‹ Hygiène et physiologie du mariage (volume 2)Chapitre 61 sur 68 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

EHTIEB DES FEMMES EKCEISTE*

r DOIT-OH LES UTISFAIIIE?

^ système nerveux étant parfois surexcité, pcn- ^ la grossesse, les voies digeslives parlicipcnl k |le surexciiatioD, e( les goûts, lesapçéûls les {i\u»

UMaÊnti9ftiMU>pfeat. Oa voii des feinnies qui cro- ^imilda cèarimn, de la craie, do plâtre, elc.; d'auties ■mmkhI bm excessive aridité pour les acidi^ les firoHs Tcrts, les aliments faisandés, puants. Los di tin peorent arriver à un de^ré qui souvent failcnl dre raliéoalioo mentale. Nous doiinerous (|uelqui échaolilloQS de ces goûts bizarres, qui ont toDJoui leor source dans une aberration nerveuse.

Il est passé en proverbe, dans certaines classes de la société, qu'on doit accorder aux femmes enccinto la satisfaction de leurs envies , dans la craiole que leur imagination, sans cesse torturée par ces désirs, n'en jette l'empreinte sur la peau de leur progéniture. Bon nombre de pauvres maris se gênent, se dépoiiillent, pour acheter des mets cl des fruits hors de saison, d'un pri.v toujours exorbitant; beaucoup d'autres se ruinent pour satisfaire des envies de bijoux, de parures, aOn d'exempter l'enfant à naître des tristes difformités que les envies de la mère lui imprimeraient indiibilablement sur le corps. Les bons pères! s'ils savaient ijtie ces craintes sont illusoires et dcumies de fondement, ils inviteraient leurs femmes à modifier » leurs envies, ^ les oublier lorsqu'elles sont trop coù^ leuses à snlis(;iire: ils refuseraient et auraient raison. ' Cependant, si l'objet désire n'est nuisible ni h la santé de la mère ni au développement de son fruit; s'il n'c: préjndiciaiilc ni h soi ni à autrui, il n'y a nul incon vénient à le lui accorder; mais, dans le cas contraire, il serait coupable de satisfaire une fantaisie d aurait plus lard u rowçw cv'* s.' accusée.

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est (les femmes qui pr<-(en(lent «*Jre poiiHnôcs iiii par leur étal de ^Tossosse; d'yuln'sse ilisi-iil («irà la rixe, u la dispute; celles ci nonl {(nunuiiadt'N, Jes-lh s'enivrent de lirjueurs fortes. — Itordli :i vu femmes encciiHes se délecter à bnire I'cmu puie coulant d'un ruinier; tremper leur pain Juiu du ag tourné et manger des viandes f>ourrieii, deN froaiages en pulrilage, enfin des cxcniiiientu. . . — Korc.»» lier rapporte avoir vu plu^icar;» ie.niincs enceinte» qtii lévoraient des anguilles, «le« écrevi»»*» vivanlcN, de« poUsoDs encore palpitants. Une d'elle», ayant apcnju

EI8 Due cuisine un lapin coupé par (piartiem, fK>ur e une gibctolle. se précipita dewn» el en avala 6 les morceau nigoMli. Le néne Voimm s l'observation d'aoe feuiaie giMW ^w, vojfatt eaa de bnebû £raiel»e«w«t étonhét. If coups I et b awjfi, garaie ée m laiùê, <• wm UmeditfmûdktmtmimmiméifjM

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qiier les veines avee une grosse épiogle et en socerle^

sang. ^1

Celte autre femine dont parle Goulard qui, dégoi^| léc (le toute espèce d'aIrmeiiLs au cinquième mois d^B sa grossesse, se sentit tout ^ coup l'horrible envie d^H mauger de la chair humaine. Celte envie devint (^H pressante, qu'elle profita du sommeil de son mariponf^J l'égorger. Après avoir dévoré une partie du cadam I en quelques jours, elle sala le reste et le cacha soi- I gneuscment. Lorsque cette rage de chair humaines* 1 fui dissipée, la malheureuse alla confesser son crime^ J De tels désirs soûl monstrueux, et portent l'époo^f vante au sein des sociétés; de telles femmes doiven^H être enfermées et surveillées activement, afin de prfr^ venir les conséquences de leurs manies homicides.

