CHAPITRE XXIII
M L*ÉLECTRICniê APPLIQUÉE AU TRAITEMENT DE L*IUPUISSANCEt
L'électricité, cet agent mystérieux et puissant que la médecine moderne semble abandonner, ou néglige beauCQup trop dans son emploi thérapeutique, l'élect
Incite a eq>endaDt été vantée eoflHM remède despta efficaces dans une foule de maladies» telles qa'<rf)sû«6tions, atonies, affections nerveuses» paralysies, etc. On conçoit aisément qu'un organe» languissant pir défaut d'innervation, peut être rendu k Texerciee de ses fonctions au moyen du fluide électrique li prompt, si subtil» qui pénètre tous les corps et semble rendre la vie k ceux chez qui elle est éteinte. U senil donc de la plus haute importance que des pratieien habiles reprissent Félude de l'électricité appliqQée au traitement des infirmités qui dégradait le corps humain.
Un assez grand nombre de médecins, de physiologistes et de physiciens du siècle passé tentèrent de rendre Téleclricité à la médecine, et leurs efforts forent maintes fois couronnés de succès. Ce fut le célèbre physicien Nollet qui eut le premier cette idée; après lui, Jallabert, de Genève, et Sauvages, de Montpellier, obtinrent par l'éleclrisation plusieurs goérisons de paralysie, qui firent grand bruit en France, en Italie et en Allemague.
Mauduyt, nommé par la Société de médecine de P^ ris, fit une série d'expériences sur des malades. Les unes eurent un complet résultat, et les autres un ré- SHllat nul ou presque nul. — En Italie, le docteur Tiber Cavallo se livrait aussi a la médecine électrique et obtenait de très-grands succès. Il procédait par électrisations graduées et modérées, tandis qoe Kiaduyt électrisait trop brusquement et trop fortement* Parmi les nombreuses maladies que Cavallo traitait
fiee saeete se troiinieDt l'atome, la paralysie des 4f[ine8 des sens, les spasmes convulsife, l'épilepsie» B8 Dérroses, les rtinmatismes, la suppression ou la tifflenlté do flax menstruel, Timpuissance, Tanaphro* lisie, la stérilité, ete. Enfin il rendit la vie k pluieurs asphyxiés et sauva d'une mort certaine un léhsfgique sur le point d'être enterré.
Gardane, Brydone» de Saussure» de Haen, Yerati» Santon, Walson, Hartmann, Bianchi, Palma, Biv |Dli, Privati, Winkler, Sans, Zanotti, Yan Trootsifick, Sigaud, Bertholon et autres savants illustres S6 ivrèrent aussi à des expériences plus ou moins satis- Usantes. Bertholon et Sigaud-Lafon firent, k peu de Ustance, chacun un ouvrage surTélectricité appliquée lia médecine, où sont consignés des frais très* intéressants et des guérisous de maladies désespénées. Mais personne n'exploita le traitement électri- ]oe d'une manière aussi large, aussi attrayante que le lecteur Graham, qui, s'étant livré lui-même k cette hérapeutique nouvelle, fut tellement surpris de ses mmenses résultats, qu'il ouvrit aussitôt k Londres un hablissement public où Télectricité opéra des mirades. Les plus élégants personnages de la ville se reniaient en foule (hns cet établissement, car le traiteiient électrique, comme tout ce qui est nouveau, réunit d'abord un grand nombre de partisans enthouriastes. On accourait au temple de la Santé de Graham, de même qu'k Paris on devait bientôt se près* ler autour des baquets de Mesmer. Malheureusement Giibam voulut fairA marcher de pair le luxe, le char-
latanisme et le mystère» moyens qui lui firent gagner beaacoup d'argent, mais qui jetèrent peu k pea sa méthode en discrédit. Le passage du Courrier it VEurope qui concerne l'établissement des lits âe^ triques de ce médecin est assez curieux pour trouvei place ici :
a Le docteur Graham vient de faire construire des appareils de médecine restaurante, dans une maison de Londres, k laquelle il a donné le nom de temple ii la Santé, et qui lui a coûté cent mille écus, dans le but de mêler l'utile k l'agréable, et de joindre la magnificence k l'art de guérir.
a Les personnages les plus distingués et les plus instruits avouent qu'ils n'ont jamais rien vu de comparable k l'élégance qui règne dans ce temple, où l'on entend de délicieuses symphonies, où la lumière réfléchie produit de charmants effets, et où l'on respire les parfums les plus exquis. Le docteur Graham recommande surtout beaucoup de modération dans les sacrifices offerts au dieu de ce temple, qui est l'iijfmen. Des lits merveilleux, nommés lits magnético* électriques, destinés k réveiller les organes endormis et k provoquer les jouissances trop tardives, sont dressés dans de somptueux appartements jonchés de tapis de Perse, et garnis de peintures voluptueuses. Ces lits sont supportés par six pieds de cristal et couverts de draps de satin pourpre, frangé de bleu céleste. Dans une pièce voisine se trouve la machine d'où émane le feu céleste que des conducteurs invisibles dirigent sur les lits ; les personnes qui y sont
eoachées se sentent embrasées d'une flamme si vivifiante, que les femmes les plus indifférentes, les plus froides, tressaillent sous raiguillon des désirs, et les hoaimes qui sont tombés dans Tépuisement et l'anéantissement des forces viriles; par Fabus des plaisirs, reprennent leur première vigueur; enfin, les couples Btériles y Irouvent la fécondité, et les couples maltraités par les années y éprouvent les brûlantes ivres^ «es du jeune âge... » temple merveilleux! tu vis si reposer sur tes lits magiques, véritables autels d'hy^ menée, les plus hautes têtes de la cité, qui payèrent généreusement, les unes le bonheur de devenir mères> les autres Torgueil de devenir pères ; et le docteur Graham, tout en s'enrichissant, sut perpétuer ainsi de grands noms qui, sans ce moyen, se seraient indubitablement effacés.
