‹ Hygiène et physiologie du mariage (volume 2)Chapitre 67 sur 68 · CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV

SECTION I AGE CRITIQUE. — AGE DE IlETOl'n CHEZ LA FEMUE.

Toiil change et passe sur la (erre, (oui marche incessamment et se précipite vers le néant; c'est la loi (le la nature. A la période d'activité génitale et ilefécontlilé succède l'âge du repos; ce moment est [ihy- ^ sioloi;i(]ueuien[ désigné sous le nom de mi'iiojiause, m et couimutiérnenl sous ceux d'âge critique, âge de rttour, cessation des rèijtts, elc. La femme, pendant vingl-cin(]à (renie ans. a perpétué l'espèce; niainleuant son rôle est fini ; désormais inliahile "a la procréalion, elle rentre dans la vie individuelle. Selon nous, il y a une différence à faire entre l'âge critique et l'âge de retour : le premier doit spécifier la |)ériode plus ou i moins lougue où la cessation des règles amène quel'^ (jues dérangeraeuls dans la santé; le second annonce" ]iarfaitenieiit l'époque où la santé se rétablit pour ne plus s'altérer, par les infinences de la menslruatioD. Du reste, le mot âge de retour fut employé, dans \^É principe, pour désigner celle phase de la vie où, après" avoir traversé les indispositions de l'âge critique, la femme reprend sa sa^vé, s'a WivOftCûx . "Va v^^Vsk-œ

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'génital n'étant plus l'organe principal de l'économie, les perles menstruel les ayant cessé pour toujours, les sucs nulrilifs sont déversés en plus grande abondance sur les autres organes et surtout sur le llssu graisseux. Les seins acquièrent une rondeur et une fermeté qui feraient croire à un retour à la jeunesse, d'où est venue la dénomination ûije de retour. Mais ces cliarmants attributs de la jeunesse n'en sont que le si-

ulacre. Bientôt s'accumule de tous côtés uno graisse molle et surabondante; les formes perdent leur élégance, la taille s'épaissit; on ne voit plus les mêmes grâces dans les mouvements ; les yeux n'ont plus leur expression d'autrefois, et le timbre de la voix n'offre plus les mêmes charmes; le léger duvet qui recouvrait la lèvre supérieure s'épaissit, s'allonge, prend un caractère viril, et, dans le coeur qui s'é{,'oïse, les ffeus de l'amour sont pour jamais éteints. Hélas! quelque terrible que soit cet aveu pour la femme, il faut pourtant le faire, la vieillesse est imminente...

Selon les climats et les mœurs, l'àgc critique arrive plus tôt ou plus lard. Dans les pays trcs-cliauds, la fécondité cesse de trente à trente-cinq ans; la loi des extrêmes fait que. dans les pays très-froids, le même ordre a lieu : les Lapones, Groènlandaises. etc. , de même que les Africaines, sont réglées de bonne heure et cessent de l'être de leur trentième 2i leur trente-cinquième année. — Dans nos climats, c'est généralement de la quarantième à la cinquantième année que cesse le ilux menstruel ; mais il ejûlc de nombreuses exceptions 'a ce terme moyen.

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La cessation délinilive des règles s'annonce par des signes qu'il est très-imporlant de connaître, pour é"ilcr les erreurs de diagnostic. Bien souvent ou a pris la terminaison naturelle des règles pour une, aménorrhée accidentelle ou pour un état de grossess&A Le médecin aveugle sollicitait imprudemment l'or-^ gane h fournir une évacuation abolie sans retour, ou abandonnait la femme à sa quiétude maternelle

