DE LA BEAUT
Toi, que l'antiquité fit éclore des oncles, Qui descendis des cieux et règnes sur les mondes, Toi, qu'après la bonté, l'homme chérit le mieux, Toi, qui naquis un jour du sourire des Dieux,
Beauté je le salue !
Delille.
Le poète Lucrèce avait dit :
(( Volupté des dieux et des hommes, ô Vénus! Sous ia voûte respleudissante d'étoiles innombrables, au sein des mers et sur les champs que dorent les moissons, tu répands également tes bienfaits. C'est toi qui donne la vie à tous les êtres, qui ouvre leurs yeux à la brillante lumière du soleil. O Déesse de la beauté I devant toi les aquilons se taisent, les nuages se dissipent, le ciel découvre son riant azur, et la terre, pour te fêter, se pare de mille fleurs.... )>
L'antiquité païenne divinisa la beauté dont le culte se répandit chez toutes les nations, culte aimable toujours entouré de sourires et d'amours, de poésie et de fleurs. Si, chez nous, peuples modernes, la beauté n'est plus une divinité adorée dans nos temples, on ne saurait nier qu'elle ne soit une idole à laquelle on sacrifie sans cesse et toujours; car de la beauté nait l'amour, et l'amour est le souffle que Dieu lança pour féconder l'univers. Cependant, il existe des êtres si absurdes, si jaloux des joies et des plaisirs les plus innocents, qu'ils supprimeraient l'amour et la beauté, s'ils pouvaient avoir un instant la direction de notre planète. Fermons à jamais l'oreille à ces voix hypocrites ou insensées, fuyons ces êtres chagrins, ces sages par impuissance; leur haine contre ce qui fait le bonheur et l'ornement du monde restera toujours stérile ; ils ne méritent que mépris ou pitié.