TABLEAU COMPARATIF
Du lait de femme avec celui de quelques animaux domestiques.
Femme Vache ChèTre Anesse
^Eau 89,6 87,4 82,0 90,5
Caséum, etc. . . 3,9 3,6 9,0 1,7
Beurre 2,6 4,0 4,5 1,4
Sucre de lait, etc. . 4,9 5,0 4,5 6,4
Le lait peut ofTrir des variations dans les chiffres de «es parties cpnstiluanles et qui dépendent toujours de
fa eomposidOQ clés aliments digërës. Ainsi, une nom>riture végétale augmente Télément hydrihcarbimé; une nourriture animale fait prédominer l'élément as^oti. On voit quelquefois des nourrices bien portantes, siyant beaucoup de lait et dont les nourrissons dépérissent; cela tient) le plus souvent, k l'augmentation de la partie butyreuse du lait et k la diminution de la matière sucrée. Le meilleur moyen de rétablir l'équilibre est un régime composé d'aliments riches en matière sacrée.
SEGTiON IV
BfGIHE ALIHENTAIRE DÇf NQUrEÀU-Sf,
Le lait maternel est la i^^illeure nQurritqr^ qa*on puisse donner k l'enfant, puisque c'est sa nourriture naturelle. Quelques heures après avoir reçu le jour, l'enfant annonce par ses cris qu^il a besoin de teter; sa mère doit lui présenter le sein, afin que l'enfant puisse en tirer le eolostrum ou premier lait, qui, étant légèrement purgatif, détache, ainsi que nous l'avons déjk dit, le meconium ou enduit glutineux dont les intestins du nouveau-né sont engoués. Pendant }es premiers joqrs, l'enfant tette peu et souvent. Au bout de huit a dix jours, le lait devient plus épais et plus nutritif; alors Tenfant tettp moins souvent, mais cependant assez pour ne ppint laisser de repos k sa pière. Celle-ci devra donc, dès les premiers mois, habituer son nourrisson h des prises de sein réglées ; avec un peu de persévérance et sans nuire k la santé de l'en
fiint, DB peut lui dotiner Thabitude dé ne demander te sein que lorsqu'il en serït le besoin ; éàr, il ne faut pas b'y mé(^rendre, Fenfanl» aussi jeUne qu'il soiti rinerche à obtenir » par ses cris, ce qu'on croit pouvtirir lui réfuser> et^ si la mère cède à ses petits caprieeS) die subira, plus tard» la despotique exigence de son nouifisson.
La quantité de lait k doniier au nouvieau-né est & c6nëidérer> de mèmte que la qualité. Immédiatement après sa naissance, ton lui ingurgite un peu d'eau su^crée, pour lui faire rendre des glaires ; ce n'est qu'après cinq ou six heures qu'on doit lui oflrir le sein. C'est ordinairement de deux heures en deux heures qu'on lui donne à tetiei" ptshdâUt le jour, et deux ou trois fois seulement pendant la nuit. On a évalué à 45 grammes la quantité de lait absorbé par l'enfant, chaque fois qu'il tette. Un enfant de trois mois, en absorbe jusqu'à 750 grammes par vingt-quàtre heures.
Pendant toute la durée de la période d'allaitement^ ie lait doit être la seiile nourriture de l'enfant. Les èouillies de farine et de lait de vachev dont la vieille routine impose l'usage, sous le vain prétexte que le lait de la mère est insuffisant, rendent les enfants voraces, surchargent leur estomac, ballonnent leur ventre et occasionnent des indigestions. Si l'on continue i empâter lé canal digestif de bouillies, des inflammatiens d'intestins se déclarent et le nourrisson maigrit, txL lieu de pirofiter. Beaucoup d'enfants succombent sous l'influence de eette nourriture, et eetax qui m
réchappent n'offrent que trop souvent des signes de rachitisme. Tous les médecins sont d*avis que la bouillie doit être rejetée, et qu'on doit la remplacer par une panade faite avec des biscotes ou des croûtes de pain, ou encore de la mie de pain durcie et réduite en poudre, dans le cas, bien entendu, où le lait delà nourrice ne peut plus suffire à l'appétit de l'enfant. D*ailleurs, une mère éclairée, raisonnable, doit savoir que, tant que son enfant se porte bien avec le lait du sein, il est non-seulement inutile, mais dangereux, de lui donner une alimentation plus substantielle.
SECTION V
DES DIVERS MODES D'ALLAITEMEflT.
Allaitement par une nourrice. — Le lait d'une nourrice est généralement moins approprié aax organes de Tenfant que celui de sa mère, puisque ce lait n'a pas été sécrété pour lui. Nous verrons toutk l'heure combien est difficile le choix d'une bonne nourrice.
Allaitement par un animal* — Il arrive quelquefois que le défaut de nourrice oblige d'avoir re- ^5ours à une chèvre, comme l'animal qui convient le iïiieux à ce genre d'allaitement. On a vu des chèvres, surtout les blanches, s'attacher singulièrement au jeune enfant, accourir k ses cris et placer elles-mêmes
leurs telines dans la bouche de Tenfant couché dans soo berceau.
