‹ Hygiène et physiologie du mariage (volume 2)Chapitre 56 sur 68 · SU · texte numérisé non relu

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[lonse Le Roy a recueilli l'observation d'une «me déccdée à la suile de l'ingesiion dans l'eslolac d'une potion phosphorée. Le cadavre, ayant été ivert, se trouva tout lumineux h l'inlérieur, et les tains de l'analomisle Rielle, qui en avait fait l'ouîrture, étaient encore phosphorescentes même après ?oir été lavées. D'où il faut sagement conclure que îs deux substances doivent être h jamais proscrites B l'usage intérieur, comme de violents poisons.

Les causes qui amènent l'anaphrodisie etl'impuisitice étant très-nombreuses, ainsi que nous l'avons énionlié au chapitre xviti, il ost facile de comprenre qu'on ne saurait s'adresser indistinctement k >ntesles classes d'aphrodisiaques, par la raison que ille substance, qui convient à cet anaphrodite, ne roduirail rien sur cet autre cl pourrait même lui être ernicieuse. 11 est donc nécessaire de faire un choix, t ce choix doit être basé sur la cause et le genre de affection. Ainsi, par exempte, les anaphrodisies et impuissance par continence prolongée, ne sauraient Ire traitées de la même manière que l'anaphrodisie l l'impuissance par excès vénériens ou libertinage, 'anaphrodisie qui a sa cause dans l'abus des alilentséchauflants et des boissons excitantes exige un aitcment opposé à l'anaphrodisie par suile d'un rémc froid etdébililaut ; cela est clair et ne comporlc icun doute. Il en est de même pour lods les genres anaphrodisies. C'est la cause qu'il faut combattre; s forces génitales reparaissent aussitôt que cette luse asi délruile.

Nous ne reviendrons donc point surec qulT! dit aux chapitres xx et xxi, et passerons immédianvl meut à la description des substances auxquelles oij attribue des vertus aphrodisiaques.

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ItÈCnE VÉGÉTiL.

La roquette est désignée dans les pharmaco|>éa1 anciennes et modernes comme un bon stimulauldaiJ organes génitaux paresseux. Ou s'en servait dans \'itt>\ tiquiié, ainsi que le prouve ce vers de Martial :

Excil&l ad veaercin tardes eruca marilos.

La sairiette, la menihe poivrée, le cresson alénok et beaucoup de plantes de la l'umille des labiées, sori très-excitants et s'emploient avec succès dansTanaphrodisie par faiblesse et atonie. m

Le ccleri, Vtniichaiit et Vasperge ont acquis depai»^ longtemps une renommée populaire.

La cataire, ou herbe aux chats, paraît dévclop|)er un très-grand appétit vénérien chez ces animaux; ell agit également sur Tliomme.

La cinéraire sibérienne joml d'une très-grande verl comme siiermatopée ; on emploie toute la plante, el ccpté la racine.

La l/enoUe, la mtiscu(le,\û \mi3Te,\a ^tq^ «x\

les condiments fortcmcnl aromatiques, disposent aux plaisirs vénériens.

La vanille el le cacao sont cités dans toutes les pharmacopées comme exerçant une heureuse influence sur le système génital.

Le genseng a joui d'une si grande réputation, «omme aplirodisiaque par exxcllence, que son exportation de Chine était défendue sous tes peiues les plus rigoureuses (voyez l'histoire de cette plante dans les Parfums et les fleurs) (1).

Le sfl/e/i est rangé parmi les analeptiques et les aphrodisiaques ; mélangé ii d'autres substances alimcnlaires, il produit d'excellents eJîels, principalement dans les cas d'épuisement et de débilité.

Certaines plantes cryptogames justifient le rang qu'on leur assigne sur la liste des excitants génitaux. La truffe pariumée, l'oronge, la morille, le hoict, le phallus et plusieurs autres champignons, réveillent tes feux assoupis el disposent aux sensations voluptueuses.