Klgnen prêciirwear* de l'Age critique. — Ce3

signes peuvent se réduire aux suivants : irrégularité et diminution du flux menstruel; bouflëes de chaleur, dyspepsie ou trouble dans les organes digestifs, douleurs dans les reins; écoulement blanchâtre par la vulve, provenant de la matrice et simulant la leucorrhée. Le sang menstruel est d'abord évacué en rania dre quantité; ensuite celte évacuation (laraîtà des ép ques irrégulières. On voit des femmes dont les règl se font attendre deux, quatre, six mois et plus; chez' d'autres, elles reparaissent tous les quinze ou vingt jours; les unes ne perdent que fort peu de sang, tandis que d'aulreséprouvenldevérilablcs hémorragies. Les digestions sont plus lentes et accompagnées de malaise. Les nuits sont agitées; beaucoup de femmes ont des rêves Irès-faliganls, elles se trouvent mal dans les apparlemenis chauds. Les douleurs lombaires, qu'elles ont ressenties lors de la puberté et de la gros^J sesse, viennent encore les lourmenter à l'âge critique. Tel est l'exposé des phénomènes ]dijsiologiques et />alJjoIogiques qui annoucenl généralement la lin du

irô'9 génital de la femme. Selon plusieurs célèbres 'mcilccitis, les règles qui conlinuetU à couler après la ciiHjuanlième année indiquent, le plus souvent, un étal Riabdifde la matrice, ei, si cet état persiste, les ulcérations ou le cancer de cel organe sont h craindre. La plupart des médecins ont considéré l'âge critique comme l'époque la plus orageuse de la vie; ils se sont plu h l'entourer d'une escorte de maladies, dont le nom seul sunirait pour eiïrayer la Femme ta plus courageuse. Ces médecins ont donné dans l'exagération ; car l'âge critique est environné de moins de dangers que le passage de l'adolescence à la puberté; s'ils s'étaient donné la peine de consulter les statistiques nécrologiques de ces deux époques de la vie . ils auraient acquis la certitude que la mortalité atteint un chiffre plus élevé dans l'âge de la puberté que dans l'âge de retour. Les remarquables" taMeanx sUiUsliques de Benoiston de Chàlcauneur dissipent tous les doutes à cet égard; le lecteur pourra les consulter.

Mais si nous ehercbons à rassurer la femme contre les exagérations faites sur l'âge critique, nous ne prétendons pas non plus considérer cet âge comme exempt de tout danger. Nous pensons, au contraire, que les femmes, arrivées h cette phase de la vie où leur constitution physique subit de notables changements, doivent se soumettre à un régime hygiénique exigé par la ménn])ause ou cessation des règles, el que continuer le genre de vie qu'elles menaient auparavant ae serait pas sans danget.

DES MMASIES QUE PEUT ENGESDnBIl LACE CniTIQDS.

Les maladies auxquelles l'âge ciilique donne naissance sont générales ou locales.

Dans les premières on a classé les liémoplysies, les liérnorroïilt's, les anévrismes. les rhiimalismes, les accès d'aslhmc, les céi)lial algies el migraines, les névroses , l'iiyslcrie, la nymphomanie , les paralysies, etc., etc.

Les maladies locales ont leur siège dans la malrice on SCS dépendances : ainsi, la mclrile aiguë, les hémorragies utérines, le squirre, les ulcères de la matrice, les polypes, les dégénérescences du tissu des trompes et des ovaires, l'Iiydropisie de ces organes, les pertes blanches, etc., etc., peuvent snccédcr à 1* cessation des règles et servir de cortège ài I "âge critique. Mais, évidemment, l'énuméralion de ces maladies prouve que la plupart se développent sous toule autre influence que celle de la ménaupose. Si l'on rénécliit aux prédispositions générales et locales, infco* déesà la constitution, el n'attendant que la plus légère influence morbide pour être mises enjeu, on s'aper- j cevra bientôt qu'on a gratuitement taxé la cessalioiiH des règles d'être la cause d'une foule de maladies qui peuvent se manifester avant, pendant el ai)rès la cessation du flux menslruel.

Les maladies essentielles à l'âge critique se bornent, pour le physiologiste, îi quelques-unes; telles ■ sont, par esemple, la pléthore sanguine, ou cet état j d'exciialion généva\e \\vù, \.\viî,-SiWi.Nç,t\, s.ç. <\%ft, 4ucJ

'un ou plusieurs organes, et en faille siège d'une inflammalion plus ou moins dangereuse. — Les hémorragies de la matrice , le calarrlie ulcro-vafrinal , les flueurs bJanclic'S, l'iiyslérie el diverses affcclions nerveuses qui (lisparaisseiit ordinaiicmcnt lorsque ta révolution, prodiiilc par l'ùge critique, est opérée et que l'équilibre s'est rétabli dans l'organisation.

