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PIQURES ET COUPURES

pur, mais ce que tout le monde devraitconnaître, ce sont les précautions indispensables pour assurer l’asepsie des plaies. En effet, les dangers directs sont relativement faibles, en comparaison des dangers indirects dus à l’infection secondaire de la plaie.

À l’état normal, la peau offre un obstacle suffisant à la pénétration des microbes les plus dangereux : microbes de la suppuration, de l'infection purulente, de l’érysipèle, dutétanos, etc. Quand une écorchure, même minime, est produite, cette barrière est, en quelque sorte, forcée. Qu'un germe dangereux se trouve en contact avec l'écorchure, et l’on peut voir survenir les plus graves complications,

Ces faits ont tout particulièrement éveillé l'attention depuis la récente loi sur les accidents du travail. Il n’est pas rare de voir des plaies très légères, si légères que l’'ouvrier néglige de les signaler, devenir, après quelques jours, le point de départ d'accidents graves et même mortels.

Fait paradoxal en apparence : les moindres plaies sont peut-être celles quis’infectentle plus fréquemment, Dans les grandes plaies, dans les opérations chirurgicales les plus étendues, les progrès de l’antisepsie et de l’asepsie chirurgicale sont tels qu’ils permettent d'éviter toute infection. Les pansements sont alors faits avec le soin le plus minutieux. Dans les plaies insignifiantes, le pansement est trop souvent rapide et négligé. Quand un blessé (et le cas est fréquent dans les écrasements) porte à la fois des plaies nombreuses, c’est très souvent une légère écorchure abandonnée à elle-même, qui devient le point de départ de la suppuration, de l’érysipèle ou du tétanos.

Inversement, des blessures très graves, mais ne forçant pas l'enveloppe protectrice de la peau, guérissent souvent de façon remarquable. Les fortes contusions écrasent, broient parfois tout un membre en respectant la peau. Les os sont brisés en plusieurs fragments. Mais, si les vaisseaux sont respectés et maintiennent la circu-

lation, la guérison se fait parfois sans incident, et même avec une rapidité surprenante, Les pansements si minutieux et si délicats ont précisément pour but de protéger les plaies ouvertes, de les préserver contre les germes dangereux, de les transformer en quelque sorte et d’en faire des plaies artificiellement fermées.

Il faut savoir, écrit le Dr Périer dans des instructions très pratiques adressées aux employés de la Cie du Nord, que toute plaie bien traitée doit guérir vite et bien ; qu’au contraire toute plaie souillée peut être suivie de suppuration, d’érysipèle, de phlébite et même de gangrène.

Une plaie peut être souillée :

19 Par la boue, la poussière, les corps étrangers ;

20 Par le contact des vêtements, d'autant plus qu’ils sont moins propres;

3° Par les mains des personnes qui pansent la plaie ;

Lo Par les linges et liquides, insuffisamment propres, destinés à laver la plaie ;

5° Par des pièces de pansement qui ne seraient pas aseptiques. (Toute pièce de pansement qui a servi, ou même qui a été sortie de son enveloppe depuis un peu de temps, doit être considérée comme malpropre et rejetée.)

Une plaie souillée par la boue, la poussière, les corps étrangers, les vêtements, peut encore guérir sans complications, si, dans des délais aussi courts que possible, elle subit un lavage antiseptique méticuleux. Un médecin seul peut donner de pareils soins, pourvu qu'il ait à sa disposition les ressources indispensables.

On ne saurait trop insister sur les soins minutieux de propreté qui sont indispensables avant de toucher à une plaie, même la plus légère. En touchant à une plaie, même pour la couvrir, on peut provoquer des complications. 11 faudrait toujours commencer par désinfecter ses mains et, pour cela, se procurer de l’eau récemment bouillie, du savon, une brosse propre, et débuter par se laver soigneusement les mains et les ongles (qui seront curés méticuleusement), puis, s’il est possible, on setrempera ensuite les mains dans une solution antiseptique (sublimé au millième).

Tout doigt, même le plus propre en apparence, est malpropre s’il n’a été ainsi lavé et brossé, immédiatement avant de toucher une plaie ou une pièce de pansement.

Sous aucun prétexte, on ne doit se servir d’éponges ; le coton hydrophile en tient lieu. On ne lavera une plaie que si l’on dispose d’une solution de sublimé, dont on imbibera du coton hydrophile après s’être bien lave les mains,

Pour avoir le droit de se dispenser de ces précautions si néces-

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