‹ Hygiène et physiologie du mariage (volume 2)Chapitre 59 sur 68 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

«■OSSESfBE

Jusqu'au jour de ia fécondaiioo, la femme n'a in* ressé l'homme que par ses grâces, son espril, sa beauté; mais, en ce moment, elle devient cent fois plus inlcressanle! Le rôle de la jeune fille est fini, celui do la mère commence; et pour le mari c'est également une conduite nouvelle. A la tendresse qu'il porte à sa femme, il doit joindre tous les soins, tous les égards, toute la sollicitude que réclame, qu'exige sa position de mère. Homme ! songes-y, c'est un se< cood toi-même que ta femme porte dans son sein; fcsl le fruit de ton amour, que la verras naître açrè>

neuf mois; c'est an charmant enfant qui, bientôt, te tendra ses petits bras, sa jolie bouche ponr te sourirt et l'embrasser. Que de bonheur pour toi , tu vas cire pèret Mais, songes-y bien; en t'accordant ce doux litre la nature t'impose, en même temps, des devoin lit remplir envers la mère et l'enfant. Aime-la donc, [celle femme, prodigue-lui toutes les afleclions qu'elle mérite; car, dans l'acle de la procréation, lu n'as que jouissance, tandis qu'à elle seule est réservée II douleur...

HTGIÈNB DE LA FEHMB EHCEISTB.

La fécondation s'annonce chez quelques femmes par un spasme des organes de la génération et un voluptueux frisson, qui court instantanément par (uol le corps; mais ce phénomène est loin d'être général. Au contraire, la plupart des femmes sont fécondées sans le savoir, et c'est seulement à l'époque menstruelle, lorsque l'écoulement ne paraît point, qu'elles se reconnaissent enceintes.

Les fonctions et devoirs de la maternité commencent avec la conception ; car aussitôt que la femme a acquis la certitude de sa grossesse, elle ne doit pins vivre pour elle; tous les instants de sa vie de gestation doivent être consacrés au fruit qu'elle porte, BU, en d'autres termes, il faut qu'elle s'abstienne des plaisirs dissipés du monde, des bals, des théâtres, ies fêtes, des promenades où la foule se presse, enlin ie toute veille et de toute fatigue. La nature l'a reo-

dae mère pour lui faire un nouveau bonlieur; elle doit vivre eidasivcment pour l'enfant qui va bientôt s'agiter dans son sein.

Toutes les femmes désirent donner le jour k de beaux enfants; ce désir est bien naturel; mais, les femmes du monde se conduisent-elles de manière k obtenir cet heureux résultat? Hélas! non. La plupart continuent la même conduite qu'avant la grossesse; elle.s recherclicnt les mêmes distractions, les mêmes plaisirs. 0 femmes ! ignorez-vous que te fœtus et la mère ont une vie commune, et que toutes les agitalions, les fatigues de celle-ci reteniissenl sur la tendre organisation de celui-là? Ignorez-vous que les violentes émotions de la mère peuvent amener le dé- Tfiloppement vicieux de l'enfant? Si c'est un malheur pour les parents d'avoir un enfant débile ou contrefait, combien ce malheur est-il plus grand encore pour la pauvre créature qui portera toute sa vie les tristes marques de l'inconduitc de ses parents!

Dès le commencement de sa grossesse, la femme prudente doit rejeter le corset et toute espèce de vêtement qui pourrait comprimer sa taille ou les parois de l'abdomen; ses robes seront taillées de façon à laisser une entière liberté au développement de ces parties dont la distension augmente en raison de ta croissance du fœtus. Des soins et précautions hygiéniques pris par la mère; de l'attention qu'elle apportera k conserver l'harmonie entre le physique et le moral, résulteront des couches faciles, la validité et la bonne constitution de l'enfant.

Le mol enceinte, pris dans son sens originaire, veol I dire sans ceinture. Chez les Romains, les femmei perlaient une ceinture pour sonlenir les seins; mai», I k l'époque de la grossesse, une loi les obligeait dej quitter celle ceinture, sous peine d'amende et de rt, clusion. Lyciirgueavail aussi dc'crélé que les feranieii,| dès les premiers signes de la grossesse, porleraieiAl des vétcincnls larges, exempts de bandes et de cela* lures. (Voyez, dans noire Hygiène veslimentuire, les dangers du corset.)

On peut diviser le temps de la grossesse en dcui périodes, l'une de quatre mois, l'autre de cinq. Pcndaul la première période, il y a tendance h la plétiiore ciiez la plupart des femmes, h cause de la suppression de la perle menstruelle. Si elles continuent^ mauger comme par le passé, et k user d'aliments trop sulislautiels, celle piciliure amène des snnbcalions: alors, la seule ressource est la saignée. Mais la sage nature vient presque toujours au secours de l'imprftdence. La femme grosse qui mange trop pour position éprouve des nausées, des vomisscmenisj qui. débarrassant l'estomac d'aliments surahondaiiU 8'o|)poseiil il une nutrition exubérante. D'autres fuit ce sont des céplialées, des mm\x. d'estomac, de l'ina pétcnce, etc., qui la forcent à garder un régime i souuable. Celle admirable prévoyance de la nalur qui a doué cbaque organe d'un tnslinct propre, réfi blil onliuairemeiit l'éigiiilibrc dans l'économie cnlièl* sans le secours du médecin.

