ARTHRITIQUES DYSPEPTIQUES
La dyspepsie et la dilatation de l'estomac se rencontrent si fréquemment chez les rhumatisants chroniques, que pour M. Bouchard l'estomac est devenu le centre pathogène de presque toutes les affections arthritiques, par les auto-intoxications répétées, conséquences de ces dyspepsies.
Nous croyons bien plutôt que l'arthritisme précède la dilatation de l'estomac et en est la cause, mais qu'il s'aggrave par ces intoxications; et nous le croyons, parce que les acci-
dents de l'arthritisme sont souvent antérieurs à tout trouble gastrique, parce que la dilatation de l'estomac, par exemple, Klemper l'a montré, peut se rencontrer sans dyspepsie avec un chimisme normal, et qu'ainsi elle est quelquefois primitive. Le plus souvent cependant, nous le reconnaissons, elle sera secondaire et consécutive aux troubles gastriques; et il y aurait donc là tout un cercle vicieux, l'arthritisme produisant la dilatation et les troubles de l'estomac, qui aggravent à leur tour et entretiennent les accidents de l'arthritisme, comme la migraine implique une prédisposition antérieure aux troubles de l'estomac, qui l'éveillent cependant, la rappellent et la font durer, la prédisposition venant aussi du principe goutteux ou rhumatisant.
Comment se constitue la dilatation de l'estomac chez les arthritiques ?
L'un des facteurs en est certainement d'abord une tendance à la dilatation, cette prédisposition qui serait produite, selon nous, par l'atonie originelle du tissu conjonctif, particulière aux arthritiques.
Elle provient ensuite des troubles gastriques qui dépendent, soit de l'hyperchlorhydrie, soit d'un excès de fermentation acide, soit de l'anachlorhydrie, tous ces troubles aboutissant à des fermentations, donc à des formations de gaz, et à un séjour dans l'estomac, au-delà du temps normal, de la masse alimentaire, d'où la distention de l'organe prédisposé par son tissu mal résistant à céder, et à demeurer dilaté, après qu'il a cédé.
Ainsi tous ces troubles gastriques aboutissent au même effet, àunralentissementdans la digestion et dans l'absorption du bol alimentaire, et à des fermentations, qui donnent naissance à des gaz.
Mais l'appelons d'abord, en nous référant plus d'une fois aux
Délies leçons encore inédites, professées l'année dernière par M. le Alb. Robin à la Faculté de Paris, et à la thèse excellente de M. G. Lyon(l), quelles sont les différentes sortes de troubles gastriques, qui peuvent se rencontrer chez nos malades.
Le dyspeptique peut être un hyper chlorhydrique. Ici l'acide chlorhydrique est en excès, cet acide qui tue la plupart des ferments, comme il détruit les microbes pathogènes. Il vient sourdre dans l'estomac dès le commencement de la digestion, entrave par son excès l'action de la diastase; et si les albuminoïdes sont rapidement peptonisés, au contraire les aliments féculents et les sucres demeurent dans l'estomac, fermentent, car les ferments, très nombreux toujours, ne sont pas tous détruits, et cette fermentation est démontrée par la formation de gaz sans odeur, expulsés bientôt ; il se fait alors une légère production d'acide butyrique, acétique, tartrique, succinique et formique, provenant de la fermentation des fécules, des sucres et des graisses; puis le séjour prolongé de ces aliments dans l'estomac le dilate; et la dilatation peu à peu s'établit, si le malade y est prédisposé par la faiblesse de son tissu conjonciif. Ajoutons que ce séjour prolongé des aliments serait,d'après Klemperer,le résultat aussi de l'entrave apporté à ses mouvements par une augmentation du taux de l'acidité, et enfin de contractions, de spasmes du pylore, produits eux-mêmes par l'hyperacidité gastrique. S'agit-il de l'anachlorhydrïe ?
Ce ne sont plus les féculents, les sucres ou les graisses, ce sont les albuminoïdes dont la digestion est retardée, qui s'arrêtent dans l'estomac, y fermentent, produisant delatyrosine, de la leucine, des substances aromatiques très proches de l'indol et du phénol, des gaz toxiques, des alcaloïdes, les leucomaïnes de Gautier : d'où aussi production de gaz, ceux-
(1) G. Lyon. Le suc gastrique. Th. 1890.
ci le plus souvent fétides, et dilatation encore, s'il y a prédisposition.
Il y a enfln la dyspepsie par excès de fermentations, dyspepsie acide d'autrefois. Elle se distingue par une formation excessive d'acides organiques, formation de beaucoup supérieure à celle qu'on observe dansThyperchlorhydrie. Cette dyspepsie, qui est avant tout celle des gros mangeurs, est plus particulièrement celle des estomacs dilates, par la surabondance môme des aliments, la dilatation nuisant à l'action du suc gastrique, qui en bien des cas déjà est insuffisant pour cette grande quantité des albuminoïdes ingérés, et. nuisant aussi à l'action de la diastase ; là encore des gaz se forment, qui proviennent tout à la fois de la fermentation des albuminoïdes et de celle des hydrocarbures, aggravant encore la dilatation ; ettandis que le pyrosis dénote la production excessive d'acide lactique, la mauvaise haleine révèle toutes ces fermentations putrides. Des fermentations intestinales font suite aux fermentations gastriques ; des diarrhées entrecoupées de constipations sont fréquentes, et les produits aromatiques, le skatol et l'indol apparaissent dans l'urine.
