‹ Hygiène et physiologie du mariageChapitre 50 sur 69 · SS · texte numérisé non relu

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rat paiement victime d'un aphrodisiaque incendiaire.

Nous avons connu un général qui, à Tâge de soixante ans, devint amoureux fou d'une comédienne, et qui, pour lui prouver que sa vigueur physiquen*était pas encore éteinte, but la mort avec une potion phosphorée.

II serait facile de grossir ce martyrologe des noms d'une foule de vieux libertins usés qui ont eu la foUe de demander a la cantharide ou au phosphore des feux et une vigueur génitale qui n'étaient plus de leur âge.

Tout porte à croire que les cantharides, les lampyres, l'opium, le datura, certains champignons caustiques, et autres plantes vénéneuses, entraient dans la composition des remèdes aphrodisiaques dont se servaient les anciens; car, pour arrêter ces espèces d'empoisonnements, il parut une loi k Rome qui condamnait à la peine capitale les vendeurs de sperma« (opées, de philtres et d'hippomanes.

Aujourd'hui que les études botaniques et chimiques ont dépouillé la matière médicale de tout ce qu'elle avait d'inutile et de pernicieux, on peut se servir sans crainte des substances désignées comme aphrodisiaques, h l'exception de quelques-unes qui ne doivent être prises que sous la direction d'un médecin.

Le savant Yirey, dans son intéressant mémoire sur les aphrodisiaques, conclut ainsi :

Les aphrodisiaques peuvent se ranger en dix classes: 1^ les emménagogues antispasmodiques; 2* les aromatiques cpicés ; S"" les stimulants piquants;

^ les échaufrants ; 5"" les diurétiques simples et les diurétiques carminatifs ; 6° les alimeots yenteux, Datulents ; 7° les analeptiques ; 8*" les excitants du système cutané ; 9° les substances toniques, les préparations martiales ; 10'' enlin les substances acres, vireuses, caustiques, telles que les cantbarides, b phosphore, le zinc, etc.

Les cantbarides seraient le meilleur ou du moins le plus énergique des aphrodisiaques si leur action, éminemment délétère, ne portail d^affreux ravages dans Testomac et les voies urinaires. On ne fait jamais usage impunément des préparations cautharidées, et l'on paye toujours bien cher l'instant d'illusion qu'on leur demande. Les diablotins d'Italie, les pastilles vénitiennes, et la plupart des philtres qu'on prépare en Orient, ont pour base ce dangereux insecte. On frissonne, a dit le docteur Chaumeton» en voyant la main des Grâces présenter la coupe empoisonnée pour assouvir un brutal amour.

Écoutons les conseils d'une malheureuse victime.

Garde- loi de puiser dans ce philtre perfide La vigueur que réclame un amoureux congrès ; Le myrthe qu'a piqué Tardente cantiiaride Se change en funèbre cyprès.

Le phosphore n'est pas moins dangereux ; tous ceux qui ont eu la folie d'en essayer sont morts en d'atroces douleurs, ou ont éprouvé les plus graves désordres dans les voies digestives, et ne se sont ja mm rétablis.

Alphonse Le Boy a recueilli Tobservation d'une Dme décédée à la suite de ringestion dans Testoic d*une potion phospborée. Le cadavre, ayant été vert, se trouva tout lumineux à Tintérieur, et les lins de Tanatomiste Rielle, qui en avait fait Toulare, étaient encore phosphorescentes même après )ir été lavées. D'où il faut sagement conclure que \ deux substances doivent être k jamais proscrites Tosage intérieur, comme de violents poisons.

Les causes qui amènent l'anaphrodisie etTimpuisice étant très-nombreuses, ainsi que nous l'avons montré au chapitre xvui, il est facile de compren- & qu'on ne saurait s'adresser indistinctement k itesles classes d'aphrodisiaques, par la raison que Ile substance, qui convient à cet anaphrodite, ne oduirait rien sur cet autre et pourrait même lui être raicieuse. 11 est donc nécessaire de faire un choix, ee choix doit être basé sur la cause et le genre de iffection. Ainsi, par exemple, les anaphrodisies et mpuissance par continence prolongée, ne sauraient re traitées de la même manière que Tanaphrodisie l'impuissance par excès vénériens ou libertinage, aoaphrodisie qui a sa cause dans l'abus des ali- Bots échauffants et des boissons excitantes exige un litement opposé k l'anaphrodisie par suite d'un rêne froid etdébililant ; cela est clair et ne comporte son doute. Il en est de même pour toils les genres inaphrodisies. C'est la cause qu'il faut combattrezforces génitales reparaissent aussitôt que cette use est détruite.

