DES ANAPHRODISIAQUES ET DES APHRODISIAQUES
Nous avons vu que, pour opérer leurs Fonctions seiOnles lois physiologiques, les organes génitaux doi*
(1) Extrait du grand Dictionnaire de$ sciences médicales.
sut posséder une vitalité convenable, et que la vita« té en trop on en moins était préjudiciable à ces aportantes fonctions. Lorsque l'équilibre qui consti* le l'état normal est détruit, la thérapeutique pos- Me deux sortes de médicaments pour le rétablir : Ml anaphrodUiaques ou réfrigérants, ayant la proriété de calmer, d'éteindre Torgasme vénérien ; les pkrodUiaques y ou excitants des organes génitaux, yant la propriété de rallumer les feux assoupis de amour.
L'antiquité fit un grand usage de ces médicaments, t les Orientaux s'en servent encore fréquemment • nos jours; mais nous ferons observer que, parmi 9t nombreuses substances employées pour allumer tt éteindre l'amour, la plupart n'ont que des vertus himériques; les substances douées de propriétés éelles sont très-souvent dangereuses et ne doivent tre administrées que par des hommes de l'art.
SECTION I
»E8 Alf APHRODISIAQVE8
UVÈDES PROPRES A DOMPTER LES ARDEURS DE l'aMOUR.
An premier rang des moyens anaphrodisiaques ont placés la saignée et le régime débilitant. En ef- !t, un régime exclusivement composé de végétaux ; B fruits aqueux, fades, légèrement narcotiques et peu atritifs, teisqueles melons, pastèques, potirons, con<
combres, laitues, endives, épinards, pourpie des boissons rafraîchissantes ou calmantes, te limonades, émulsions et décoctions de semenc des, les sucs d'herbes acides, doivent née ment, en débilitant l'économie entière, dimii nergie vitale des organes génitaux. Tel est le auquel on soumettait certains prêtres égyptie damnés par leurs supérieurs à un célibat pei Selon Dioscoride, ce r^ime, dans lequel enti préparation de ciguë, équivalait k la castratioi
Autrefois, dans les couvents, et ce temps n très-éloigné de nous, on appliquait le traites frigérant aux jeunes reclus et recluses, pour les tendres ardeurs que l'âge et le tempérami naître, et ce traitement était rendu plus énc on pourrait dire meurtrier, par les abondan gnées dont il s*accompagnait.
Un auteur de ces époques disait : — a Loi considère les efforts que font certains chefs taines chefesses de maisons, où sont enfen jeunes sujets voués au célibat, pour éteindre 1 .des élèves doués d'un tempérament trop an crois voir des enfants jeter des grains de sab un torrent rapide pour en arrêter le cours, mèdes qu'ils administrent ne peuvent changer pérament, mais ils attaquent la vie dans sa se font de nombreuses victimes. »
Les semences dites froides ont joui de toui d'une grande renommée pour amortir les ardi nitales; elles sont au nombre de huit :
Quatre majeures, fournies par le Goncombre» le melon, la citrouille et la couine ;
Quatre mineures, fournies par la laitue, le pourpier, Tendive et la chicorée sauvage.
Les quatre premières s'administrent en émulsion, bodi et jnlep; les quatre mineures se prennent en décoction ou tisanes. Pour les rendre plus calmantes, on peut y ajouter quelques grains de camphre.
Le Nénufar, Nymphxa alba, lutea, a été vanté comme un puissant réfrigérant. On en faisait un fréquent usage dans les communautés où le vœu de chasteté était exigé. Le nénufar se prenait sous diffiSrentes formes, tantôt en poudre ou en infusion mêlée aux aliments et aux boissons ; tantôt sous forme de condit, de conserve, de miel, etc. Nous pensons que la vertu réfrigérante de cette plante a été beaucoup trop exaltée.
Vopium et ses succédanés, appliqués en fomentation sur les parties génitales, en amortissaient les ardeurs. Le docteur Larrey, pendant son séjour en Egypte, a eu occasion de constater que les fumeurs d'opium éprouvaient d'abord une excitation génitale, puis tombaient, au bout de peu de temps, dans une complète anaphrodisie.
Plusieurs plantes, telles que la laitue, Tendive, la chicorée, Toseille, etc., et, en général, tous les végétaux aqueux, fades ou acides, sont réfrigérants lorsqu'on s'en nourrit exclusivement. Le savant Boêrhaave a donné l'observation d'un homme qui, ayant continué pendant trop longtemps une nourriture vé-
riles.
VAgnus castus a joui pendant longtemps vertu anaphrodisiaque. Les prétresses de Gérai chaient sur des lits jonchés de feuilles de cet a seau, pour écarter de leur sommeil les rêves ques. Les prétresses de Diane portaient des ceii du même feuillage pour détourner les désirs a reux et conserver leur chasteté. Aujourd'hui, reconnu la nullité des vertus exagérées de Y castus.
Le nitre, d'après le fait suivant, tiré des ane< de médecine, serait un excellent anaphrodisi — Le chancelier Bacon avait conçu une sorte d sion pour ce sel, qu'il considérait comme une cée ; il fit tous ses efforts pour en répandre Tus engagea tous les médecins d'Angleterre à con< & son dessein. Le nitre devint k la mode; sur rôle d'un aussi grand homme, on le prodigus
Ittdes, peu s'en fallut que le pauvre Bacon n'éprouvât le sort du malheureux Orphée.
Le camphre est assez généralement employé comme ealmant; nous avons déjà dit, d'après les docteurs Tissot et HoiTmann, qu*un grain de camphre introdait dans la bouche, où on le laisse fondre lentement, calmait les violentes érections génitales ; lorsqu'un grain ne suffit pas, il faut doubler et tripler la dose.
