‹ Hygiène et physiologie du mariageChapitre 39 sur 69 · OU INDIFFERENCE AUX PLAISIRS DE L AMOUR · texte numérisé non relu

OU INDIFFERENCE AUX PLAISIRS DE L AMOUR

Le nom é!anaphrodisie, de frigidité en amour, a lé donné à cet état d'inertie des organes génitaux t d'indiflerence morale où se trouve l'individu pour Mit ce qui concerne l'acte reproducteur. Il ne faut as confondre l'anaphrodisie avec l'impuissance : la remière est l'absence totale des désirs vénériens, )miDe l'indique l'étyrcologie du mot, tandis que ans l'impuissance il y a désirs vénériens, mais imossibilité physique de les satisfaire.

On distingue l'anaphrodisie en deux espèces : une, naturelle ou constitutionnelle; l'autre, accidenaie ou éventuelle.

L'anaphrodisie naturelle prend son origine dans

on tempérament lymphatique an suprême d^, dm une constitatioD froide, molle, inerte à toot eicitait sexuel. Cette forme de Tanaphrodisie est très^are et ne se rencontre que chez les femmes d'une flied- * dite complète, goi^ées de lymphe, empâtées degraise dilfluente, et dont les sens obtus restent muets au agaceries de l'amour.

La seconde forme de Tanaphrodisie, celle qui « rencontre le plus généralement, est le résultat d'one foule de causes, d'intluences diverses, agissant sor le physique ou sur le moral, ou sur ces deux spr tèmes à la fois. Parmi ces causes, les plus ordinaire! sont les maladies génitales, les excès vénériens oa h continence outrée, la masturbation, le clitorisme habituels ; Tabus des liqueurs spiritueuses et des mets excitants, comme aussi un régime alimentaire toot a fait débilitant ; les veilles, les études prolongées, les méditations profondes; les chagrins, les pissions tristes et débilitantes, la crainte, la frayeur, le désespoir, etc., etc.

Les anaphrodisies de ce genre ne sont point ineorables, lorsque, toutefois, le sujet est jeune encore; elles trouvent leur remède naturel dans la suppression des causes que nous venons d'énumérer, et dans un régime approprié à la constitution de Tanaphrodite ; nous donnerons plus loin le détail du traitemeot qui leur convient.

Nous ferons observer ici que rindiiïérence aux plaisirs de l'amour, très-rare chez l'homme jeune et bien portant, est assez commune chez la femme; d'à-

bud parce qo'aa nombre des pièces qui composent «on appareil génilal ne se trouve pas l'organe sécrétant Thumeur prolifique. La physiologie nous apprend qae la résorption de cette humeur, lorsque les Tésicoles séminales sont pleines, et son mélange au sang, développent chez T homme les violents désirs de l'union sexuelle; ces désirs, ordinairement accom- IMgnés d'un érélhisme génital, ne se dissipent que par l'émission d'une certaine quantité de semence. — Ensuite, parce que le tempérament lymphatique étant le pins généralement dévolu à la femme, elle apporte iDoinsd'ardeùr, moins de fougue, dansTembrassement amoureux. Du reste, celte disposition n*est pas exclusive k la femme; elle se rencontre chez toutes les femelles d'animaux vivipares; ce sont toujours les miles qui recherchent activement et tourmentent la femelle : celle-ci semble rester passive et ne fait que ie prêter aux élans amoureux du mâle. Cet é(at de dioses était nécessaire à la fécondation ; car les em- >ortements de l'amour, les transports délirants, lui ont nuisibles ; les femmes ardentes, affectées de pas* ion utérine, sont généralement impropres a la généation ; elles restent stériles jusqu'au moment où l'art t plus souvent la nature sont parvenus a refroidir les rdeurs utérines.

Ainsi donc, le sexe féminin, hormis les exceptions, erait d'une nature plus tranquille et moins disposée lUx combats amoureux que le sexe masculin. — Les emmes lymphatiques avouent, de bonne foi, que sur ringi embrassements véné^ens, il s'en trouve un k

peine où elles éprouvent le spasme de la Tolapté; plusieurs même ont confié k des intimes que \m souvent elles simulaient ce spasme dans les bras de leurs maris, pour deux motifs: le premier, afiûde s'attacher Tbomme, qui aime k voir son plaisir pa^ tagé ; le second, pour ne pas s'entendre accuser d'iadiiTérence, de froideur, k chaque embrassement. Cet femmes ont raison d'en agir de la sorte : une innocente supercherie est permise lorsqu'il s*agit de faire des heureux.

