CHAPITRE Ht
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RAPPORTS MORAUX ENTRE LES iPOUX.
Ces rapports doivent être toujours empreints de douceur, de bienveillance, d'attachement profond et d'inépuisable estime. La plus grande confiance doit régner entre les époux, car la bonne harmonie, le bonheur du couple, dépendent d'elle. Si malheureusement cette confiance venait h s'affaiblir par quelques causes imprévues, il faudrait de suite avoir recours k la philosophie pour la ranimer, car la confiance est le lien qui enchaîne moralement le couple ; elle est la pierre fondamentale sur laquelle repose TédiDce du mariage. Si cette pierre manque, l'édifice s'écroule» et avec lui la tranquillité, le bonheur.
Celte partie essentielle de l'hygiène du mariage a été traitée avec tous les développements qu'elle mérite dans la Philosophie du mariage (1).
(i) La Philosophie du mariage, ou Hygiène morale, est un livre éminemment utile aux personnes des deux sexes qui sont mariées ou qui désirent se marier. Elles y puiseront des enseignements solides et d'excellents conseils pour fixer la paix et le bonheur dans l'union ; elles y trouveront des formules infaillibles contre rindiiïerence, la brutalité, la jalousie, Tadul-
Du moment que la confiance a fait place au soupçon, les sources de l'estime se tarissent; un sombre jQuage cache le soleil des beaux jours, et dans le domaine du mariage germe et se développe un fruit amer : la Jalousie I . . . Désormais les deux époux s'observent : la femme commence par trouver son mari ridicule, et bientôt il lui devient insupportable. Alors le mari, ayant tout à craindre de sa femme, cherche tous les moyens d'empêcher la réalisation de ses craintes. Ces moyens ont été et sont plus ou moins barbares, selon la civilisation et les peuples.
Chez les Orientaux, on emprisonne les femmes soupçonnées. — Chez les Indiens, on les infibule ; — En Italie, en Espagne et en Portugal on les cadenassait, et, de plus, une duègne, véritable Argus aux yeux toujours ouverts, ne les quittait jamais. La mode des ceintures de chai^teté^ qui devinlgénéralechez les peuples cités, ne prit que tres-faiblement en France, où les maris sont moins profondément jaloux et plus philosophes; car ils savaient que les boucles, les cadenas, les ceintures et verroux ne sont point un obstacle à ce que femme veut. Ils savaient, en outre, que la femme est toujours disposée k faire ce qu'on lui défend, et qu'il suffit même qu'on lui défende quelque chose pour qu'elle brûle d'envie de le faire ; c'est une
tère et la foule des maladies morales qui répandent sur Thymen un calice d'amertume. Cet ouvrage, qui ne traite nullement de la partie physique du mariage, et dont le style chaste, mesuré, ne saurait effaroucher personne, peut être intitulé le vg'n7a6/e Guide du mariage. — Chez Dentu, libraire, Palais-Royal. Prix : 2 fr. 50 c.
faiblesse qu'elle tient de notre bonne raère Eve. Or les Français aiment mieux crier, menacer, rire ou pardonner que d'infibuler ou de cadenasser leurs femmes ; en revanche, leurs femmes ont été et sont, pour le moins, tout aussi fidèles que celles des autres nations. Cependant, malgré la réprobation nationale contre le cadenas, il se trouva des hommes assez sots pour vouloir en user, et remarquez bien que ces hommes étaient des vieillards pour la plupart. Le fait suivant, qui eut un immense retentissement et fit rire toute la France, restera comme preuve de Tinutilité de la ceinture.
Une jeune demoiselle, aussi vertueuse qu'aimable, fut mariée à un homme déjà mûr, qui la conduisit dans les brillantes soirées de la capitale : c'était la mode, et le mari, homme du monde, ne pouvait s'y soustraire. La jeune femme devint l'objet des attentions les plus empressées d'un beau cavalier qu'elle rencontrait sans cesse attaché à ses pas ; mais elle ne lui répondit point. Dans plusieurs autres circonstances, le cavalier revint à la charge, toujours inutilement; la jeune dame le menaça même de se plaindre de ses obsessions. Les maris jaloux sont toujours portés à croire au mal, jamais au bien : c'est ce qui arriva à celui de la dame en question. Après les boutades, les emporlements de la jalousie, le brutal commanda un brayer a cadenas, et l'imposa de force à sa chaste moitié. Dépitée, outrée d'un procédé aussi peu conforme aux mœurs parisiennes, la jeune femme parvint k prendre l'empreinte de la clef et en fit fa-
briquer une semblable; puis elle écrivit au jeune homme, qui déjà ne pensait plus k elle, pour lui donner un rendez-vous,
— Monsieur, lui dit-elle en lui présentant la clef de sa ceinture, jusqu'à ce jour j*ai été honnête, je vous le jure sur Thonneur et devant Dieul... Mais depuis que mon mari, par une jalousie atroce, a voulu se faire le gardien de ma chasteté, j'ai résolu de la perdre,
À peine la jeune dame eut-elle été satisfaite, qu'elle eh éprouva un remords amer; mais la vengeance était consommée.
Hommes, ayez scrupule de ménager la susceptibilité de vos femmes. N'employez jamais les moyens rigoureux, et surtout ne perdez jamais leur estime.