Fort heureusement pour la sécurité publique et la tranquillité des familles, ces cas sont exceptionnels; les envies des femmes se bornent presque toujours k^ certains mets ou fruits, à certaines fleurs, etc.,qu'i^ est facile de leur procurer. A ciMc de ces désirs asseï naturels, on en rencontre d'autres si singuliers, si drôles, que le mari, incerlain, ne sait s'il doit accorder ou refuser. Si une femme enceinte manifeste nne irrésislible envie d'embrasser son mari sur l'occipittH ou au talon, au lien de l'embrasser sur les joues, c^^^ bizarre, mais nullement dangereux; si l'envie était de le battre, ou de lui jeter une pierre à la tête, devrail-on la lui passer? cela commence à mériter réflexion^ Nous proposerons, a ce sujet, les deux exemples so vauts, tirés des Anecdotes Ac médaràve •.

« Le bon et savant Camerius disait souvent : « La grossesse fait quelquefois faire aux femmes des choses singulières; il est prudent de ne pas trop « s'opposer à leurs désirs. » Forte de cet aveu, sa Tenime revenant un jour du marclié avec un panier rempli d'œufs. entra dans le cabin'el où il travaillait, Bt se mil à sangloter. Le mari s'empresse de lui demander la cause de ses pleurs. Après quelques instances, l'épouse lui répond que depuis plusieurs jours elle est dominée et violemment tourmentée par l'envie de lui casser des œufs sur le visage. Camérius, qui aimait tendrement sa femme, prit tranquillement plusieurs serviettes et s'en enveloppa la tète... Heureuse d'être écoulée, la femme lui lança au visage, les jps après les autres, tous les œufs du [tanier. F.e pau- ^le mari, barbouillé de jaunes d'œufs, de la tête aux pieds, en fut quille pour aller se laver, et sa femme,

rérie de son envie, redoubla d'altacbement pour lui.» L'autre exem|ile est pour le moins aussi biiarre. « Une demoiselle de bonne famille fut mariée k un jeune magistral d'une amabilité et d'une bonté comme on n'eu rencontre guère. .4u premier signe de grossesse, elle devint l'objet des soins les plus empressés; ses moindres désirs étaient aussitôt satisfaits; maîtresse absolue dans la maison, rien ne lui était refusé, et son mari allichait une soumission d'esclave. Malgré

tis les bonheurs de celte belle lune de miel, la jeune ouse devint tout h coup triste, maussade, hargneuse, et le (lauvre mari de multiplier ses soins, de redoubler ses caresses, de ta supplier a^enovi^ d«.l.viv

conltor ses peines. Elle finit par ouvrir la boncliectl lui apprendre (pi'clle avail une envie de femme en«l ceinte, violente, elTrénée, el si extraordinaire, qu'elle préfteiil mourir qnc de la Itii faire connaître. EDlin,! apri's filusieiirs jnnrs de prières les plus pressantes,! elle avoua qu'elle désirail être battue!... non àcoa|)s de poings ou de pieds, mais h coups de cravadic; fustigée verlomeni, sanglée ii vif, de manière à lui faire passer celte ridicule envie. Le mari regarda a femme, lout élounli, et la crut allaqnce de manie; celle-ci, voyant qu'on ne voulait point la satisfaircse mil au lit el aurait peut-être fait une grave maludip, lorsqu'un médecin consulté prescrivit la cravac comme le seul remède contre cette vésanie; seule ment il recommanda de ne frapper que sur les fesseg,4| Si tout autre endroit c'eut été dangereux. Le mari se résigna donc h exécuter k prescription du docteur, et, prolilant uu jour d'un accès de mauvaise humeur de sa femme, il saisit sa cravache et lui en appliqua une bonne volée sur la région indiquée. De ce moment sa jeune épouse fui complètement satisfaite e^ guérie. » ^

