‹ Hygiène et physiologie du mariage (volume 2)Chapitre 66 sur 68 · NOURRICES SUR LIEUX · texte numérisé non relu

NOURRICES SUR LIEUX

Les nourrices sur lieux, c'est-à-dire qu'on prend chez soi, offrent des avantages comme aussi des inconvénients. La mère peut, il est vrai, veiller sans cesse sur son enfant, et ccllo vigilance de tous les instants force la nourrice h ne jamais ralentir ses soins pour le nourrisson; mais, à côté de ces avantages, les parents aisés se préparent, sans s'en douter, des inconvénients; el voiei eonHûft\\\.-.\^vtfi>MK'\ç.«i^<\Mluéson

village, sa nourriture et ses habiludes, pour en prendre d'autres qui retentissent plus ou moins sur la qualité de son lait. En effet, de la médiocrité, et souvent de la pauvreté, elle passe tout à coup dans l'abondance; de la^ie active des clianips au repos de la maison; d'une nourriture presque exclusivement végétale k une nourriture animale succulente, épicée, etc., etc. Ces changemenls ne sauraient être avantageux à la nourrice; ses forces digestives ne peuvent quelquefois suffire b l'ahoudance des aliments qu'on lui donne; loin d'être plus active, sa nutrition languit, son sang s'écbaulTe, et la sécrétion lactée perd de ses qualités premières. Pour obvier k cet état de choses, la dame des villes doit, en prenant une nourrice, s'informer de la conduite, des habitudes et de la manière de vivre antérieure de celle-ci, et en ordonner la continuation. Les aliments dont usait la nourrice au village se trouvant être de meilleure qualité et mieux préparés h la ville, sa santé en deviendra plus florissante, et son lait ne pourra qu'y gagner en abondance et en bonne qualité.

Sotna A donner à. l'enfanf. — Une surveillance incessante est absolument nécessaire sur tout ce qui oonccine les besoins et la propreté de l'enfant; le changement des linges, aussitôt qu'ils sont salis, est indispensable. A mesure (|ue l'enfant croit et se fortifie, il faut baisser la température tiède, dans laquelle on le tenait aux premiers jours de sa naissance; c'est le moyen de l'babiiuer de hona»j beure à résister aux

ticissitudes atmosphér'upjes. Les vôtpments i^ let \y fant seront cliauds et assez larges pour lui permellrel» facile exécution de tous ses mouvements. La lêle sm couverte d'une petite coiffe; plus tard, un bourrelet en paille le prolongera dans ses chutes. La coilîarÊiiB doit être ni chaude, ni lourde.

A i)Cine sorti du sein de sa mère, l'enrant a besoiii de s'agiter; il est donc très-naturel de le laisser libre dans ses mouvements el de ne point le gêuer dansdes langes trop serrés. Il est très-bon de l'étendre, quelquefois, dans la joufnée, sur on tapis oiî il paisse prendre à loisir ses petits ébats. Mères, lisez, ^ ce sujet, le passage qu'écrivit une plume éloquente :

« Dès que l'enTaiU respire, débarrassé de ses envelop|ves, ue souffrez pas qu'on lui en donne d'autres qui le lienncnt plus à l'étroit. Point de têtières, point de bandes, point de maillot; des langes flottants éH larges qui laisseût les membres eu liberté et qui ne soient ni lourds, ni assez chauds pour empêcher qo'il sente les impressions de l'air. Piacez-le dans Un grand berceau bien rembourré, où il puisse se mouvoir ï l'aise et sans danger. Quand il commence à se forlifier, laissez-le ramper par là chambre; laissez-lui étendre ses petits membres; Vous le verrez sel1etlfo^ cerde jour en jour. »

Les moyens mécaniques dont on se sert quelque fois pour l'aire marcher rent'anl, sont nuisibles; loi que l'enfant ne peut marcher seul, c'est qu'il n'en pas encore la force; attendez quelques mois, et membres inîénevits aatovA ^ç.oîà&'^^'sw. &t ■îfefeiUaii*

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pour soutenir son corps. On ne doit jamais soulever l'enfant par un bras pour le transporter d'un endroit ^ l'autre, car ces violentes tractions peuvent amener

le luxation de l'épaule.

besoin de dormir dans la première enfance est

sea impérieux pour qu'il soit inutile de bercer reniant. Les bercements, longtemps continués, peuvent Bcasionner une congestion cérébrale. Si l'enfant ne ^rt pas et crie, c'est qu'il est gêné par quelque chose dans son berceau, c'est qu'il souffre quelque part.

K La plus grande propreté est de rigueur chez les enfints ; il faut les nettoyer et les changer de linges aussi souveul que le cas l'exige. Les lotions, les demibains, sont des plus favorables à l'entretien de la propreté et des fonctions de la peau.

SECTION VI

mv SEVRAGE

■^ PRJCAnTIOnS i PRENDBE K l'ÉGARD DE U lliftE HODRRICK W^ ET DE L'eNFAM.