Dans un ouvrage sur l'électricité appliquée aux maladies, Bertholon cite le fait suivant, dont il atteste la vérité:
« Deux personnes mariées depuis dix ans n'avaient pu procréer : l'électricité ranima leur espérance, qu'ils commençaient à perdre. Aussitôt qu'elles eurent con- Daissancedu moyen que je propose, elles firent isoler leur lit : un fil de fer de communication traversait la cloison qui séparait leur appartement d'une pièce voisine dans laquelle était placée une machine électrique. Un simple tuyau de verre inséré dans le trou fait à la cloison suffisait pour l'isolement du fil de fer. Après <}uinze jours d'électrisaiion, la femme conçut,
et, arrivée au terme de la gestation, mit m jour a enfant de la plus belle santé. »
Le même Bertholon, dont Touvrage cité fht coaronné par l'Académie de Lyon, avait dit qae TaD^ phrodisie dépendait de rélectricilé en moins et que rérotomanie était due à l'électricité en trop. Le remède qu*il proposait contre ces deux afTections état logique : donner de réleclricité à Tanapbrodite et en soustraire krérotomane. «Si Ton jette uncoupd'œil, ajoutait-il, sur des tables météorologiques et sur les tableaux de naissance et de mort, on verra qu*ilyi eu beaucoup plus de conceptions par un temps éle& trfque, et beaucoup plus de morts par un temps contraire, »
Van Trootswick, auteur d'un mémoire sur Téleotricité appliquée k la médecine, qui obtint le prix de la Société médicale de Valence, rapporte plusieurs cas d'anaphrodisie et d'impuissance guéris par Télectricité.
Le Gamiis, de l'Académie de Lyon, cite un jeune voluptueux qui, épuisé par l'abus des plaisirs, trouvait dans Télectricité un remède à son impuissance.
Tillay, Palapratet Girardin, au commencement de notre siècle, préconisèrent l'électricité comme un puissant remède contre les maladies nerveuses qui ont résisté aux autres traitements connus. Enfin la plupart des médecins sont d'accord sur l'efficacité de l'électricité dans les maladies par défaut d'innervatJon« Ce consensus icénéral devrait donc engager les
(HraticiefiS \ avoir plos sotiYeiit recours aa traitement Sectrique.
Au moment où nons écriTons, le docteur Pallas, sonnu par de nombreux mémoires a Tlnstitut, vient le publier un ouvrage sur Yisolement électrique considéré comme moyen préservatif et curatif d*on grand nombre de maladies. Dans cet ouvrage sont consi^ [(liées diverses guérisons d'aflections très-graves obtenues par risolement électrique. Que ne doit-on pis attendre de ce moyen, lorsque la science Taura poussé au point de perfection qu'il est susceptible d'àeq^nérir?
AlYeM aiedes cl*appllc»lieii médicale FéiecirieiK^ — On se sert» selon les indications, de la machîoe électrique, de la bouteille de Leyde, ou de la pile galvanique. — Et, selon les maladies à traiter, l'électricité s'applique :
1* Par simple communication ; y Par bain;
V Par impression de soqffle; 4* Par impression de brosse (ou h travers une fla- Belle dont la partie k électriser est recouverte) ; 5* Par aigrettes ; 6^ Par étincelles ; T Par commotion.
D serait superflu dé donner ici Texplicalion de ces différents procédés qu*on trouve dans tous les livres de physique expérimentale : nous nous bornons simplement à les indiquer au lecteur.
Cest k la sagacité du médecin de choisir, entre ces moyens, celui ou ceux qui conviennent le mieux k la maladie qu'il veut guérir, car il arrive le plus souvent que c'est au mode vicieux d'application et non k rinefficacité du fluide électrique qu'est dû le peu de succès du traitement. Il faut aussi de la part do malade beaucoup de patience pendant la durée du traitement, attendu qu'elle peut être quelquefois trèslongue ; celui qui se décourage n'obtient qu'un trèsfaible soulagement qu'on est toujours disposé à rejeter sur rinsufBsance de Télectricité. Deux choses sont donc essentielles pour obtenir une guérison rtdicale : d'un côté, le savoir et Fhabileté de l'électriseur ; de rautre> la patience et la persévérance du sajet électrisé. Avec ces deux conditions réunies, il est rare qu'un traitement électrique ne soit point couronné de succès.
Tout nous porte à croire que l'électricité médicale doit bientôt sortir de l'oubli où elle est restée si longtemps plongée ; de ce riche domaine, ouvert k la médecine, sortiront bientôt des plans de traitements sagement combinés, et l'art pourra enOn attaquer cette classe nombreuse d'infirmités qui n'ont pas encore trouvé de remèdes; nous voulons parler des névroses, des paralysies, de Tétat languissant, alonique, de certains organes qui ne fonctionnent plus, même a un âge où le sujet conserve encore toute sa vigueur.