‹ Hygiène généraleChapitre 2 sur 27 · FEMME ET HOMME PRIMITIFS · texte numérisé non relu

FEMME ET HOMME PRIMITIFS

Progrès stECcessifs de la Famille lïi£- Buaine dans l'oE*el5*e pliysiqi&e et intellectuel.

De même que toutes les choses perfectibles la beauté humaine est soumise à la loi du progrès; la beauté de la forme se perfectionne, se conserve, se d'^grade, selon les climats et milieux que l'homme habite, selon la richesse et l'exposition du sol , selon les

mœurs, îes iîistitutioiîs et Se degré de civilisation plus ou moins favorables au complet développement de son organisation physique.

Les premières familles humaines qui peuplèrent ia terre étaient loin d'offrir Veu7norphie ou beauté de formes, qui distingua, plus tard, les nations civilisées ; c'est ce que nous allons essayer de démontrer. Mais, pour donner la raison de ces faits, il est indispensable de tracer le tableau résumé de la succession des êtres sur îe globe terrestre, au point de vue des grands naturalistes. Laissant donc de côté les cosmogonies anciennes et les vieux livres génésiaques des diverses religions, qui traitent de l 'anthropogénie, à leur manière, selon les lumières du temps et le but que leurs auteurs se proposaient d'atteindre, nous ouvrirons le grand livre de ia nature et y trouverons écrit ces vérités : La vie marche toujours du simple au composé. D'abord, la vie par absorption capillaire, vie végétative attachée invariablement au soi ; puis la vie un peu plus développée du zoophyte, vie mixte entre la plante et l'animal ; ensuite la vie des êtres d'un ordre plus avancé, qui se meuvent et

ont l'insHnct de conservation ; immédialemeiît après celle des grands animaux avec des instincts plus développés, enfin la vie de F homme, la plus complète de toutes, et qui doit être considérée comme le dernier et sublime effort de la force créatrice.

C'est aux études géologiques de nos savantemodernes que nous devons la connaissance de ces vérités; l'autopsie terrestre leur a découvert le vaste monde des fossiles autrefois vivant à la lumière, et aujourd'iiui enfoui dans les entraînes de la terre, par couches succès^ sives, toujours du simple au composé, c'està-dire les êtres de l'ordre supérieur superposés aux êtres de l'ordre immédiatement inférieur. Parmi les débris des innombrables existences anté-dituviennes, les traces de l'homme ne se rencontrent nulle part ; sa création est donc postérieure aux grands cataclysmes qui, dans les temps primordiaux, ont bouleversé le globe. Une fouie d'espèces différentes devaient naître, se succéder, disparaître, pour préparer les milieux et les rendre propres à la vie des espèces aujourd'hui existantes. Tous ces faits démontrent qu'il est dans l'essence de la force

eréatrice de ne procéder que par degrés successifs, sans interruption intermédiaire, et que l'ordre immuable, absolu, qui est l'attribut de cette force, rend impossible l'évolution animale C, sans que les évolutions A et B n'aient préalablement eu lieu. C'est en vertu de cette loi immuable que l'immense chaîne des êtres est composée d'anneaux parfaitement gradués et se succédant les uns aux autres, sans aucune interruption dans la continuité. Or, le zoophyte est le premier anneau de cette chaîne et l'homme en est le dernier ; en d'autres termes : le zoophyte représente la vie animale à son point de départ, les autres animaux, dans leur ordre successif, représentent chaque progrès jusqu'à l'homme qui s'offre comme la dernière évolution on le terme le plus avancé de la vie animale.

Partant de ce principe, l'espèce humaine est irréfragablement soumise à la loi de progression; très-imparfaite d'abord, elle a dû marcher de progrès en progrès pour arriver au point qu'elle atteignit plus tard. Et, en effet, l'induction anthropologique semble affirmer que les premiers bimanes ou hommes d^s

premiers temps, différaient peu de Tespècè immédiatement au-dessous d'eux. Semblables aux êtres de l'échelon inférieur par les besoins de l'organisation, ils ne s'en éloignaient que par le développement et la perfectibilité des organes cérébraux. Sans cesse en lutte contre les éléments, les intempéries et les animaux qui leur disputaient une proie , ils vécurent long- temps dominés par l'instinct de conservation et sans cesse occupés à chercher des aliments et un abri. Que de siècles durent s'écouler avant que l'espèce humaine, formée d'abord de familles isolées, errantes, put se réunir en peuplades et enfin se constituer en nations puissantes î Que de siècles ! . . Les traditions, toujours grossies de fables, la théologie et la métaphysique la plus subtile sont impuissantes à déterminer les époques de ia nature ; il n'appartient qu'aux savants géo-ethnographes de préciser les révolutions du globe et de supputer la succession des temps qui se sont écoulés, depuis l'apparition de la première famille humaine jusqu'à la fondation du premier empire. Il résulte de leurs travaux que loin de déroger à la loi de progression qui ré-

git l'univers, l'iiomme en est au contraire l'éclatante manifestation; et l'on doit conclure que l'homme primitif, vivant sous la dépendance de l'instinct ne pouvait être arrivé d'emblée au point de perfection qu'il atteignit plus tard, à moins de le faire sortir du sol, comme Minerve tout armée du front de Jupiter, fables qui n'ont plus cours au temps où nous vivons.

Nous nous hâtons de terminer une digression beaucoup trop aride pour un ouvrage tel que celui-ci, et renvoyons les lecteurs qui désireraient de pins amples détails sur la formation du globe terrestre à notre Histoire des .Métamorphoses humaines (1).