Il est de la plus haute importance, pour la santé de la mère el de l'enfant, de ne point cesser l'allaitement tout à coup. Rien n'est plus dangereux que d'arrêter une fonction en pleine voie d'acliviié: de ftinestes accidents peuvent en résulter. La femme qui eut sevrer l'enfant qu'elle nourrit doit s'y prendre mois d'avance. La première semaine, elle ne lui

donne li teier que trois fois par jour, au lieu de cinq ii six fois. — La deuxième semaine, deux fois.— l.i troisième semaine, plus qu'une fois. — A la qualriènie semaine, elle ne lui donnera le sein qu'une fois, el passera un jour sans le lui donner : c'est ainsi qu'on doit habituer peu îi peu l'enfant h oublier le sein de sa mère. Dès la première semaine du sevrage, on remplacera par du lait coupé et sucré le lait du sein qu'on donne en moins à l'enfant. Plus tard, on essaye le bouillon de poulet, de veau bien dégraissé; lorsque ses organes digestifs demandent une plus forte nourriture, on donne des panades tamisées au lait, au bouillon dégraissé. La mie de pain rassis écrasée dans un linge, dissoute ensuite dans l'eau , cliaude et délayée avec du lait, de manière k former ■ une bouillie sans grumeaux, est une nourriture légère ^ et très-convenable, en attendant qu'on puisse en donner une autre plus substantielle. Enfin, toujours par gradation, on arrive à des aliments plus solides : les chairs blanches de poulet, de veau, des fruits Lien mûrs, des biscuits tendres, etc., etc. Lescliairs noires et tous les mets excitants seront exclus de son alimentation. L'eau pure est la meilleure boisson; on la coupe avec un peu de vin de Bordeaux, pour lescnfanls scroluleux, chéiil's, ayant de la difHculté à digérer.

La mère nourrice, de son côté, diminuera la quantité des aliiiicuts qu'elle consommait chaque jour, et elle choisira des mets moins succulents, afin de diininuer la sécrétion de son lait. Elle mangera beau-

coup (le léyumes verls, de fruits cuils, de confiliires €l peu de viande. Elle useia de boissons légèrement nilnk's pour angnienter lu sécrclion des urines, et d'eau de pruneaux ou de pulpes de lamarin pour entretenir la liberté du ventre. Si, malgré ce régime, le lait aUluaii toujours aux seins, alors quelques purgatifs ou quelques sudoriliques seraient administrés, selon que la vilalilé aurait plus de tendance à suivre le lube digestif ou les exlialaiils de la peau. Les purgatifs seront choisis parmi les sulfates de niaj,'ncsie, de soude et de potasse; l'infusion de (leurs de sureau et de bourrache, prise très-cliaude, suffit généralement pour prnvoquiT k'S sueurs. C'est en usant de ces moyens, fort simples, qu'on arrive peu à [leu à uirir le lait el 'u supprimer compléletncnt la fonction des vaisseaux laclifcres.

SECTION Vil

m LA PSEHIERB DEnTITIOR.

Une petite vésicule, logée au fond de l'alvéole, sert de matrice aux dents. Cette vésicule sécrète un suc osseux qui, en superposant ses couches les unes gur les autres, finit par former la dent; ce travail dentaire commence dès la naissoncc.

C'est généralement du sixième au huitième mois qu'a lieu la première deutiiion; les prodromes s'annoncent par de la chaleur aux gencives, une légère salivation, des élcrnumcnls.elc L'enfant porte iuccssam-

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ment ses doigls dans sa bouche et serre entre ses petites mklioires tout ce qu'on lui met en main; ses joues deviennent Irès-iouges, puis pâlissent: les gencives se tumcliciit ainsi que les glandes sous-nii^^llaires. Quelques jours plus lard, on aperçoit an milieu de la gencive un petit point blanc ; c'est le sommet de la dent qui ne doit pas larder h percer. La sortie des dents a lieu dans l'ordre suivant : les deux incisives inférieures sortent les premières ; deux ou trois semaines après se montrent les deux incisives supérieures ; puis viennent les incisives latérales inférieures et supérieures; enfin, les dents molaires et canines. Les dents canines sont les dernières k sortir; la difiicullé qu'elles éprouvent a se placer nuit souvent k la régularité de la denture. Toutes ces dents ue sortent point immédiatement les unes après les autres; il existe toujours uu intervalle plus ou moins long. Au reste, ce travail ne marche jamais bien régulière»)enl ; chez certains enfants, toutes les dents de lait sont sorties du quinzième au dix-huitième mois, tandis que, chez certains autres, elles ne le sont j pas encore à deux et même trois ans. V

L'époque de la première dentition est toujours accompagnée de phénomènes fébriles. Fixée d 'abord J aux gencives, l'irritation se communique bientôt aiisl parties voisines et, par sympathie, au corps louteQ'; tier. De là ces complications, souvent l'àclieuscsj telles que convulsions, vomissemcnl.s, réveil en sursaut, diarrhée, constipation, tranchées, toux sèclie iîèvre pl',1!: ou moras foïVe.ftVt.