Ici donc c'est la dilatation de l'estomac, consécutive à de gros excès d'alimentation, qui serait plutôt primitive. Les troubles, les fermentations gastriques en seraient la conséquence, au Heu de la précéder et de la produire, comme dans rhyperchlorhydrie et dans l'anachlorhydrie.
Chaque fois que les arthritiques seront affectés de dyspepsie avec dilatation de l'estomac, le traitement de ces symptômes devra primer tout — et en cela M, Bouchard a raison, — puisqu'il faut aux arthritiques un régime qui fasse entrer dans l'organisme le moins possible de déchets toxiques, et qu'il leur faut ainsi une alimentation modérée, dont la digestion soit parfaite.
Nous avons donc à étudier le traitement hygiénique de la dyspepsie et de la dilatation par hyperchlorhydrie ;
Celui de la dilatation et de la dyspepsie par fermentations excessives ;
Celui de la dyspepsie et de la dilatation par Vanachlorhydrie.
Pour toute dilatation de l'estomac, qu'elle soit secondaire comme dans la dyspepsie par hyperchlorhydrie, ou primitive, comme dans la dyspepsie des gros mangeurs, et la dyspepsie par fermentation, le vrai traitement d'abord est le lavage.
Le massage aussi peut être recommandé.
Les boissons chaudes aromatiques, selon le conseil de M. Sée, auront le bon effet, tout en lavant l'estomac, d'exciter sa tonicité.
Nous ne conseillerons pas à tout arthritique le régime sec conseillé par M. Bouchard ; il peut chez les prédisposés constituer un danger, puisqu'il favorise la production des lithiases rénale ou biliaire. Le régime pour ces malades se rapprochera plutôt de celui que prescrit M. Soe>
Comme la dyspepsie hyperchlorhydrique survient le plus souvent à la suite d'excès de table, ou d'excès nerveux, et chez des neurasthéniques, des hystériques qui y sont prédisposés par leur irritabilité générale, à laquelle s'ajoute l'irritation de leurs glandes stomacales par les excitants de l'estomac et l'alcool surtout, nous défendons tous les excitants, ceux de l'estomac comme ceux du système nerveux général.
Ainsi, ni excès de table, ni excès de travail, aucun excès.
Le malade se reposera pendant une demi-heure après le repas, puis se livrera à quelque exercice modéré.
On défendra l'alcool, qui cà petites doses, excite la sécrétion gastrique ; on défendra le thé, le café, les condiments, les épices et aussi les eaux minérales de table, l'acide carbonique
étant un excitant de la muqueuse, et en se dégageant pouvant augmenter encore la dilatation de l'estomac.
Peu de vin, et que ce soit de préférence un vieux vin rouge, chargé de tannin, le tannin modérant peut-être l'hypersécrétion gastrique, un vin ni trop acide ni plâtré, ni qui ait subi le sucrage en cave ou un vinhlanc très étendu, coupé d'eau d'Alet ou d'Evian, ou delà bière à cause de sa diastase,la diastase salivaire étant trop souvent annulée dans son actionpar l'acidité de l'estomac, mais non la bière du Nord trop acide, une bière à fermentation haute, ou de l'extrait du malt, ou du lait, mais pas d'eau-de-vie avec de l'eau.
Le suc gastrique ayant besoin d'être dilué, onpeut permettre aux hyperchlorhydriques de satisfaire toute leur soif, qui, chez eux, est très vive et se fait surtout ressentir deux ou trois heures après le repas.
On défendra le gibier, la charcuterie, les fromages très fermentés.
On ne leur permettra qu'un minimum de féculents, puisque l'action de la diasthase est très alTaiblie ; on ne permettra ni pâtisserie, ni pain frais, ni corps gras, ni légumes verts, ni choux .
On permettra le pain grillé dont l'amidon est par la cuisson presque entièrement déjà transformé en glycose.
On recommandera les œufs dont l'albumine neutralise en partie l'acide chlorhydrique, la viande bien hachée, mais surtout le régime lacté, au début, quand les douleurs sont vives.
Pas de tabac qui augmente la neurasthénie stomacale, et qui excite la sécrétion gastrique.
M. Sée conseille justement un verre de lait au moment des douleurs et de cette fringale causées par l'hyperacidité nocturne.
