SECTION I DE L^CNION SEXUELLE OU COPULATION
La nature a mis dans les rapports sexuels Tirrésistible attrait du plaisir, afin d'entretenir, de rendre vivace l'instinct qui pousse un sexe vers l'autre ; car c'est sur cet instinct puissant que repose la durée de Tespèce.
L'homme sage ne voit pas seulement dans l'union le but frivole du plaisir ; il en considère un autre plus sérieux, celui de la progéniture. C'est sur ce but que doit se fixer Tattention de tout homme qui désire se
préparer un avenir de bonheur dans le nombre, la force et la beauté de ses enfants. Ces grands résultats pour la famille et la race humaine dépendent, en grande partie, de la conduite hygiénique des père et mère.
Les noms de copulation^ de coït, ont été donnés ï l'union intime des deux sexes pour consommer Tacte générateur. Le rôle de Thomme, dans cet acte, est d'introduire l'organe chargé de verser le fluide fécondant ; le rôle de la femme est de le recevoir. Le coït s'accompagne toujours de sensations voluptueuses, hormis les cas de maladies des organes génitaux. Chez l'homme, il se fait une grande déperdition de fluide nerveuX) un violent spasme au moment de l'éjaculation. Chez la femme, la déperdition est moindre, mais le spasme dure plus longtemps.
Pour que la copulation soit consommée avec fruit, il est nécessaire que le pénis, ou organe viril, devienne le siège d'une congestion sanguine qui amène le phénomène de l'érection, dont nous avons déjà décrit le mécanisme. Le but de l'érection est de donner au pénis la dureté, la vigueur nécessaires pour rompre ou repousser les obstacles qui pourraient s'opposer k son entrée dans les parties de la femme. L'introduction ayant eu lieu, l'érétbisme du pénis se propage aux diverses parties de l'appareil génital ; les testicules sécrètent plus abondamment la liqueur prolifique et l'envoient dans les vésicules séminales; celles-ci se contractent et font couler la liqueur dans les canaux éjaculateurs, qui, à leur tour, la projettent
dans le canal de Turèlre. A ce moment, l'excitation est portée au plus haut degré : des contractions convulsives, saccadées, lancent, par jets, hors du canal, le fluide fécondant, dont une partie est absorbée par le col de la matrice. L'éjaculation terminée, Texcitation du pénis cesse, la congestion se dissipe peu à peu ; Torgane viril revient à sa flaccidité première, et le rôle de Thomme est accompli. Un affaissement de forces, une douce langueur, succèdent aux transports de Tamour ; le désir s'est pour un moment éteint au milieu des flots de volupté. Il semblerait qu'une portion du flambeau de la vie de Thomme a passé dans le sein de la femme, avec sa liqueur prolifique, pour allumer une vie nouvelle.
Les organes génitaux de la femme offrent, sur une plus grande étendue, les mêmes phénomènes d'excitation : le clitoris turgit, se dresse, les grandes et petites lèvres se gonflent, le tissu éreclile du vagin entre en action ; la muqueuse vulvo-utérinc, exciiée par le frottementdu membre viril, sécrète une humeur visqueuse conjointement avec dès glandes, afin de rendre le canal plus glissant. Cette sécrétion, quelquefois très-abondante, et jaillissant sous forme de fluide laiteux, a fait croire k beaucoup de personnes, étrangères k la physiologie humaine, que la femme était douée d'un appareil éjaculateur; mais c'est a tort, parce que le système génital féminin ne possède ni vésicules séminales ni canaux éjaculateurs.
Pendant le coït, le plaisir qu'éprouve la femme est dù| en grande partie, aux titillations faites sur le cli-
toris : les frottements exercés sur le tissu érectile in vagin et des petites lèvres contribuent à en augmenter la somme. Le spasme voluptueux est moins violent chez la femme que chez Thomme ; mais, en revanche, il est de plus longue durée. On rencontre des femmes qui, au moindre contact, délirent de plaisir, tandis que d'autres exigent des caresses longtemps répétées pour arriver au spasme vénérien. Les premières sont des femmes nerveuses, k imagination ardente; les secondes des femmes lymphatiques, grasses et douées d'un système nerveux moins impressionnable. Trop d'ardeur ou trop d'indifférence aux plaisirs de l'amour sont deux extrêmes également nuisibles à la fécondation : c'est ce que nous aurons occasion de démontrer dans un autre chapitre.
