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L'air, le sol, l’eau sont les trois grands habitats des microbes. Mais il n’est pas un objet qui ne puisse en contenir. Meubles, ustensiles, outils, parquets, murailles, plafonds, vieux vêtements, chiffons, etc., etc., sont souvent imprégnés de microbes, Certaines substances animales, la laine et le crin, semblent fixer et conserver de façon spéciale les microbes nuisibles. Les poussières sont également un véhicule dangereux pour leur transmission.
Fig. 43. — Champignons, parasites du châtaignier, en forme de bacilles (petits bâtonnets a et b), d'apres Prillieux,
Les plantes elles-mêmes peuvent renfermer des microbes dans leurs tissus. Quoi qu’on en ait dit, le fait semble assez fréquent pour les légumes des champs d'épandage. Il peut être dangereux de consommer ces légumes à l’état cru; il est bon qu'ils soient stérilisés par une forte cuisson.
Microbes saprophytes et microbes pathogènes. — La distinction entre les microbes saprophytes, hôtes inoffensifs se rencontrant sur tous les objets morts dans la terre, l’eau, etc., etc., etles microbes pathogènes, capables de déterminer des maladies chez les seêtr vivants, parut longtemps fondamentale. Elle fut la première base de la classification microbienne.
Cette notion garde son importance. Mais celle-ci n’est
pas absolue. Grâce à certaines conditions (chaleur humide, obscurité), la virulence des microbes saprophytes peut se développer. Ils peuvent, cn rencontrant un terrain particulièrement affaibli et vulnérable, devenir des agents pathogènes, et leur passage sur ce terrain propice leur donne même un nouveau réveil de virulence. Il les rend capables de s'attaquer à un organisme plus résistant.
L'étude de certains parasites des végétaux permet plus facilement que chez les animaux de saisir ce passage de l’état banal à l’état actif. La disette ou l'abondance des aliments reçus par la plante joue souvent un grand rôle en cette évolution.
« La maladie du châtaignier 1, par exemple, est due à deux champignons. Leurs spo ; offrent avec les bacilles une telle analogie de formes qu’elles sont décrites dans les traités de pathologie végétale sous le nom de spores bacillaires. Or, dans les terrains riches en humus, le mycelium vit sur le châtaignier à l’état de symbiose indifférente, comme un simple commensal, Si l’humus s'épuise ou est enlevé, le mycelium devient, au contraire, parasite et attaque les tissus végétaux.
Suivant la pauvreté ou la richesse des aliments reçus par
l'arbre, un même organisme est tantôt à l’état de virulence active, tantôt à l’état de commensal inoffensif et bien supporté ».