Une jeune et jolie dame, enceinte de quatre mois, vil un jour, dans le vivier d'un marchand de comestibles, une anguille qui s'agitait vivement: comme elle, la considérait avec envie, son mari voulut l'acbeie — Non, non, dit-elle, je n'en veux point. — .K peii rentrée che* elle, la jeune dame ressort aussili^t. court, 'a l'insu de sou mari, acheter l'anguille, '^•j'elil dévora toute vivaiue. Y>e t^vova v(vVs»^s..,«oa mari ha

idip,^ acM mloH

elle tiefifl

ïmanila si elle avait aclielé l'anguille. — Fi donc! cria-t-elle en rougissiinl, sans penser que ses lèencore sanglantes traliissaieni son mensonge. iel(|iics jours après son mari l'aperçut qui avalait »s goujons tout crus, sans craindre d'être incommolée par les arêtes.

Le Siiectateur du siècle passé inséra une lettre sur envies, dont nous citerons quelques passages : «t ... 3Ia femme est, à chaque grossesse, assaillie l'envies les plus extravagantes et mallieurcuscment ES plus ruineuses; tantôt c'est un coupé et des cho- |iiu\ bais qu'elle désire, tantôt c'est un magniliiiue Brvice en porcelaine du Japon et le renouvellomenl >inplet des meubles de son aiipartement; pour peu le ses envies se fussent renouvelées, ma fortune |k'aurail pu y suffire. Par bonbeur, dans sa troisième rûssesse, l'essor de sa fantaisie se rabattit sur un Sié de venaison, puis sur une vieille peau de marojuin dont elle dévora une partie. Une autre fois elle se lit à genoux pour arracher à belles dents les oreilles "d'un cochon de lait *qui tournait à la broche; je satisfais de bon cœur aux envies de son palais et je ne me plaindrais même pas s'il fallait qu'elle se nounit de pois verts en avril, de cerises en mai, ou d'abritots en juin; mais ce qui me désole, c'est qu'elle nange du plâtre sous prétexte que la peau de son enfant en sera plus blanche, el qu'elle veut que j'en mange avec elle, ce que je ne saurais lui accorder. Hier matin, en revenant de la campagne, elle vit une troupe de corbeaux qui déjeunaient des! bon apyélit

sur une charogne, qu'elle eut une envie insannoDU-j Lie d'en avoir sa pari. Elle ordonna au cocher d'J^J rcter les chevaux el le pria instamment d'aller loin, couper un morceau, ce que le cocher exécuta poiirliij complaire. Arrivée au logis, elle donna dessus m\ tant d'ardeur, qu'elle semblait plutôt dévorer qw] manger; c'était hideux 'a voir. »

« Je ne sais sur quoi tombera sa première enrif;! mais je Iremble que ce ne soit sur des choses dispcndieuscs ou dégoûtâmes. S'il y a quelques nioja» 1 de combattre les envies extravagantes de femmes | enceintes, hâtez-vous, mon ami, de me le faire cou- i naître. Je vous avoue que, si j'étais à me remarier,] j'exigerais que dans le contrat de mariage ou ioséri une clause qui rendît le père garant des envies des fille. »

Nous ferons observer, en passant, que beauconp de femmes ne se sentent des envies que parce qu'elle^ sont persuadées qu'une femme enceinte doit en avoit| et que les envies sont presque inévitables pendanlle temps de la gestation. Chez ces femmes-lh on délruil le mai aussitôt qu'on peut les persuader deleurerifur

Nous clorons l'histoire des envies maternelles un dernier fait d'une singularité sans exemple d l'histoire des envies de femmes enceintes.

Une illustre contemporaine, que sa brillante ihIucation aurait dû mettre k l'abri de ces petits préjugés des femmes ordinaires, se laissa pourtant fourrer en tête, par une vieille tireuse de cartes, une idée da plus bizarres v \a 'vo'^tV •.