Après une longue suite de siècles, lorsque, par leurs continuelles migrations, les familles humaines eurent peuplé diverses régions du globe, les races se constituèrent selon le degré de latitude et les qualités du sol. C'est alors que la forme humaine acquit un beau développement , se perfectionna dans certaines

(1) Histoire des Métamorphoses humaines et des Monstruosiiés, 1 gros vol., orné de 12 grav. Prix : 3 fr. 59 ceai., chez Moquet, rue Laharpe, 90, à Paris.

contrées, tandis que dans d'autres elle resîa à son type primitif ou se dégrada sous l'influence des causes altérantes.

Il est unanimement constaté que les habitants des zones tempérées sont, en général mieux faits et plus intelligents que les peuplades rabougries des zones glaciales, et que les populations énervées des climats ardents. Les pays fertiles, bien exposés, fournissant à leurs habitants une nourriture saine et abondante, sont des plus favorables à la beauté humaine, tandis que les contrées stériles, malsaines s'opposent à son développement et la dégradent. Les nations où les mœurs et la liberté régnent, où les institutions gymnastiques sont en honneur, se font remarquer par la force et la beauté physique, le courage et toutes les vertus. Tels furent les Grecs et les Romains, à qui nous devons notre civilisation moderne. Les Grecs surtout, aux temps de leurs glorieuses républiques, atteignirent le point culminant de la beauté. Ce fut Solon, ce fameux législateur d'Athènes, qui, le premier, posa les bases d'un plan d'éducation propre à perfectionner l'homme. Les lois qu'il

fit à cet égard avaient deux objets, dont l'un était de donner la santé, la force et la vigueur aux organes par la frugalité et la gymnastique, et l'autre était d'orner l'esprit, et de former les mœurs par l'éloquence et la morale. Les marbres qui nous sont parvenus de ce peuple d'artistes, nous offrent la forme humaine dans sa beauté presque idéale. Les Egyptiens, au contraire, aveugles esclaves, attelés au joug d'une lourde théocratie ne franchirent jamais les limites de leur organisation physique primitive, ils restèrent constamment laids, lorsque les Grecs, dont ils étaient les ancêtres, devinrent beaux, grands, superbes ! Il en fut de même pour les autres peuples qui, à l'amour des arts, joignirent celui de la liberté.

Ainsi donc, il reste acquis à l'histoire naturelle de rhomme que la physionomie propre aux différents peuples de la terre, doit son origine à la nature du climat, du sol, des aliments et à Tétat plus ou moins parfait de civilisation. Une vie toute sensuelle, à la manière des brutes, et continuée pendant des siècles sur des plages brûlées du soleil, ont dé-

formé le visage du nègre et allongé ses mâchoires en museau. Les froids excessifs des régions polaires ont également aplati la face de leurs habitants et arrêté le développement de leur charpente osseuse. Au contraire, la vie civilisée sous des cieux tempérés, dans un sol fertile, donne aux hommes un visage droit et régulier, un corps bien fait et de larges facultés intellectuelles. Après qu'une longue habitude eut modifié l'organisation primitive et naturalisé l'organisation acquise, le cachet physionomique des diverses races humaines resta désormais indélébile. Néanmoins la constitution éprouva toujours l'influence très-marquée des aliments et des lieux ; aussi les habitants des heureux climats du Péloponèse, de l'Ionie, de l'Espagne, Je l'Italie, de la France méridionale, etc., sont naturellement beaux, vifs et dispos, tandis que les peuples qui habitent les vallées marécageuses ou qui respirent incessamment un air humide, épais, tels que les anciens Béotiens, les Belges, les Hollandais, etc., sont, en général, d'une constitution lourde. Unclimatdoux, uniforme imprime aux traits et aux caractères sa dou--

ceur et son uniformité ; les peuples qui habitent les magnifiques plateaux de l'Asie en offrent un exemple. L'air vif et pur des montagnes rend Thomme robuste, agile, fier, âpre et sauvage : Les Spartiates, les Helvétiens, les populations des Pyrénées, du Caucase, etc., joignent à une grande énergie physique un invincible amour pour la liberté. C'est, en grande partie, àTinfluence du climat qu'est due la différence dans ie caractère des nations, et cette différence est d'autant plus tranchée que l'influence climatérique est plus puissante. De là sont nés ces proverbes dessinant la physionomie de chaque nation : — Le Français, de même que l'ancien Grec, est léger, mobile , inconstant, mais spirituel, aimable et d'une politesse recherchée. — L'Anglais est froid, positif, grand, généreux et dévoué lorsqu'il s'agit de l'intérêt de son pays, — ■ L'Espagnol se montre grave et superbe. — L'Italien souple, adroit. — Le Hollandais flegmatique. — L'Allemand abstrait, réfléchi, opiniâtre. — Le Russe offre, dans ua corps robuste, la grandeur d'âme des peuples primitifs. — Le Turc est grave, posé et d'une

bonne foi proverbiale. — L'Arabe sec, nerveux, est défiant, emporté, indomptable, etc., etc.

Les aliments et boissons exercent une immense influence sur l'organisation, puisque ce sont eux qui entretiennent la vie, en réparant les pertes que le corps fait incessamment par ies excrétions. La bromatoîogie on art des aliments est une des parties essentielles de l'hygiène des formes, car c'est au moyen des aliments et du régime qu'on peut changer complètement les formes, les augmenter, les diminuer ; diriger la nutrition sur tel tissus, tel système, en priver tel ou tel autre, activer la vie, la précipiter ou la retarder, etc. Or, cette partie de notre ouvrage exigeant d'amples détails, nous lui consacrerons, plus loin, un chapitre spécial.

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