GÉNITALE
La décadence génitale, ainsi que nous venons de le dire, arrive généralement vers Tâge de quarante-cinq k cinquante ans, un peu plus tôt, un peu plus tard, selon la constitution, la bonne ou mauvaise conduite de l'individu. Pendant la période virile, l'amour physique est naturellement provoqué par la plénitude des réservoirs spermatiques, et l'acte vénérien ne peut qu'être favorable k la santé. Â l'époque de la décadence, la stimulation vénérienne part presque exclusivement du cerveau; l'homme inquiet, attristé de voir ses facultés génitales s'affaiblir de jour en jour, devient libidineux et cherche, avec des maîtresses, à jouir encore des plaisirs dont il sera bientôt sevré : c'est justement ce qui lui fait perdre plus vite ses forces. Plus lard-, les érections deviennent de plus en plus difficiles; le cerveau désire toujours, et la partie refuse. Alors, pour se mettre en état de consommer l'acte, il recherche les nudités, les convoite, les dévore ; il palpe, il caresse les charmes secrets que lui livre son or; longtemps il s'excite à la vue du sanctuaire dans lequel il s'efforce de déposer sa mesquine offrande... vieillard insensé! qui regrettes avec tant d'amertume les voluptés sensuelles, ignores-tu
' qu*à chaque offrande c'est un« portion de ta vie qui se détache, c'est un pas de plus que tu fais vers la tombe? N'as-tu pas ressenti les fatigues du corps, les lassitudes prolongées de tes membres? Le plaisir que tu désires, que tu convoites si instamment, ressemble-t-il au plaisir d'autrefois et ne touche-t-il pas plutôt k la douleur? vieillard! ton arme est usée, tes efforts pour la retirer de son mortel engourdissement sont vains et ridicules ! Chasse donc, expulse de ton cerveau les importuns souvenirs d'une vigueur éclipsée d'une activité qui n'est plus ; écoute, écoute la raison qui te crie de diriger tes facultés vers un but plus utile. Si tu méprises ses conseils, si tu persistes à t'élancer incessamment au-devant des voluptés vénériennes, malheur à toi I les désirs erotiques s'incrusteront chaque jour de plus en plus dans ton cerveau, sans pouvoir en être chassés. Malheur à toi i... tu éprouveras bientôt le sort des victimes d'une idée fixe: tu deviendras fou?... Et, pour que tu ne Tignorespas, sache donc que la folie erotique des vieillards se termine toujours par la mort I