Nous ne reviendrons donc point snr ce qui a élé dit aux chapitres xx et xxi, et passerons imInédiat^ ment à la description des substances auxquelles m attribue des vertus aphrodisiaques.

SECTION III

RÈGHE VÉGÉTAL.

La roquette est désignée dans les pharmacopées anciennes et modernes comme un bon stimulant da organes génitaux paresseux. On s'en servait dans Totiquilé, ainsi que le prouve ce vers de Martial :

Excitai ad venerem tardos eruca maritos.

La sùmette, la menthe poivrée, le cresson alénriii et beaucoup de plantes de la famille des labiées, mA très-excitants et s'emploient avec succès dans Ywr phrodisie par faiblesse et atonie.

Le céleriy V artichaut et Yasperge ont acquis depwi longtemps une renommée populaire.

La cataire, ou herbe aux chats, parait développer un très-grand appétit vénérien chez ces animaux; elle agit également sur l'homme.

La cinéraire sibérienne jonii d'une très-grande vertfl comme spermalopée ; on emploie toute la plante, excepté la racine.

La 6^o{(e,\amuscade^\^ l^ome^to ^ro^ etiooB

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B condiments fortement aromatiques, disposent aux aisirs vénériens.

La vanille et le cacao sont cités dans toutes les larmacopées comme exerçant une heureuse in* oence sur le système génital.

Le genseng a joui d'une si grande réputation, >mme aphrodisiaque par excellence, que son exporition de Chine était défendue sous les peines les [us rigoureuses (voyez l'histoire de cette plante dans is Parfums et les fleurs) (1).

Le sdep est rangé parmi les analeptiques et les phrodisiaques ; mélangé k d'autres substances alilentaires, il produit d'excellents effets, principalelent dans les cas d'épuisement et de débilité. Certaines plantes cryptogames justifient le rang [n*on leur assigne sur la liste des excitants génitaux. A trufife parfumée, l'oronge, la morille, le bolet, le Aallas et plusieurs autres champignons, réveillent les eax assoupis et disposent aux sensations volupnenses.

La truffe jouit d'une réputation aphrodisiaque assez ^ërale ; cependant les avis sont partagés : les uns onflrment, les autres nient cette propriété. Brillatavarin, l'illustre professeur en gastronomie, après voir disserté sur les truffes et cité quelques anec« otes, conclut que la truffe n'est point un aphrodisia-

(1) On trouve dans cet ouvrage l'intéressante description de culture et de la cueillaison du genseng, qui se fait en Chine rec dix» quinze, et quelquefois vingt mille travailleurs. Chez enta et Garnie^ libraires, Palais-Royal. ïam.

que positif, mais qu'elle peut, en certaines occasions, rendre les femmes plus tendres et les hommes plus aimables.

Le safran était regardé par Boerhaaye comme u puissant moteur des esprits animaux. Bacon le consi* dérait comme un excellent macrobiotique (guipnlonge la vie) et divers peuples modernes le mêlent k leurs aliments comme un excellent aphrodisiaque.

Les Orientaux se servent de T8pium pour s'exciter aux combats de Mars et de Vénus ; cette drogue leur procure des extases ravissantes, des titillations, (ta chatouillements d'une indicible volupté. L'opium, selon eux, est la clef du ciel; mais Texpérience de tou les jours démontre que son emploi prolongé finit toujours par déprimer, par éteindre complètement les facultés génératrices, et par plonger l'individu dans un état complet d'hébétude.

Les baumes de Tolu, de la Mecque ^ du Pérou et de Benjoin jouissent de vertus stimulantes k un asso haut degré. Administrés à l'intérieur, ils excitent k lube digestif et sympathiquement les organes génitaux ; appliqués, sous forme d'emplâtre, sur les figions lombaire et périnéale, ils portent Clément leor action tonique sur Pappareil de la génération et le disposent à l'acte vénérien. On prépare aussi avec ces baumes des liniments et des pommades doal nous donnerons tout à l'heure les formules.

SECTION IV

RàGlIE ANIMAL.

L'on a observé, depuis les temps les plus reculés, i*one alimentation journalière, composée de pois' 08 et de coquillages, développait une irritation k la iaa et excitait les parties génitales ; il a été aussi nstaté que chez les peuples ichthyophages, c'est kre qui se nourrissent de poissons, les femmes étaient OB fécondes et les hommes plus enclins k la copula- >n. Les analyses chimiques de Fourcroy et de Yaulelm ont découvert que la chair et la laitance de poisiù contenaient une certaine quantité de phosphore, ibstance qui, comme Ton sait, possède la vertu )hrodisiaque au plus haut degré; ainsi ont été exiquées les facultés prolifiques des mangeurs de )issons.