Nous venons de dire que la raison physique de celte indifférence de la femme se traduisait par le tempérament lymphatique et par Tabsence des organes du sperme; si nous recherchons maintenant la cause morale, nous la trouverons dans rextrème susceptibilité de son caractère et diverses circonstances de sa vie de relation. La femme est un élre éminemment délicat et capricieux ; la moindre contrariété, la plus légère indisposition suffit pour arri* ter ses amoureux élans. ToutkTheure elle éprouvait un désir;... un nuage a passé... et ce désir s'ert subitement éteint. — La femme aime k préluder M |eux de l'amour par de douces caresses, par de tendres Qgaceries; elle demande a être excitée par d'harmonieuses paroles, afin que le moral, réagissant sur le physique, la dispose a s'évanouir dans une voluptueuse étreinte. Si Thomme se conduisait ainsi avec la femme, bien certainement celle-ci, k moins de frigidité complète, tressaillerait de plaisir; mais il en est presque toujours autrement: le mari est égoïste,

impatieDti grossier dans son amour ; sans consulter les dispositions bonnes ou mauvaises dans lesquelles peut se trouver sa femme, il veut satisfaire ses beloins ; il le veut, et il fautqu'elle s'y soumette. . . Quelquefois la femme trouve un prétexte pour se soustraire k cet embrassement brutal; mais le plus souvent elle l'y prête passivement, afin d'être plus tôt débarrassée desimportunités d'un bomme qui ne voit, dans Tacle conjugal, que la satisfaction d'un besoin.

Les femmes anapbrodites se rencontrent parmi ces femmelettes blondes, pâles, énervées, n'ayant presque point de mamelles et dépourvues de poils au pubis ; elles ont la voix grêle, les yeux ternes, un regard sans chaleur, une. grande nonchalance dans les mouvements, etc. Vers l'âge de trente à trente -cinq ans, ees femmes deviennent généralement très-grasses ; eUes offrent une constitution molle, une carnation Uafarde et des formes empâtées.

Nous allons passer en revue les principales causes de l'anaphrodisie accidentelle, afin de faire mieux comprendre au lecteur les moyens de traitement les plas rationnels.

1* liCii maladies dn ayatème génllalt — Certaines affections des organes génitaux rendent le coït douloureux et même impossible; alors la crainte de la douleur éloigne les désirs et conduit peu à peu à l'anaphrodisie.— Chez V homme: les affections lartreuses, syphilitiques et cancéreuses du pénis ou les testicules ; l'affaiblissement ou l'inertie de ces or-

ganes, TaltératioD et les désordres de leurs f Pépuisement, quelle qu'en soit la cause, h par des jouissances excessives, etc. — Chez l'ampleur trop considérable du canal vulvo-i maladies de la vulve, du vagin et de la matrii Icucorrhéique ou flueurs blanches abonda détériorent la muqueuse Vaginale, effacent bililé, détruisent l'érectilité des petites lèvn toris, les rendent flasques et finissent par le 1er de toute irritabilité. — Le seul remède phrodisie entretenue par ces aiïections est de battre par un traitement médical ou chirui^< opérer la guérison complète.

%^ MaCu excès Yénérleo0, la masturlic

ciitoriiime. — La débilité des organes gén souvent le résultat des excès vénériens et ( plus dangereux encore, des plaisirs solits effet, ces excès plongent les organes dans un stupeur; les érections ne peuvent plus avoir rhomme et chez la femme; les parties, usé frottement, ont perdu leur sensibilité et re sormais muettes aux voluptés de l'amour.

Le traitement de Tanaphrodisie par excès < sances vénériennes, ou le libertinage, est 1 que celui de l'impuissance par épuisemem au chapitre Impuissance.) Un régime alimei seutiellemeut réparateur et fortifiant, des excitantes sur les lombes et k la partie ÎDt eiiisseSy les bains froids, les douches, la gymi

Qoe pnvation absolue des jouissances vénériennest les stimulants moraux, tels que h société des femmes spirituelles, agaçantes, les lectures erotiques, enfin la musique molle, regardée, par plusieurs médecins, comme un excellent aphrodisiaque, composent un ensemble de moyens propres à combattre victorieusement l'espèce d'anaphrodisie dont nous venons de parler.

