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CHAPITRE XIX

SECTION I

DE LA LEUCORRHÉE (fLUEURS BLANGHES) (1).

Cette triste affection, qui fane en quelques années la fraîcheur de tant de jeunes femmes, est très-com* mune dans les grandes villes. Les statistiques, h cet égard, sont réellement déplorables : sur 100 femmes, 80 en sont frappées k divers degrés.

Aux lecteurs étrangers k la physiologie, nous ferons savoir que les membranes muqueuses qui tapissent toutes les ouvertures, tous les conduits du corps, sécrètent, lorsqu'elles sont irritées, un mucus verdàtre,

(1) Leucorrhée, de deux mots grecs qui signiflent écoulement blanc. Cette affection est aussi désignée par les mots : vaginiUt utéro^aginite, quand le vagin et la matrice participent à récoulement. Les noms de mucite génitale, catarrhe vaginal, o« écoulement muqueux de la vuWe lui ont éisalement été donnét.

lanc ou jaunâlre» selon le degré et la période d^inflamution. Le cory%a ou rhume de cerveau Ja bronchite, agonorrhée, etc., sont des espèces de leucorrhée, ou Seoulements blancs, fournis par les membranes mu- )Beuses.

La leucorrhée génitale, chez la femme, provient Boit de la muqueuse du vagin, soit de la muqueuse de l'utérus et quelquefois de ces deux membranes k la Ibis.

Les causes des.flueurs blanches sont nombreuses, Dons ne citerons que les principales :

Le tempérament lymphati(|ue à Texcès, représenté >âr ces organisations molles, apathiques et goi^ées te sucs blancs; — les tempéraments nerveux très^ Hitables; — Tétat chlorotique, hystérique, etc.;

Les climats brumeux, les localités humides, les Ifematives fréquentes de chaleur et d'humidité; S8 habitation?, privées de lumière et où Fair reste DoOné ;

Une alimi ntation trop excitante ou de mauvaise nalilé ; l'ai us des épiées, des féculents, du laitage, )s fruits V:rts, des boissons acides, alcooliques; la ère et le thé dont on fait un usage habituel; les dictions laborieuses ; enfin tout ce qui excite violemlent ou débilite l'économie ;

Les constipations opiniâtres, les lavements irritants; usage éminemment funeste des chaufTerettes ; Tabus es bains chauds; la compression du corset enetient les flueurs blanches et vicie l'haleine et la sod fétide;

Les fatigues du corps et de l'esprit, les ye\ longées; la position assise constante; le d'exercice ; les irrégularités dans la menstruat

Les passions tristes, les violentes émotio aberrations nerveuses du système génital ; k sées lubriques ; les titillations sexuelles ; l'h; la nymphomanie ;

hà suppression d'une évacuation périodique, exutoire, d'une maladie chronique, d'une afle> cutanée, etc., etc.

Les femmes devraient lire attentivement et l retenir ce qui suit : Les flueurs blanches faligu réconomie entière et ruinent la santé ; elles dévdi peut des gastralgies, des tiraillements d'estomac, d gaz dans toute la longueur du tube digestif. L'app se dénature, se perd ; les digestions deviennent diBi ciles; la maigreur envahit le corps que les force abandonnent chaque jour. Plusieurs maladies ma veuses s'abattent sur la leucorrhéique et amènent de désordres de l'intelligence. La chlorose, les syncopei les palpitations, les étouflements, etc., sont trèt souvent la suite inévitable d'une leucorrhée aboi dante et chronique.

La leucorrhée s'offre sous deux aspects, l'un aigi Tautre chronique; nous ne parlerons que du de nier.