On sait que les alcalins (magnésie décarbonatée ou bicarbonate de soude à la dose de deux ou trois grammes, sont le meilleur remède à employer en l'espèce, et ces alcalins devront être pris dans des boissons chaudes, qui diluent le suc gastrique, et excitent la contractilité de la muqueuse. Comme les douleurs surviennent deux ou trois heures après les repas, c'est à ce moment et non avant le repas, ni tout de suite après, qu'il conviendra de prendre les sels alcalins, ou si on préfère une eau alcaline, on prescrira Vais (Précieuse et Désirée), Fougues (bicarb, calcique), Saint-Léger, jAlet et Olette (Saint-Louis), Mahourat de Cautereis, Evian, enfin Vichy (l'Hôpital, la source la moins chargée d'acide carbonique), à la dose de 120 grammes, deux fois par jour, 3, 4 oa 5 heures après le repas.
Le lait pourra être accompagné d'eau de chaux, les sels de chaux favorisant l'action du ferment lab, et ainsi la coagulation du lait dans l'estomac.
Les cures de raisins seront utiles à ces malades. La dose en sera de 500 à 800 grammes par jour. Les cures de lait le seront aussi ; on leur permettra les œufs et le pain grillé.
C'est à ces malades que conviennent par excellence les cures thermales associées, Aix par exemple, avec ses douches et ses massages, et Vichy ; ou pour les nerveux affaiblis, Plombières et Saint-Nectaire. Après leurs cures, ces malades ne devront pas s'en aller à la mer.
Rappelons que dans l'hyperchlorhydrie, M. Albert Robin l'a démontré par ses recherches d'urologie, la réaction de l'urine est franchement alcaline et qu'elle renferme une grande quantité de phosphate de chaux (l'hypersécrétion de H Cl mettant en liberté une certaine quantité de soude, qui suralcalinise le sang, et est éliminée par les reins, d'où l'alcalinisation de l'urine ôt la précipitation des phosphates). En
même temps l'urée est augmentée(30 grammes environ), l'acide urique l'e&t également, mais d'ordinaire il est saturé par les bases. Dans ces conditions le régime sec encore une fois me paraîtrait plutôt dangereux, et je regarde comme nécessaire à l'arthritique de faire largement usage de ces boissons aroma- • tiques chaudes, sagement prescrites par quelques médecins, qui chasseront ces phosphates et ces urates, pareront au péril de ces précipitations.
Les /erw^6^^^a^^^b)^5 sont-elles en excès, la dilatation de l'estomac apportant une gêne extrême à l'action de l'acide chlorhydrique, et cet acide et la diastase se trouvant en proportion insuffisante pour la masse trop étalée des aliments? en regard de nouveaux symptômes, nous instituerons une médication différente. C'est surtout dans cette forme de dyspepsie, que nous observerons le pyrosis produit par la quantité anormale d'acide lactique^ provenant de la fermentation excessive des substances hydrocarbonées et des albuminoïdes.
Ces fermentations donneront naissance à d'autres acides organiques, et à des gaz, qui feront la fétidité de l'haleine, ballonneront à la fois l'estomac et l'intestin (car des fermentations intestinales s'ajouteront aux fermentations stomacales), se manifesteront par des diarrhées, et dans l'urine par la présence de l'indol, du skatolj du phénol.
Dans ce cas encore le lavage de l'estomac avec de l'eau bo-riquée ou chargée de naphtol sera la première indication.
On recommandera, toutes les quatre ou cinq heures, des repas peu abondants avec des aliments hachés, pour qu'ils soient mieux digérés.
Le malade, plus encore que dans le cas précédent, devra s'abstenir de toutes les substances alimentaires qui fermenteraient facilement, féculents, sucres, corps gras de tout aliment acide, et de l'alcool, et du vin aussi, du lait même en certains cas,
Cependant on pourrait essayer l'alcool et le vin à petites doses, le vin coupé avec de l'eau de goudron ou l'une des eaux conseillées dans l'anachlorhydrie ; l'alcool, parce que s'il commence par entraver la digestion, il excite ensuitela sécrétion du suc gastrique, qui là se montre insuffisant. Mais alors il le faudra prendre comme en Russie, une demi-heure avant les repas. Ni thé, ni café, ni chocolat; on essaiera la bière de malt, ouïes matières amylacées sont déjà transformées en diastase.
Puisque les aliments féculents sont temporairement interdits, ce sont les viandes maigres et les poissons maigres qu'il faudra prescrire ; et l'on donnera immédiatement après les repas de l'acide chlorhydrique dilué, pour supplée!' à l'insuffisance relative du suc gastrique, pour arrêter la production excessive de l'acide lactique, en même temps que l'on combattra la flatulence par la poudre de magnésie. Le malade êe reposera pendant 3/4 d'heure après le repas.
Enfin la dyspepsiepeut-êtreanac/i/orAyrfreg'wej dyspepsie fréquente chez les chlorotiques, les anémiques, les neurastliéniques, les goutteux ; on sait qu'elle est due tantôt à un simple trouble fonctionnel, tantôt à des altérations glandulaires, mais que souvent elle est peu appréciablêj parce que l'intestin supplée l'estomac.
