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PHÉNOMEÈNES DE LA RESPIRATION

masse de l'appareil pulmonaire. L'élasticité du poumon est peu à peu vaincue et cède à ces efforts.

La température de l'air inspiré est naturellement celle de l’air extérieur ; mais, même par les plus crands froids, la température de l'air expiré varie peu. Elle se maintient à 36 degrés, s’abaissant à peine de quelques dixièmes par les froids rigoureux. Le longtrajet parcouru par l'air à travers les bronches lui permet, en effet, de se réchauffer suffisamment avant d'arriver à leur partie terminale. À ce niveau, les échanges chimiques contribuent à en élever la température.

Cependant, quand la respiration se fait par la bouche et non par le nez, l'air arrive plus directement au poumon, Cet air trop froid peut déterminer des congestions dangereuses.

Si sec que soit l'air inspiré, il se trouve, en outre, à Ja sortie chargé et même saturé de vapeur d’eau. Par les temps froids, cette vapeur se condense immédiatement et devient visible à chaque expiration sous forme de buée, Cette élimination de vapeur d'eau par la respiration est très importante, Elle se fait mal dans les atmosphères humides déjà surchargées de vapeur et par le brouillard. Elle explique le malaise ressenti en pareil cas. Ce malaise sera d'autant plus vif que la respiration sera moins active et moins énergique. Les sujets à profession sédentaire le ressentent particulièrement,

Phénomènes chimiques de la respiration.

L'acte essentiel de la respiration est l'absorption de l'oxygène de l'air par le sang. Le sang usé par les combustions organiques renferme, pour 100 volumes, 8 d'oxygène et 48 de gaz carbonique. Après son passage dans le poumon, le sang renferme 18 d'oxygène et 38 seulement de gaz carbonique. De noirâtre et légèrement épais, il est devenu rouge et plus fluide. C’est le sang artériel rendu de nouveau capable de subvenir aux besoins des divers organes.

Cette oxygénation du sang est plus ou moins parfaite, Elle atteint son maximum par la fréquence et surtout par l'amplitude des respirations, par l’exercice, le travail musculaire, par l’abaissement de la température extérieure. Elle diminue considérablement pendant le sommeil, pendant les digestions laborieuses, après une absorption excessive de boissons, et aussi par l'élévation de la température extérieure. Fait curieux : l’inanition exerce une influence anémiante exactement du même ordre que l'alimentation trop copieuse. La douleur, les chagrins, un régime trop monotone et trop uniforme, diminuent également l’oxygénation du sang:

Toutes ces données ont une importance pratique. Elles permettent de comprendre l’anémie qui survient par des influences très variées : existence trop sédentaire, alimentation trop copieuse, insuffisante ou mal dirigée, climat des contrées tropicales. Elles permettent de comprendre l'influence bienfaisante de la gymnastique respiratoire, de l’exercice et du froid sec.

Par son contact presque direct avec l'air au niveau des capillaires du poumon, le sang subit des modifications chimiques très importantes. Îl se débarrasse de l’anhydride carbonique, le principal déchet laissé par le travail de l'organisme. Il absorbe, en fortes proportions, l'oxygène de l'air. De sang veineux et noir, impropre aux combustions de la vie, il se régénère en sang artériel et rouge.

L’anhydride carbonique s’élimine surtout du sang au moment de l'inspiration et d'autant mieux que celle-ci est plus ample et plus profonde. En moyenne, la quantité rejetée avec l'air de chaque expiration est de vingt-et-un centimètres cubes. Elle atteint bien près d'un kilogramme pour les vingt-quatre heures.

Chez les individus jeunes, robustes, actifs, la quantité de gaz carbonique exhalée est plus considérable que chez les enfants et les vieillards.

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