Parmi les affreux désordres occasionnés par 1 flueurs blanches habituelles, on distingue : la tum faction du col de la matrice, qui devient, parfoi variqueux; la muqueuse vaginale, rendue mollas:

par une sécrétion continaelle, ne tarde pas h s'exco* .rier, à se détériorer. Les parties externes sont fiasqoes, jQétries et ardoisées ; rbumeiir leucorrhéique, panâtre, verdàtre ou blanchâtre et d'odeur nauscaboode, Que incessamment de la vulve. Le corps de la personne est grêle, chétif, sans forces ; sa peau est d*Qn blanc de cire, ou blafarde, inanimée ; les yeux lODt entourés d'une auréole bleuâtre, le dessous de la paupière inférieure est boursouflé; tout annonce une oi]ganisaiion délabrée, un sang qui se décompose et le tourne en eau, comme on le dit vulgairement.

A la longue, les flueurs blanches portent une fooeste atteinte à la santé; elles causent des désordres locaux qui commencent par la simple excoriation et peuvent arriver au cancer! le cancer, cette terrible maladie contre laquelle échouent tous les remèdes, même la cautérisation la plus profonde.... Malheureuses femmes I qui vivez dans l'incurie, avec ce que vous nommez vos fleurs blanches, sachez bien qne vous n'avez pas de plus cruel, de plus dangereux ennemi.

II est des flux leucorrhéiques dont Tâcreté détermine tOQJours l'irritation des parties soumises à leur action. Ainsi l'homme qui a l'imprudence de coïter avec une femme atteinte de cette espèce de leucorrhée, contracte, le plus souvent, une gonorrhée ('(frl douloureuse, et dont Tintensité est en rapport avec Tâcreté de l'humeur leucorrhéique et la durée du lo!t.

Chez les peuples d'Orient et pariiculicrement chez

été spéadisées, fouillées, brûlées, caotérisées, la vfr ladie reparaissait au bout de peu de temps. Un médecin, profond observateur, disait que, depuis laba^ bare invention du spéculum , les affections du vagin et de la matrice avaient multiplié d'une manière e^ frayante : c'est l'exacte vérité ; jamais, à aucune époque de Thumanité, on n'a vu autant de femmes attaquées de ces maladies.

Nous croyons, avec beaucoup de sages médecios, que la leucorrhée génitale exige un traitement basé sur Tâgè, le tempérament, le genre de vie, les habitudes, l'état physique et moral du sujet, sur la nature et la quantité de Técoulement, enfin, sur la simplicité, la durée et les complications delà maladie. Le bot du traitement est de ramener les muqueuses vaginale et utérine à leur état normal, et l'on ne saurait atteindre ce but qu'en combattant les altérations o^ ganiques et les désordres généraux qui ont perverti les fonctions; car la maladie leucorrhéique ne borne point ses ravages aux parties génitales, elle retentit sur l'économie entière.

TRAITE11E1IT GiNÉRAL.

Le régime alimentaire et l'exercice physique sont d'un très-grand secours. Des aliments substantiels et de digestion facile répandront une grande quantité de sucs nutritifs dans le sang appauvri. L*exercice physique modéré, l'air pur de la campagne, réveilleront i'appétit et les forces digestives. Les bains domesti-

qnes, les frictions, les promenades, les distractions, h tranquillité morale, etc., concourent k se rendre outres de la maladie. Il faudra renoncer aux bals, soirées, théâtres et autres lieux où l'air est vicié par les émanations de la multitude ; les plaisirs de Tamoar seront interdits pour quelque temps. L'abandon da corset meurtrier et le rejet de l'abominable chaufferette sont tout k fait de rigueur. L'habitation k la cauDpagne et la vie des champs procureront d'im- Bienses avantages.

TmOTEIIENT LOCAL.

Des bains de siège aromatiques, astringents, de courte durée et répétés deux ou trois fois par jour ; ^ des frictions sur la partie interne des cuisses avec une brosse de flanelle; — quelques ventouses sèches sur les mêmes régions ; — des injections et furaiga-; tions vaginales plusieurs fois répétées pendant la journée. Les injections se pratiquent avec une décoction astringente dans laquelle on a versé cinq k six ^gontles de laudanum. Lorsque ces injections restent sans effet, on emploie la préparation suivante :

Eau de roses.. . . • 500 gr.