Dans les premiers mois de sa grossesse, la femra»"

est sujette à une foule de légères indispositions, telles que nausées, lassitudes, insomnies, paresse du ventre, abattement des forces, dyspepsies, dégoût des aliments, digestions dirOciles, vomissements, nonchalance, fatigues, etc. Ces indispositions cèdent ordinairement h un régime doux, mais nutritif, duquel doivent être exclus les mets salés, épicés ou fumés, ainsi que les boissons excitantes. La liberté du ventre est indispensable aux femmes enceintes; elles prendront quelques demi-lavements, si le ventre est paresseux, et feront usage de buissons rafraicliissanles. Quant aux purgatifs et autres remèdes, il ne faut jamais les prendre sans l'autorisation du médecin. La promenade à pied, une activité modérée dans les affaires domestiques, le bon air, la gaieté, la propreté du corps et des vêtements, sont des plus favorables h. la femme enceinte.

Une croyance absurde et malheureusement trop répandue engage les femmes enceintes de quelques mois k se bourrer d'ulimcnts, ahn de donner la nourriture nécessaire k l'enfant qu'elles portent : elles doivent manger pour deux, disent les vieilles commères, sans cela l'enfant pâtirait. Pour montra les dangers d'un tel préjuu;é, il suflira de dire que, h son deuxième mois, l'embryon n'excède jias la grosseur d'un œuf de poule, et que, depuis la lin du deuxième mois jusqu'aux derniers jours du qualrièmc, sa crois- Banco est si minime, que son poids ne se fait pas c» cOre sentir ii la nicrc.

Un peu de réllexiou doit détruire celle fâcheuse

croyance et convaincre la femme que le moindre H excès d'aliments pendant les premiers mois de lages- H talion, sous l'absurde prétexte des besoins dcl'enfaul, H porte alleitite à sa santé et nuit au développement dit H fruit qu'elle porte. H

Arrivée à la seconde période de la grossesse, tiH femme entre dans un nouvel ordre de choses. Jos-H que-là, le travail intra-ulcTin. qui avait été a peintH sensible pour elle, commence a se manifester pardetH signes non équivoques. Après avoir franclii son qoii-^ Irième mois, le foetus prend un accroissemeul très- 1 rapide, et par cela même exige de la mère des socs 1 nutriliPs plus abondants. C'est alors que la nature, en 1 aiguisant l'appétit de ta femme, lui annonce qu'elle doit augmenter ses aliments. L'estomac n'éprouve , plus de nausées, de défaillance, les fonctions s'eié^ culeut rapidement et avec facilité; à celte époqneden la grossesse, le défaut de nourriture serait aussi pernicieux à la mère et à son fruit que l'excès l'aurait été, il y a quelques mois.

On ne saurait trop recommander k la femme enceinte d'éviter toutes les émotions violentes, les craintes, les surprises, les joies délirantes, les cha^ grins. surtout les accès de colère, enfin toutes les n circonstances qui pourraient ébranler son système nerveux et porter le trouble dans ses sens. S<>n existence doit être douce et paisible au moral el au physique.

Nous le répétons à satiété, le mari doit avoir les plus grands égards çovw ecUe (\ui va bientôt le

père; il doit rcnvirouncr de soins empressés, de prévenances , de douces caresses, et monlrer pour «Ile une solliciuide de lous les instants, une tendresse

IMijuurs croissante, une amabilité, une complaisance lloute épreuve.

I Lorsque la femme entre dans son cinquième mois e grossesse, la moindre pression sur les flancs el sur le ventre peut blesser le fœlus on le gêner dans Bs évolutions; la femme doit alors s'abstenir des plaisirs du mariage cl les refuser à son mari, s'il n'était pas assez raisonnable pour s'en passer, ou assea intelligent pour comprendre qu'à cette époque de la grossesse ils peuvent être nuisibles aux organes de la mère et au développemenl du fœtus. Il est reconnu que Irès-souvent les hémorragies utérines, les ulcérations et indurations de la matrice, les couches laborieuses, les vices de conformation, et autres désordres dans l'organisation de l'enfant, sont dus aux jouissances vénériennes à celle époque de la gros-

Pour conserver le fruil de vos premiers plaisirs, Réprimeî désormais vos amoureux désirs.

Au feu qui vil en vous un iiouvenu feu peut nuire, Et ce qu'amour a fait, amour peut le détruire.

En effet, rien n'est plus conforme au\ lois de la physique : une pression, un altouchemenl, peuvent retentir dans l'utérus el troubler son travail; une forte contraction musculaire, une convulsion, peuvent

Circclion des os presque gélatineux du foe-

m. ddùtiBcr M léle et d^eter sa colonne vertébrale, de idie sorte qu'âne femme saioe, réunissani toulesj la eondilionà |>oar doaaer le joor à un enraot ceafimé ti elle eût élc sage et tranquille peodaal grossesse, accouchera d'on enfant diflbrme on ehélil Les époux ne sauraient trop réfléchir snr un suji aussi important.

