VÊTEMENTS
Les vêtements de l'un et l'autre sexe doivent être? assez amples pour ne point gêner les organes et les divers mouvements. Selon les saisons, ils seront chauds ou légers, mais sans excès dans l'un et l'autre cas. Les vêlements trop chauds ont Tinconvénient de rendre le corps plus impressionnable au froid, et d'être une cause éloignée de ces nombreuses mala-
dies, suite de transpirations arrêtées. L'expërience de tous les jours prouve que les individus habitués de bonne heure k des vêtements légers résistent beau^ coup mieux aux variations atmosphériques.
Le linge du corps sera renouvelé deux fois la semaine, et plus souvent encore si le cas l'exige.
La mode de se comprimer l'estomac, de s'écraser le foie, pour faire parade d*une taille fine, est parfaitement ridicule chez Thomme : relativement à la femme, celte mode n'a rien de bien séduisant. Une belle et large poitrine doit se terminer par des flancs proportionnés, et non pas être étranglée h sa base comme une fusée volante. Cette pratique dangereuse, source d'une foule de maux, amène naturellement k parler du corset.
L'usage de ce vêtement, lorsqu'il est mal fabriqué, offre les nombreux inconvénients qui ont été énumérés dans VHygiène de la taille. Ici, nous le répéterons encore, avec les médecins de tous pays : les corsets busqués sont aussi dangereux pour les demoiselles que rélait le maillot pour l'enfant. Si dans les villes on rencontre tant de poitrines resserrées et déformées k leur base ; si la gorge des demoiselles de dix-huit a vingt ans n*a point le volume et les fermes contours de celle des villageoises ; si les citadines n'offrent, en général, qu'un sein peu développé, mou, flasque avant l'âge et dépourvu d'un mamelon suffisant, c'est le corset qu'il faut en accuser. Si parmi les femmes des villes il y en a tant qui sont chétives, contrefaites, et qui, devenues mères, n'ont pas de sein
\i donner à leurs enfants, c'est au corset qu'elles doi* vent, en partie, ce triste résultat. S'il y en a tant qui meurent phthisiques, c*est encore le corset qui en est cause. Cependant, il faut le dire, cette fureur de s amincir la taille commence à se passer ; un meilleur goût préside k la toilette des dames ; des corsets hygiéniques, exempts de lames métalliques et de baleines, servent également bien leurs formes sans les comprimer, ni gêner les mouvements du corps. Il serait à désirer que les mères se pénétrassent bien des dangers du corset k baleine, et le défendissent k leurs filles. Il serait aussi à désirer que les maris défendissent à leurs femmes, aux premiers signes de grossesse^ de porter un corset meurtrier (1).