Brûülures
Les brülures constituent un accident si douloureux et si grave qu'il est fort important de connaître les principales imprudences qui peuvent en être cause. C’est le meilleur moyen de les éviter.
Certains tissus s'enflamment avec une extrême facilité. Telle est par exemple la ouate, toutes les étoffes pelucheuses et surtout les étoffes dites en pilou. Il suffit de passer avec un peignoir flottant en pilou devant une cheminée à flamme vive pour que le peignoir, en masse, prenne feu. — Les gazes et mousselines très légères ne sont pas moins dangereuses que les étoffes en pilou. Les voiles, s'allumant au contact des cierges, causent souvent des accidents graves au moment des premières communions.
Les cheveux, la barbe s’enflamment très facilement, surtout si on les a humectés de solutions éthérées et alcooliques. On doit, à propos des soins de toilette, se souvenir de ce danger, L’éther et toutes les préparations à base d’éther, le collodion, par exemple, s'enflamment même à distance. Ce sont les vapeurs d'éther, dégagées par le collodion des plaques d’un cinématographe, qui ont causé l'incendie du Bazar de la Charité.
En faisant respirer de l’éther aux malades, on voit souvent le flacon s’enflammer et faire explosion, quand une lumière est à faible distance.
L’essence est extrêmement dangereuse. — Beaucoup de brülures très graves surviennent quand on nettoie des gants à l'essence, quand on fait fondre de la cire dans l'essence pour fabriquer de l’encaustique.
Dans les lampes à alcool mal conditionnées, l'alcool à brûler provoque souvent des explosions projetant de tous côtés le liquide enflammé.
Le pétrole bien rectifié est un peu plus maniable. Cependant, on ne doit jamais remplir les lampes à la lumière. À Paris, la moitié des grands incendies est causée par des lampes à pétrole allumées et tombées à terre.
Le gaz, quand il se répand dans l'atmosphère, donne un mélange détonant qui produit des brûlures très graves. Ces brûlures peuvent intéresser non seulement la peau, mais les organes respiratoires. Le gaz enflammé pénètre, en effet, dans les poumons avec l'air inspiré. Jamais on ne doit enflammer une allumette, ni pénétrer avec une lumière dans une pièce où l’on sent l’odeur du gaz. Il faut tout d'abord aérer très largement.
Les allumettes au phosphore ordinaire, les amorces et capsules pour jouets d'enfants, certaines pièces d'artifices s’enflamment parfois spontanément par les très fortes chaleurs d'été. On évitera de les porter dans la poche et on les maniera avec précaution.
La brûlure, suivant qu’elle est plus ou moins forte, fait simplement rougir la peau, ou fait lever l’épiderme sous forme de cloques remplies d’eau (ampoules, phlyctènes) ; enfin, elle peut transformer la peau en une espèce de corne d'un gris noirâtre. On peut trouver ces trois degrés réunis sur un même point du corps. Il faut respecter l’épiderme, ne pas l’arracher ; cependant on peut, avec une aiguille très propre (flambée au moyen d’une allumette), percer les ampoules et faire couler le liquide.