Quand les symptômes sônt très marqués, on observe ici dè l'anorexie, surtout le dégoût de la viande, une sensation après les repas de pesanteur à l'épigastre, mais ni douleur^ ni pyrosis, enfin là aussi, l'on observe des productions de gaz;
Gomme ce sont des matériaux albuminoïdes qui fermentent ici, parce qu'ils ne sont pas digérés, et comme les produits do cette fermentation, tyrosine, leucine, substances aromatiques voisines du phénol, acides gras volatils, acide butyrique^ gaz
toxiques, alcaloïdes, leucomaïnes de Gautier, sont de véritables poisons pour les arthritiques, ce seront au contraire les substances féculentes, qui mieux digérées (puisqu'ici l'acide chlorhydrique ne gêne pas l'action de la diastase}, seront recommandées aux malades.
Au contraire des cas précédents, et ici seulement, les excitants de l'estomac pourront être prescrits : les condiments, les aliments fermentés, fromages, viandes un peu faites, soupes russes, choucroute, l'alcool à petites doses, le vin blanc avec les eaux gazeuses de Bussang, de Gondiliac, de Soulzraatt, de Saint-Nectaire (source romaine), etc.; les boissons chaudes et stimulantes, comme les grogs très étendus d'eau, le thé un peu fort, les préparations amères; l'eau de Vichy, un demiheure avant les repas, comme excitant aussi de la sécrétion du suc gastrique.
Et peu de viande, mais alors des viandes salées et fumées, et toutes finement hachées. Pas de lait qui diluerait encore l'acide chlorhydrique déjà si rare ; et cet acide, on le donnera donc en solution à la dose d'un demi-verre une demi-heure après chaque repas, et d'un second demi-verre deux heures après.
Enfin si nous considérons la seule dilatation de l'estomac, comme symptôme à traiter, tout en cherchant à modifier la dyspepsie causale, nous recommanderons (et ces prescriptions reproduiront, on le comprend, certains des conseils précédents) :
La gymnastique, loin des repas, surtout la gymnastique passive, la gymnastique suédoise de l'opposant; des repas peu abondants, mais plus fréquents, le malade devant éviter toute surcharge alimentaire ;
A ces repas, des viandes légères, bien rôties, qui seront hachées souvent, et toujours bien mâchées ;
Des légumes farineux bien décortiqués et en purée ; Très peu de légumes verts, les aliments devant laisser peu de résidus.
Nous défendrons les viandes faisandées, les sauces, les condiments, les poissons gras, les crustacés, les pâtisseries, les entremets, les vins purs, les liqueurs, le thé, le café, le chocolat. Nous recommanderons les vins rouges, ni.acides, ni plâtrés, ou des vins blancs légers avec beaucoup d'eau, eau d'Alet non gazeuse, ou encore de la bière légère.
Le malade réduira la quantité des liquides, et n'en prendra que 250 à 300 gr.par repas ; il évitera de boire entre les repas et supprimera le tabac.
l'hygiène de l'arthritique pans les villes d'eau
Je pourrais me contenter, après le titre de ce chapitre, de n'ajouter qu'un mot : une bonne hygiène de l'arthritique n'existe pas encore dans la plupart des villes d'eaux, surtout en France.
Quand un malade étranger nous consulte, sa première question est ceJle-ci : Quel sera mon régime hygiénique, quelle sera ma diète alimentaire? What will he my diet? disent les Anglais. Il est bien rare que cette question nous soit posée par nos rhumatisants ou nos goutteux français, et si nous leur prescrivons une diète alimentaire ou quelques règles d'hygiène, il est bien rare que ces prescriptions soient suivies.
Et cependant que vient faire l'arthritique dans les villes d'eaux ? Il vient demander qu'on répare le mieux possible et en bien peu de temps, en quelques semaines, les troubles apportés dans sa santé par des fautes d'hygiène ou de régime, qui généralement durent depuis des années. Les êtres se
modifient par des changements de milieux. Les malades viennent donc, et avec raison, chercher dans les stations d'hiver ou d'élé un milieu plus sain que celui d'où ils sortent. Mais il faudrait alors que le changement fût plus complet qu'il ne l'est d'habitude. Oui, le milieu extérieur ou le milieu interne des malades, les cures dans les stations d'été ou d'hiver tendent à les modifier .
Ces cures sont généralement trop courtes, et cependant chez beaucoup de malades la transformation a lieu plus ou moins profonde, par cette modification du milieu. Par la thermalité, par les bains minéraux, par les douches, les frictions, les massages, par l'air, par tous les circumfusa en un mot, nous tentons de modifier le milieu externe; nous tentons en même temps par l'eau minérale en boisson ou par tel ou tel médicament, adjuvant de ces cures, d'agir aussi sur le milieu ipterne ; mais ce milieu, nous devrions pouvoir le transformer encore par une alimentation nouvelle, plus rationnelle, plus conforme aux besoins du malade; elle était vicieuse, il la doit changer. Ce que nous pourrions surtout, ce serait lui donner, en le surveillant d'un peu près, de bonnes ou de meilleures habitudes d'hygiène^ qu'il rapporterait chez lui, enfin lui enseigner son hygiène qu'il ignore, et cette leçon quotidienne, donnée pendant un mois ou plus, peut-être la retiendrait-t-il, peut-être l'appliquerait-t-il chez lui, s'il en avait vu l'importance.