3* La continence rigoureuse et longtemps gardée plonge les organes génitaux dans un engourdissement, une atonie qui conduit à Tanaphrodisie ; quelqoefois c'est le contraire, ces organes devienoent le si^e d'un mouvement fluxionnaire dont le résultat amène Toi^asme vénérien. A, Tépoque de Tardente jeunesse, la continence est tellement contraire aux lois de la nature, que les plus graves désordres dans la santé en sont la suite : preuve évidente que les excès opposés sont également nuisibles à notre économie. Ces désordres se traduisent tantôt par l'analArodisie et l'impuissance, tantôt par l'érotomanic, Thyslérie, la nymphomanie, Tépilepsie et autres lûdenses vésanies. Nous avons déjà énuméré, dans un des précédents chapitres, les funestes efTets de la eoDtinence; il ne nous reste plus qu'à répéter, avec (ODS les médecins physiologistes, celte vérité : Si la privation absolue des jouissances vénériennes produit nécessairement de graves désordres, aussi bien que Tabus de ces jouissances, il est de la sagesse et de la raison de se tenir éloigne de ces deux extrêmes. -*

Traitement. ^ L'anaphrodisie par côtitinetace abso^ lue trouve ordinairemèut un remède efficace datas la satisfaction opportune et modérée des désirs téii6> riens, lorsque toutefois Tâge et la constitution da sujet ne s'opposent point k la guérison.

4^ L'abus des liqueurs spiritueusesi de même qm Tabus des mets échauffants, sont une cause d'âtt* phrodisie : les liqueurs fortes, en surexcitant les houppes nerveuses de Testomac, développent momentanément, puis éteignent la sensibilité de cet (»>* gane, qui réagit sympalhiquement sur les organes génitaux. 11 est un proverbe qui signale les amis de Bacchus comme très-peu capables de porter leori offrandes aux autels de Yénus, et les buveurs d'eatt comme de vigoureux champions dans les lattei amoureuses. En eilbt, Tbomme qui concentre sa fié dans les aliments et les boissons, qui n'a d'autre diea que son ventre, perd peu h peu ses forces génitales^ et arrive h Tanaphrodisie. — Le défaut d'une nourriture sufQsante, ainsi qu'un régime alimentaire débilitant, conduisent également a Tanaphrodisie.

Le meilleur moyen de combattre la faiblesse génitale est, pour le premier cas, la tempérance dans te boire et le manger; pour le second cas, une alimeii' tation excitante, tonique et plus copieuse.

5® Les excès datis les travaux d'esprit, les mëditi» lions profondes, les veilles prolongées, les spéculations opiniâtres de la pensée, en concenlram toutes

îs forces vitales au cerveau, en privent Ies*organes e la génération, qui languissent et perdent peu k peu 3ur aptitude & fonctionner. Aussi voit-on, généralepent, les homnîes d'étude, les savants, être frappés i*anaphrodisie, et les idiots montrer une vigueur gélitale extraordinaire.

Le remède naturel de celte espèce d'anaphrodisie se trouve dans la cessation de tout travail, dans les fistractions et les voyages. Le séjour h la campagne ^ les pratiques du jardinage ont produit un excellent îiïet chez un homme de lettres de nos amis.

Les chagrins, les passions tristes, débilitantes, »mme la haine, la jalousie, la crainte, la frayeur, le iésespoir, etc., sont autant de causes d'anaphrodisie lias ou moins complète, selon Tâge et la constitution les individus. Pans les cas de frigidité par contenion d'esprit et affection morale, il faut d'abord déroire la prépondérance de la vie intellectuelle sur la rie animale, chasser les chagrins, éteindre les paslions débilitantes, et porter ensuite la stimulation sur es organes génitaux.

La crainte et la honte de rester en affront devant une femme lascive est une des causes les plus frégnentes d'anaphrodisie ou plutôt de syncope génitale, surtout chez les hommes de la seconde jeunesse.

La malpropreté de certaines femmes, le dégoût et la répugnance qu'elles inspirent, abattent subitement l'érection. Beaucoup d'hommes, qui s'étaient montrés pressants \n l'attaque, se voient forcés de rétrograder; ipais cette syncope génitale n'est que momentanée et

devrait faire rougir de honte la femme qui Ta proi quée.