L'entraînement et la vigueur de la copulation sont relatifs aux espèces, aux âges, aux tempéraments et aux climats.
Les oiseaux sont infiniment plus chauds que les vivipares. Un bon coq peut cocher de cinquante à soixante fois par jour; — le pigeon quinze fois par heure; — le moineau vingt fois; — tandis que les singes et le bouc, deux animaux des plus lascifs, ne couvrent leurs femelles que cinq, six ou huit fois par jour et à des intervalles mesurés. L'homme, dont rinstinct semble s'effacer sous l'empire de l'imagination, l'homme, au lieu de suivre les lois de la nature, dépasse les limites assignées k son tempérament, et abuse très-souvent, surtout pendant sa jeunesse, des plaisirs vénériens. Ces abus retentissent toujours
fane manière fôcheuse sur le physique et le moral de rindlvidoy et abrègent la durée de sa puissance génésigoe. Le système génital, intimement lié à la vie génénile, réagit promptement sur Téconomie entière ; e'est pourquoi les hommes usés génitalement le sont Uisri corporellement et intellectuellement. On peut eor appliquer ces vers de Thomas :
Vois ces spectres dorés s'avancer à pas lents» Traîner d*un corps usé les restes chancelants, £t sar un front jauni qu'a ridé la mollesse.
Étaler à trente ans leur précoce vieillesse.
C'est la main de Vénus qui creuse leur tombeau.
De même que les autres fonctions de notre éconolie, la fonction génitale doit être assujettie à des îgles hygiéniques, si Ton veut la conserver intacte et »Dgtemps. Les infractions à ces règles, souvent reou velées, flétrissent bientôt l'organe et lui font perdre I vigueur.
La vie sexuelle de Vhomme renferme trois pério- CB : la première, celle de h jeunesse sexuelle, commence dès l'enfance et va jusqu'à vingt et un ans ; — i seconde, celle de la vigueur sexuelle, occupe intervalle de vingt et un à quarante ou quarante- cinq as; — la troisième, celle de la décadence sexuelle, )mmence à quarante ou quarante-cinq ans révolus t finit à soixante ans. Or ceux qui ont su se lénager pendant les deux premières périodes conîrvent encore, dans la troisième, une remarquable plitudBt
Les médecins et physiologistes qui se sont oeeth péft de la question hygiénique des organes génitaux et de la fonction génésique, question de la plus baotd importance pour le mariage et ses fruits, ont établi les règles suivantes :
De vingt k trente ans, l'homme marié peut exercer ses droits deux k quatre fois la semaine, en laissant un jour dlntervalie entre chaque fois. S'épuiser par un coït répété cinq et six fois dans un jour, ainsi que le font beaucoup de jeunes gens, c'est se préparer des regrets pour plus tard.
De trente a quarante ans, l'homme doit se borner i deux fois par semaine.
De quarante k cinquante, — une fois.
De cinquante k soixante, — une fois en quinze jeun et moins encore, si Ton n'en ressent pas le besoin.
La continence est une nécessité pour la seconde vieillesse; le sexagénaire ne doit aller que très-rt* rement porter sa mesquine offrande sur l'autel de Vénus ; car, k cette époque de la vie, la liqueur séminale est très-lente k se reproduire. Le septuagénaire devrait s'abstenir du coTt ; l'énorme déperdition de fluide nerveux qui en résulte le plonge dans oa épuisement toujours nuisible k sa constitution. Il devrait se tenir en garde contre les fallacieux désirs nés d'une imagination lubrique, et bien se pénétrer de cette vérité, que, pour une faible éjaculation» qui tient plutôt delà douleur que du plaisir, il compromet sa santé et abrège sa vie. Les exemples de vieillards morts pendant ou k la suite du coït ne sont pas rares*
Les préceptes hygiéniques pour les femmes sont k ; peu près les mêmes que ceux qui précèdent, hormis quelques modifications relatives a l'âge et au tempérament. Quoique la femme puisse prolonger l'acte vénérien plus longtemps que l'homme et le répéter plus souvent, par la raison que ses pertes sont moindres, elle doit néanmoins être sobre des plaisirs du mariage, car cette sobriété lui conservera la fraîcheur de ses charmes, que flétriraient promptement les eicès* Les voluptés solitaires, auxquelles se livrent beaucoup de femmes mécontentes de leurs maris, sont une manœuvre dangereuse qui les énerve et les prédispose aux flueurs blanches, aux irritations des organes génitaux et aux névropathies de ces organes. Une femme raisonnable doit toujours se contenter de ce que peut son mari et ne jamais exiger davantage. Dans le cas où le mari trop vigoureux abuserait de son activité génitale, le devoir d'une femme sage est d'employer tout Tempire qu'elle a sur lui pour modérer son ardeur, assoupir ses feux et lui faire comprendre que les excès vénériens sont nuisibles nonseulement k la conservation de ses facultés viriles, mais qu'ils sont encore funestes aux enfants procrées dans on état d'épuisement.