Mais pour cela il faudrait que nous fussions aidés, et d'abord, par ce malade français, toujours plus ou moins réfractaire aux conseils, et qui consentira rarement à la gêne d'une sévère et longue discipline; il faudrait aussi le concours des hôtels, où l'habitude n'existe pas encore de ces cuisines pour les malades, qu'on trouve en certaines stations étrangères .
En Allemagne, où des traditions de discipline générale, habituelle, rendent les esprits plus dociles aux conseils donnés par le médecin, le premier soin du malade est donc de demander ces conseils, et le second est de les suivre. Puis les hôtels se soumettent eux-mêmes à cette discipline.
Il nous faudra cependant réformer nos traditions mauvaises, et quelque jour la concurrence vitale, là encore, apportera des progrès.
Ilestcertain qu'en ce momentdansla plupart des villes d'eaux destinées aux arthritiques, le régime alimentaire est presque toujours le contraire de ce que le voudrait une bonne hygiène.
11 faudra donc que tôt ou tard nos stations françaises dont les eaux sont pour la plupart supérieures aux eaux allemandes aient aussi pour ces malades en place de la cuisine banale, et la même pour tous, de la table d'hôte, une table spéciale, et dont le -menu puisse convenir au plus grand nombre des arthritiques.
Voici un arthritique arrivant à Garlsbad; d'abord on lui prescrit, s'il les peut faire, beaucoup de promenades, et la vie toujours au grand air; puis sur la table il trouve une nourritu]'e très simple, d'où les potages, les sauces, les fécules, les féculents et les poissons gras sont plus ou moins écartés, et dont le menu se compose surtout d'oeufs, de viandes rôties, de poissons de lac ou de rivière, de jambon cuit ou fumé, haché ou rapé pour les estomacs délicats, de légumes verts, dépurées, de compotes, de fruits, à moins de contre-indications. Il est certain que nos menus de grands hôtels n'ont pas cette simplicité. Puis là-bas les malades qui se lèvent de bonne heure se couchent de bonne heure aussi. Toutes les distractions se prennent le plus possible au grand air. On voit que la vie de nos stations d'eaux est quelque peu loin de cet idéal hygié-
nique qu'il est si facile d'catteindre cependant, si les médecins le veulent.
l'arthritisme chez les enfants et sa prophylaxie (1).
Les adversaires passionnés, et par conséquent les aveugles, (caria science a ses passionnés), de toute idée de diathèse, disent triomphalement qu'il n'est plus permis tout au moins de parler de la diathèse scrofuleuse depuis la découverte du bacille de Koch. Mais il me semble que la venue de bacille n'a pas changé l'état de la question aussi foncièrement qu'on le pense. On pourrait répéterle mot historique : « rien n'est changé; il n'y a qu'un bacille de plus ».
C'est qu'en effet la scrofule est antérieure aux lésions produites par le bacille de Koch, comme le terrain l'est au germe qui y tombe. La diathèse est donc pour nous le terrain constitutionnel qui crée la réceptivité de l'organisme à l'invasion du bacille ; et parce qu'on a reconnu l'identité de certaines lésions de la scrofule avec la tuberculose, il ne s'ensuit pas que la scrofule soit la tuberculose, et que la notion d'une diathèse scrofuleuse doive être effacée de la pathologie. Il existe toujours entre lescrofuleux et le tuberculeux une distinction profonde, puisque le tuberculeux n'est pas toujours un scrofuleux ; et cette différence est constituée certainement par des différences morphologiques. Chez le scrofuleux, je reconnais comme chez l'arthritique l'infériorité originelle de certains
(1) V. le beau Traité des maladies de l'enfance, de Cadet de Gassicourt. Doin, 1884.
Voir encore : J. Simon, Conférences sur les maladies des enfants ; Al. Renault, Hygiène des arthritiques ; Comby, Maladies delà croissance ; Lagrange, Hygiène de l'exercice chez les enfants et les jeunes gens; Périer, Hygiène de l'adolescence.
tissus : et telle est à nos yeux la vraie conception des diathèses.
La diathèse est une notion de morphologie, à laquelle surtout dans le cas de l'arthritisme s'ajoute une doctrine humorale ; et nous la définirons un certain état constitutionnel, une malformation de certains tissus, créant pour l'organisme une prédisposition particulière à certaines maladies, bacillaires ou non bacillaires.
C'est donc sur le terrain de la morphologie que nous replaçons la notion des diathèses.
Et l'on comprend alors l'hérédité de ces maladies. Le germe est partout; partout flottent dans l'air, dans les eaux, ces microbes invisibles, qui n'affectent cependant, n'attaquent, ne tuent que les prédisposés, prédisposés par l'infériorité de tout un tissu ou de tel ou tel organe, qu'il soit altéré, dégénéré dans sa forme intime, sa texture, ou sa fonction, de telle sorte que sa force, sa résistance vitales en sont diminuées.
