DIX-NEUVIÈME LEÇON
1. Suivre l'alcool dans son trajet et montrer les dégâts sur tous les organes traversés. — 2. Comment on devient alcoolique.
1. Trajet de l'alcool et dégâts sur tous les organes traversés.
L'alcool, une fois bu, détermine sur la bouche, sur la gorge, sur l'estomac une première irritaticn par son passage. [Il parvient ensuite jusqu’à l'intestin où il est absorbé. Cette absorption est rapide et facile, l'alcool étant d’une grande diffusibilité. Elle équivaut presque à une distillation, séparant, en majeure partie, l’alcoo!l de l’eau qui y est associée dans l'eau-de-vie, des sels et substances extractives qui lui sont unis dans la bière, le cidre, le vin. C’est en raison de cette absorption élective portant sur l’alcool que les effets des boissons fermentées (bière, cidre, vin) sont, à doses égales, comparables aux effets des boissons distillées.
Avant de parvenir dans la circulation, l'alcool traverse d’abord le foie. Le foie lui oppose comme une barrière, le transforme en partie et en atténue les effets nuisibles ; mais, en même temps, il subit le premier son action irritante. Les maladies du foie sont fréquentes et graves chez les alcooliques.
Une fois sorti du foie, l'alcool passe au poumon. Il est éliminé, en partie, avec l’air expiré, non sans dé-
terminer à son passage une vive irritation. — Les laryngites, les congestions graves de l'appareil respiratoire, la gangrène même du poumon sont communes chez les alcooliques.
Du poumon, l'alcool qui n’est pas éliminé gagne le cœur. Il pénètre dans la circulation générale, influençant toutes les sécrétions, jouant un rôle dans la respiration
Fig, 32, — Cœur normal. Fig. 33. — Cœur graisseux.
et la nutrition, modifiant le système musculaire et le système nerveux. — Voyons, sans aucun parti pris, quels sont sur chaque organe ses effets utiles et ses effets nuisibles.
Appareil circulatoire. — Sang : Il est difficile d’invoquer des effets utiles. Chez l'individu imprégné d’alcool, les globules du sang se trouvent contraints de prendre sur la part d'oxygène réservée aux tissus, pour oxyder cet alcool, véritable corps étranger à éliminer. [Il y a alors surmeïflage des globules, déviation fonctionnelle. Ces désordres préparent des altérations du sang, base des troubles de la nutrition chez le buveur.
La circulation sanguine est très modifiable par l'in= gestion d'alcool. À doses de 30 à 45 grammes, l'alcool stimule le cœur dont les battements se précipitent. Ce