IIALADIES INFECTIEUSES EN GÉNÉRAL
en œuvre des précautions sanitaires et des mesures vraiment indispensables.
Comme tous les grands progrès, cette loi a fait l’objet de vives critiques et de tenaces résistances. Ses adversaires l’ont regardée comme une atteinte à la liberté individuelle. Ils oublient l'importance et la fréquence des contagions, la répercussion des maladies entre les sujets malades et les sujets sains.
Aussi peut-on afirmer que même pénibles, les lois sanitaires sont cependant bienfaisantes. Si elles empiètent sur la libre action des particuliers, c’est pour servir des intérêts généraux très importants et respectables. Le respect de la liberté personnelle ne peut aller jusqu’à permettre des actes dangereux pour la santé d'autrui. Un sujet qui se refuse à l'obligation légale de la vaccine risque, par exemple, de devenir à chaque instant pour son entourage un dangereux foyer de variole.
Les pays les plus civilisés ont donc le plus multiplié les lois protectrices de la santé, M. H. Monod a même rappelé ce fait, à première vue inattendu, que les pays qui ont le plus le sens et la pratique de la liberté individuelle sont ceux où l’on se montre le plus disposé à la limiter en cette matière au nom de l'intérêt collectif !,
« Plus, en effet, les citoyens ont l'habitude et l’amour de la liberté, plus aussi ils ont le sentiment de l'intérêt général, ce que nous appelons l'esprit public, ce que Montesquieu appelait la vertu, et qu’il considérait comme essentiel à la vie des républiques. Or, si nulle part la solidarité ne joue un rôle plus actif qu’en matière sanitaire, si nulle part il n’est plus nécessaire de prévenir pour n'avoir pas à réprimer, nulle part aussi ne sont plus communes l'ignorance et l’insouciance individuelles, dont les conséquences socialement funestes ne peuvent être conjurées que par des mesures générales bien prises. »
Utiles pour la protection de chaque individu, les lois