^B La Iruffe jouit d'une réputation aphrodisiaque assez H||éiiéralc ; cependant les avis sont partagés : les uns conlirraent, les autres nient cette propriété. Brillai- Savarin, l'illustre professeur en gastronomie, après I avoir disserté sur les truffes et cité quelipies aneo- |iotes, conclut que la trulîe n'est point un aphrodisia- I (1) On trouve dans cet ouvrage l'intéressante description de !■ culture cl delà cucitlaison du genseng, (|ui se (ail en Cbine ■vpc dix, quinze, et quelquefois vingt tnitlc IravavUeviv*. Clvti bviiUi et ii'araier, libraires, Palais-Ro^iA. ¥ai\s.

que positif, mais qu'elle peut, en certaines occasioDi^J rendre les femmes plus tendres et les hommes plit aimables.

Le safran était regardé par Boerhaave comme ud" puissant moteur des esprits animaux. Bacon le considérait comme un excellent macrobiotique {qui prolonge la vie) et divers peuples modernes le méleDlà leurs aliments comme un excellent aphrodisiaque.

Les Orientaux se servent de Yffpiiim pour s'exciler aux combats de Mars et de Vénus ; cette drogue leur procure des extases ravissantes, des titillations, des chatouillements d'une indicible volupté. L'opium, selon eux, est la clef du ciel; mais l'expérience de tous les jours démontre que son emploi prolongé finit toujours par déprimer, par éteindre complètement les facultés génératrices, et par plonger l'individu dans un étal complet d'hébétude.

Les baumes de Tolu, de la Mecque, du Pérou et de' Ben'ioïn jouissent de vertus stimulantes à un assez haut degré. Administrés à l'intérieur, ils excitent le lube digestif et synipathiqucmcnt les organes génitaux ; appliqués, sous forme d'emplâtre, sur les régions lombaire et périnéale, ils portent également leur action tonique sur l'appareil de la génération et le disposent à l'acte vénérien. On prépare aussi avec ces baumes des liniments el des pommades doni uous donnerons tout à l'heure les formules.

SECTION 1

KËGRE AHIIUL.

i'oD a observé, dciiuis les temps les plus reculés, Qu'une alimeiilalion journalière, connposce de poiS' sons el de coquillages, développait uue inilaiiou à la peau cl excitail les parties génitales ; il a été aussi constaté que chez les peuples ichlliyopliages, c'est-àdire qui se nourrissent de poissons, les femmes étaient plus lécondes el les hommes plus enclins à la copulation. Les analyses chimiques de Fourcroy el de Vauquelio ont découvert que la cliair et la lailancede poisson contenaienl uue certaine quanlilé de phosphore, substance qui, comme l'on sait, possède la verUi aphrodisiaque au plus haut degré; ainsi ont été expliquées les facultés prolifiques des mangeurs de poissons.

Les crustacés, tels que les homards, les écrevisses, les crevettes, — les mollusques, — les testacés, — les pétoncles, — les huîtres el autres bivalves sont également ranges dans la catégorie des aliments aphrodisiaques. Les anciens connaissaient fort bien les propriétés excitantes de ces aliments : Athénée et Dioscoride rapportent, à ce sujet, que les petits Poulpes, les jeunes Sèches et les Lepas étaient consacrés à Vénus, parce qu'ils excitaient à l'amour.

L'ambre tjris, substance que les naturalistes considèrent comme une matière excrémenlilieUe du cacha.-

lot, est doué d'une odeur très-suave et très-espsna' 1 bie ; il passe pour un très-bon excitant du syslcme 1 génital. I

Selon le témoignage de Boswel, oO grains d'am-l bre gris, pris dans nne polion, suflisent pour pnvi duire une accélération du pouls, un développemtsnl très-prononcé des forces musculaires et une aptitude toute particulière aux plaisirs de l'amour. Lesanciens faisaienl un fréquent usage de celte substance ilaos l'anaphrodisic causée par les excès Téncrieus; ils loi accordaient la vertu de relever les forces vitales abattues el de rendre la vigueur h l'organe viril flétri par l'âge ou les abus. Le docteur Clinumeton appuie l'i)pinion des anciens en ces termes : « L'usage de l'ambre gris a été plus d'une fois couronné de socces; je pourrais confirmer sa vertu par des faits aalhenlif[iies. » Au reste, si l'on voit lignrer l'amlirc gris dans la plupart des formules aphrodisiaques, il est à présumer qu'il possède quelques propriétés excitâmes.

