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Air confiné

Outre l’anhydride carbonique, l'air expiré élimine une quantité très importante de vapeur d’eau (330 grammes environ par jour); mais il élimine surtout des produits volatils encore mal connus. Ces produits, étudiés par Brown-Sequard, sont, même à faible dose, très toxiques. Ces produits (hydrogène carboné et sulfuré, ammoniaque, matières organiques, acides gras volatils) donnent à l’air des espaces confinés leur odeur spéciale et désagréable, I suffit d'entrer un peu tard dans une salle de bal pour percevoir cette odeur de « miasme humain », que Gubler comparait à celle de la putréfaction. Bien plus encore que l’appauvrissement de l’air en oxygène et son augmentation en gaz carbonique, ces produits toxiques expliquent les malaises ressentis par le séjour dans un espace confiné.

Les tentatives intéressantes faites pour purifier et : égénérer chimiquement l'air confiné dans les mines, dans les cloches à plongeur, dans les sous-marins parviennent bien à donner de l’oxygène et à absorber le gaz carbonique; mais elles débarrassent plus difficilement l'air de ses produits toxiques. Un des moyens de régénération de l'air consiste à employer le bioxyde de sodium qui, au

contact de l’eau froide donne de l'oxygène et de la soude; la soude absorbe le gaz carbonique, à mesure qu'il se pro luit.

Dans quelques cas de souillure exceptionnelle, l'appauvrissement de l’air confiné en oxygène et l’augmentation d’auhydride carbonique suffisent à provoquer des accidents. Dans certaines salles mal ventilées (bureaux, écoles, théâtres), dans certains tunnels, on a vu la proportion d'oxygène tomber à 16 pour cent, la proportion d’anhydride carbonique monter à 10 pour 1.000. Au grand air, la quantité de gaz carbonique ne dépasse pas 0 gr. 004 pour 1.000. Elle est encore beaucoup plus faible en pleine campagne, au bord de la mer, ou dans les montagnes.

La présence de traces d'oxyde de carbone s'ajoute souvent à l’excès de gaz carbonique. Ces traces dues, non plus à la respiration, mais à l'éclairage et au chauffage, contribuent beaucoup aux accidents. M. Alhert Lévy aiffrme qu’elles jouent un grand rôle dans l'insalubrité du logement et la fréquence des cas de tuberculose provoqués par l'air confiné. À la quantité infinitésimale de 1 pour 100.000, l’oxyde de carbone amène déjà des vertiges et des migraines.

L'air souillé par la fumée de tabac, ce qui est fréquent dans les réunions publiques, renferme, outre l'oxyde de carbone, de la nicotine et des produits ammoniacaux. Il est particulièrement nuisible et irritant.

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