Les crustacés, tels que les homards, les écrevisses, s crevettes, — les mollusques, — les testacés, — 8 pétoncles, — les huîtres et autres bivalves sont plement rangés dans la catégorie des aliments >hrodisiaques. Les anciens connaissaient fort bien 8 propriétés excitantes de ces aliments : Athénée et ioscoride rapportent, k ce sujet, que les petits Poules, les jeunes Sèches et les Lepas étaient consacrés Vénus, parce qu'ils excitaient k Tamour.

Vambre gris, substance que les naturalistes consiièrent comme une matière excrémentitielle du cacha-

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lot, est doué d'une odeur très-suave et très-eip ble ; il passe poui* un très4K)n excitant du sjs génital.

Selon le témoignage de Boswel, 50 grains c bre gris, pris dans une potion, suffisent pour duire une accélération du pouls, un développe très-prononcé des forces musculaires et une ap' toute particulière aux plaisirs de l'amour. Lésai faisaient un fréquent usage de cette substance Tanaphrodisié causée par les excès vénériens; accordaient la vertu de relever les forces vitales tues et de rendre la vigueur à Torgane viril flét l'âge ou les abus. Le docteur Gbaumeton appv pinion des anciens en ces termes : «c L'usa] l'ambre gris a été plus d'une fois couronné d< ces; je pourrais confirmer sa vertu par des fai thentiques. » Au reste, si l'on voit figurer Vi gris dans la plupart des formules aphrodisiaqi est à présumer qu'il possède quelques proprlét citantes.

La civette, le castoréum et le musc sont de tières très>odorantes fournies par la civette, le • et le chevrotin porte-musc. Ces parfums s'emp en médecine comme de puissants antispasmodi l'extrême diiïusibilité dont ils jouissent leur < une action qui se propage rapidement aux parti nitales et les stimule d'une façon toute particc La civette, le castoréum et le musc s'adminis soit k l'intérieur, en poudres, potions et pilules h l'extérieuri en liniments, pommades, emplâtres

réussissent surtont lorsque l'impuissance ou Ta* phrodisie sont dues à une atonie des organes Luels (1).

Les Orientaux, énerves de bonne heure et par le mat et par la polygamie, recherchent avec avidité ites les plantes et drogues dont l'action tonique re* itit sur le système génital ; aussi possèdent-ils une lUitude de recettes dont ils usent fréquemment et esque toujours sans succès. Parmi ces recettes on B la conserve A* anacarde, Topiat fait avec les scellées du peganum harmala, la confection a/A:^rmé^ tuffa albunafa, le chaschab abiisidan^ etc.. Enfin, I comnierce qui fut très^considérable autrefois, et li Test encore aujourd'hui, est celui des nids de sor nganes (hirondelles de rivage), et de poudre ou de lair scinque (espèce de lézard) en grande réputation mr les merveilleuses vertus aphrodisiaques. Ces lux dernières substances, dont les vertus sont chiériques, se vendent fort cher, attendu que les Orienax en font une prodigieuse consommation.

Outre les diverses substances que nous venons âaumérer, il en existe encore beaucoup d'autres pâtées aphrodisiaques, mais dont l'action est. ou esque nulle ou dangereuse; parmi ces dernières nt les cantharides, déjà signalées, et le Bupreste

[i) Le lecteur trouvera dans le charmant ouvrage du même leur, intitulé Histoire des Parfums et des Fleurs, Texplica- D de leurs diverses et curieuses influences sur Torganisation maine. Chez Dentu et Garnier; libraires, Palais-Royal. Paris, roi. grand in-lS, fig. 3 fr.

sacré ou scarabée des anciens Egyptiens, tons deux portant une violente et funeste irritation sur Tappa* reil génito-urinaire. Selon M. Pariset, le Bupreste sacré est, de tous les aphrodisiaques, le plus puissanll Les anciens Égyptiens lui connaissaient cette propriété, car oh voit cet insecte, sculpté dans les tombeaux de Thèbes, laissant tomber de son bec m humeur dans la bouche d'un homme dont le pénis a érection projette de petits enfants. De nos jours eicore, le guide-interprète qui conduit les voyagev dans ces hypogées vend un élixir ou teinture alcoot que de scarabée, pour remédier k Tépuisement camé par les excès vénériens, et le débit de cet élixir est très-considérable. La poudre de ce scarabée, infusée dans de Talcool, représente, k peu de différence près, la teinture de cantharides.

Nous ne saurions trop répéter aux imprudents qoi seraient tentés de demander aux cantharides ou ai phosphore une vigueur éphémère» de lire les observations d'empoisonnements causés par ces substances incendiaires. On n'en fait jamais Impunémeot usage : leur introduction dans l'économie occasioDoe de graves désordres, qui sont le plus souvent suivis 4' une ulcération de la vessie et d'un priapisme mortels.

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