Allaitement arlinclel. — Ce genre d'aliaite* ment consiste à nourrir Tenfant avec du lait de vache, nouvellement trait et coupé de moitié d'eau d*orge ou de gruau. On sucre légèrement cette bois* son, qu'on fait prendre a Tenfant au moyen d'un biberon. Le lait doit toujours être tiède; il ne faut point e faire bouillir, parce que le lait bouilli est indigeste. On cesse de couper le lait avec de Teau quand Testomac de Tenfant peut le digérer pur. EnGn, lorsque l'époque du sevrage approche, on le met au régime des panades, comme il vient d'être dit plus haut.
ciioi JL d*ane nourrice. — Le choix d'une bonne nourrice est de la plus haute importance, puisque la santé et la belle venue de l'enfant en dépendent. Ce choix exige des qualités physiques et morales qu'on ne rencontre pas toujours réunies ; on ne peut réellement se prononcer sur la bonté d'une nourrice qu'après l'avoir éprouvée, et constaté les bons effets de son lait sur la santé du nourrisson. Il est prudent de faire visiter par un médecin la nourrice qu'on veut prendre ; une nourrice qui serait affligée d'une maladie de peau, d'un vice de constitution ou d'une infection généi*ale, transmettrait infailliblement sa maladie à son nourrisson. Quelques médecins ont même prétendu que certains défauts de caractère se suçaient avec le lait. Voici, en résumé, les qualités et conditions que doit posséder une bonne nourrice :
H «st totij^ors piéférable ^qu'elte isbît réététnment accouchée, parce qu'il y a inconvéuient % doi^ffeir aii nouveau-né un lait trop ancien. On devra la choisir plutôt brune que blonde et jamais rousse^ la peau de ces dernières exhale quelquefois une odeur assez forte qui repousse Tenfant .
Age, de vingt-quatre à trente ans; — tempéramenl sanguin ou lymphatico-sanguin; — peau douce, uniei exempte de boutons, de rougeurs et d'exhalations fortes; — dents blanches, haleine pure, lèvres roses; — visage frais; — poitrine large; mamelles bien développées, sans être trop grosses, et parsemées de petites veinules bleuâtres; mamelon de moyenne grosseur : les nourrices à gros mamelon seront rejetées; '•^ le hit doit être blanc azuré, doux, de botii consistance: une goutté mise stlir Tôn^è doit eonïèr lentém^t et hisser une trace oiïctûeuse, bhndi&ire; — embonpoint ïttédiocre; — humeur enjouée, caractère affectueux, beaucoup d'attachement pour le nourrisson; — Oïdre, propreté, activité, bonUe conduite. Telles sont lès qualités tjfu'oh doit exigier.
E^fin, le meilleur moyen de ï*econnaitre les botiùes qualités physiques d'une ftourrîce, e'^st dte voîr W SWA propire enfant est frais et bien portant, et sî cdm qu^on lui donne prend son sein avèfè plaisir. Dans le eus oà lé nouveau nôulrrisson prend le sein et le ^îtie ért poussabt dès cris, cherche à le i'eprendre etièdre él de hottVeaù l'abandontte, c'est le signe certaîn qne 'ee hit ne lui convient pas; il faut prendre une autre nourrice.
HOinUlIGES A LA CàMPAGHB.
Lorsqu'on met Teofant en nourrice k la campagne* il faut choisir parmi les femmes qui jouissent d'une certaine aisance, qui habitent une contrée salubre, une maison ou r^e la propreté et dont le mari soit exempt du vice d'intempérance. Pendant tout Je temps que la femme allaite, elle ne doit avoir aucun contact sexuel avec son mari.
Les soins que réclament les enfants en nourrice, hors du toit paternel, sont très-importants pour leur belle venue; c'est pourquoi les parents devront leur faire de fréquentes visites, et s'assurer, par euxmêmes, s'il ne leur manque rien, s'ils sont tenus proprement. Pour avoir la certitude qu'on ne les trompe point, les parents devront, de temps en temps, arriver k {'improviste chez la nourrice, et visiter l'enfant dans l'état où il se trouve, c'est-k-dire avant que la nourrice ait été prévenue de leur arrivée.
Le choix et la surveillance des nourrices sont plus difficiles qu'on ne le croit généralement; les médecins sont eux-mêmes trompés par la dissimulation et les artifices qu'em|}loient beaucoup de femmes malheureuses, pour se faire accepter comme nourrices. On en trouve qui mentent sur leur âge et l'époque de leur accouchement; d'autres vous montrent de beaux enfants qu'elles n'ont pas nourris; quelques-unes font jeûner leur nourrisson pour présenter un sein engorgé de lait, et qui ne l'est que momentanément. Le défaut
de moralité est encore plus difficile à découvrir, si on ne les soumet pas à une minutieuse investigation. Il n'est pas rare de rencontrer des femmes ivrognes, méchantes, emportées, vindicatives, qui cachent leurs défauts sous un masque hypocrite. L'antiquité connaissait fort bien les malheufô attachés à une mauvaise nourrice; Diodore raconte que Tinfôme Néron avait sucé le lait d'une nourrice ivrogne; d*où lui était venu le sobriquet Biberius Nero, On a dit que la nour' nce de Texécrable Caracalla avait l'habitude d'humecter son mamelon avec du sang, pour que son nourrisson aimât mieux le prendre.
Les nourrices mercenaires existent en France depuis 1284; elles étaient soumises à une police particulière, sous rinspeclion de qu2iiTe recomrnanderesses* Ce fut k M. de Sartine qu'on dut, en 1770, la création du premier bureau de nourrices k Paris. Aujourd'hui ces bureaux sont très-multipliés et soumis k une stricte surveillance.