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DE LA PREMIÈRE DENTITION

Une petite vésicule, logée au fond de Talvéole, sert de matrice aux dents. Cette vésicule sécrète un sue osseux qui, en superposant ses couches les unes sur les autres, finit par former la dent; ce travail dentaire commence dès la naissance.

C'est généralement du sixième au huitième mois qu'a lieu la première dentition ; les prodromes s'annoncent par de la chaleur aux gencives, une légère salivation, des éternumenls,elc. L'enfani porte incessam*

ment ses doigts dans sa bouche et serre entre ses petites mâchoires tout ce qu'on loi met en inain; ses joues deviennent très-rouges, puis pâlissent; les geneives se tuméfient ainsi que les glandes sous-ms^llaires. Quelques jours plus tard, t)n aperçoit au milieu de la gencive uA petit point blanc ; c'est le sommet de la dent qui ne doit pas tarder k percer. La sortie des dents a lieu dans Tordre suivant : les deux incisives inférieures sortent les premières ; deux ou trois semaines après se montrent les deux incisives supérieures ; puis viennent les incisives latérales inférieures et supérieures; enfin, les dents molaires et canines. Les dents canines sont les dernières à sortir; la diflicullé qu'elles éprouvent k se placer nuit souvent k la régularité de la denture. Toutes ces dents ne sortent point immédiatement les unes après les antres; il existe toujours un intervalle plus ou moins long. Au reste, ce travail ne marche jamais bien régulièrement; chez certains enfants, toutes les dents de lait sont sorties du quinzième au dix-huitième mois, tandis que, chez certains autres, elles ne le sont jpas encore à deux et même trois ans.

L'époque de la première dentition est toujours accompagnée de phénomènes fébriles. Fixée d'abord aux gencives, Virritation se communique bientôt aui parties voisines et, par sympathie, au corps tout entier. De Ih.ces complications, souvent fâcheuses, telles que convulsions, vomissements, réveil en sursaut, diarrhée, constipation, tranchées, toux sèche» fièvre plus ou moins forte» etc.

La première chose à faire, pour abattre ces symp* tomes, est de visiter la bouche de l'enfaDt et d opérer des frottements, de légères pressions, sur les gencives, avtc le doigt on avec un corps élastique qui ne soit ni trop mou ni trop dur. Si la fièvre a dérangé les fonctions digestives, il faut mettre Tenfant au régime et ne pas sui*chai^r son estomac d'une quantité de hit on d'aliments, qu'il n*a plus la force de digérer, La médecine n'a rien à faire ici ; l'homme de Tah doit favoriser le travail de la nature et ne jamais h troubler. Les seuls remèdes qu'on puisse administrer aux enfants de cet âge se bornent k de légères frictions, de petits lavements émoUients, des embrocations huileuses , des bains de courte durée , qiielqnes cuil lerées de sirop de gomme ou de chicorée, des cein* tures de flanelle, etc., etc. Une mère intelligente sait beaucoup mieux qu'nn médecin ce qui conviens à son enfant.

Lorsque Venfant coinmence k marcher seul, il faut lui laisser l'entière liberté de ses membres; pour prévenir tout accident, on surveille, on dirige ses premiers pas. Plus Tenfant s'agite et prend d'exercice , plus ses fonctions nutritives et réparatrices s'exécutent avec énergie. C'est pourquoi la mère doit toujours favoriser et ne jamais réprimer les mouvements instinctifs de son enfant.

Vers Tâge de cinq à six ans, il est de la plus haute importance d'entremêler, aux jeux de l'enfant, quelques petits exercices de gymnastique agréables, et de lui donner le goût de ces exercices par des rccom-

penses variées. Là gymnastique est, comme on le sait, un des moyens les plus sûrs pour favoriser k développement régulier du corps; c'est aussi Texcel lent préservatif d'une foule d'indispositions et de ma ladies auxquelles est sujette Tenfance. Voyez, poa celte question, notre ouvrage intitulé Hygiène n

PERFECTIONNEMENT DE LA BEAUTÉ HUBIAIME, dùTlS 868 lignCS^

ses formes et sa couleur (i), où l'éducation physique et les exercices gradués de gymnastique sont traités au point de vue hygiénique et médical.

Revenons k la mère. Si la femme, pendant sa grossesse et après Taccoucbement, a suivi, de point eo point, les préceptes tracés dans cet ouvrage, elle n'aura rien k craindre pour la santé de son enfant, ni pour la sienne ; ses charmes n'auront éprouvé aucun dommage et tout concourra à son bonheur.

Le travail de la grossesse a prodigieusement augmenté la capacité de Tutérus, tiraillé les téguments du ventre, dilaté le canal vulvo-utérin ; les parties génitales se sont énormément élargies. pour livrer passage à Tenfant; tout annonce que la nature a fait un violent eflbrt pour donner la vie à un nouvel être. L'accouchement a porté momentanément ses ravages sur les beautés secrètes de la femme ; mais l'art et la

(1) Cet ouvrage, qui a déjà rendu d'éminents services a un grand nombre de parents, fait suite à Y Hygiène dû mariage ;ï\ devrait se trouver dans les mains de toutes les mères. L*auleur, après avoir indiqué aux époux des moyens d'obtenir une progéniture saine et viîroureuse, y fait connaître Téducation à donner tax adolescents pour le développement complet de leurs facultés piysiques el momlft».

nature répareront bientôt ce désordre. La santé, la fraîcheur et la joie reviendront se fixer sur le visage de la jeune mère, qui se montrera encore plus belle aux yeux de son époux et reparaîtra dans le monde plus ravissante que jamais.

La riante allégorie qui compare la jeune fille à un bouton de rose et la femme k une rose épanouie est exacte. En eflet, la jeune fille est une fleur en bouton; ses parfums sont encore cachés au fond du calice; ses charmes ont besoin d'une chaude haleine pour éclore. La jeune femme, brillante fleur épanouie sous les tendres caresses d'un époux, exhale d'enivrants parfums d*amour et de volupté. Le mariage a complété le développement de ses facultés et de ses fonnes, rien ne manque k sa riche organisation, elle réunit en elle tout ce qui charme et séduit. Jeune fille, elle laissait pressentir ce qu'elle^serait un jour ; jeune mère, elle brille dans tout Téclat de sa beauté.

Et, comme conclusion dernière de tout ce que nous avons dit sur l'état physique et moral du mariage, nous ajouterons :

La femme mariée puise la santé, la fraîcheur dans la conception ; elle s'exempte, en faisant des enfants, i'une foule d'infirmités dont est punie la fempfie qui élude le but de la nature. Et, pour vous convaincre de ces vérités, comparez le teint frais de la mère de famille avec le visage boutonneux, couperosé, de la femme qui, par sottise ou égoïsme, s'est imposé un célibat honteux. Comparez le caractère affectueux de l'une avec Thumeur difficile de Tautre, toujours affli-

gée de vapeurs; alors, bien certainement, vous vous prononcerez en faveur du mariage.

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