‹ Hygiène et régime des arthritiques [electronic resource]Chapitre 4 sur 8 · ARTHRITIQUE OBÈSE · texte numérisé non relu

ARTHRITIQUE OBÈSE

La graisse dans l'économie provient sans doute de celle qu'apportent les aliments (expérience de Debove), mais bien plus encore des hydrocarbures (amidons, fécules, sucres), et aussi des aliments azotés, puisque d'après flenneberg, 100 grammes d'albumine pourraient fournir jusqu'à 52 gr. de graisse.

C'est encore un Français, Dancel, et non pas un médecin anglais, encore moins un médecin allemand, comme on le croit en France, qui a créé le traitement rationnel de l'obésité, consistant avant tout et toujours en des restrictions apportées dans le régime alimentaire. Dancel réduisait l'ingestion de l'eau à son minimum, refusait à l'obèse les corps gras et les hydrocarbures (amidon, fécules), le purgeait souvent et le faisait marcher le plus possible.

■ Ebstein permet les aliments gras, parce qu'ils trompent l'appétit de l'obèse. Demuth ne défend absolument que les hydrocarbures. Le régime de OErtel, s'appliquant surtout aux obèses qui ont des troubles de la circulation, est assez éclectique ; OErtel n'interdit tout à fait ni les graisses ni les hydrocarbures, mais il réduit la ration des liquides, et Schv^eninger finit par ne les plus permettre que deux heures liprès le dîner et le souper.

Pour M. Sée, qui défend toute boisson alcoolique, qui proscrit la bière et les eaux gazeuses, l'eau simple est un dénutritif, et non seulement il permet les boissons abondantes, surtout les boissons aromatiques et chaudes, mais il les ordonne. Il ne réduit guère que la ration des hydrocarbures. Les iodures à très petites doses, les eaux minérales purgatives sont les médicaments qu'il tente, et bien entendu il conseille des exercices musculaires et des sudations.

Tout cela semble assez confus; Hippocrate dit oui, mais Gallien dit non.

M. A.. Robin a tenté de mettre un peu d'ordre en tout ce chaos thérapeutique, et par une distinction qu'il nous semble en effet nécessaire de poser d'abord.

Il y a, selon lui, deux obèses, celui qui rend trop d'azote dans son urine, c'est l'obèse par excès; celui dont l'excrétion de l'azote n'atteint pas la moyenne, c'est l'obèse par défaut. M. A. Robin cherche donc le coefficient d'oxydation de son obèse, c'est-à-dire le rapport entre l'azote de l'urée et l'azote total de l'urine. Dans le cas d'obésité par défaut, c'est-à-dire par défaut d'oxydation de l'azote, loin de défendre les boissons, il en augmentera la quantité ; dans le cas d'obésité par excès, c'est-à-dire par excès d'oxydation de l'azote, il les diminuera; et ainsi se trouveront conciliées des opinions contradictoires.

Des expérimentations de M. A. Robin démontrent qu'un obèse à coefficient augmenté, c'est-à-dire à oxydation azotée exagérée, voit ses oxydations baisser en même temps qu'il maigrit, par la diminution des boissons, tandis que l'inverse se produit avec l'obèse par défaut d'oxydation azotée.

Il faut certainement à l'avenir tenir compte des indications si précieuses posées par M. Alb. Robin.

En effet ce qu'il faut éviter d'abord, c'est d'affaiblir les faibles, les obèses à chairs flasques, et Smith (1) a sagement insisté sur ce grand danger. Ce qu'il faut éviter encore, c'est l'excès des exercices physiques chez des malades dont le myocarde est affecté, car j'ai vu des exercices de gymnastique, certainement trop violents, prescrits par un médecin allemand, aggraver une lésion cardiaque chez une obèse traitée par lui, et précipiter sa mort.

(1) Tlie lancet, t 4, 21 mars 1864.

Voicirésumé le régime prescrit parM. Dujardin-Beaumelz(i) et qui de tous me paraît le plus rationnel ; il aboutit aussi à une restriction de la ration alimentaire, à un certain degré d'inanition relative et d'autophagisme;

1" d(^jeuner, 8 h., 25 grammes de pain,

500 grammes de viande froide,

200 grammes de thé léger sans sucre.

2e déjeuner, midi, 50 grammes de pain,

100 grammes de viande ou 2 œufs,

100 grammes de légumes verts,

15 grammes de fromage,

Fruits à discrétion.

Dêwer,^? h., pas de soupe,

50 grammes de pain ,

100 grammes de viande ou poisson,

100 grammes de légumes verts,

Salade,

15 grammes fromage.

Fruits à discrétion.

250 à 300 grammes de chair musculaire fournissant les 120 à 130 grammes de principes azotés nécessaires dans le régime physiologique, il y a donc en plus ceux que renferment encore les 125 grammes de pain, les 30 grammes de fromage, et les 200 grammes de légumes verts.

Ainsi ni soupe, ni féculents, ni sucre, ni vins liquoreux, ni liqueurs, ni bière ; la réduction porte avant tout sur les hydrocarbures.

Pour les boissons, je suivrai donc volontiers la méthode de M. A. Robin. Etant connu d'abord le coefficient d'oxydation de l'obèse, je restreindrais ou augmenterais leur dose.

(i) Bulletin de thérapeutique, 1864, t. LXVI, p. 481.

Nous voyons que M. Dujardin-Beaumetz ne tient pas compte du coefficient d'oxydation : mais il restreint la quantité des liquides à un verre et demi, 300 grammes à chaque repas, recommandant le vin blanc coupé avec une eau alcaline. M. Dujardin-Beaumetz ne combat pas la règle de Schweninger, et son obèse peut donc, s'il le préfère, ne boire qu'après les repas, surtout du thé léger et sans sucre, mais alors presque à discrétion.

Lorsqu'il y a dégénérescence du coeur, M. Dujardin-Beaumetz pense qu'il n'y a rien à faire, par crainte d'affaiblir le malade. OErtel croit au contraire que par la réduction des liquides et une gymnastique particulière on peut améliorer le malade; nous le croyons aussi ; mais c'est là qu'une extrême prudence sera nécessaire.

Rien ne sera donp plus facile que de concilier le régime de l'obèse avec celui de l'arthritique, puisque pour l'un et pour l'autre les restrictions sont à peu près les mêmes, restrictions des sucres, des vins liquoreux, des liqueurs, de la bière, etc.

Cependant il faudrait veiller chez l'uricémique et chez l'arthritique affecté de lithiase biliaire à ne pas diminuer chez eux la quantité des liquides ; pour eux cette diminution serait un danger et je leui' conseillerais la méthode de ^ Schweninger, qui leur permet de boire librement selon leur soif, mais deux heures après les repas.

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