Acide tannique 5

Teinture d'iode 1

On peut, dans certains cas, remplacer la teinture d'iode par la même quantité de sulfate de cuivre; laelques praticiens s'en sont parfaitement trouvés. —

La femme leucorrhëique doit être d'une grande fro^ prêté ; elle se servira, pour ses ablutions, d'une décoction de plantes astringentes et toniques. —Les bains froids pendant la saison d'été, les bains de mer, les bains d'eaux thermales ferrugineuses, sont aosa des moyens k employer. Mais, nous le répétons, ton ces moyens resteraient infructueux s'ils n'avaient pour auxiliaires Texercice physique, le bon air, m alimentation choisie, une règle pour la veille et le sommeil, le renoncement aux plaisirs énervants di monde, enfin un régime et une conduite hygiénique dans toute leur rigueur.

Telles sont les indications les plus rationnelles pour combattre le flux leucorrhéique, et la femme qui les remplira de point en point aura la satisfaction de trouver au bout le succès désiré.

SECTION II

DE LA GOIfORRnÉE.

La gonorrhée, appelée aussi blennorrhée, ckade- • pisse, etc., est une espèce de leucorrhée ayant son point de départ dans le canal urinaire; elle est commune aux deux sexes, mais plus particulièrement ï l'homme. Nous ne parlerons ici que de la gonorrhce non syphilitique chez l'homme.

Celte douloureuse affection a son siège dans la membrane muqueuse qui tapisse l'urètre; sa cause la plus ordinaire se trouve dans le coit avec une femme

itteinte de flaears blanches ou dont le vagin secrète ne humeur acre, ou encore au flux menstruel.

On rencontre des hommes dont le gland et le méat trinaîre sont d'une sensibilité telle» qu'à la moindre copulation avec une femme malpropre, ils contractent un écoulement gonorrhéique ; ces hommes-là devraient avoir la précaution de se graisser le gland et le méat urinaire avant de s'approcher de la femme. ^Les aliments épicés, Tabus du thé et des bières iortes occasionnent aussi de semblables écoulements.

Lorsque la gonorrhée provient du contact impur dW femme atteinte du mal vénérien ^ la maladie est pins grave; on la nomme blennorrhagie syphilitique.

Les symptômes de la gonorrhée ne paraissent géoéralement que trois ou six jours après le contact. On éprouve d'abord une légère démangeaison a l'orifice du canal, puis de la cuisson, des picotements. Bientôt l'irritation gagne, envahit tout le canal ; la cuisson devient plus intense; le besoin d'uriner se fait sentir, et l'on souffre plus ou moins lorsqu'on satisfait ce besoin.

L'homme affecté de gonorrhée commençante qui, uins en tenir compte, se livre comme avant aux plailirs de la table et de l'amour, aggrave beaucoup son ual. D'abord, l'irritation s'accroît en raison des excè« !t revêt en peu de jours tous les caractères d'une iolente inflammation. — Les érections deviennent iréquenteset très-douloureuses ; rémission de Turine l'accompagne d'une sensation de brûlure intolérable. Quelquefois, Tirritation se propage a la vessie, et il

en résulte une incontinence d*urine; d'autres foule contraire a lieu, on éprouve une rétention. Il pal arriver encore que la gonorrhée gagne les testicolei et les ganglions du pli de Taine, ce qui est toujonn fâcheux. Enfin une gonorrhée virulente, exaspérés par une mauvaise conduite et des excès, peul déteN miner les complications suivantes ; •

Bubons, ou inflammation avec tuméfactioD dft ^ ganglions lymphatiques du pli des aines ;

Chancres y ou érosion de la peau du gland éi dr Forilice du canal urétral.

