ILE
Fig. 25. — Sillon creusé sous l’épiderme par un acare de la gale.
La gale est une des maladies qui effrayent le plus, qui inspirent le plus de fausse honte aux malades. Elle guérit en vingt-quatre heures par les frictions soufrées, le traitement classique de l’hôpital Saint-Louis. Il est, en outre, nécessaire de désinfecter avec soin les vêtements, gants, linge de corps, literie, couvertures, etc., pour ne pas avoir de rechute.
Si le malade est marié et a des enfants, toute la famille doit être traitée avec le même soin pour éviter des contaminations incessantes, qui perpétueraient indéfiniment la maladie.
Si facile que soit la guérison de la gale, comme la maladie et le traitement sont assez pénibles, une sage
précaution est de ne jamais coucher avec un autre enfant ayant des boutons ou des démangeaisons. Comme beaucoup d’autres maladies, la gale, en effet, se transmet avant tout et presque exclusivement par le lit commun.
Les punaises déterminent une insomnie très pénible et parfois de véritables lésions de la peau. On sait combien elles sont fréquentes dans les chambres mal tenues, à papier demi-décollé, à bibelots nombreux. La première règle doit être de jeter ou de brûler tous les objets inutiles ou encombrants. — La désinfection au soufre tue très bien les punaises. Un moyen plus simple est de saupoudrer largement la literie, le plancher, toutes les fentes des murs avec de la poudre de pyrèthre. — Le passerage a la curieuse propriété de les attirer et de les enivrer. On peut ainsi les réunir et les détruire.
La puce devient, dans les étés chauds, fort agaçante quand elle se multiplie, d’une façon parfois extraordinaire. Un moyen assez pratique de se débarrasser de ces parasites consiste, d’après Brocq, à s’oindre d'huile de laurier, ou d'huile ordinaire, à laquelle on mélange un peu de tabac en poudre ; douze heures après, on prend un bain savonneux.
Les poux de la tête sont très fréquents chez l’enfant. Ils atteignent surtout les enfants débilités, lymphatiques. Le traitement général par les toniques est utile en même temps que le traitement local. Celui-ci est au fond très simple. Le moyen le plus sûr est de couper ras les cheveux et de savonner la tête avec une décoction de bois de panama ou une décoction de savon de goudron tous les matins.
S'il n'est pas possible de couper les cheveux, les lotions savonneuses sont encore utiles ; mais elles restent insuffisantes, car elles n’agissent pas sur les lentes (œufs des parasites). Les lentes ne sont détruites que par le vinaigre chaud ou l'alcool camphré. Après l'application d'alcool camphré, il faut recouvrir la tête d’un bonnet imperméable en taffetas gommé. La poudre de staphy-
saigre, la pommade soufrée réussissent assez bien; mais toutes ces applications sont fort irritantes, quand il y a des érosions du cuir chevelu.
Les poux du corps, rares chez les enfants, sont communs chez les vieillards affaiblis. Ils se logent dans les vêtements et déposent leurs œufs dans les plis. Aussi faut-il changer de linge et de vêtements, — de flanelles surtout, — à plusieurs reprises etles désinfecter soigneusement.
Les bains savonneux, les bains sulfureux sont utiles. Mais, si la peau est trop irritée, les simples bains de son ou d'amidon suffisent. Le point essentiel est la désinfection des vêtements.
Les cousins déterminent par leurs piqûres des inflammations parfois sérieuses. Les lotions avec des infusions aromatiques de camomille, de mélilot, de feuilles de noyer, calment ces inflammations aussi bien que les toxiques plus énergiques.
Les mêmes lotions conviennent pour les piqûres de guëpes, abeilles, frelons. Dans les pays maréeageux, les piqûres de moustiques paraissent le principal agent de transmission pour l'infection palustre (fièvre des marais),
On se préservera de ces fièvres par l'usage de moustiquaires, de stores en treillis métallique très fin. En s’enduisant la figure et les mains soit de vaseline, soit d’une macération de quassia amara, soit d’eau de Cologne, on diminue beaucoup les risques de piqûres.
On ne devra pas, le soir, tenir ouvertesles fenêtres des pièces où il y a une lumière allumée qui attirerait les moustiques. Quand ceux-ci ont pénétré dans la chambre, le
Fig. 26. — Moustiques.
meilleur moyen de les chasser est un fort courant d’air. L'agitation de l’air avec des serviettes secouées en tous sens les expulse également. Les pankas de l'Inde, ou grands stores-éventails, sont employés non seulement contre la chaleur, mais aussi contre les moustiques. Les ventilateurs à ailettes peuvent jouer un rôle analogue.
Fig. 27. — Pétrolage d’une mare,
L’odeur du tabac, celle de la combustion de l'essence de pyrèthre ou de poudre de pyrèthre mélée de salpêtre chassent les moustiques, mais sont bien désagréables.
Pour les maisons de campagne voisines d'eaux stagnantes, le plus sûr est de prévenir l’éclosion des moustiques en détruisant leurs œufs. Tous les quinze jours on versera, à partir du printemps, du pétrole à la surface de l’eau. Il faut un litre de pétrole pour cinquante mètres carrés. C’est là un moyen indirect, mais très efficace, d'assainissement.