La diathèse arthritique étant héréditaire, chez un enfant d'arthritique, il nous sera souvent possible de reconnaître la prédisposition à telle ou telle des affections, par nous et par tant d'autres dénommées arthritiques.
Cette prédisposition nous paraît donc chez l'arthritique constitué surtout par quelque déchéance, le mot est excessif peut-être, par quelque malformation originelle du tissu conjonctif, et plus tard aussi par un trouble humoral.
Cette prédisposition, quelle qu'en soit la nature, l'origine, la cause anatomique ou chimique, ne pouvons-nous la modifier? ne pouvons-nous transformer ce terrain, comme nous pouvons transformer plus ou moins le terrain scrofuleux, que nous tendons de rendre plus réfractaire à l'ensemencement des bacilles?
Be plus en plus le souci des soins prophylactiques interviendra dans l'éducation des enfants.
C'est dans l'enfance et la jeunesse que l'on peut certainement modifier la diathèse en puissance, les terrains arthritiques ou scrofuleux, les tempéraments, les tendances, les prédispositions de l'organisme à telle ou telle maladie, et dans l'avenir les médecins seront plus consultés, plus écoutés encore qu'ils ne le sont aujourd'hui, sûr l'hygiène, le régime des enfants, la direction qu'il faut donner à leur éducation, souvent même à leur vie, si les 'médecins ont par exemple à décider le choix d'une profession.
L'enfant est prédisposé à l'arthritisme par l'hérédité, ou il peut devenir 'arthritique : l'arthritisme peut être héréditaire ou-acquis.
La diathèse arthritique pourra, chez un enfant né de souche arthritique, être soupçonnée ou reconnue à quelques symptômes que je rappellerai rapidement.
Chez beaucoup de ces enfants on observera des transpirations abondantes, venant surtout le soir ou la nuit, transpirations presque toujours locales, de la tête par exemple.
On observera souvent aussi des affections de la peau, mais qui n'ont pas le caractère des scrofulides, et qui seront plutôt sèches.
On observera encore des coryzas fréquents, des angines, des pharyngites granuleuses avec toux quinteuse (Rendu), des accès de laryngite striduleuse, des bronchites à tendance €ongestive, et ces affections diverses démontrent un état particulier, une irritabilité particulière de la peau et des mu- ■queuses, en même temps qu'une tendance aux poussées cangestives, sans doute par une impressionnabilité très vive des vasomoteurs. On sait que cette tendance est pour Huchard,
comme elle l'étaitpour Cazalis, caractéristique de l'arthritisme.
Plus tard on voit apparaître l'asthme, la migraiDe, les épistaxis, vers 12 ou 14 ans; chez l'adolescent on observe la migraine encore, et des troubles dyspeptiques, sans que la migraine soit en relation nécessaire avec la dyspepsie ; et alors aussi des acnés, de la pharyngite granuleuse, des bronchites spasmodiques, des fluxions pulmonaires, des pleurites, qui laisseront pendant des années à l'oreille le froissement arthritique de Colin, de Saint-Honoré ; quelquefois apparaissent déjà des accidents nerveux, chez la femme surtout.
Enfin la sensibilité des muqueuses est manifestée par la longue durée des uréthrites chez l'homme et la facilité de leurs récidives, tandis que la tendance aux congestions l'est chez la femme par des congestions utérines périodiques, des sortes de migraines utérines, souvent avec hémorrhagies.
Pendant l'enfance, apparaîtra fréquemment aussi chez l'arthritique le rhumatisme aigu articulaire, suivi ou non de lésions valvulaires, etnous avons dit que si lamaladie était bacillaire, comme nous le supposons, elle ne se développait le plus souvent que sur un terrain arthritique, ce qui explique lesrelations, autrement incompréhensibles, du rhumatisme chronique avec le rhumatisme articulaire aigu.
Deux indications principales doivent donc dominer les règles d'hygiène, et le régime que nous aurons à prescrire au jeune arthritique, ou au prédisposé aux aff'ections dS l'arthritisme.
La peau, les muqueuses, tout l'ensemble du tissu conjonctif semblant chez l'arthritique des tissus mal constitués, d'une étoffe qui s'use et cède aisément, il faudra tout d'abord fortifier, améliorer la peau, éviter aux muqueuses sensibles toutes causes d'irritation ; et s'il est possible, atteindre même, fortifier le tissu conjonctif, et nous verrons comment.
Une autre indication est aussi dominante : ce sont les troubles de la nutrition, d'une nutrition ralentie peut-être,et qui peuvent aboutir à l'obésité, à la lithiase biliaire, à la lithiase urinaire ou au diabète, etc., accidents assez tardifs pour la plupart, et dont j'appellerai quelques-uns les accidents tertiaires de Tarthritisme.
Action sur la peau et le tissu conjonctif. — On comprendra l'importancft pour l'arthritique, pendant l'enfance et la jeunesse,de tout ce qui stimulera les fonctions de la peau, hydrothérapie chaude ou froide, mais en principe plutôt chaude que froide, frictions, massage, massage surtout, dont l'action est plus profonde et porte également sur une large partie du tissu conjonctif. Tous les exercices gymnastiques seront bons. Mais la peau, par je ne sais quelle infériorité de sa trame, étant chez l'arthritique très sensible aux refroidissements (et l'on sait aujourd'hui la grande influence d'un refroidissement sur la germination des microbes), on devra tout faire pour le rendre moins sensible à leur action nocive (1).
