ejaculabat extra vas a, ai que disent les casuistcs.

Cet acte, on le voit, ne constitue pas la mastu ballon, et il suffit de jeter un coup d'œil sur le vre intitulé : Des fraudes dans l'accomplissement fonrAions génératrices pour apprendre que bi des gens mariés — dans im but dont la conna sance nous importe peu ici — font idenliqueme^ ce que laisait Onan. Ces genslà sont voués l'onanisme dans le sens absolu, étymolofiique terme, ils ne le sont pas à la masturbation propr ment dite.

Vu ces faits, on serait en droit de nous reprochi d'avoir employé en titre celLe expression vicieuse toutefois on nous pardonnera celle défectuosi quand nous dirons que nous nous sommes sec de ce mot comme d'un épouvantail, pour éloign^ de notre livre le public non médical el ininstruit, qui vclhi dénominalion est beaucoup moins lamiliè^ que celle de masturbation.

DE L ONANISME CHEZ LA FEMME

Al. Schwartz, de Strasbourg, dans sa thèse inaugurale, 1815, dit : « L'onanisme est une habitude « funeste, suivie d'une évacuation contre nature « de la liqueur spermatique provoquée par des

Ic attouchements ou par l'eûet d'une imagination I ardente, v I Celte définition est mauvaise, n'étant ni précise, ni générale, ni exacte. Elle ne peut, en eiî'el, s'appliquer à la femme qui n'a point de liqueur sper- Soiatique, à moins qu'on ne commette l'hérésie de ■rendre pour telle le liquide sécrété par les glanles vulvo-vaginales. Ensuite, une imagination ar-] Hlente peut, à ia rigueur, dans certains ras de continence absolue ou d'atonie des organes génitaux |ii, enfin, de maladie cérébrale, provoquer lel Basme vénérien; mais anra-t-on le droit de nommer maslurbateurs l'homme continent ou atlaiiili et la femme atteinte de nymphomanie ? Toutefois, malgré ses défauts, une semblable définition est' rdonnable à un auteur de 1815; mais ce qui étonne, c'est qu'un médecin ait, de nos jours, îans un petit ouvrage sur l'onanisme, reproduit, mot pour mot, cette définition vicillote, oubliant, est-ce à dessein ? — de dire qu'elle est de . Schwartz, ainsi que les treize ou quatorze preières pages de sa brochure qui n'est, d'ailrs, qu'un assemblage de passages et de citaas de divers écrivains dont les noms sont loin

DE L ONAMSME CHEZ LA FEMME

d'être aussi souvent déclarés qu'il le faudrait (i

Dans la douzième édition de Nysten, MM. Littrê et Robin, on trouve : « Maslurbalic B manustupration (uumit et stiiprarc, souiller)' a. excitation des organes génitaux avec la rnai « dite aussi onanisme, d'autant plus dangereii « que l'on a incessamment la possibilité de « livrer. »

Cette seconde délmition est plus conforme à vérité, mais elle est encore beaucoup trop incot plèle.

Je proposerai donc celle-ci : L'onanisme chez] femme est tm acte contre nature fait à l'aide dl organe vivant (main, langue, etc.), d'un instr ment quelconque (étui, priape, etc.), ou de me Vemenls spéciaux, partiels ou généraux, dans le de provoquer le spasme vénérien, que cet acte solitaire ou exécuté en commun.

Outre les mots onanisme et masturbation, emploie aussi les suivants : manusturbation, nuélisation, clieiromanie ou chiromanie, manij tupralion, crime d'Onan, mastupration, liber nage solitaire, souillure manuelle, passion cont nature, passion solitaire, vice manuel, manœui solitaire, vice génital et bien d'autres encore..

(iï II. V... De l'Onanisme, ct<-., Paris J.-B. DaillièreJ fil».

(2) Quelques auteurs se sont servis du mot nympliomaniecoo

DE L ONANISME CHEZ lA FEMME

En me basant sur ce fait que ce n'est pas dans

spcce humaine seulenienl que l'on rencontre le

Icc qui nous occuiie, mais que les cliiens et les

Inges surtout s'y livrent aussi avec l'ureur, je n'ai

ïs l'intention de discuter si la masturbation est

naturelle: je laisse cette question à d'autres plus

habiles ou plus paradoxaux ; je dirai seulement

que l'onanisme semble avoir existé de tout temps

Jans les deux sexes.

Je ne m'appuierai pas, comme l'ont fait beaucoup d'auteurs, sur l'histoire d'Onan ; j'ai montré sius haut que leur interprétation du passade de foïse était erronée, cl d'ailleurs je n'ai point à l'occuper de ce vice chez l'homme.

Je ne m'appesantirai pas non plus sur cette

irase d'Ezéchiel

^El lecisli tibi imagines iirnsculiiiiii! ni rornirotu es in eis.

(C. .\VI,27.) |Et In ''es fiiîl des images (riioiniiicri et lu l'es prostituée aveçl]

iles.

Si, en effet, séparé de son entourage, ce passage

|e semble laisser auuim doute sur les manœuvres

femmes juives, il n'en est plus ainsi quand on

remet en ses lieu et place comme il suit :

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