SECTION II
làBLEÂU DE l'activité ET DE LA DECADENCE GEKITALE8 SELON LES ÉPOQUES PHYSIOLOGIQUES DE LA VIE.
Bntancc. — Durant la période d'enfance , les or-
ganes génitaux se développent et restent muets, si des attouchements honteux ne viennent en éveiller la sensibilité.
Adoieseenee.— De 8 à 14 ans» les organes sexuels marchent toujours vers leur développement ^ la verge s'érige de temps a autre, mais les désirs ne se feraient pas encore sentir si des jeunes gens ou des adolescents instruits par les premiers ne faisaient naître ces désirs et n'anticipaient sur Tordre naturel. Cette époque est celle de Vonanisme, qui développe le cervelet au détriment du cerveau, et qui précipite dans la tombe tant de jeunes victimes. (En divers endroits de cet ouvrage, nous avons exposé les suites funestes de Tonanisme.)
Pabertë. — Cette période commence à 15 ans et finit k 21 ans. Quoique n'ayant pas encore acquis leur complet développement, les testicules sécrètent la liqueur spermatique. Les désirs naissent; la vue du sexe les provoque, accroît leur intensité ; k la moindre impulsion cérébrale , les parties génitales surgissent, le pénis entre en érection. L'éphèbe, ignorant le mystère qui se passe dans ses organes, est en proie à de vagues désirs : il pâlit, rougit, tremble, palpite en présence d'une jeune fille, d'une femme. Il saura bientôt pourquoi. La beauté qu'il doit aimer parait, et soudain l'amour a incendié son cœur ; un feu brûlant court dans ses veines... Toutes ses pensées se portent sur celle qu'il adore ; il la voit, lui sourit dans
ses rêves ; il lui adresse» avec ses soupirs, Tardante poésie de son cœur. Alors se révèle l'instinct génital. Heureux les jeunes gens qui ne se laissent pas emporter par la passion des sens, car ils conserveront leur activité génitale dans un âge où ceux qui en ont abusé l'auront perdue sans retour.
dTennesse. — Cette période, où l'activité et la vi*
gnenr des organes génitaux sont k leur plus haut degré» embrasse les années comprises entre la vingt et unième et la trente et unième. L'appareil de la génération est arrivé h son développement le plus complet ; le sperme a acquis toutes ses qualités prolifiques ; l'homme est apte a procréer : c'est Tâge des plaisirs et du mariage. Pendant toute cette période, il peut, selon ses forces, sacrifier à Vénus deux et trois fois par semaine ; mais jamais davantage, s'il veut conserver sa vigueur physique, car une trop grande dissipation du fluide séminal peut, en le fatiguant, porter atteinte k ses forces génitales.
Tiriitté. — De 30 a 45 ans, l'homme est arrivé an summum de ses fonctions organiques ; ses désirs vénériens sont mcÂns fougueux, ses idées plus se rieuses et ses occupations le portent à s'assurer une position pour lui et sa famille s'il est marié. Dans cette période, l'homme doit, autant que possible, régler ses plaisirs amoureux et ne leur accorder que ses moments de loisir, surtout lorsqu'il est père de familley et tout citoyen devrait 1 cire à cet âge. C'est
SECTION III