Pour cela, il faudra récommander à presque tous les arthritiques l'usage de la flanelle, qui constitue pour le corps une sorte de climat sec. Le climat sec est le milieu en effet qui leur convient le mieux ; et pour beaucoup d'entre eux, affec-
(1) Voir dans ce même ordre d'idées, la très intéressante observalion présentée au récent Congrès de chirurgie par M. le P'' Panas, où il conclut que les microbes pathogènes présents dans l'organisme peuvent tout à coup pulluler, déterminer des accidents dans des lissus dont la vitalité est modifiée. Le traumatisme, le froid modifient les tissus, les rendent plus vulnérables elles microbes encore inofTensifs contenus dans l'organisme vont pulluler là oi^i la résistance est affaiblie. On aurait ainsi l'explication des localisations présentées par les maladies infectieuses.
tés gravement déjà par le rhumatisme ou la goutte, je conseillerai l'hiver dans le Midi, dans les stations de la Méditerranée, qui un jour seront peut-être des stations d'arthritiques • et de lymphatiques, plus encore que de tuberculeux.
Ainsi air sec et chaud, logement qui ne soit pas humide, logement de préférence exposé au midi, flanelle chez beaucoup d'enfants, couvrant presque tout le corps, frictions chaque malin, et le soir encore avec un gant de crin ou un gant de laine, mouillé si l'on veut d'un peu d'eau de Cologne, de baume de Fioravanti ou de tout autre stimulant, massage ou pétrissage, escrime, équitation, pratiques d'hydrothérapie, mais dans bien des cas, plutôt chaude que froide, et avec une extrême prudence s'il s'agit des bains de mer, généralement trop froids et trop excitants sur nos plages du nord, voilà pour la peau, pour les articulations, pour les tissus conjoncr tifs.
Seconde indication : la ^ digestion et la nutrition. Elles doivent être surveillées dès les premiers âges, puisque à la suite de troubles dyspeptiques et d'un ralentissement de la nutrition peuvent naître ou s'aggraver tant d'accidents morbides.
La nourriture qui conviendra le mieux au jeune arthritique, nous la connaissons, c'est d'abord celle qu'il digère le mieux, la nourriture simple et saine; c'est lef lait, ce sont les œufs, mais à éviter en cas de lithiase biliaire, c'est l'alimentation mixte, la viande, les légumes, les fruits, mais en redoutant les excès de viandes, que tant de parents et de médecins même prescrivent bien à tort pour fortifier l'enfance.
Qu'on se rapporte à tout ce que nous avons dit sur le choix des aliments, mais en étant pour le jeune arthritique, on le comprend, moins rigoureux que pour l'arthritique en pleine évolution de la diathèse.
C'est l'air encore, le grand air, à pleins poumons, cet ali-
— sèment auquel on ne songe pas assez, qui d'abord doit être suffisant, qui doit être pur et très pur aussi, n'étant pas moins funeste, quand il cesse de l'être, que le seraient des viandes plus ou moins gâtées.
Les dents de l'enfant, sa mastication seront surveillées. On renipôchera de manger trop vite, et on doit le savoir en ces casernes d'éducation, qui sont encore e% pour longtemps nos collèges, et qui devraient être transportées hors des villes, en pleine campagne, près des forêts. Il sera mauvais qu'il travaille tout de suite après ses repas.
Enfin le surmenage intellectuel, heureusement aujourd'hui dénoncé partout et combattu comme un danger public, ces absurdes et trop coupables méthodes d'enseignement, où l'on s'attarde encore, voilà aussi ce qui peut contribuer au ralentissement des actes nutritifs, et ce qu'il faudrait donc épargner, s'il était possible, aux enfants que menace rarthritism.e.
L'hygiène des familles riches est certainement mauvaise, puisque cette diathèse affecte beaucoup plus les riches que les pauvres, et est pour eux comme l'expiation d'une vie trop artificielle, d'une nourriture en excès, de l'abus des viandes.
Enfin la tendance aux congestions et à l'exagération de la tension artérielle, fréquente chez les arthritiques, sera combattue aussi 'par le régime modéré, qui, dès l'enfance, doit devenir l'habitude des prédisposés aux maladies de l'arthritisme.
Dans l'hygiène de ces enfants, on recommandera des voyages, l'été, aux stations thermales ou aux stations d'altitudes qui leur conviennent ; et ce tie sont pas seulement les enfants des riches qui doivent bénéficier de ces changements de milieu : que les colonies de vacances donnent aux enfants des pauvres les mêmes ressources dans la lutte contre la maladie ; car il faut de plus en plus que nous revenions pour tous
aux idées de l'éducation grecque, qui fut l'éducation vraiment idéale, alors que l'on savait que l'âme robuste habite un corps robuste, l'âme saine et l'âme heureuse un corps sain ; car nos maladies de la volonté, qui compromettent gravement l'avenir de la patrie, tiennent en partie à l'affaiblissement physique de tant de générations, plutôt énervées, appauvries, qu'élevées et fortifiées par nos méthodes d'enseignement et d'éducation, si peu soucieuses du développement moral, de la formation chez l'homme jeune d'un caractère et d'une santé virils.
