COMPRESSION
comprimé appuie lui-même sur le rein droit ; il le chasse de sa loge; ce rein ainsi déplacé (rein flottant) est cause de nombreux malaises et parfois de graves accidents. Et qu'on ne croie pas qu'il s’agisse d’un désordre exceptionnel. À Paris, on le rencontre une fois au moins sur cinq femmes examinées au hasard (22 pour 100 des consultantes à l'hôpital). On ne le rencontre, au contraire, chez l'homme qu’une fois sur cinquante (2 pour 100). Cette extrême fréquence chez la femme s'explique surtout par la compression du corset. Le rein droit est, en effet, déplacé neuf fois plus souvent que le rein gauche. Ce dernier n'étant pas en rapport avec le foie échappe bien plus à la compression.
Des désordres analogues se retrouvent pour bien d’autres organes. Leur étude forme une partie intéressante de l'hygiène du vêtement (cours de troisième année). Il suffit, pour montrer cet intérêt, de donner quelques exemples.
La chute des cheveux paraît très souvent due à la compression exercée sur les artères des tempes par des chapeaux trop lourds et à bords trop durs. Plus que toute autre cause (fièvre, pelade), cette compression entraîne une calvitie définitive. On sait combien cette calvitie est fréquente chez les hommes portant des chapeaux de feutre dur et surtout le chapeau à haute forme, chez les officiers portant le casque. — La calvitie est bien plus rare chez la femme, dont les chapeaux, malgré leurs proportions parfois monumentales, sont moins lourds et n'ont pas de bords qui compriment circulairement les artères des tempes.
Aux membres inférieurs, la moindre gêne de la circulation, en particulier par des jarretières trop serrées, est une cause de varices. Les veines de la jambe se dilatent d'abord temporairement, puis de façon définitive.
Cette dilatation est une cause de douleurs, de névralgies, de gène dans la marche. Des caillots peuvent même
De HYGIÈNE INDIVIDUELLE
se former dans ces veines dilatées. S'ils se détachent et sont entraînés par le sang vers les poumons, ils produisent les accidents les plus graves et parfois la mort subite.
On sait aussi combien il est pénible d’avoir des chaussures trop justes et trop serrées. Surtout, si l’on marche et s’il fait un peu chaud, l'angoisse va graduellement en augmentant. En effet, plus la circulation du pied est gènée et plus le pied gonfle. Or, la circulation régulière du pied joue un grand rôle sur la circulation en général. Toute la plante du pied est occupée par un énorme lacis de veines très volumineuses et très compressibles. À chaque pas, le sang contenu dans ces veines est repoussé en haut vers le cœur, et c’est ainsi qu’il peut remonter dans les veines du membre inférieur. Nous marchons sur un véritable lac du sang, se vidant et se remplissant tour à tour, suivant que le pied pose sur le sol ou se soulève. On conçoit combien la marche est favorable à la circulation et à la santé. C’est elle, en effet, qui met en jeu ce cœur périphérique. Au contraire, la station debout, sans marcher, est très nuisible. Elle aplatit, en effet, le lac veineux de la plante du pied, sans le laisser de nouveau se remplir. Les syncopes, les évanouissements dont souffrent les sujets qui restent trop longtemps debout, ou qui portent des chaussures trop étroites sont dus à cette entrave dans la circulation d’abord du membre inférieur, puis de l'organisme tout entier.
C'est surtout en cas d'efforts violents et soutenus que toute gène circulatoire devient vite insupportable. Tels vêtements, telles chaussures qui, dans la vie ordinaire, n’entraînent aucune gène, ne permettent ni une séance un peu longue de gymnastique ni une course soutenue.