DE I.A FROFIirLAXIE DES AFFECTIOSS DE L AGE CniTIQDE.

Les précautions Iiygiéniqiies a prendre doivent toutes converger au même but, celui de prévenir la surabondance sanguine qui tend a s'établir sur tel ou tel organe prédisposé. Ainsi les femmes approchant de l'âge criliijne éviteront les excilants de loule nature dans le boire cl le manger: il en sera de même pour les excitants moraux qui retentissent sur le système génilal. Les femmes dont le .sommeil est agité ou Iroiildc par des cauchemars ne dîneront que trèslégèrcmenl, pour ne pas charger leur estomac et lui éviter un travail pcuililc. Elles s'abstiendront surtout de liqueurs s|iiritu*'uscs, de thé, de café cl de toute boisson stimulante. — Les lavements, les bains lièdes, les boissons acidulées, le polit-lait, les infusions de tilleul et d'oranger, sont des moyens prophylactiques dont elles retireront de bons effets.

Si, malgré ces moyens, l'étal de pléthore, loin de diminuer, niennçait un organe, on le combattrait par quelques saigiu-es failes vers l'époque où les règles avaient habituellement lieu. Les |;iurgali(s sali^is, à

bible dose, el dissous dans l'eau de pruneau s, seront

jssociés aux saignées, surtout pour les femmes qui vont difficilemenl à la garde- robe.

Les feiTimes nerveuses adnplerontun régime doiu et rolâchanl ; elles s'absliendronl de |iâlisseries et de loiit aliment [lalulcnt. Les bains, demi-bains, lavements émollients et les boissons antispasmodiques leur seront d'un bon secours. C'est particulièrement chez les femmes nerveuses, excitables, qu'on observe les sym[)tômes de l'iiysléiie et du l'bypocondrie, les ■ palpitations, les syncopes, les spasmes, les mouvements couvulsifs, les éructations et llatuosités très- ' incommodes, des borborygmes, des distensions dou-fl loureusps de l'intestin par des gaz; des sulfocations, des oppressions, des spasmes de l'utérus et du gros intestin, etc., etc. Ces affections s'accompagnent toujours d'un senliment de tristesse et de désordres intellectuels, contre lesquels l'art thérapeutique échoue presque toujours, et qui ne trouvent de remède que dans la médecine morale. Ces préceptes sont également applicables 'a l'homme.

L'exercice physique devient indispensable aux femmes qui entrent dans la période critique, pour disséminer sur le système locomoteur, la vitalité qui abandonne les organes de la reproduction. Le séjour à la campagne, les promenades du matin, les douces distractions, les sociétés agréables, sont d'excellent» moyens hygiéniques, On doit éviter la vie sédentaire, les lieux encombrés de monde, comme les théâtres, les bals, soirées elaviUca té\^u\clx^ï.\ivM^Q{i\^.Vfe's.\>^^

mous cl chauds, de même qu'un sommeil prolongé au delà de sepl heures, sont toujours nuisibles aux femmes sur le retour; lesveillcs sonl également à reilouler. L'amour, ce beau soleil de la vie, doit s'éteindre pour toujours dans le cœur de la femme qui n'existe plus pour la rcpi'oduclion ; tout ce qui tendrait 'a le rallumer doit être soigneusement évité; car les pensées, les désirs erotiques peuvent occasionner de graves désordres dans les organes que la nature a condamnés au repos. C'est à l'amitié, "a la douce amitié, de consoler la femme d'une perleà jamais irréparable. Par cette tendre allèclion et les nobles sentiments qui en découlent, les femmes âgées conservent toutes les prérogatives de leur empire. Enfin, la tendre sollicitude qu'elles portent à leur famille, ii leurs petits enfants: les sociétés aimables, les cercles de vrais amis qu'elles se sont choisis, font oublier les fiévreuses passions de la jeunesse et jettent encore quelques tleurs sur l'hiver de la vie.

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