Après avoir été consulté sur le régime, la diète alimentaire, et l'éducation de l'enfant arthritique, le médecin pourra être interrogé aussi sur le choix de la profession qu'il doit prendre. Ici le choix de la profession a généralement moins de gravité que pour l'enfant prédisposé à la tuberculose. Cependant le médecin pourrait recommander à l'arthritique, excepté peutêtre en certain cas d'affection cardiaque, d'éviter les professions trop sédentaires, le travail dans l'immobilité et dans l'air confiné des bureaux.
Sur toutes ces questions de l'hygiène, de l'éducation des enfants, de la direction que l'on doit donner à leur développement physique, qui tient de si près à leur développement moral, sur toutes les questions où il s'agit en un mot de préparer ou de préserver les forces vives de la race, et les énergies de la patrie, la science a encore beaucoup à enseigner : elle le fera et le relèvement des générations futures viendra d'elle. . •
Je résume ce travail :
A propos de l'hygiène et du régime alimentaire des arthritiques, j'ai exposé une théorie nouvelle et qui semble éclairer quelques points de la pathogénie toujours obscure de l'arthritisme.
A la théorie chimique de M. Bouchard, que j'accepte du reste presque tout entière, j'ajoute une théorie anatomique ou morphologique qui aisément se concilie avec elle, et la complète.
Le tissu conjonclif est chez l'arthritique le lieu de moindre résistance, ou tout au moins le lieu d'élection des maladies de l'arthritisme, et ce tissu se montre ainsi chez lui singulièrement prédisposé à l'irritation, à l'inflammation, à la prolifération. Cette théorie morphologique explique bien des faits de l'arthritisme, sans du reste les expliquer tous, et elle explique d'abord l'hérédité de la diathèse.
Si la théorie de M. Bouchard fait comprendre comment l'arthritisme est une diathèse acide, elle n'explique pas, ce que fait la nôtre, la prédisposition de l'arthritique à toutes les maladies articulaires, aux affections des séreuses et des tendons, et comment l'arthritisme aussi est une diathèse congestive.
La théorie morphologique explique tout d'abord la tendance de l'arthritique aux" varices, à la dilatation de l'estomac, à la formation des hernies, par la faiblesse oiiginelle, le relâchement facile du tissu conjonctif, ici des veines, ailleurs de l'estomac ou du tissu aponevrotique, qui cède dans les hernies ; elle explique chez eux la phlcbosclérose et l'artérioscléroee, la production des maladies valvulaires; et par le peu de
résistance, par la laxité, plus tard par la friabilité de leurs vaisseaux, leur tendance aux congestions ou aux hémorrhagies ; elle explique l'emphysème encore et les scléroses, qu'on observe si souvent chez eux à la suite des irritations de tel ou tel organe par tel ou tel poison ou virus, et aussi certaines maladies de la peau, les arthritides ouïes herpétides de Bazin, et les proliférations du cancer, qui trouverait sur le terrain arthritique, ainsi que la bacille de Klebs, un terrain favorable à son développement.
Elle explique comment la peau, chez les arthritiques, tissu de formation imparfaite, semble protéger si malles nerfs thermiques contre l'influence du froid humide ; elle explique en un mot presque tous les accidents de l'arthritisme et elle expliquerait peut-être la formation de l'acide urique, si la théorie de quelques savants étrangers et en France du D"" A. Robin, qui font du tissu conjonctif le lieu d'origine de l'acide urique, vient à se confirmer.
Nous croyons donc à la réalité, toujours de la diathèse arthritique ; mais nous posons la question des diathèses sur le terrain de la morphologie, la diathèse pour nous devenant ainsi un état de déchéance ou de malformation de certains tissus.
Enfin arrivant à l'hygiène et au régime des arthritiques, nous en résumons par ces quelques lignes les règles principales :
Faire que l'arthritique produise et absorbe le moins possible de poisons organiques, qui, en irritant le tissu conjonctif, tissu chez lui de moindre résistance, produiront certaines des maladies arthritiques ;
Paire que ces déchets, ces poisons ne restent pas et ne s'accumulent pas en lui;
Modifier, si on le peut, le terrain arthritique, c'est-à-dire cette prédisposition originelle du tissu conjonctif à l'irritation, à l'inflammation, à la prolifération par l'action des circumfusa, des exercices de g-ymnastique, des pratiques d'hydrothérapie et du massage, etc.;
Et dès lors veiller sur la quantité et la qualité des aliments; précipiter les actes nutritifs ; faciliter l'élimination des déchets et poisons organiques en agissant sur les différents émonctoires, dont le fonctionnement est chez l'arthritique trop souvent imparfait.