‹ Hygiène et régime des arthritiques [electronic resource]Chapitre 7 sur 8 · ARTHRITIQUE DIABÉTIQUE · texte numérisé non relu

ARTHRITIQUE DIABÉTIQUE

Le diabète se rencontre souvent chez les arthritiques. Dans le diabète léger, le régime suffit pour amener une amélioration rapide. On sait que chez les petits diabétiques, malgré un régime fidèlement, rigoureusement suivi, le sucre oscille encore entre 10 et 20 gr. , et que chez les grands diabétiques le régime ne produit rien, ou presque rien. Le sucre est toujours ici abondamment rendu ; et le diabète à défaut du sucre et des fécules fournis par l'alimentation se dévore lui-même ;

(1) Rhumatisme noueux des enfants, par Moncorvo de Rio de Janeiro, trad. de E. Mauriac. Doin, éd.

c'est l'azoturique, le diabétique maigre, l'autophage : et le pronostic pour lui est très grave.

Le régime de Gantani exclusivement composé de viande et de graisse aggrave certainement l'uricémie des malades, leur azoturie, et pourrait être accusé de produire en certains cas l'acétonémie.

Le régime le plus sage pour le diabétique est toujours celui de Bouchardat. Il n'y aura dans le cas du diabétique uricéraique, qu'à le modifier plus ou moins au point de vue de l'alimentation azotée. Ai-je à rappeler les prescriptions aujourd'hui très connues: Pain de gluten sec, par tranches, ou pain de soya. Pas de croûte de pain, ni de pain grillé, qui contiennent plus de sucre que la mie. Pommes de terre, surtout cuites au four ou à l'étouffée, encore plus pauvres en sucre que ne l'est le pain de gluten?

Ni bouillies, ni panades, ni potages au lait, ni potages aux pâtes, et pas même aux pâtes de gluten, ni potages aux pois, ou aux haricots, mais les potages gras, les bouillons aux œufs pochés, les potages aux légumes, aux choux, les juliennes (sans navets, ni carottes), les potages aux pommes de terre. Toutes les viandes, tous les poissons, mais sans addition jamais de farine pour roux, sauces ou fritures, sont permis.

Les graisses sont les seuls aliments hydrocarburés qui ne soient pas défendus, et on devra même en augmenter la dose, pour suppléer aux fécules et aux sucres.

La pomme de terre saura tromper chez le diabétique le goût des féculents, comme la glycérine ou la saccharine le goût du sucre.

Les légumes sont permis, à l'exception des plus féculents (fèves, haricot^, lentilles, pois), et aussi des plus sucrés, tels que la betterave, la carotte, le navet, l'oignon, le poireau, le

diabétique mangera donc à diBcrélion des laitues, des choux, des asperges, du céleri, des artichauts, de toutes les salades.

Les fruits en général seront défendus, à l'exception des groseilles, mais surtout lesûgues sèches, les prunes, les raisins secs, les châtaignes.

ARTHRITIQUE ALBUMINURlQUE.

L'arthritique est-il albuminurique , ce qui est fréquent aussi ?

On verra que la plupart des prescriptions déjà faites conviendront aussi à l'albuminurique, alors que lesglomérules de Malpighi et ses tuhuli sont obstrués ou détruits parla sclérose rénale .

Le filtre rénal fonctionnant mal, pour remédier à son insuffisance, nous ferons appel à la peau. Mais il y a chez les vrais brightiques (Semmola nous l'a montré), des altérations de la surface cutanée, souvent par exemple une atrophie des glandes sudoripares ; et le filtre cutané est ainsi obstrué lui-même.

Nous prescrirons en conséquence la flanelle et les frictions sèches, le massage, les sudations à l'étuve, peut-être la douche écossaise, mais jamais Thydrothérapie froide ; la vie, s'il est possible, dansun air tempéré sec, à température constante, et dans les climats froids la vie à la chambre pendant tout l'hiver.

Puis nous choisirons les aliments qui produisent le minimum de ptomaïnes ; et nous exciterons la combustion des matériaux albuminoïdes, par des inhalations d'oxygène, par des exercices, par cette vie dans un air chaud et très sec, comme l'air de l'Egypte par exemple.

Nous conseillerons les œufs cuits, car seuls les œufs crus augmentent laquantité de l'albumine. Nous prescrirons enfin.

si le lait n'est pas supporté ou n'est plus continué, une diète végétale, car ruréniie possible est accrue par une alimentation azotée, et le régime se composera donc avant tout de féculents, de légumes herbacés, de fruits, joints aux graisses et aux laits, de viande de porc, de jambon, de porc rôti froid, de viande grasse.

Du lait sera donné pour boisson, ou quelque vin tannique avec une eau légèrement alcaline, et nous défendrons le vin pur, les liqueurs, la bière.

Enfin des purgatifs répétés donneront passage aux toxines;

Mais l'arthritique est-il à la fois albuminurique et diabétique?

La question du régime alors devient plus difficile, car les deux régimes de l'albuminurique et du diabétique se contredisent quelque peu. Il faudra rechercher quels sont les symptômes dominants; là certainement l'on pourra tenter le traitement anglais du diabète par la diète lactée exclusive (traitement deDongkin). Le lait est tiède. Ilest pris à la dose de 3 litres ; mais Dongkin ne craint pas de l'élever jusqu'au double, ce qui nous paraît excessif; un tiers peut être pris sous forme de lait caillé.

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