Le café noir, selon plusieurs médecins, porterait k la longue une fâcheuse influence sur la vitalité génitale. — L'anecdote suivante pourrait servir de preuve à cette opinion.
Une jeune reine de Perse regardait, du balcon doré de son palais, plusieurs écuyers du roi qui s'efibrçaient de terrasser un cheval vigoureux, sans pouvoir y parvenir. Ayant demandé à ses officiers dans quel but étaient ces manœuvres, ceux-ci, après beaucoup de précautions verbales, lui répondirent que cet animal ne connaissait plus aucun frein, devenait furieux lorsqu'il sentait une femelle, et qu'il était de tonte nécessité de le hongrer. — « Eh, mon Dieul s'écria la reine en souriant, pourquoi prendre tant de peine? faites-lui donner seulement pendant quel* qnes jours à boire du café, et il deviendra aussi in* différent en amour que l'est devenu le roi son maître, depuis qu'il fait usage de cette odieuse liqueur, d
La médeoîne moderne n'accorde qu'une confiance très-bornée aux substances réputées anaphrodisiaques ; elle pense avec raison que la plupai t de ces
substances administrées seules sont impuissantes \ mettre un frein aux fougues du tempérament erotique. Elle regarde, ainsi que nous l'avons dit, les émissions sanguines et le régime débilitant comme plus propre k abattre reffervescence vitale concentrée dans les organes de la génération ; mais, en même temps, elle fait observer combien est dangereux pour la santé le traitement par les saignées; elle les réserve pour les cas A'a^tromanie, et recommande bien encore de n*y avoir recours qu'à la dernière extrémité.
Le régime que l'art ^^oti^eille aux sujets trop enclins aux plaisirs sexuels consiste moins à user de remèdes anaphrodisiaques et débilitants, qu'à se nourrir de végétaux aqueux, rafraîchissants, à se priver complètement d'aliments stimulants et de boissons excitantes; à éviter toutes les circonstances qui peuvent réveiller les désirs, surtout à fuir loisiveté et à se distraire par un travail physique repris plusieurs fois par jour; car l'oisiveté et la bonne chère sont la source de l'émotion du tempérament, a dit un vieil auteur; ôtez l'oisiveté, vous brisez l'arc de l'amour et vous éteignez son flambeau.
L'homme oisif a, toutes choses égales d'ailleurs, l'imagination plus disposée à l'amour que celui qui exerce son corps aux rudes travaux. Les jeunes gens qui vivent dans l'abondance et l'oisiveté ont toujours l'esprit dirigé vers les plaisirs sexuels, et cherchent incessamment les moyens de les satisfaire, de telle sorte qu'on pourrait dire que de l'opulenee et de Toi
siyeté naissent le tempérament lubrique et le relâchement des mœurs.
Ainsi, un régime diététique bien entendu, des exercices physiques sagement choisis et ordonnés, une grande activité d'esprit dirigée vers des objets tout à fait opposés k Tamour, sont les moyens les plus propres à combattre les ardeurs sexuelles. Lorsque l'emploi de ces moyens a eu lieu sans succès, il n'y a plus de temps k perdre ; le mariage est d'une nécessité absolue : il faut donner une femme au jeune homme et un mari à la jeune fille, pour éviter les conséquences funestes des désirs comprimés et de la continence forcée, dont le satyriasis et ia nymphomanie sont les derniers termes.
SECTION II
DES APHRODISIAOVES
OU SUBSTANCES QUI EXCITENT A l'aMOUB.
Le nom d'AphrodisiaqiLe (d'aphroditis^ Vénus) ^ a été donné aux diverses substances alimentaires et médicamenteuses capables de réveiller ou d'accroître l'appétit vénérien, soit en excitant l'économie en* tière, soit en portant une stimulation directe sur les organes génitaux. Plusieurs de ces substances sont très-dangereuses et quelquefois mortelles. Malgré ces dangers, les invalides de Cythère ont cherehé, en tout temps, les moyens d'exciter en eux, de raviver les feux de l'amour physique â^N^viw^V^Vk^vsr
^ sants et de les rallumer lorsqu'ils étaient éteints. L*an- ( tiquité possédait une immense variété de recettes connues sous les noms àephiltres, dldppomanes, d'*otophoresj de spermatopées^ etc. , jouissant de vertus réelles ou imaginaires. La plupart de ces recettes se composaient d'un mélange de substances plus cm moins dégoûtantes ou dangereuses ; les autres étaient de véritables poisons ; les faits nombreux consignés dans rhistoire ancienne et moderne ne laissent aucun doute a cet égard.
Selon le poète Ovide, les philtres troublaient Tesprit et provoquaient la fureur.
Juvénal disait que beaucoup de maris avaient eu des accès de manie erotique et la tête renversée par de semblables boissons.
Pétrone maudit les empoisonneuses qui excitaient par leurs drogues les fureurs génitales ; et il cite h rage de Caligula, causée par un hippomane que lui donna Cœsonie.
Eusèbe fait mention de la folie de Gallus après avoir bu un aphrodisiaque.
Le voluptueux Lucullus et le poète Lucrèce expirèrent au milieu de transports frénétiques, pour avoir pris des breuvages hippomaniques.
AmbroiseParé raconte qu'une courtisane ayant administré une potion cantharidée à son amant, pour le rendre plus amoureux, l'infortuné fut atteint de priapisme et mourut d'hémorragie urétrale.
L'acteur Mole dut la mort à une potion semblable.
Ua de nos bons com]^&\v^wt&n^*^^^'^^^^ Joconiê$