La cineite, le castoréum et le musc sont des matières très-odoranles fournies par la civette, le castor et le clievrolin porte-musc. Ces parfums s'em|»loienl en médecine comme de puissants antispasmodiques; l'eslrême difiasibililé dont ils jouissent leur donne ^ une action qui se propage rapidement aux parties gé nitak's et les stimule d'une façon toute particuliorc] La civelle, le castoréum el le musc s'administrent soit il l'intérieur, en poudres, potions et pilules, soifj Il J'cxlérieur, en limmenVî», v«)ïa\û*<ies,emçlâlres, eic

- JIS —

I réussissent sorloot lorsque TinipnissMMe ou l'a> phrodisic soQl dues à uuc Monie dos organes Kuels(l).

^•Les Orientaux, énervés de bonne heure et pnr le lal et par la polygamie, recherchent avec axitlité lies les plantes et drogues dont l'action (oni«|uc re* Itil sur le système géuilal; aussi possèdent-ils une illilude de recettes dont ils usent IréqueuiniLMit et Bsque toujours sans succès. Parmi ces recettes on la conserve d'anacarde, l'opiat fait avec les seîncesdu peganum harmaht, la confeclion «//.('rtJiiV ^ luffa ulbunafiu le chuschab (ibusulun, elc... Kiilin, ■l commerce qui fut très-considéralile utilrcliiis, et qoi l'est encore aujourd'hui, est celui des tiids d(< swlaiitjanes ^hirondellos de rivage), cl de poudre ou de cbair schique (espèce de lézard; en grande répulalion

tur les merveilleuses vertus aphrodisiaquen. (le» ux dernières substances, dont les vfirius hont chimériques, se vendent forl cher, attendu que les Orien- ■ps en font une prodigieuse consonnnation.

Outre les diverses substances que nous vcnon»

^coumcrcr, il en existe encore beaucoup d'antre*

HMitées aphrodisiaques, mais dool l'action e«l. ou

presque nulle ou dangereuse; parmi ces dernières

it les cantbarides, déjii signalées, et le Bupreste

^Dt

(I) Le kdear tnwrcn iau le dunatat «nrrtfa 4o mto* aslev, ntitalè BùUire da Parf*m» et éa FUun, Veuiit»' tÎBB éeleanimncictcarieMc* imêmmeetmr î'urfnlmêtitm i— i«e. Og Beiti et COTkr, Bkriw», !hiwk Iwrf. tmk, 1 «yU pwi iM^t, H-ilr.

sacré ou scarabée des anciens Égyptiens, tous deux porlant une violente el funeste irritation sur l'appa- , reii gcnito-urinaire. Selon M. Pariset, le Bupreste sM cré est, de tous les aplirodisiaques, le plus puissaall Les anciens Égyptiens lui connaissaient celle prm priélé, car on voit cet insecte, sculpté dans les tombeaux de Tlièbes, laissant tomber de son bec noe liuniËur dans la bouche d'un homme dont le pénis eo érection projette de petits enfants. De nos jours encore, le guide-intcrprèle qui conduit les voyagear dans ces hypogées vtnd un élixir ou teinture alcoolique de scarabée, pour remédier à l'épuisement causé par les excès vénériens, et le débit de cet élixir est Irès-considérable. La poudre de ce scarabée, infus dans de l'alcool, représente, à peu de diH'érence prè la teinture de caulharidcs.

Nous ne saurions trop répéter aux imprudents qui' seraient tentés de demander aux cantharides ou au phosphore une vigueur éphémère, de lire les observations d'empoisonnements causés par ces subslaDces incendiaires. On n'en fait jamais impunémeol usage : leur introduction dans l'économie occasionne de graves désordres, qui sont le plus souvent suitis 4' une ulcération de la vessie el d'un priapisme mortels.

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