PHÉNOMÈNES DE LA RESPIRATION
À l’état normal pourtant, les bronches et le poumon se défendent d'une façon remarquable contre la pénétration des corps étrangers, tout au moins des corps étrangers solides. Les corps un peu volumineux provoquent immédiatement la toux, c’est-à-dire une expiration brusque, saccadée, forcée qui les balaye et les expulse au dehors.
Les corps étrangers microscopiques sont eux-mêmes arrêtés et rejetés par un curieux mode de protection. Les bronches, dans presque toute leur longueur, sont tapissées par d'innombrablespetits cils vibratiles, sans cesse en mouvement. Ces mouvements dans leur ensemble tendent à repousser vers l'extérieur les fines poussières, les microbes. Toutefois ce mode de protection peut se trouver insuffisant, en cas d’invasion trop massive. En outre, les mouvements des cils vibratiles deviennent plus lents et peuvent même être entièrement paralysés en cas de surmenage excessif, et surtout d'intoxication par l'alcool. L'alcool, même à faible dose, s'élimine en grande partie par le poumon. Il paralyse les cils vibratiles et entrave leur action protectrice. Aussi toutes les maladies infectieuses du poumon (tuberculose, pneumonie, gangrène pulmonaire) sont-elles particulièrement fréquentes et graves chez les alcooliques.
Une fois parvenu à la partie terminale des dernières bronches, l’air pénètre dans les alvéoles où il se trouve. en contact presque direct avec le sang. Le sang est enfermé dans des capillaires à paroi extrémement mince. Cette paroi permet les échanges entre l'air et le sang. Elle permet, d'une part, l'élimination d’eau, de gaz carbonique, de produits volatils. Elle permet, d'autre part, l'absorption de l'oxygène de l’air par le sang. Cette absorption de l'oxygène est un des phénomènes les plus importants de la vie.
La surface des capillaires du poumon est énorme : Kuss l’évalue à 150 mètres carrés. On concoit donc toute l'importance des échanges qui peuvent s'effectuer à ce niveau. À elleseule, la quantité d'oxygène absorbée dépasse
600 grammes par jour. C’est donc une véritable alimentation aérienne.
L'air renferme un cinquième environ d'oxygène, 20,90 pour 100. Cet oxygène, élément actif de l’air, est dilué dans un gaz inerte, l'azote. Pur, il serait tropirritant, Là où la végétation est très abondante et très active, la quantité d'oxygène augmente pendant le jour. Elle peut s’élever jusqu’à 23 pour 100; mais surtout l'oxygène se trouve en partie sous une forme condensée et beaucoup plus active : l'ozone. De là l'extrême utilité des arbres, des forêts, des Jardins pour la purification de l’air et pour la santé, Les espaces libres, les parcs sont un agent essentiel de la salubrité dans les grandes villes.
Phénomènes physiques de la respiration. — La pression de l'air dans le poumon subit des variations nombreuses et très importantes,
Dans l'inspiration, cette pression devient négative, Un vide partiel, très favorable à l’élimination des produits gazeux, s'établit, Ce vide, très faible dans la respiration calme, devient cinq fois plus fort dans les inspirations profondes.
Dans l'expiration, la pression devient positive, Elle peut, dans les expirations profondes et forcées ou dans la toux, atteindre un chiffre beaucoup plus élevé que la pression négative de l'inspiration. La toux trop violente n'est donc pas sans danger. Elle peut amener des ruptures soit dans le tissu, soit dans les vaisseaux du poumon. La volonté peut beaucoup pour modérer et discipliner la toux. On doit lui résister autant que possible.
Dans l'effort, la pression se fait sur le poumon dilaté au maximum et maintenu par la fermeture de la glotte. Au vide de l'inspiration succède, par suite, une pression plus ou moins forte, Les efforts violents peuvent, eux aussi, amener des lésions pulmonaires, Dans les professions à efforts soutenus et répétés (boulangers, forserons), il nest pas rare de voir une dilatation en