;ur,

?our avoir une grossesse heureuse el des couches

cîles, elle devail, chaque jour, manger une queue

le rai, préalablemeul marinée daus du vinaigre et

upoudrée de poivre. Les lecleurs pourraienl voir,

lil-êlre, dans cette queue de rat, la plante qui porte

Dom, mais qu'ils se défrompenl! celait une bonne

6iie de rai de la grosse espùce, mus niger, qu'il fal-

iit lui servir chaque matin, el qu'elle croquait pres-

[Ue crue, à l'huile ou au vinaigre, comme on croque

I excellent arlichaut ou un tendre radis. Pendant un mois elle put faire ce singulier déjeu- >sans le moindre inconvénieitt pour sa sanlé. Tout oup les queues de rat vinrent à manquer 1 [.a ne dame, alarmée de cette disetle, proposa aussiit d'acweler les queues au poids de l'or. Amorcé par ! gain, son fournisseur touilla tous les égouts de la illc dans l'espoi^de l'aire une provision de queues... [éJas! ses recherches furent vaines. Alors, il crut u'il sérail facile de Iromper sa cliente en lui apporinl des queues de gros.scs souris; mais, au premier

Ïup d'ceil, celle-ci reconnut la ruse, entra en fureur [chassa le mananl. C'était une queue de rat mâle Il il lui fallail. Le lendemain, n'ajanl pu se procurer an mets favori pour déjeuner, elle tomba dans une oire mélancolie, et se mit au lit avec la fièvre. UyC mari, qui ignorait tout cela, apprenant que sa navae était alitée, s'empressa de venir lui prodiguer es soins, et lui demanda la cause deses souffrances. fc— J'aurai une grossesse malheureuse, répondit- Ife d'une voix altérée, et des couches plus tristes en-

core. Puis elle retomba dans sa noire mélancolie, j Oii appela le métleein, qui ne put tirer d'autre rifl ponse que celle qui avait été faite au mari. Eniin, après mille eiïurls, mille supplications, l'adroit doc^ leur parvint à arracher le terrible secret 1 V

Le pauvre mari, malgré tout le cliagriu qu'il éproo- \ail de la maladie de sa femme, ne put s'empccliw de partir d'un graud éclat de rire lorsque ledocleut vint lui eu faire la conlidence. Après s'être conccrlcs ensemble sur les moyens 'a prendre pour guérir celle manie, le mari approuva le plan que lui soumelliil le médecin, et s'en alla dormir plus tranquille.

Le lendemain, on lit servir une superbe queue i madame. Au moment où, frémissant de joie, elle s'apprêtait h la croquer, le médecin entra tout ii coup:

— Ciel ! qu'ai lez- vous faire? s'écria-t-il d'une voii effrayée; arrêtez, madame, grâce pour votre enfant !..

A ces mots, la dame atterrée, laissa tomber li queue, et le médecin conlinua :

— Vous m'avez avoué, madame, que vous aviez mangé trente queues semblables, c'est énorme! cependant, jusque-là point de malheur; mais, "a lalreute et unième I... Ah! lisez le Codex, madame, lisez. i la trente et unième queue, vous commettez un infanticide !

La jeuue femme poussa un cri d'horreur en repoussant loin d'elle l'abominable queue, et la porcelaine durée qui la contenait alla se briser en éclats sur le parquet.

De ce momeul l'ca\ie des queues cessa; mai»

elle fui remplacée par une autre manie non moins singulière, ei qui subsisle encore. Cliaque fois que la jeune dame aperçoit quelque chose qui lui rappelle celle maudile queue, elle pousse un éclal de rirecon vulsifel se trouve mal.

«Xous n'avons point raconlé ce fail pour égayer le leur ; nous ne pouvons mallicureuscmenl pas en étalilir raullicnlicilc par le nom et les indications, que BOUS sommes obligé de taire ; mais nous avons cru devoir le citer, afin que le lecteur sache h quoi s'en lenir sur les envies de femmes enceinies-

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