La première chose à faire, pour abattre ces symptômes, est de visiter la Ijoucho de l'enfant et d'opérer des frottements, de légères pressions, sur les gencives, avec le doigt on avec un corps élastique (pti ne soit ni trop mou ni trop dur. Si la fièvre a dérangé les fondions digestives, il faut mettre l'enfant ati régime et ne pas surcharger son estomac d'une quantité de lait ou d'aliments, qu'il n'a plus la force de digérer. La médecine n'a rien *a faire ici ; l'homme de l'ar: doit favoriser le travail de la nature et ne jamais!* troubler. Les seuls remèdes qu'on puisse administrer aux enfants de cet âge se bornent à de légères frictions, de petits lavements émollients.des embrocation» huileuses , des bains de courte durée , quelques cuil lerces de sirop de gomme ou de chicorée, des ceintures de llanelle. etc., etc. Une mère intelligent* sait beaucoup mieux qu'un médecin ce qui convieo' à son enfant.

Lorsque l'enfant commence k marcher seul, il fanl lui laisser l'entière liberté de ses membres; pour prévenir tout accident, on surveille, on dirige ses premiers pas. Plus l'enfant s'agite et prend d'exercice , plus ses fonctions nutritives cl réparatrices s'exécutent avec énergie. C'est pourquoi la mère doit toujours favoriser et ne jamais réprimer les mouvements instinctifs de son enfant.

Vers l'àgc de cinq 'a six ans, il est de la plus liante imporlancc d'enireméler, aux jeux de l'cnfanl, <int'lqucs petits exercices de gymnastique agréables, et de lui douner le goût de ces cvcrciccs ^lar des recoin-

penses variées. F.a gymnastique est, comme on le sait, un des moyens les plus sûrs pour ravoriserl( développement régulier du corps; c'esl aussi l'excel lent préservatir d'une foide d'indispositions cl de ma ladies auxquelles est sujette l'enfance. Voyez, poa cette question, notre ouvrage intitulé Htciène e^

PEnFECTlOiNNEMENT DE LA BEAUTÉ DUMAISE, doUS SeS UgUeS,

tes formes et sa couleur (\), où l'éducation physique et les exercices gradués de gymnastique sont trailos au point de vue liygicnique et médical.

Revenons à la mère. Si la femme, pendant sa grossesse et après l'accoucliemeni, a suivi, de point ea point, les préceptes tracés dans cet ouvrage, elle n'aura rien a craindre pour la sauté de son enfant, ni pour la sienne; ses charmes n'auront éprouvé aucun dommage et tout concourra à son bonheur.

Le travail de la grossesse a prodigieusement augmenté la capacité de l'utérus, tiraillé les téguments du ventre, dilaté le canal vulvo-utérin ; les parties génitales se sont énormément élargies pour livrer passage à l'enfanl; tout annonce que la nature a fait un violent effort pour donner la vie à un nouvel être. L'accouchement a porté moineulanément ses ravages sur les beautés secrètes de la femme ; mais l'art et l&i

(1) Cet ouvrage, qui a dojà renùu d'émineiils seivices â un ffrarnl noml)rede paronis, fait siiile !i l'Hi/giVnc du mariage :\l devrait se trouver dans !ds mains de tontes les mères. L'auleur, après avoir indiqué aux épotiï des fiioyensd'olitenir une |)iogéiiiture saine et v'tL'oureiise, y fait connaître TiîJiiralion à donne iiix adolescents pcmv \e Aé>ie\Qç\<ioi«.wl. comçlel de leurs lac«( tés pii) si4\ies et mora\e».

^nalure répareront bienlât ce désordre. La santé, la [fraîcheur et la Joie reviendront se fixer sur le visage jde la jeune mère, qui se montrera encore plus belle pus yeux de son époux et reparaîtra dans le monde l|)Ius ravissante que jamais.

La riante allégorie qui compare la jeune fille a un bouton de rose et la femme ^ une rose é[)ai)ouie est exacte. En effet, la jeune fille est une fleur en bouton; \ ses parfums sont encore cachés au fond du calice; ses charmes ont besoin d'une chaude haleine pour éclore. La jeune femme, brillante fleur épanouie sous les tendres caresses d'un époux, exhale d'enivrants parfums d'amour et de volupté. Le mariage a com[)lélé le développement de ses facultés et de ses formes, rien ne manque à sa riche organisation, elle réunit eo elle tout ce qui charme et séduit. Jeune fille, elle laissait pressentir ce qu'elle»serait un jour; jeune mère, elle brille dans tout l'éclat de sa beauté.

Et, comme conclusion dernière de tout ce que nous avons dit sur l'état physique el moral du mariage, nous ajouterons :

La femme mariée puise la santé, la fraîcheur dans la conception ; elle s'exempte, en faisant des enfants, l'une fuule d'infirmités dont est punie la femme qui élude le but de la nature. Et, pour vous convaincre de ces vérités, comparez le teint frais de la mère de famille avec le visage boutonneux, couperosé, de la femme qui, par sottise ou égo'isme, s'est impos célibat honteux. Comparez le caractère affecluf l'une avec l'humeur difficile de l'autre, toujout

g('e lie vapeurs; alors, hicn certaincmenl, vous vous proiioucerez eu faveur du mariage.

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