Inflammation de la glande prostate ;

Dysurie ou difficulté d'uriner;

Hématurie ou pissement de sang;

Rétrécissement du canal ;

Pertes séminales ;

Opiithalmie blennorrhagiquey etc., etc., etc.

Ces complications, généralement funestes à Tintégrité des organes et à la santé {générale, exigent un traitement médical des plus sévères. C'est pourquoi les individus atteints de gonorrhée doivent la traiter, dès le début, alors que sa guérison est facile.

vraliemeiif. — Le traitement de la gonorrhée non vénérienne est des plus simples : se mettre i ud régime rafraîchissant et végétal ; diète de mets excitants et de boissons stimulantes. Boire copieusement des tisanes d'oi^e ou de chiendent nitré; prendre es bains et s'abstenir complètement des plai* >itt et de tout ce qui peut réveiller le dé»r*

Les ÎDJeclioDS avec le ^tAirjt ïi^ zn»* ve^f-fn ît-

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pression. On recômiLrioi* i*eiT la ir»*» f*» -.«t:.-

injection et l'on if^rr.z^ ^si^mtt a '-f!3:' î*£y .•.

verre d'eau tecanl ô-î^î prnubin (•* 2*1*- -^ .«.-^.'v

tion. Trois fois f-^r j:''- Ji: :2;ir.ii « i*^jj -? - r ;

on renouvelle les inje^: XI*. •:* rn i»ir-«: *-^:r i» .•s--, r- -

neuf. Trois joors «ie te -i-vr^iHii i>u!l-î-« ^Kî^' i^p»

aTOrter une gonorrfcée ^.<ELiLr^.i:^taitt

Mais si la mala ikr *est vrr tJ*: i a "y^^j^^^ c-Lwb* fflaioire, les injectiocs Srri-Jîar juUiir uui^L'''' o? ?;>- Ics; on devra suirrt >i irkj^nu^i orui fs^v--^ pour combattre le» îrfâar,ân:iî.j:q:i Ik»

Ittins, demi-bains, â

régime diététique, lavements émollients» et ai lesém* tions étaient par trop douloureuses, on ajouterait m lavements quelques gouttes de laudanum et Ton preo* drait une ou deux pillules opiacées; on ne doit rt courir aux applications de sangsues que lorsqu'il y a irritation de la prostate ou de la vessie. Les capsalei de baume de copahu seront administrées surlarfinde la maladie, pour supprimer Técouleroent.

Il existe une méthode d'injection avec le nitnle d'argent qui, dit-on, jugule la gonorrhéeen quelques jours. Nous conseillons aux gonorrliéiques de se méfier de cette méthode, attendu que les remèdes violents laissent toujours des traces fâcheuses sur les endroits où ils ont passé.

Hoyens préflerwatifii de la gonorrliée* -*

Plusieurs moyens ont été proposés dans le but de pouvoir affronter Vénus impunément, c'est-b-dire sans crainte d'être contagionné, si la femme est douteuse. Les uns consistent a lotionner les parties de la femme soit avec de l'eau chlorurée, soit avec ane décoction d'écorce de grenade, ou une solution de tannin, soit enfin avec 500 grammes d'eau dans laquelle on a fait dissoudre 5 centigrammes de sublimé corrosif. Nous croyons que le meilleur préservatif» pour rhomme, est le condorriy après s'être onctionné préalablement Torgane copulateur avec un corps gras, huile, pommade, cold-cream, etc., et d'en avoir fiiit entrer un peu dans Torifice de Turètre. Il faut encora n'accorder au coït que juste la durée de temps néeei-

lire pour la «itisraclion du désir, et avoir soin de se rarimmëdiatement à grande eau, pour enlever toutes tt matièresqui pourraient, par leur absorption, favotiier Tinrection. C'est là, selon nous, le meilleur pré- Nnatif. Du reste, rhommeet la femme devraient é(re suei sages, assez loyaux pour ne point sLapprocher Fim de Tautre lorsque Pun d'eux se trouve dans une iitailion suspecte.

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