6^ Il existe, chez les jeunes gens, une espèce d'à aphrodisie accidentelle, occasionnée par l'excès d\ amour sentimental, alors que l'imagination poétii Tobjet adoré. On aime avec passion ; le cœur paipi violemment, le corps tressaille, la tête brûle et A lire, mais Torgaue reste muet... Dans un pareil il stant, c'est en vain que Thomme s'efforcerait d donner une preuve physique de son amour. Il y effervescence au cerveau, où tout le feu de la ?i s'est concentré; mais Torgane viril est comme frapp de stupeur.

n faut savoir, près de ceUe qu'on aime, Donner un frein aux transports du désir, La folie ardeur abrège le plaisir, Et trop d'amour peut nuire à Tamour même*

Les hommes de science et de lettres qui se livren à un travail intellectuel excessif, peuvent être frappé de syncope génitale ou d'anaphrodisie accidentelle par la raison que, la contention d'esprit, la préoccu palion profonde, faisant du cerveau le centre de V2A lion vitale, les organes génitaux se trouvent privés i la vitalité nécessaire à leurs fonctions.

Le lecteur comprendra facilement que, dans k diverses anaphrodisics que nous venons de décrin l'indication curalive la plus naturelle est d'éloigné de détruire, s'il se peut, la cause de l'affection, •

^imprimer ensuite un genre de vie ou de conduite ntièrement opposé à celui qui avait débilité les or< ;anes génitaux; c'est-à-dire que le traitement doit igir à la fois sur le moral et sur le physique.

L'anaphrodisie par excès des plaisirs vénériens et par débilité génitale étant la plus commune, chez les hommes surtout, nous terminerons ce chapitre par l'exposition d'un traitement qui ofTre toutes les chances de réussite. — La première condition est de condamner au repos Torgane fatigué et de le sevrer complètement de tout contact amoureux; de l'immerger plusieurs fois par jour dans une eau froide, rendue tonique par l'addition de quelques cuillerées de teinture aromatique, ou bien dans une légère décoction refroidie de farine de moutarde; ce dernier moyen a été préconisé par plusieurs médecins comme excellent pour tirer la partie virile de sa flaccidité. •- La seconde condition se trouve dans un régime aliofientaire essenliellemenl tonique et réparateur, les viandes rôties pénétrées de tons leurs sucs ; les mets truffés, le gibier, le poisson et les œufs frais, les crustacés, le chocolat a la crème, etc., et, pour bois- Bon, quelques petits verres d*un vin généreux, répareront peu à peu et fortifieront les constitutions iébilitées. Un médecin qui s'est occupé spécialement lu traitement de l'anaplirodisie conseille, pour déeuner^ l'omelette suivante :

Œufs frais 4

Moelle de bœuf. ...... 00 gr.

Battez longtemps et a]outei :

Teinture d'arobrc 8 gr.

Gingembre. . • 8

Sel, quantité suffisante.

Faites cuire jusqu'à consistance d'omelette. A la lin du déjeuner, buvez un petit verre de vin aphrodisiaque. (Voyez au formulaire.)

L'aliment connu sous le nom de racahovi des Arabes est un excellent analeptique dont on peut aussi faire usage ; en voici la formule :

Cacao dO gr.

Fécule de pommes de terre 150

Salep 30

Vanille 8

Sucre 225

Mêlez exactement toutes ces substances.

Les principaux moyens auxiliaires de ce régime alimentaire fortifiant sont : le séjour à la campagne, la promenade , l'exercice des armes, de la natation, de la chasse, de la danse ; les bains froids, généraoi ou partiels, les douches reçues avec ménagement, to fumigations aromatiques sur les organes géoitaus; les frictions sur les reins et la partie interne de^ cuisses ; le massage après le bain ; les amusements de gymnastique variés; les distractions socialei,b inusique, le bal, la société des femmes jeunes, jolies, spirituelles et agaçantes ; la parfaite tranquillité dd l'âme; le repos aussitôt que la fatigue commence; enfin, autant de sommeil qu'il en faut pour réparer les nertos de la veille. — Il est rare que l'anaphrodi"

sie ne cède, en peu de temps, à tous ces moyens cornlioés, et que l'homme ne retrouve point son aptitude et sa vigueur génitales.

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