Les promenades de courte durée, les dislraclioi légères, sont favorables à la femme enceinte, pour exciter son appétit et faciliter ses digestions ; à relit, époque, elle a besoin d'une nourriture plus abu dante; car, bien qu'elle ne perde plus par l'évacualioQ mensuelle, cela ne sullit pas : la suppression des régies ne compense plus la somme des sucs nutritifs que perd son économie au profit du fœtus ; ces sucs 6onl d'autant plus abondamment fournis au fœtus, qu'il est plus âgé, plus vigoureux; si la nutrition venait i languir chez la mère, il y aurait infailliblement ^^ tard, toujours fâcheux, dans le développement et la croissaace de son fruit.

■iO noarriinre de la femme arrivée au sixième mois de sa grossesse sera prise dans la classe des aliments substaniiels ; elle mangera peu k la fois et mulliitliera ses repus. La quantité des aliments et ie nombre des repas sera réglé sur ses besoins cl les forces digestives de son estomac. Elle bannira de table les viandes salées, éfiicées , les pâtisseries tous les mets échaufi'anls, parce qu'à cette époqi elle est généralemeivi CQusùçée -, c'est dans le bol

favoriser )a fonclion cxonératrice et d'entretenir liberté du ventre qu'on prescrit des aliiuents gélaleux et quelques dcuii-lavcjuents émoUienis.

De l'emploi des bnina. — Les femmes d'une >nslilutioti molle et très-lymphatique s'abstiendront kutanl que possible de bains entiers; mais elles defront y suppléer par des ablutions et des lotions lô- ^reraent aromatiques. Lorsque la femme est d'un ïmpérament nerveux , la grossesse augmente son rritabilité, et les bains lièdes lui sont d'un grand ecours ; dans bien des cas, on peut les considérer }mme les meilleurs antispasmodiques.

Les premier et dernier mois de la grossesse sont es époques où les bains sont la plus favorables. Au lébut, ils dissipent le spasme cl calmeul l'excitation ie la matrice; dans le dernier mois ils ramollissent parties génitales et les disposent à une plus rande extension ; ils préviennent la rigidité du col le la matrice et favorise sa dilatation.

Les bains de pieds ont de bons effets dans les cas ftù ils sont réclamés; ils ne deviennent nuisibles que par leur emploi mal ordonné.

La femme enceinte doit toiijotirs se laver h l'eau tiède et soigneusement éviter la brusque transition d'un air chaud à un air froid.

Les irrigations inleslinaies ou lavements sont de toute nécessité lorsque la femme ne va pas k la garderobe une fuis par vingt-quatre heures: ces lavements seront toujours» éuiuliients, parce que les purgatifs

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sont constamment nuisibles. — Les vomilirs, lou- 1 jours dangereux, doivent être rigoureuseroeul pros- 1 crits. I

La saignée ne doit jamais être pratiquée pouri obéir à une habitude ou a un préjugé : avant d'oil>l vrir la veine à une femme enceinte, il faut consnllw ] «n médecin-accoucbeur, et ne pratiquer la saignée J que lorsque l'état pléthorique la rend indispensable.!

Il existe des rapports très-élroits entre resloinacdl l'utérus; ces deux organes sont liés par des syinf** thies qui se nianifeslent, dans diverses circonslauccb, par des phénomènes extrêmement variés.

Souvent le spasme de la matrice porte le trouble dans les organes digeslifs, cl donne lieu à des nausées, à des vomissements, à une dé[)ravalion de l'appélil qui fait désirer et manger les substances les plus inusitées comme aliments, les [dus acres, les plus dégoûtantes ; d'autres fois leur esprit se met h la ponrsuite de choses étranges ou impossibles dont elles convoitent la possession. Cette dépravation dans l'appétit et les désirs des femmes enceintes a été nommée envies. m

Ces envies plus ou moins bizarres, plus ou moins pressantes, soûl, en général, le symptôme d'une alfcclion nerveuse de l'estomac, ou d'une manie due au dérèglement momentané do l'imagination. Dans ces deux cas, c'est à la médecine morale qu'il faïUj •'adresser pour y porter femcde,

iEMÈDG ÉPBOnré CONTEE LES TOUISSEHEHTS DES FEMMES EKCEIKTES.

Dans le journal du docteur Hufeland, on donne la

ré|>aratioD suivanle comme un spécHique contre les

>missemenls qui tourmentent si fréquemment la

lupart des femoies enceintes ^ une certaine époque

la grossesse.

Créosote

Pondre dejusqniame.

Eau distillée

15 centip", quantité sufGsante.

Faites selon l'art une masse homogène que vous diviserez en neuf pilules de 10 centigrammes chacune, cl quevous envelopperez d'nne feuille d'arçent.

On administre ces pilules trois fois par jour : tine le maliu, l'autre à midi, et la troisième, le soir.

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